Comment se débarrasser des mauvais livres ?

Posté le 8 janvier 2017, par letournepage, dans La vie d'un lecteur

Attention, âmes sensibles : je vais aborder aujourd’hui un sujet délicat. Je dirais même : un sujet qui touche aux moments les plus douloureux de la vie d’un lecteur :.

Comment se débarrasser des mauvais livres qui encombrent vos étagères ?

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Les livres ? Quèsaco ? Vous ne voyez pas ?

Mais si, vous savez, ces recueils de feuilles reliées entre elles et placées sous une couverture plus ou moins rigide, après avoir été préalablement recouvertes par des signes, lettres, images et autres dessins ?

Ça y est, vous situez à peu près ? Formidable, on peut commencer !

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Ne me dites pas qu’il ne vous est jamais arrivé de regarder, de travers (ou bien de face, ne soyons pas sectaire), avec découragement, un livre que vous avez péniblement terminé après des jours et des jours de combat ?

Ou, pire, que vous vous êtes résigné, la mort dans l’âme et le moral dans les chaussettes, à abandonner avant la fin, vaincu, découragé par son inconsistance ?

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Comment se débarrasser des mauvais livres ?

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Aïe ! Voilà, vous grimacez, vous grincez des dents, je vois que cela vous remet quelques instants désagréables en mémoire !

Alors, maintenant, je repose la question, sérieux : comment de débarrasser de ces livres ?

Avant d’y apporter une réponse, vous allez probablement m’interroger, avec le sens aigu du timing et l’intelligence sidérante qui vous caractérise (ne soyez pas confus, je vous connais bien !), sur un point essentiel, celui que nous allons aborder sans crainte dans un premier temps :

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Première partie : mais qu’est-ce qu’un mauvais livre ?

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La réponse est simple, fastoche, merci de me l’avoir posée, mais elle nécessite quelques développements illustrés.

À tout bien réfléchir (j’y ai passé du temps, croyez-moi !), il existe, en tout et pour tout, deux cas de figure :

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Première option : les livres qui sont objectivement mauvais.

C’est le cas le plus facile à déterminer et caractériser, puisque, par définition, l’appréciation objective est admise par tous.

Fouillez dans votre merveilleuse mémoire de lecteur, vous trouverez facilement des exemples.

Tenez, deux cas fréquents me viennent à l’esprit, comme ça, facile, sans réfléchir :

  1. Les livres dont le fond est mauvais. Imaginez tous ceux dont le sujet ou son traitement sont débiles, objectivement débiles.
  2. Les livres dont la forme est tellement bizarre que personne ne peut les lire.

Vous ne voyez pas de quoi je veux parler ? Vous voulez des exemples ?

Pas de problème, j’ai tout ce qu’il faut en magasin !

Si nous commencions par citer quelques titres d’essais qui, vous allez le voir, illustrent de manière fulgurante la débilité de leur contenu ?

OK ? Alors allons-y !

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Les livres avec un sujet ou un traitement débile, objectivement débile !

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Précision (pré)liminaire et importante : tous les titres que je cite ci-dessous sont ceux de livres qui ont été vraiment publiés (pour ceux qui ne me croient pas, j’ai les preuves, j’ai même les couvertures, il suffit de demander !). Accrochez-vous :

  • Le sexe après la mort : guide pour les débutants
  • Les scouts et le bondage
  • Les nazis étaient-ils écolos ?
  • Nature, Environnement et Nation sous le IIIe Reich
  • Dieu peut-il communiquer grâce aux chats ?
  • Comment augmenter votre QI en mangeant des enfants surdoués

Pardon ? Vous ne me croyez pas pour ce dernier titre ?

Hommes (et femmes) de peu de foi ! Pourtant, c’est un certain Lewis Burke Frumkes qui l’a écrit. Non, je ne fabule pas, sans doute ce pauvre garçon avait-il subi quelques traumatismes dans son enfance. La preuve :

Comment se débarrasser des mauvais livres ?

