La possibilité d’une île

Michel Houellebecq

Fayard

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Le pitch

"Roman d'anticipation autant que de mise en garde. La possibilité d'une île est aussi une réflexion sur la puissance de l'amour. Vite vient l'envie de comparer sa propre lecture à celle des autres. S'il est des livres que l'on a envie de garder pour soi, il n'en est décidément rien avec ceux de Houellebecq, comme s'ils offraient, à chaque fois, la possibilité d'une confrontation", Franck Nouchi - Le Monde.

"Ce roman vous ébranle profondément. C'est la force visionnaire d'un Aldous Huxley et la cruauté d'un Evelyn Waugh. Un taureau enragé dans le magasin de porcelaine de la fiction contemporaine", David Coward - Times Literory Supplement.

"Michel Houellebecq fait là du grand art tant son écriture est honnête, précise, crue et vraie. Au-delà des thèses sur la fin des religions ou le rêve d'un Homme Nouveau, il s'agit surtout d'un livre sur la peur", Volker Weidermann - Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung.

Mon avis

Prix Interallié 2005, La Possibilité d'une île est un livre... à part. Où ça ? Nulle part, dans les limbes.

Vous avez lu le pitch ? Comment ça, pas de pitch ? C'est pourtant ce qui figure en quatrième de couverture. Pas de résumé, d'éléments scénaristiques distillés par l'éditeur destinés à allécher le lecteur, à lui donner quelques pistes sur ce qu'il va peut-être lire, s'il achète le roman...

Sur le site de Fayard, le pitch commence par : "Le pitch ? Quel pitch ? Il est impossible d'en dévoiler un. Le quatrième roman de Michel Houellebecq, par son ampleur, ses ambitions, sa façon bien à lui de déjouer tout pronostic, échappe à cette pratique paresseuse de la critique moderne."

Bien. Nous voilà sacrément avancé... Personne n'est donc capable d'en parler, de ce drôle de livre ? Mais si, allez, je m'y colle : La possibilité d'une île est un roman alternant, de façon régulière et systématique, sur près de 500 pages, le récit, à la première personne, de trois personnages.

D'une part, celui des dernières années de la vie de Daniel 1, humoriste à succès, à la recherche d'un sens à sa vie, quête qui passe par plusieurs femmes, plusieurs pays, et la rencontre décisive avec une secte aux visées destinées à transformer la race humaine.

D'autre part, celui, de Daniel 24, puis de Daniel 25, qui sont les clones de Daniel 1. Clones qui vivent dans le futur, sur une Terre ravagée bien longtemps auparavant par un cataclysme général et par une révolution scientifique.

Je ne vous en dis pas plus, vous êtes déjà, soit perdu, soit perplexe... et il y a de quoi ! Non, le premier récit n'est pas à proprement parler un récit "à la houellebecq" classique, plein de provocations, de scènes de sexe provocatrices, de nihilisme, sexisme...mais un peu quand même. Non, il ne s'agit non plus, d'un livre de science-fiction... mais un peu quand même.

C'est un chaudron bouillonnant dans lequel Houellebecq a jeté de multiples ingrédients, un peu de tout, trop sans doute, pour en faire une drôle de mixture que je vous invite fortement à goûter, car vous y découvrirez des saveurs que seul cet auteur sait, aujourd'hui, proposer en France.

Tout n'est pas réussi, là-dedans, loin de là, mais il y a des pages superbes, un style formidable comme toujours, et une multitude d'idées que vous pourrez saisir, agiter, retourner... réfléchir, quoi !

Tenter votre chance, même si l'auteur n'est pas sympathique, déplaisant parfois, et même s'il s'agit du livre le plus pessimiste que j'ai pu lire depuis bien longtemps (à lire plutôt au soleil, vous m'avez compris) !

 

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