Affaires étrangères

Jean-Marc Roberts

Seuil

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Le pitch

Tout abandonner, l'amour de Nina, les soirées entre amis, la famille , ou plutôt s'éloigner, pas à pas, mais inexorablement : voici l'étrange destin de Louis Coline, jeune cadre dans les magasins de l'avenue de l'Opéra.

Un destin scellé à son insu depuis le jour où il a fait la connaissance de son nouveau directeur, Bertrand Malair. Bien des rumeurs courent sur cet homme énigmatique, continuellement flanqué de ses deux acolytes, Lingre et Belais. On dit qu'il transforme ses collaborateurs en esclaves, qu'il s'entoure de personnages singuliers.

Louis ne résistera pas à cette séduction faite de confiance, d'encouragements, de jeux pervers sur la jalousie et la rivalité. Grisé, il va s'abandonner, au risque de se perdre.

Mon avis

Prix Renaudot 1979, ce roman est le plus marquant de l'oeuvre de Jean-Marc Roberts. Auteur décédé en 2013, il reste plus dans les mémoires, paradoxalement, pour son rôle dans l'édition (patron au Seuil et chez Stock, notamment) que comme auteur, alors que son talent était impressionnant.

Lisez Affaires étrangères, écrit alors qu'il n'avait que 25 ans, et vous comprendrez ce que je veux dire : un style d'une grande simplicité, une épure, phrases courtes, pas d'adverbes, peu d'adjectifs, avec la capacité de mettre en place des atmosphères très prenantes.

Le thème de ce court roman est terriblement moderne; je dirais même qu'il n'a jamais été aussi actuel. L'emprise et la sujétion morale dans le cadre du travail. La frontière entre la vie privée et la vie professionnelle.

Roberts distille au fil des pages une impression d'angoisse, de malaise, qui prend le lecteur à la gorge. Ce n'est pas très gai, mais c'est remarquable.

À découvrir ou redécouvrir. À noter que l'adaptation au cinéma est très "dans le ton", grâce au talent de Michel Piccoli. Toute une époque...

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