Quartier lointain

Jiro Taniguchi

Casterman

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Le pitch

De retour d'un voyage d'affaires, Hiroshi fait un détour involontaire par sa ville natale, où il perd connaissance.

A son réveil, il retrouve son corps d'adolescent et son passé. Une chance inespérée d'empêcher l'événement qui va bientôt déchirer sa famille ?

Quartier lointain nous invite à nous demander comment poser, au-delà de l'amour filial, un regard adulte sur les choix de nos parents.

Mon avis

Quartier lointain est l'oeuvre la plus connue de Jîro Taniguchi, le maître de la BD (et du manga) japonais qui nous a quitté en février 2017. Cette célébrité est parfaitement justifiée car ce roman graphique de 400 pages est un chef d'oeuvre.

Vous avez lu le pitch, d'une simplicité extrême. Que se passerait-il , alors que vous avez dépassé le mitan de votre vie, marié, avec des enfants, vous vous retrouviez soudain transporté plus de trente ans en arrière, dans votre corps d'enfant/adolescent, en gardant votre conscience et votre mémoire d'adulte ?

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Comment réagiriez-vous si vous réalisiez que l'histoire n'est pas figée, que vous avez la possibilité d'influer sur le cours de votre existence et sur celle de vos proches ?

Sur ce point de départ simplissime, qui n'est pas sans rappeler Replay, de Ken Grimwood, cet autre chef d'oeuvre que je vous invite à lire (à tout prix !), le maître japonais exploite avec sa subtilité psychologique habituelle le thème de l'enfance et du rapport au père, que l'on retrouve traité dans d'autres de ces œuvres (ex : Le journal de mon père).

Pas de sensationnel, pas de grosses ficelles scénaristiques, juste une juxtaposition de scènes intimistes qui évite systématiquement les rebondissements dramatiques pour aller au fond des choses...

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Par petites touches pleines de délicatesses, avec son dessin ligne claire en noir et blanc, simplement rehaussé de trames dont il était un utilisateur d'une habileté absolue, Taniguchi atteint (à mon avis) le sommet de son art graphique, qui en fait l'égal de Hergé ou, plus récemment de Schuiten.

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EXPO_TANIGUCHI_quartier lointain (c) 1998 Jiro TANIGUCHI-Shogakukan (c) 2002 Casterman (1)

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Cette histoire est touchante du début jusqu'à la fin. Une poésie douce amère se dégage de cette quête d'un garçon qui essaie d'empêcher un drame familial, tel qu'il l'a vécu alors qu'il était jeune. Beaucoup de nostalgie, également, comme dans toute son oeuvre.

Taniguchi était un très grand auteur et, s'il n'y avait qu'une oeuvre de lui à lire, c'est celle-ci que je vous conseillerais.

 

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