La prisonnière du désert

Alan Le May

Gallmeister

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Le pitch

Au lendemain de la guerre de Sécession, au Texas. Alors qu'ils rentrent d'une expédition contre des voleurs de bétail, Amos et son neveu Martin trouvent le ranch familial razzié. Les Comanches ont massacré tout le monde, sauf la petite Debbie, qu'ils ont enlevée. Enragés, les deux hommes partent à sa recherche, animés par une insatiable soif de vengeance. Commence alors une traque qui durera plusieurs années, épopée furieuse à travers les immensités sauvages de l'Ouest.

L'un des plus grands westerns du XXe siècle, devenu un film culte de John Ford, avec John Wayne au sommet de sa gloire.

Mon avis

Le film La prisonnière du désert, avec John Wayne, fait partie de l'importante série de longs métrages hollywoodiens tirés du courant romanesque américain consacré à la conquête de l'Ouest.

Un courant qui comprend nombre de très grands titres, et même de chefs-d'œuvre. N'hésitez pas à consulter sur le site l'article que j'y ai consacré, intitulé Westerns : les meilleurs romans sur l'ouest américain.

Le film de John Ford est excellent, même si sa mise en scène et le jeu des acteurs a vieilli. Mais qu'en est-il du roman originel ?

Sous la très jolie couverture (comme d'habitude) de la collection Totem, chez Gallmeister, se trouve un épais roman d'un autre temps.

En parcourant la biographie d'Alan Le May, j'ai découvert que l'homme, auteur et scénariste, était né en 1899. Un autre temps, donc. Même si le roman a été écrit en 1954, il est dans son exposition assez daté.

Certains trouveront que les images du far west des années 1870 exposées par l'auteur ressemblent un peu trop à celles, d'Epinal, véhiculées justement par la cinéma américain des années 40 et 50.

Dans ces plaines et ses montagnes désertiques, les indiens sont d'épouvantables prédateurs sans pitié.

Pas une phrase qui laisse apparaître la moindre subtilité dans l'approche ethnologique de ces populations natives, chassées sans relâche par l'armée US. Les comanches sont primaires, sans pitié, voleurs, violeurs, sanguinaires. Rien à racheter.

Ce qui, en soit, n'est pas entièrement faux, encore aurait-il eu au moins balancer cette vision par le contexte dans lequel se sont déroulé les guerres  indiennes.

Même chose pour les populations locales du sud du Texas, à la frontière du Mexique. Des êtres paresseux, vicieux, menteurs...

Le roman, cependant, n'est intrinsèquement pas mauvais ou dépassé.

Ce qui le rend d'une certaine façon également fascinant, c'est son style que je ne saurais qualifier autrement que de rugueux.

Alan Le May ne s'embarque pas de subtilités. Les faits, les rebondissements, les dialogues sont posés brutalement sur la table.

A charge pour le lecteur de se débrouiller pour remplir les blancs qui expliqueraient le comportement psychologique des deux personnages principaux.

Ce manque de subtilités finit cependant par fatiguer le lecteur, surtout sur plus de 400 pages.

NB : Si vous souhaitez découvrir un très grand livre qui traite ces thèmes avec infiniment plus de brio (comme celui  de la manière dont les tribus indiennes capturaient et élevaient des enfants blancs pour les assimiler littéralement dans leur population), je ne peux que vous conseiller le merveilleux Little big man de Thomas Berger.

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