Le maître des illusions

Donna Tartt

Pockett / Plon

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Le pitch

En décrochant une bourse à l'université de Hampden, dans le Vermont, Richard Papen ne laisse pas grand-chose derrière lui : la Californie, qui lui déplaît , son adolescence, faite de souvenirs incolores , et ses parents, avec qui il ne s'entend pas.

Hampden est une porte de sortie inespérée, l'opportunité de vivre une nouvelle vie. Passées quelques semaines, il est bientôt attiré par un professeur atypique, Julian Morrow, esthète capricieux qui enseigne les lettres classiques à cinq étudiants apparemment très liés.

Contre l'avis de ses professeurs, il tente de s'introduire dans le groupe de ces jeunes gens marginaux sur qui courent les plus folles rumeurs. Et il est loin d'imaginer ce que lui coûtera sa curiosité.

Mon avis

J'ai été un des premiers français à lire Le maître des illusions, il y a vingt ans, et depuis je n'ai pas arrêté d'en faire la promotion autour de moi.

Comme pour tous les livres qui m'ont un jour fasciné, je n'ai cessé de l'offrir à mes amis en insistant sur le fait qu'il devrait les toucher, d'une manière ou d'une autre, car ce merveilleux roman est un roman d'initiation.

J'adore les romans d'initiation quand ils sont réussis, car il touche à l'essence même de la vie : le passage de l'enfance à l'âge adulte. Le maître des illusions (quel beau titre, beaucoup plus beau, pour une fois, que le titre orignal : The secret history) est, sur ce point, une réussite absolue.

Au travers des illusions et désillusions de son personnage principal, Dona Tartt livre au lecteur quelques secrets de l'existence qui se révèle, à l'usage, beaucoup moins simple et enthousiasmante qu'on se le figure parfois en sortant de l'adolescence, certains se fracassent même sur le mur des réalités.

Atmosphère étrange, événements terribles qui surviennent soudain, malaise distillé très progressivement tout au long des sept cents pages du roman, l'auteure noie peu à peu le lecteur dans le brouillard délétère qui semble estomper les contours tout d'abord si rassurants de cette Nouvelle Angleterre universitaire où l'argent, parfois, dilue les repères moraux au point que certains s'y perdent...

Un roman fascinant dans lequel j'ai pourtant, à la troisième lecture, il y a peu, fini par identifier ce qui me tracasse dans l'écriture Dona Tartt, ce qui me gênera tant dans ses deux autres romans, Le petit copain et Le chardonneret (j'en parle par ailleurs, pas la peine de m’appesantir ici sur les défauts des œuvres postérieures de l'auteur).

Mais pour celui-là, achetez, lisez, offrez !

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