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Bon, je dois bien admettre maintenant qu’il doit y avoir un peu de second degré dans ce titre, Monsieur Frumkes, qui possédait un second prénom – Burke, soit Beurk ! prononcé à la française – prémonitoire – était un humoriste assez connu aux U.S…

Mais qu’à cela ne tienne, il y a pire ! Que dîtes-vous de :

  • Le petit pyromane — Fabriquez vous-même vos propres tornades de feu, bougies à moteurs, boules de feu géantes et autres engins incendiaires
  • Les vieux tracteurs (et les hommes qui les aiment)
  •  Comment garder vos tracteurs heureux, tout en vous occupant de votre famille

Hummm… celui-là, je sens que vous tenez à voir la couverture….

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Comment se débarrasser des mauvais livres ?

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Vous en voulez un autre sur les tracteurs ? Celui-là, je l’aime bien aussi, c’est le même auteur, ce beau mec qui pose sur la couverture, l’air éminemment satisfait de sa double condition d’écrivain/agriculteur (un homme de paille qui vit de sa plume, ah ! ah !) : un titre qui donne envie de se lancer dans l’agriculture :

  • Tout ce que je sais des femmes, je l’ai appris de mon tracteur

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Comment se débarrasser des mauvais livres ?   Sympa, Roger Welsh, n’est-ce pas ? Souriant, heureux !*

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Poursuivons. J’aime bien aussi L’art viril du tricot.

Mais pour ce livre, c’est en visionnant la couverture que le livre prend tout son sel :

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Comment se débarrasser des mauvais livres ?    Avec un zoom, c’est encore mieux   :

 Comment se débarrasser des mauvais livres ?

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Allez, quelques derniers pour la route. Imaginez des thèmes de livres tels que :

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Comment se débarrasser des mauvais livres ?

Pourquoi les chats peignent ? avec le sous-titre : Une théorie sur l’esthétique félin

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Cercueils de luxe à faire soi-même

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Une semaine dans ma poubelle

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Au revoir, testicules !

et, sur le même thème, le délicieux : *

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Castration : avantages et désavantages

Pour ce dernier, vous noterez la sobriété (bienvenue) de la couverture…

Cette sobriété n’est malheureusement pas le cas de tous les livres qui débarquent sur le marché.

Je pense à une autre catégorie de mauvais livres…

ceux dont la couverture est hideuse !

Vous allez encore me dire (dieu sait si vous êtes pugnace, mais je vous reconnais bien là) : la beauté est une notion purement subjective… Beau sujet de philo, mais non, désolé de vous décevoir, il y a des couvertures objectivement hideuses.

Des exemples pour vous convaincre ? No problemo ! Que pensez-vous de la couverture de Petites cervelles ?

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Alors ? Vous faîtes moins le malin, hein ? Respirez trois ou quatre fois à fond, c’est un conseil, sinon vous n’allez pas vous sentir bien…

Et celle de La femme limace ?*

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Non, ne vous inquiétez pas, moi aussi cela m’a fait cet effet-là, cette envie de dégu… hum… de restituer mon dernier repas…

Allez, courage, nous arrivons au bout, mais…

Avant de passer à autre chose, je ne peux me priver de vous faire découvrir mes préférés : les  illustrations des livres dont l’auteur n’a pas perçu la signification au second degré !

Enfin, je l’espère…

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Thèmes classiques faciles à jouer

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Vous avez vu la tête de pervers de ce qui devait être, j’imagine, Beethoven dans la tête de l’illustrateur ?

J’en ai une autre sur le même thème, mais qui a l’intérêt supplémentaire d’être absolument hideuse…

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L’horrible secret d’Harpo

 

Mais le chef-d’œuvre du genre, c’est cette illustration pour un livre pour enfant dont le second degré est passé, non seulement complètement au-dessus de la tête de l’illustrateur, mais des enseignants, de l’éditeur, sans parler de l’éventuelle censure…

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Dingue, non ?

