Histoires de moine et de robot

Intégrale

Becky Chambers

Neptune

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Le pitch

Un jour, la vie de Dex, moine de thé, est bouleversée par l'arrivée d'un robot qui, fidèle à une très vieille promesse, vient prendre des nouvelles de l'humanité. Il a une question à poser, et ne rejoindra les siens qu'une fois satisfait de la réponse. La question : "De quoi les gens ont-ils besoin ? " Mais la réponse dépend de la personne à qui on parle et de comment on pose la question.

Dans ces romans qui ont conquis d'emblée les coeurs et les esprits, Becky Chambers met en scène nos doutes au quotidien : dans un monde où les gens ne manquent de rien, à quoi sert d'avoir toujours plus ?

Mon avis

Becky Chambers est une auteure américaine de SF.

Tout juste la quarantaine, très ouvertement et officiellement gay, c'est une des leaders du mouvement littéraire solarpunk, qui envisage l'avenir de l'humanité de manière optimiste grâce au concours de l'écologie, de la tolérance, de l'ouverture des genres.

Elle a remporté en 2019 le prix Hugo de la meilleure série, une quadrilogie intitulé Les voyageurs.

Puis, le prix du meilleur roman court pour ces Histoires de moine et de robot, qui  comprend deux novellas, Un psaume pour les recyclés sauvages et Une prière pour les cimes timides.

Si j'ai évoqué plus haut son orientation sexuelle, ce n'est pas pour stigmatiser d'une quelconque manière (cela serait bien mal me connaître) mais tout simplement parce que, dès la première page de ces deux courts romans, le lecteur se voit confronté à une écriture inclusive.

Le héros du récit ? C'est un moine, dont on ne connaitra jamais que sous le qualificatif de froeur Dex (mélange de frère et de soeur, vous l'avez compris). Et quand l'auteur le ou la désigne, c'est par le prénom iel (il ou elle).

C'est la première fois que je me trouvais face à une telle écriture, et j'avoue que cela m'a perturbé tout au long des 250 pages des deux récits.

Non sur le fond, mais sur la forme, car l'oeil d'un lecteur plus qu'aguerri comme je le suis "accroche" à la lecture de chacun de ces mots, que le cerveau ne reconnait pas.

Passé ce petit problème technique, je dois dire que les textes de Becky Chambers ne manquent pas de charme car ils sont, comme il se doit dans un récit solarpunk, presque totalement feelgood.

Ici, pas d'avenir sombre, de conflits, de drames, juste un futur certes post apocalyptique mais où tout se passe désormais pour le mieux et les protagonistes font preuve d'une bienveillance à l'égard du monde assez confondante.

L'essentiel des deux courts romans est constitué de la rencontre de deux personnages qui occupent toute la place : froeur Dex, l'humain(e) et Omphale, un robot.

Au fil des pages, ils vont se découvrir, apprendre à s'apprécier et à accepter leurs différences.

C'est tout ? Eh bien oui. 90 % du texte est constitué du dialogue entre les représentants des deux "peuples" qui ont survécu à la fin de l'ancien monde.

C'est très charmant, plutôt drôle, rassurant, parfois désarçonnant tant le sous-texte m'a paru d'une grande naïveté.

Mais passé le premier texte, j'avoue avoir ressenti la forte impression de tourner en rond.

Sans doute la faute à un scénario sans la moindre aspérité et à l'absence d'un message d'intention intéressant.

Mais nom d'un chien, qu'est-ce que Becky Chambers a bien voulu dire à ses lecteurs, en dehors des messages "respectons la planète" et "aimons-nous les uns les autres" ?

Si la quiétude de longs dialogues rassurants au sein d'une végétation revenue à l'état naturel vous inspire, n'hésitez pas : c'est plutôt intelligent et plein de bonnes intentions.

Sinon, évitez "le meilleur des mondes" à la mode, non pas d'Huxley, mais de Chambers !

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