Jacaranda
Le livre de poche
Jacaranda
Le livre de poche
Le pitch
Quels secrets cache l’ombre du jacaranda, l’arbre fétiche de Stella ? Il faudra à son ami Milan des années pour le découvrir. Des années pour percer les silences du Rwanda, dévasté après le génocide des Tutsi. En rendant leur parole aux disparus, les jeunes gens échapperont à la solitude, et trouveront la paix près des rivages magnifiques du lac Kivu.
Sur quatre générations, Gaël Faye raconte l’histoire terrible d’un pays qui s’essaie malgré tout au dialogue et au pardon. Comme un arbre se dresse entre ténèbres et lumière, Jacaranda célèbre l’humanité, paradoxale, aimante, vivante.
Mon avis
Comme des centaines de milliers de lecteurs francophones, j'ai été particulièrement touché et impressionné par le premier livre de Gaël Faye, Petit Pays, publié en 2016, et qui a reçu le prix Goncourt du premier roman.
Touché par le thème et la toile de fond du roman, bien sûr, avec une évocation tout en subtilité des évènements survenus au Burundi et au Rwanda, avec le génocide des tutsi.
Impressionné par la maîtrise littéraire de ce jeune homme, sa conduite de la narration, la subtilité de son évocation.
Huit ans plus tard, voici Jacaranda, couronné par le prix Renaudot. Waouh !
En ouvrant ce court roman, je me suis demandé, bien entendu, si l'auteur, devenu un acteur majeur de la scène musicale française, parviendrait à relever le défi.
Car rien n'est plus difficile que de se lancer dans un nouveau roman, lorsque le premier a été une telle réussite.
Dès les premières pages, j'ai été rassuré. On retrouve tout de suite le ton, la langue simple et fluide de Gaël Faye, sa capacité à composer de nombreux personnages au travers de multiples dialogues.
Il revient, vous vous en doutez, sur le drame qui a touché le Rwanda il y a maintenant trois décennies.
Son approche, différente de Petit Pays, est de voir comment ce massacre a touché, affecté, de différentes manières, les différentes générations de rwandais.
En 2025, quelles marques reste-il de ces horreurs, entre les survivants tutsis et leurs bourreaux hutus, avec lesquels ils cohabitent ?
Comment vivent aujourd'hui les jeunes, qui n'ont pas connu la guerre, les massacres, dans ce pays où 75 % de la population a moins de 20 ans ?
Au travers du personnage de Milan, alter aego de Gaël Faye, qui revient, comme lui, vivre au pays après une partie de sa jeunesse en France, on découvre une multitude de personnages et de destins, sur quatre générations.
C'est prenant de bout en bout et certains passages ont été, pour moi, d'une grande utilité pédagogique.
Grâce au chapitre 23, Gaël Faye remonte à l'origine de la catastrophe et en explique les ressorts historiques, que je ne connaissais pas. Au travers du terrible chapitre 25, on vit les épouvantables massacres.
Reste, en refermant le livre, une très, très légère déception : je n'ai pas retrouvé dans Jacaranda, dans un récit parfois légèrement décousu, la même intensité littéraire qui traversait par moment le texte de Petit Pays et certains textes de ses œuvres musicales.
Moyennent quoi, j'attends avec impatience le prochain roman de Gaël Faye sur un sujet - pourquoi pas ? - différent.
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