 

J’aborde aussi, l’hypothèse intéressante, plus rare, mais particulièrement savoureuse, du

roman dont le scénario est totalement débile :

une histoire tellement invraisemblable ou incompréhensible qu’aucun lecteur ne peut imaginer aller jusqu’au bout… ou alors par perversité ? Je vous présente donc, chers amis :


Le livre qui raconte l’histoire la plus débile de l’histoire de la littérature

En 1947, parait aux États-Unis un livre écrit par Cledwym Hugues :

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Titre que je traduirais en français littéral par Il n’osait pas regarder derrière lui, mais qui, lors de son édition dans la prestigieuse collection Série Noire, chez Gallimard, en 1963 (comment ont-ils pu alors acheter les droits ? Marcel Duhamel devait sans doute, à cette époque,fumer de la moquette) fut traduit par La jambe de Caïn (du grand n’importe quoi )

Pour résumer, c’est l’histoire d’un médecin dont la femme a un accident de voiture au cours duquel elle perd une jambe et se retrouve avec une jambe de bois.

Tout cela ne prêterait pas à conséquence si, harcelé par des névroses qui remontent à son enfance, le médecin ne supportait pas les jambes de bois.

[Remarquez : j’ai cherché un peu partout, je n’ai pas trouvé de nom pour cette phobie. Il est vrai sans doute assez peu fréquente, sauf, sans doute chez les amateurs de chasse à la baleine, si vous voyez ce que je veux dire…]

Résultat : un jour, ses nerfs lâchent, et il finit par assassiner sa femme.

Mais, et c’est là que l’histoire prend sa dimension mythique, le fantôme de la jambe de bois vient le hanter ! Au point qu’il finit par craquer, et que la jambe de bois fantôme le pousse au suicide.

Triste fin, mais bon, il le méritait, non ?

Sympa, non ? Rien que le résumé me donne une envie irrésistible de ne jamais lire ce roman !

Vous n’auriez pas trouvé mieux, j’imagine, même en creusant votre petite cervelle féconde ? Moi non plus. Jusqu’à aujourd’hui, mais je continue à chercher activement. Si vous tombez sur un roman qui dépasse celui-là en débilité de l’intrigue, je suis preneur, envoyez-moi ça très vite !


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Enfin, il ne faut pas oublier les livres dont la mise en forme est tellement extrême, le format tellement ridicule, qu’il est impossible de les lire ou de les garder entre les mains. 

  • Le plus gros livre du monde involontaire: 5 000 pages, 25 kilos : imaginez, je vous jure que c’est vrai, un type qui, il y a quelques années, a décidé d’imprimer toutes les entrées de Wikipédia sur papier, puis de réunir le tout dans une élégante reliure en pur skaï …

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  • Le plus gros livre du monde volontaire : il existe un autre livre nettement plus gros, encore plus illisible, mais réalisé avec un objectif intelligent : 2 mètres de haut, 41 266 pages, 7.5 tonnes !

C’est un avocat brésilien qui s’est amusé (quoique, cela a dû lui coûter une blinde…) à l’imprimer, pour le déposer le Congrès, à Brasilia. Il contient tous les règlements fiscaux (plus de 4 millions) qui existent au Brésil et qui rendent la vie des contribuables impossible.

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Un œuvre livrée, c’est le cas de le dire, sur palette : cool, non ?!

  • Le plus grand livre du monde : c’est un livre hongrois, dont les dimensions sont de 4.18 m sur 3.77 m. Plus de 300 pages, mais surtout plus de 1.4 tonne. Impossible de savoir de quoi traite ce petit opuscule, mais de toute façon, il est impossible à lire. Regardez :

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Impressionnant. Et je réponds à votre question : non, ce n’est pas la jeune femme qui mesure huit centimètres !

  • Les plus petits livres du monde : encore plus illisibles !

                                                                           Très petit         hkhkgimgres

                                                            Encore plus petit      rrrimgres

Et – c’est possible – encore plus petit !      petit-livre

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À lire sous un microscope ? Laissez tomber ! Le seul intérêt de ces derniers livres est que l’on peut installer une bibliothèque entière dans un paquet de cigarettes. Pour les fumeurs qui voyagent.

Mais faisons fi de tous ces livres objectivement mauvais, illisibles sur le fond ou sur la forme, et intéressons-nous à la deuxième catégorie de mauvais livres :


⇒ Deuxième option : les livres qui sont subjectivement mauvais

Le développement va être court : la liste de ces livres est aussi longue que votre subjectivité le décide !

