Ne t’arrête pas de courir

Mathieu Palain

Proche

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Le pitch

C'est l'histoire d'un athlète qui a choisi de gâcher sa vie.

Toumany Coulibaly est champion le jour, voyou la nuit. C'est l'histoire d'un journaliste qui a grandi dans le même quartier de banlieue, à la même époque. Mathieu Palain, lui, est tombé du bon côté de la vie.

C'est l'histoire d'une amitié née dans un parloir de prison, et dont chaque page est comme une décharge d'adrénaline.

Mon avis

Difficile de passer à côté de ce livre, dont le bandeau rappelle fort opportunément qu'il a remporté 12 prix littéraires, dont l'Interallié et le prix des lectrices de Elle.

Comme le pitch constitue une véritable accroche pour tous les lecteurs qui cherchent à éviter les thèmes qui encombrent les sentiers battus, vous pensez bien que j'ai glissé mon nez curieux dans le volume édité par une maison qui m'était jusque là inconnue.

Près de 400 pages plus loin, je dois bien avouer que ma lecture a frôlé la promenade en rollercaster, comme disent nos amis américains (ok : montagnes russes !).

Cent premières pages : agréable mise en bouche, avec dès le départ une surprise, le roman n'étant pas un roman mais plutôt un mix entre une autofiction et un essai journalistique.

Car tout ce que raconte Mathieu Palain, à la première personne du singulier, c'est ce qu'il lui est vraiment arrivé.

La rencontre avec cet homme intriguant, lui aussi réel, cet athlète de haut niveau à la double vie :  stade le jour, délinquance frénétique la nuit.

Rencontre, puis obsession né d'une fascination de l'auteur pour son sujet d'article. Oups, pardon : de roman.

C'est bien là que le bât blesse, passé le tiers du livre. Une confusion des genres qui va en s'aggravant au fil des chapitres.

Car on découvre que le mystère Coulibaly ne mérite pas la fascination de l'auteur. Rien, ou presque, ne justifie cette attirance grandissant au fil des pages.

Et la magie du "reportage" se brise définitivement  au mitan de l'essai, lorsque Coulibaly avoue que le moteur de sa passion pour le vol, les délits, ce n'est pas une forme de compensation à des traumatismes enfantins.

S'il vole, truande sans cesse, au risque de détruire sa vie, sa femme, ses enfants, c'est juste parce que ça le fait kiffer. Il aime ça, plus que tout.

A partir de ce moment-là, le brin d'empathie qu'on pouvait avoir pour le personnage disparait définitivement et la seconde partie (qui m'apporte rien) m'a semblé injustifiée et injustifiable, la démarche littéraire s'effaçant au profit d'une autoanalyse difficilement compréhensible.

Surtout que, depuis la sortie du livre, Toumany Coulibaly a été poursuivi suite à des plaintes multiples pour violences à l'égard de deux femmes, et à des détournements de fond importants....

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