Pour services rendus
Levi
Pour services rendus
Levi
Le pitch
En 1969, ils étaient au Vietnam, embourbés dans la jungle et dans une guerre de plus en plus absurde. Fremantle, sergent aguerri, à la tête d'une section de combat, Drake, jeune recrue pas très douée. En 2016, ces deux-là se retrouvent, après quarante-sept ans. L'ancien sergent dirige sans enthousiasme le commissariat d'une petite ville du Michigan, et le soldat malhabile est un sénateur en campagne pour sa réélection. Ce dernier a raconté ses faits d'armes au Vietnam, version Disney Channel, pour s'attirer un électorat de vétérans, et il recourt à son ancien chef pour les corroborer. Ce ne sera qu'une petite formalité, une interview télévisée amicale, dans laquelle Fremantle ne devra pas vraiment mentir, non, il devra juste omettre de dire toute la vérité. Pas de quoi fouetter un flic...
Mon avis
Pour services rendus est le 5ème roman de Iain Levison que je lis en quelques mois avec, à chaque fois, un plaisir sans limite.
Une découverte tardive d'un auteur écossais vivant aux Etats-Unis, entamée avec son dernier livre au drôle de titre, Les stripteaseuses ont toujours besoin de conseils juridiques.
Jusqu'alors, je n'ai jamais été déçu : Iain Levison, avec à chaque fois en trame de fond un scénario qui frôle (mais frôle seulement) le polar, s'attache depuis vingt ans à scanner la société américaine et ses terribles contradictions dans de courts récits où pas une ligne n'est en trop.
Les Etats-Unis ? Un pays qui prône la liberté d'entreprendre et met en exergue la réussite individuelle, mais où la moitié de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.
Petits boulots, précarité, dangerosité de la vie quotidienne, minée par l'utilisation des armes à feu et le cancer de la drogue.
Iain Levison a pendant une décennie multiplié les petits boulots précaires pour survivre.
C'est cette expérience qu'il transcrit dans ses romans qui sont tout sauf dramatiques et difficiles d'accès; au contraire : bourrés de dialogues et d'humour, ce sont de délicieux petits Tourne Page à déguster dans les transports ou en vacances.
Avec Pour services rendus, publié en 2017, Iain Levison ne me déçoit toujours pas.
Cette fois-ci, la toile de fond, c'est la guerre (qu'il réutilisera dans Un voisin trop discret). Le rapport de la politique américaine avec la catastrophe humaine que fut la guerre du Vietnam.
Deux chapitres dans le premier tiers du bouquin se situent en 1969 et sont terrifiants, car ils restituent l'extrême violence des combats contre la population vietnamienne.
Le corps du roman se passe de nos jours. L'auteur n'y épargne personne : le personnel politique et es journalistes y prennent cher; très cher.
Le 19ème et dernier chapitre est un ultime retour en arrière en Asie. Il permet à Levison de lâcher un twist parfait, qu'aucun lecteur ne voit venir.
5ème roman, 5ème réussite. Je vais poursuivre ma découverte de l'oeuvre de Iain Levison, avec plaisir.
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