Réfléchissez à tous ces pauvres livres qui ont traîné sous vos yeux pendant des jours, des semaines, des mois, qui ont pris la poussière en espérant être dévorés pour finir, ou plutôt ne jamais finir…

Un livre refermé avant la fin est un livre condamné par votre esprit, même si cette condamnation est injuste, inadmissible, ridicule, objectivement partiale. C’est, pour vous, un mauvais livre.

  • Vous n’aimez que les poèmes et les livres d’amour à l’eau de rose, et c’est un thriller de Stephen King que vous avez sous les yeux? Out !
  • Vous adorez les romans policiers et vous êtes tombé sur un essai de Claude Levi-Strauss ? Exit !
  • Vous ne dévorez que les mangas, qui se lisent de la dernière à la première page, et vous avez sous les yeux un roman écrit en arabe, qui se lit de la dernière à la première lettre ? Loin de vous !
  • Vous ne déchiffrez que le finnois antique et vous avez acheté un roman en mandarin ? The end !
  • Vous adorez les romans d’aventure pleins d’aventures et épais comme un bottin téléphonique, mais vous êtes tombé sur le dernier Amélie Nothomb ? Zou !
  • Vous adorez les thrillers, et vous succombez à la lecture d’un Marc Levy ? Rejet !

Oups, je sens que je vais déraper si je poursuis, mais ce n’est pas nécessaire, vous avez compris : un livre subjectivement mauvais est celui que vous n’aimez pas, tout seul dans votre tête de lecteur !

Alors, maintenant que nous avons déterminé ce que ce sont les mauvais livres – et vous avez vu comme ils sont nombreux !!! -, se pose enfin la question cruciale qui va occuper la seconde partie de notre étude :



Deuxième partie : comment s’en débarrasser ?

(de quoi ? Non mais je rêve ! : mais des mauvais livres!)

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Une précision préalable, tout de suite, pour me dégager de toute responsabilité : vous n’êtes pas obligé de suivre les conseils que je vais développer dans les paragraphes qui suivent !

Si cette histoire se termine mal, je me sens totalement étranger à toute forme de remords ou de responsabilité. De surcroît, sachez que je ne suis pas assuré et que j’ai légué l’intégralité de mes biens à l’état, à l’exception de mon corps, à la science ; donc, pas la peine d’insister !

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Première possibilité : vous jetez le livre.

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Aïe, je m’en doutais : tout de suite, j’entends des cris d’horreur monter vers moi. Vous venez de hurler : mais ON NE JETTE JAMAIS UN LIVRE ! C’est un crime contre l’humanité, un blasphème envers le dieu de la littérature qui est, comme tout un chacun le sait, Wenchangdijun, dit « Empereur Wenchang » (文昌帝君) ou Wenchangxing (文昌星), du nom de la constellation qu’il incarne.

Vous ne connaissez pas 文昌帝君 ? Ce vieux pote ? C’est pourtant un dieu chinois très connu qui a le pouvoir de favoriser la réussite aux examens. Il est parfois appelé « Dieu de la littérature ». Voilà, vous n’avez pas perdu totalement votre temps aujourd’hui, on peut apprendre des tas de choses en se baladant sur Internet.

Réponse (à votre question, plus haut) : ce n’est pas faux, on ne jette jamais un livre. Mais au cas où… imaginez que personne ne vous observe ?…

Non, non, je plaisantais, bien sûr, on ne jette donc pas le mauvais livre. Pfff… C’est bien dommage, c’était un moyen de débarrasser définitivement la planète d’une abomination (vous vous rappelez de Petites cervelles ?). Surtout avec le tri sélectif.

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Deuxième possibilité : vous brûlez le livre

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OK, ok, j’entends encore des cris monter vers moi (vous ne pouvez pas baisser un peu le son ?) : on ne détruit pas les livres.

