Shangri-La

Mathieu Bablet

Ankama Editions

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Le pitch

L'espace infini. L'Homme et Tianzhu Enterprises. Tianzhu TV, TZ-Phones, Tianzhu-Tab, Tianzhu Fitness, Tianzhu Burgers, Tianzhu Immobilier, Tianzhu Bank... Le monde est parfait car Tianzhu Enterprises veille à votre bonheur.

Les hommes vivent dans une station spatiale en orbite autour d'une Terre devenue inaccessible. La station est régie non pas par un gouvernement, mais par une multinationale à qui est voué un véritable culte. En apparence, tout le monde semble se satisfaire de cette « société parfaite ».

Dans ce contexte, les hommes veulent repousser leurs propres limites et devenir l’égal des dieux. Et c’est en mettant en place un programme visant à créer la vie à partir de rien, sur Shangri-la, une des régions les plus hospitalières de Titan, qu’ils comptent bien réécrire la « Génèse » à leur façon.

Le héros quant à lui est chargé d’enquêter sur de mystérieuses explosions dans certaines stations-laboratoires qui étudient justement ce processus de création de la vie « à partir de rien

Mon avis

Quand l'album d'un jeune auteur est autant mis en avant à sa sortie, poussé par l'éditeur, par la com', lorsqu'il est placé systématiquement en tête de gondole dans les librairies, deux réactions possibles : soit vous vous détournez, écœuré par le bruit médiatique; soit vous l'achetez, par curiosité.

Pour Shangri-La, l'oeuvre de Mathieu Bablet, qui vient de fêter ses trente ans et qui a une tête vraiment sympa, j'ai failli avoir la seconde, dès le départ, mais lorsque j'ai ouvert l'épaisse couverture, je suis tombé sur des planches qui, visuellement, ne m'ont pas du tout plu; mais alors : pas du tout !

Alors je l'ai refermé. Puis, le buzz a continué, vraiment insistant. Alors je me suis laissé convaincre et j'ai lu les 220 planches de l'ouvrage. Et je n'ai pas bien compris.

Shangri-La est censé proposer un scénario splendide, particulièrement complexe et original. Sur le plan de la complexité, ce n'est pas totalement faux, même si l'auteur semble parfois se perdre lui-même (ainsi que ses lecteurs) dans cette complexité.

Par contre, je n'ai pas trouvé beaucoup d'originalité dans les thèmes développés; je dirais même que les influences sont souvent un peu trop identifiables (les plus flagrantes me paraissent être du Cinquième élément, de Luc Besson, ou de Soleil Vert, L'âge de cristal...). Une dystopsie parmi d'autres, et dieu sait si la SF mondiale regorge de chef-d’œuvres en la matière)

Quant au visuel, je n'hésiterais pas à avouer que j'ai été rebuté par certains aspects du graphisme à un point tel que cela m'a empêché de profiter de l'histoire.

Non pour les pages qui se déroulent dans l'espace intersidéral, qui sont d'une beauté magistrale. Non pour le travail très impressionnant réalisé par Bablet sur les décors de la station spatiale, d'une précision sidérante.

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Mais la mise en couleurs des planches, uniforme (c'est quasiment une planche = une couleur), avec un abus de gris, d'ocre, de jaune, n'est pas réussi.

Et surtout, surtout, les visages de tous les personnages sont d'une laideur absolument repoussante, au point que, parfois je me suis pris à penser que certains zombis de Walkind dead avaient l'air sympa à côté des protagonistes de Shangri-La.

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A ce sujet, je reprendrais simplement les mots de Mathieu bablet dans une de ses interviews : "Plus je dessine, plus les pages s’accumulent, et plus j’ai de facilité sur les décors et le découpage. Je peine encore sur les visages des personnages, je m’y reprends souvent à plusieurs fois, car j’ai du mal à leur dessiner des têtes vraiment différentes. L’anatomie a toujours été mon point faible, alors j’opte pour des personnages non réalistes dans un décor réaliste. Un truc inspiré des dessins animés japonais, très pratiques pour mieux faire ressortir les émotions".

A vous de juger,mais pour moi, cela a été rédhibitoire.

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