Prime Time

Jay Martel

Super 8 Éditions / 10/18

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Le pitch

À l'insu de ses habitants, la Terre est depuis des décennies le programme de télé réalité le plus suivi par la galaxie qui se régale des aventures des Terriens, ces êtres primaires, aussi stupides qu'arrogants, qui, à force de guerres, de pollution, de décisions irrationnelles, s'approchent chaque année un peu plus de l'autodestruction.

Leurs aventures sexuelles, religieuses, politiques ont souvent été irrésistibles. Puis, peu à peu, l'audience s'est mise à chuter. Les spectateurs se sont lassés.

Aussi les producteurs ont-ils décidé d'arrêter les frais. Et ils préparent en secret un dernier épisode : la fin du monde, prévue dans trois semaines. Un seul homme, bien malgré lui, va avoir la possibilité de sauver la planète.

Scénariste has been un peu déplumé et travaillé par une libido dévorante, Perry Bunt va en effet lever le voile sur la conspiration. Hélas pour nous, il n'a pas grand-chose d'un héros !

Mon avis

Avec Prime Time, c'est un nouveau coup de maître pour la jeune et talentueuse maison d'Édition Super 8, qui s'est donné pour mission de dénicher les romans anglo-saxons de SF et fantastique les plus originaux (lisez par ailleurs mes critiques de The rook, ou d'Une pluie sans fin) pour les faire découvrir aux lecteurs français  .

Pour Prime time, une référence s'impose d'emblée : H2G2, Le guide du voyageur galactique, bien sûr !

On est ici très exactement dans la même veine : une vraie histoire de SF, mais prise au 3e degré, avec un personnage principal complètement paumé et un humour digne des meilleurs auteurs anglo-saxons spécialistes du non-sens.

Je prends ici le risque de m'engager (satisfait ou remboursé) : vous allez rire, et souvent aux éclats, en suivant les péripéties et les soubresauts scénaristiques incessants dans lesquels l'auteur plonge son pauvre héros !

Le principe est simple : Jay Martel part d'une idée a priori complètement absurde (le pitch est très explicite sur ce point) et il en exploite toutes les conséquences possibles, avec une logique et un sérieux que ne désavouerait pas un ethnologue professionnel.

Un seul reproche à formuler : sur les 470 pages du roman, j'en aurais bien élagué une petite centaine dans la deuxième moitié, dont le rythme subit une très nette d'intensité.

Comme vous le savez, il n'y a rien de plus difficile que de "tenir la route" en matière d'humour et l'auteur doit parfois savoir faire court pour ne pas s’essouffler et lasser le lecteur.

Mais n'hésitez pas à vous lancer et à en parler autour de vous (je l'ai déjà offert à plusieurs personnes de mon entourage) : le voyage en vaut largement la chandelle !

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