Là, je suis moins d’accord, car en incinérant le livre, vous vous en débarrassez sans laisser la moindre trace (si ce n’est quelques grammes de cendre). Et, pour peu que vous ayez opéré dans l’âtre d’une cheminée (sinon, vous avez probablement foutu le feu à votre chambre), vous en profitez pour réchauffer l’atmosphère gratuitement. Si c’est l’hiver, c’est appréciable…

Mais je comprends votre argument concernant les autodafés. Mauvais souvenir, moi aussi j’ai lu Fahrenheit 451, de Ray Bradbury… On passe à une autre suggestion.

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Troisième possibilité : vous vendez le livre lors d’une brocante

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Je vous entends d’ici réagir : « Voilà une excellente idée ! C’est facile, et ça permet de récupérer l’argent que l’on a dépensé en achetant ce bouquin stupide ! »

Sauf que :

1/ Savez-vous qu’un livre nul est strictement aussi lourd qu’un excellent bouquin ? Vous avez déjà trimballé une caisse de 20 kilos remplie de daubes livresques à 6 heures du mat’ pour les installer sur l’emplacement que vous avez loué à votre municipalité ?  Après les avoir déchargés à cinq cents mètres de là à cause de l’interdiction de se garer à proximité ? Alors qu’il fait – 4°c et qu’il tombe un vilain grésil ? Non ? Alors vous devriez vous modérer votre enthousiasme.

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2/ Vous avez déjà subi les questions d’honnêtes gens qui s’emparent d’une de vos cochonneries, la feuillette, déchiffre la quatrième de couverture, puis vous demande, les yeux dans les yeux, le regard plein d’une confiance : « Alors, c’est bien ? Vous avez aimé ? ». Vous avez déjà rougi en détournant le regard pour faire comme si vous n’aviez rien entendu, pour ne pas avoir à mentir ?

Vous vous êtes déjà mordu les lèvres, le cœur plein de remords, en voyant le pauvre diable partir en serrant précieusement dans ses petites mains la cochonnerie éditée qui va lui gâcher des heures de lecture ? Non ? Alors vous devriez envisager de réviser votre jugement initial !

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3/ Savez-vous combien se vend un livre d’occasion, même en excellent état, dans une brocante ? Vous avez déjà compté au creux de votre paume tremblant de fatigue les douze pièces de 50 cts et les deux pièces d’un euro que vous a rapporté la vente, après dix heures de poireautage (vient de l’expression « faire le poireau ») sur vos guiboles, elles aussi tremblantes de fatigue ?

Vous avez déjà trimballé dans l’autre sens (sur 500 mètres) la caisse à moitié remplie de tous les mauvais, exécrables livres que personne n’a voulu vous prendre (même offert gratuitement avec un grand sourire misérable durant la dernière heure de la brocante) et qui vous reste maintenant sur les bras ? Non ?

Alors vous feriez mieux de réfléchir avant de répandre ainsi votre ravissement pour des idées stupides, même si c’est moi qui les énonce ! Moralité : on oublie la vente !

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Quatrième possibilité : vous offrez le livre à un proche.

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Je vous sens quasiment enthousiaste à l’écoute de cette idée altruiste de prime abord, ce qui me scandalise un peu, je dois l’avouer. Car, au second rabord, offrir un mauvais livre à quelqu’un de votre entourage, famille ou ami, c’est franchement dégueulasse…

Bien entendu, j’ai compris que le bouquin constituait un cadeau à moindres frais, surtout qu’il  doit être en bon état, puisque vous l’avez à peine entamé. Mais quand même, ce n’est vraiment pas sympa ! Vous risquez de vous brouiller pour pas cher (pour une livre, diraient les anglais, joke !)

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Alors, pour trouver un terrain d’entente et régler du même coup cette question éthique, pourquoi ne pas offrir uniquement vos mauvais livres aux personnes que vous détestez ? Vieil oncle acariâtre, grand-mère alcoolique, copain d’enfance obsédé sexuel : vous avez certainement quelques exemplaires autour de vous !

Vous l’avez compris, petits finauds que vous êtes : vous faites alors coup double : vous vous débarrassez ET du mauvais livre ET du fâcheux, vexé par l’infâme don.

Bien. Voilà déjà une option acquise. Poursuivons notre passage en revue.

