A l’assaut du Khili-Khili

W.E. Bowman

Petite bibliothèque Payot

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Le pitch

Quand vous vous balancez désespérément au bout d'une corde de trente mètres, il est important de savoir que l'homme qui se trouve à l'autre bout est un ami.

Un rapport d'expédition décrivait le Khili-Khili comme un sommet extrêmement difficile, voire périlleux, mais dont l'ascension n'était pas totalement impossible. Une équipe de sept montagnards aguerris mais grands amateurs de spiritueux se lance alors dans l'aventure : atteindre le sommet le plus haut du monde...

A l'assaut du Khili-Khili passe à la moulinette de l'absurde tous les poncifs héroïques du récit d'expédition en montagne, avec une efficacité rarement égalée dans l'art de la parodie. Un chef-d'oeuvre méconnu de l'humour anglais.

Mon avis

Autant vous prévenir tout de suite : ce roman, rédigé par  un grand malade, est exclusivement réservé aux lecteurs amateurs de haute montagne et férus d'humour absurde anglais. Pour les autres : passez votre chemin !

Le pitch est très clair : il s'agit, sur deux cents pages, d'un récit parodique, le journal du chef d'une grande expédition, non pas himalayenne (le Khili-Khili est le toit du monde, mais il culmine à  13 000 mètres d'altitude), un journal tenu quasiment au jour le jour.

Cet homme est le prototype de l'anglais bourré de principes foireux, de croyances à la mord moi l'noeud, et de valeurs qui valent ce qu'elles valent, c'est à dire pas grand chose.

Un grand naïf totalement incapable qui dirige une équipe de six savants tous plus tarés les uns que les autres, et encore plus incapables que lui dans leur domaine de compétence respective.

Enfin... d'incompétence manifeste, car il s'agit d'une équipe de bras cassés absolus qui ne parviendront à avancer que grâce à l'aide de près d'un millier (!) de sherpas locaux dont l'idiome a pour principale caractéristique de s'articuler en partie grâce aux contractions de l'estomac !

Le texte n'a qu'une seule vocation, amuser, et j'avoue que au cours de la première moitié du livre, j'ai éclaté de rire à de nombreuses reprises.

Le ressort comique est toujours le même  - il peut d'ailleurs lasser un peu sur la longueur, car le roman aurait gagné à faire cinquante pages de moins, les plaisanteries les plus courtes sont les meilleurs, n'est-ce pas ?- : il repose sur le décalage entre ce que raconte le récitant et la perception de la réalité qu'en a le lecteur.

De grands mots, de grandes phrases d'un côté, et une foirade absolu de l'autre.

Les amateurs de trekking et d'alpinisme prendront carrément leur pied en explorant les sentiers de ce récit qui relève du plus pur et total non sens anglais, entre Monty Python et Tom Sharpe.

Un roman parfait pour rire pendant les vacances, d'hiver surtout !

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