Les amants étrangers

Philip José Farmer

Folio

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Le pitch

En 3050, l'Amérique du Nord est dirigée par le Clergétat, ordre religieux ultra-puritain, susceptible de vous envoyer en enfer pour " irréalité " au moindre péché.

En partant en mission sur la planète Ozagen, Hal Yarrow pense avoir laissé cette société qu'il abhorre derrière lui. Mais le conditionnement subi depuis son plus jeune âge résiste à l'éloignement et rien ne semble pouvoir le briser. A moins que la belle Jeannette, mystérieuse étrangère, ne parvienne à faire tomber les derniers tabous de Yarrow ?

Les amants étrangers, principalement connu pour avoir été le premier texte à aborder de front le thème de la sexualité en SF, est avant tout un magnifique plaidoyer contre l'intégrisme religieux et pour l'acceptation de la différence.

Mon avis

Prix Hugo 1953.

Si vous n'êtes pas familier avec la littérature de SF, ou si vous l'êtes, mais sans avoir jusqu'alors exploré l'univers de Philip José Farmer, je vous encourage à découvrir ce court roman, pour au moins deux raisons.

La première tient à la place qu'occupe ce roman dans l'histoire de la SF. Paru en 1953 (donc, bien avant la révolution sociale de la fin des 60's), il s'agit en effet du premier récit où sont évoqués de manière explicite des relations sexuelles entre un humain et un extra-terrestre.

Si, aujourd'hui, la tonalité du texte paraîtra bien sage à la plupart des lecteurs, il fit à l'époque scandale. Le public ne savait pas, à l'époque, que Farmer irait par la suite bien plus loin, avec des romans très, très chauds comme Comme une bête ou Gare à la bête !

Au delà du tabou, brisé par Farmer, il y a dans ce roman un "twist" sur ce sujet qui mérite vraiment le détour.

La seconde tient au sujet principal du roman (du moins, tel qu'il apparaît l'être de nos jours) : la dystopie décrite - une société où l'intégrisme religieux, poussé à l'extrême, annihile toute possibilité d'indépendance d'esprit et de vie privée, et où les dogmes privent l'être humain de tout libre arbitre - entre en résonance de manière saisissante avec les événements qui secouent notre planète depuis quelques années, à coups de guerres, d'attentats et d'atrocités quotidiennes. Pour le coup, rien de démodé dans cette réflexion, au contraire !

Le seul reproche que j'adresserais à ce roman est la pauvreté du style. C'est écrit à la hache, comme un roman de gare, et l'on à peine à reconnaître entre ces lignes l'auteur merveilleux qui entamera, dix ans plus tard, la rédaction de la fabuleuse saga du Monde du fleuve.

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