*

Cinquième possibilité : vous transformez le mauvais livre en plat cuisiné.

Hummmm… après réflexion, oublions la sixième possibilité, la cellulose est très peu digeste à l’estomac occidental. Ou, à la rigueur, en pizza calzone…non, décidément non, passons à autre chose.

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Sixième possibilité : vous offrez le mauvais livre à un inconnu

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Un inconnu

Solution intellectuellement satisfaisante, car l’inconnu ne vous connait pas, pas plus que vous ne le connaissez, ce qui limite le risque de réclamation postérieure au dit don.

Double question qui vous monte aux lèvres, que vous avez purpurines (ce n’est pas un gros mot, jetez un coup d’œil sur Wikipédia) : comment donner à l’inconnu, si vous ne le connaissez pas ? Et une fois que vous avez identifié l’inconnu, comment donner sans se faire repérer ?

Réponse double, fastoche : donnez à une association humanitaire ! Elle connait plein d’inconnus (enfin… vous avez compris !), souvent démunis, de surcroît, peu susceptibles de réclamer, surtout que l’association joue le rôle d’écran entre vous et ils (les inconnus).

Je suis écœurant de cynisme ? J’avoue. Que ne ferait donc pas pour se débarrasser d’un mauvais livre…

Objection finale qui jaillit de vos lèvres, qui ont soudain blanchi d’indignation : tout ceci est totalement immoral. J’avoue, tête baissée. Oublions mon cyclique cynisme.

Fin de la route !


*

Bien. Je crois que nous avons quasiment exploré toutes les pistes, éliminé une à une toutes les solutions envisageables… Que faire de ces satanés bouquins, alors ?!

Et si, finalement, nous abandonnions cette idée de s’en débarrasser à tout prix ? Et si, plutôt que de les donner, brader, brûler, nous opérions une opération de recyclage ? Après tout, c’est bien dans l’air du temps, non ? Réutiliser, recycler, c’est bon pour la planète ! Alors, pourquoi ne pourriez-vous pas

utiliser vos mauvais livres pour fabriquer des meubles !

En voilà une idée qu’elle est bonne ! Pourquoi ne pas construire avec vos recueils de poésie foireuse et vos romans policiers ratés la bibliothèque destinée à accueillir les innombrables livres formidables que vous avez également lus au cours de votre vie ?

Comment ça, vous n’avez pas assez de bons livres pour justifier la construction d’une bibliothèque ? Si vous ne lisez que de mauvais livres (qualifiés subjectivement), je crains que le problème ne vienne pas des livres, mais de vous !

*

Bien : reprenons depuis le début : il suffit de quelques très mauvais livres pour construire, par exemple :

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                                                            une lampe :       lampe

Mieux, si vous possédez quelques dizaines de navets feuilletés (vous verrez, c’est un stock qui se constitue très vite, surtout si vous avez l’habitude d’acheter en septembre tous les candidats aux prix littéraires français) et de quelques accessoires, pour envisager la réalisation :

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                                                          d’une chaise :    chaise

Classe, non ? Idéal pour bouquiner. Comment ça, dur et inconfortable ? Et ce fauteuil, il vous convient mieux ? :

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                                                                  5749679-8573181    Plus cosy, isn’t it ?

Mais si votre stock de livres illisibles est vraiment considérable (pas très doué pour choisir, mmmh ?), vous pourrez envisager de construire un meuble plus consistant. Un comptoir pour votre loft, par exemple, qui pourrait aussi trouver place dans votre cuisine américaine :

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Toujours pas satisfait ? Dernière proposition, après j’arrête. Quelque chose de moderne, d’élégant, une sorte d’igloo qui, une fois clôt, pourra vous servir de lieu de réflexion :

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Et maintenant, soyons clair : si vous n’adhérez à aucune de mes idées (c’est très agaçant !), je vous invite

… à vous débarrasser de ces foutus livres en les balançant par la fenêtre !!!

 

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« Biografias » by Alicia Martin

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Merci La vie d’un lecteur !

Vous avez d’autres idées, des souvenirs sur le sujet ?

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