Sa majesté des mouches

William Golding

Belin - Gallimard

Partager sur :

Le pitch

Soit un groupe d'enfants, de six à treize ans, que l'on isole sur une île déserte. Qu'advient-il d'eux après quelques mois ? William Golding tente l'expérience.

Après les excitantes excursions et parties de baignade, il faut s'organiser pour survivre. C'est au moins la réflexion de Ralph, celui qui fut élu chef au temps heureux des commencements, et du fidèle Piggy. Mais c'est ce que refusent de comprendre Jack, le second aspirant au "trône", et les siens.

Cette première division clanique n'est pas loin de reproduire un schéma social ancestral. S'ensuivent des comportements qui boudent peu à peu la civilisation et à travers lesquels les rituels immémoriaux le disputent à une sauvagerie d'une violence sans limite.

Mon avis

Sa majesté des mouches est un des piliers de la littérature anglaise du XX° siècle en Angleterre, où le livre possède une dimension quasi mythique que l'on ne connait pas en France. William Golding (Prix noble de littérature en 1983) y est là-bas vénéré, et son livre est étudié dans toutes les écoles du pays.

Dur, dur, de se confronter à un tel monument. Le fait de le lire tardivement m'a permis de relativiser le challenge. Alors : chef d'oeuvre absolu, ou pas ? Ma réponse penche nettement vers le non. Un livre important, marquant, certainement, mais pas plus.

Le thème principal de cette fable - car c'en est une - est, dès son prime abord, presque transparent : en matière d'humanité, l'acquis prime-t-il sur l'inné ? et l'inné chez l'homme, est-il bestial ?

Le cadre choisit pour développer la fable est ingénieux, brillant, même si, depuis les années 50, il a été repris à de nombreuses reprises, tant pas la littérature et le cinéma et a donc perdu de son originalité. Des histoires d'enfants et d'adolescents livrés à eux-même, qui sont confronté au vertige du retour à l'état de nature, qu'est-ce qu'il y en a eu ces dernières années !

Porté par un style agréable, très classique, le traitement scénaristique m'a paru précis, froid, presque clinique. L'histoire racontée est presque celle d'un récit d'horreur, et pourtant, je ne me suis pas vraiment senti impliqué, comme si je lisais une étude entomologique. Une démonstration pédagogique et un brin didactique. Problème d'empathie ? Ma faute ou celle de l'auteur ?

Mais par dessus tout, je me suis très vite retrouvé confronté à un rejet assez violent de la réponse apportée, de manière assez claire, par William Golding à la fable. Pour lui, il n'y a aucun doute, la réponse penche vers une vision totalement pessimiste de la nature humaine. Réaction d'un homme traumatisé à la sortie de la seconde guerre mondiale ? Possible, mais comme je ne suis pas du tout d'accord avec sa thèse, difficile d'adhérer.

Un livre important, une balise dans l'histoire de la littérature. Mais pas plus.

 

Acheter sur Amazon

Du même auteur