L’assommoir

Emile Zola

Le livre de poche

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Le pitch

L'Assommoir, septième roman des « Rougon-Macquart » raconte le drame de la vie populaire : l'alcoolisme, propagé par les débits de boissons nommés à juste titre des « assommoirs ».

Coupeau, bon ouvrier zingueur, après un accident, au cours d'une longue convalescence, se laisse gagner par l'alcool.

Sa femme Gervaise, qui avait de haute lutte acquis une blanchisserie, après avoir résisté, est à son tour entraîné jusqu'à la pire déchéance.

Mon avis

Dans chacun des vingt romans qui composent les Rougon-Macquart, Emile Zola mélange à chaque fois, dans des proportions différentes, un scénario mettant en scène quelques personnages forts, une trame historique, une étude sociologique et une peinture naturaliste de son époque.

Parfois, le mélange est parfaitement équilibré, et cela donne des chefs-d'oeuvre comme Pot-Bouille et sa "suite" Au bonheur des dames, L'argent ou Germinal.

Mais il arrive que les proportions ne soient pas aussi bonnes, et cela donne des œuvres moins abouties, soit parce qu'il y a trop d'histoire dans le mélange (La débâcle) ou, surtout, une dose de naturalisme exagérée. L'excès de naturalisme, c'est le péché mignon de cet immense auteur... L'assommoir fait partie de cette dernière catégorie.

Si vous avez lu l'assommoir étant enfant ou adolescent et que ce roman ne vous a pas laissé un bon souvenir car il vous a un peu effrayé, ou dégoûté, parce que l'auteur y dépeint la déchéance du peuple ouvrier, miné par l'alcool, n'hésitez pas à le relire, une fois adulte. Vous découvrirez, probablement, que votre souvenir était juste.

Lorsqu'on reprend ce très long roman, trop long (près de 600 pages), on est frappé par le côté étouffe-chrétien de la charge démonstrative. De manière très unidimensionnel, Zola développe ses théories, et il y revient, encore et encore, jusqu'au bout d'une démonstration qui, par son manque de finesse, finit par agacer.

Alors, je ne dis pas que c'est un mauvais roman, il y a toujours le style, formidable, unique, immédiatement reconnaissable (j'adore !); et c'est une peinture précieuse, pour nous, d'une situation sociale depuis longtemps disparue.

Mais l'intérêt des personnages (car il y en a, Gervaise, la mère de Nana, est une très belle figure, pleine de subtilité) finit par être un peu noyé dans cet ensemble très lourd.

L'assommoir restera dans l'histoire de la littérature, il faut le lire, mais plus à titre documentaire que par intérêt purement littéraire.

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