Les carnets de Stamford Hawksmoor
Delirium
Les carnets de Stamford Hawksmoor
Delirium
Le pitch
Il y a deux cents ans, l’Angleterre perdit la guerre contre Napoléon. Comme le reste de l’Europe, elle fut envahie par la France et la famille royale fut guillotinée. Mais après une période marquée par des attentats meurtriers et une répression brutale, le jour tant attendu de l’Indépendance est proche !
C’est dans ce contexte de tension sociale et politique extrême que Stamford Hawksmoor va se retrouver impliqué dans une affaire de chantage et de meurtres impliquant des membres éminents de la haute société…
Mon avis
Bryan Talbot, pour les amateurs un peu pointus de BD britannique, c'est une référence, mais une référence un peu frustrante car, pendant très longtemps, il a été difficile de trouver ses albums traduits en français (nombre de ses récits ne le sont d'ailleurs toujours pas).
Heureusement, grâce à l'éditeur au joli nom Delirium, il est désormais possible de découvrir les cinq volumes de son masterpiece Grandville, dont je parle par ailleurs sur le site.
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C'est le même éditeur qui publie également le très épais one shot qui raconte les enquêtes de Stamford Hawksmoor.
Un album d'une densité narrative rare, impressionnante, un album bourré jusqu'à la gueule de texte et de dialogues.
L'histoire se déroule dans le même contexte uchronique que la série Grandville, deux siècles après la victoire de Napoléon contre l'Angleterre.
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Un environnement qui ravira les amateurs de récits steampunk, dans un Londres pas si moderne que cela puisque dans cet univers, on en est tout juste à inventer la machine à vapeur...
Bien que publié en 2025, Stamford Hawksmoor se déroule vingt ans avant Grandville, dans le même monde anthropomorphique, peuplé d'animaux humains, si je puis utiliser ce raccourci audacieux.
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Hawksmoor est un rapace impressionnant, qui va se retrouver impliqué au péril de sa vie dans une enquête subtile, complexe, que n'aurait pas renié Conan Doyle (les références à Sherlock Holmes sont ici explicites)
Prévoyez au moins trois heures de lecture attentive pour aller au bout de l'enquête, aussi passionnante qu'un classique du roman policier britannique.
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Côté graphisme, c'est toujours ma-gni-fique.
Dessiner de manière réaliste un univers qui met en scène une société anthropomorphique, c'est possible ? Mais oui, il suffit de vous plonger dans cet album pour en être convaincu.
Si j'ai une minuscule observation à faire, c'est sur la mise en couleurs.
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Bryan Talbot a choisi le monochrome, avec un brun/beige omniprésent qui manque pas d'allure, loin de là, mais j'ai regretté de ne pas retrouver le procédé utilisé par l'auteur pour la série Grandville, que j'avais adorée.
De toutes façons, impossible de passer à côté de ce petit bijou - réservé aux lecteurs confirmés - qui vous plongera pour quelques heures dans un monde... ailleurs !
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