L’invention du vide

Nicolas Debon

Dargaud

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Le pitch

De tout temps les hommes ont rêvé de gravir les plus hautes montagnes tel un défi face au vide à la fois vain et magnifique. Les Alpes ont bien sûr été le théâtre régulier des assauts de ces hommes, au point d'être à l'origine du mot alpinisme; durant les années 1880, ces conquêtes furent l'objet d'une formidable compétition symbolisées par les aiguilles de Chamonix.

S'inspirant des écrits d'Albert Frederick Mummery (1855-1895) considéré comme l'inventeur de l'alpinisme moderne, Nicolas Debon signe un ouvrage, à la fois grave et savoureux, qui est aussi un sublime hommage à la montagne.

Mon avis

L'invention du vide est un album (au titre splendide) pour les amoureux de la montagne et de l'alpinisme.

Pour les autres : passez votre chemin !

Vous risquez de ressentir la même frustration qu'à la lecture de Premier de cordée, de Frison-Roche, ou du Sommet des dieux, de Jiro Tanigushi : pour ceux qui ne partagent pas cette passion, ces récits ne peuvent que générer qu'incompréhension ou , pire, indifférence.

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L'invention du vide

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Comment peut-on aimer la montagne, au point de vouloir la conquérir, littéralement, comme on conquiert une maîtresse, mais au péril de sa propre vie ?

C'est à cette question que le bel album one shot de Nicolas Debon répond; un peu, mais pas totalement, car aucune réponse vraiment rationnelle n'existe.

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L'invention du vide

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Quelle bonne idée - comme l'explique l'auteur dans une post face passionnante qui remet son travail dans son contexte historique - de partir des récits de Mummery, pionnier de l'alpinisme moderne durant la seconde partie du XIX° siècle !

Le récit de Mummery, transposé par l'auteur en récitatifs et dialogues,  ponctue de magnifiques graphismes à l'ancienne.

Des graphismes "à la manière de" qui exposent les aventures des trois "héros" que le scénariste suit de près, en plans serrés (trop serrés, je vais revenir sur ce point plus loin), comme un cameraman de documentaire.

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L'invention du vide

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Difficile d'expliquer ici le charme des peintures de Nicolas Debon - car ce sont des peintures - et je vous propose d'aller y jeter vous-même un œil curieux.

Peu de réalisme, une pointe de naïveté, des couleurs volontairement en demi-ton : comme si le lecteur regardait un vieux film tournant sur un projecteur qui cliquette.

Je dois quand même avouer que j'ai ressenti une frustration tout au long de l'album, face au choix de l'auteur de privilégier sur une bonne moitié des planches un découpage avec de toutes petites vignettes qui ne permettent pas à l’œil du lecteur de s'aérer et de saisir toute la splendeur - et le danger - de la montagne.

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L'invention du vide

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Une réelle frustration (dont je vous priverai en présentant ici de très belles vignettes de grandes dimensions) heureusement tempérée par la vision d'autres planches où Nicolas Debon élargit la focale, permettant enfin de donner toute sa dimension épique à son récit.

Pour les amoureux de la montagne : recommandé !

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