La vallée des poupées

Jacqueline Susann

Presses de la Cité / 10/18

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Le pitch

1945. Anne Welles quitte sa famille et son fiancé de Nouvelle-Angleterre pour débarquer à New York, la tête pleine de rêves et de gloire.

Elle y devient secrétaire d'un avocat spécialisé dans le théâtre et fait la connaissance de deux autres jeunes femmes qui prévoient de faire carrière dans le monde du spectacle: l'ambitieuse et prometteuse Neelly O'Hara et la très belle mais peu talentueuse Jennifer North.

Des bureaux d'agents d'artistes aux coulisses de Broadway, des plateaux d'Hollywood aux premières émissions TV, le roman suit leur ascension (et chute) respective, au rythme de leurs rencontres plus ou moins heureuses, carrière, amitié, amours bien sûr et autres trahisons et désillusions...

Mon avis

Avec La vallée des poupées, 10 /18 continue à explorer le passé récent de la littérature américaine dite populaire, en exhumant de grands romans, best-sellers à leur époque, souvent adaptés au cinéma, comme Peyton Place. Merci 10 /18 pour cette initiative !

Si Peyton Place était le reflet d'une certaine Amérique des années 50, celle des petites villes rétives à l'évolution des mœurs, La vallée des poupées en est celui d'une autre Amérique, celle des grandes villes des années 60.

Les poupées, dans ce long roman qui se lit d'une traite, comme on avalerait en binge watching les trois saisons d'une série, ce ne sont pas les filles, mais bien les petites pilules que les actrices, chanteuses et modèles, héroïnes de cette histoire, finissent toutes par avaler. Pour maigrir, pour dormir, pour supporter les rythmes de travail, le harcèlement des hommes...

Anne, Nelly et Jennifer sont les trois principales protagonistes de l'histoire, trois figures symboliques certes, mais sacrément bien dessinées par Jacqueline Susann. Mais il n'y a pas qu'elles : le roman est bourré de personnages, croqué avec beaucoup de talent.

Avec un sens du rythme aigu, des dialogues percutants et une dramaturgie bourrée de drames, de sexe et de drogue bien loin des romans à l'eau de rose que s'avalaient à longueur de journée les américaines dans les années 60, ce roman s'est révélé à l'époque tout à la fois un scandale monstrueux (so chocking !) et un immense succès commercial, avec près de 30 millions d'exemplaires vendus depuis sa parution.

Contrairement à ce que j'ai pu lire à droite et à gauche, le livre n'est absolument pas désuet, ni dans sa forme, ni sur le fond. S'il a le charme pour nous, aujourd'hui, du récit d'une époque révolue (c'est l'époque de la série Mad men, exactement), c'est surtout, dans sa construction,  un roman tout à fait proche des grandes comédies dramatiques hollywoodiennes, comme A star is born.

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