Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon

Jean-Paul Dubois

L'olivier / Points

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Le pitch

Paul Hansen purge sa peine dans un pénitencier canadien.

Dans la cellule qu'il partage avec Horton, un Hells Angel incarcéré pour meurtre, il se raconte sa vie. L'enfance, à Toulouse, entre un père pasteur et une mère gérante d'une salle de cinema. Son métier de superintendant à la résidence L'Excelsior, où il réparait les âmes et entretenait les bâtiments. Les moments de folle liberté dans l'aéroplane de Winona, sa compagne pilote. Et le crime qui l'a conduit en prison.

Dans cet admirable roman, on retrouve un écrivain animé par un sens aigu de la fraternité . Et par un sentiment de révolte à l'égard de toutes les injustices.

Mon avis

Vous le trouvez réussi, vous, le titre du roman de Jean-Paul Dubois ? Oui ? Tiens, étrange... pour ma part je le trouve trop long, une maxime a priori un peu bébête (tiré d'un chapitre du livre), ça ne donne vraiment pas envie...

Mais ne nous arrêtons pas à ce choix bizarre, qui n'a pas empêché l'académie Goncourt de lui décerner son grand prix en 2020 ! Car, comme tous ce qu'écrit Dubois, il s'agit d'un fort bon roman, qu'il serait dommage d'éviter juste parce qu'il a eu un grand prix littéraire (forme de snobisme que je pratique, un peu en solitaire, je l'avoue !).

Jean-Paul Dubois est pour moi un compagnon de route littéraire depuis maintenant un quart de siècle (comme le temps passe, nom d'un chien !). Depuis la publication de ses chroniques américaines, du temps où il chroniquait pour l'Obs'. L'Amérique m'inquiète, joyeuses et prémonitoires analyses des U.S. à la fin du siècle dernier.

Après, il y a eu Une vie française, prix Femina 2004 et - je pense pour l'éternité - le meilleur livre de l'auteur qui travaille un pied de chaque côté de l'Atlantique (je sais, c'est une position risquée et inconfortable !). Et puis les deux derniers, La nouvelle vie de Paul Sneijder et La succession. Que des bouquins sympas, intelligents, bien écrits, complexes sous une apparence de grande simplicité.

Tous les hommes ressemble à tous ces romans, avec des thèmes communs (les liens filiaux, le destin, les retours nostalgiques sur le passé, les accommodements étranges avec des métiers peu courants, l'Amérique du nord (Etats-Unis ou Canada, en alternance; ici, c'est le Canada). Et pourtant, jamais de redîtes (ou presque : Dubois fait visiblement une fixette sur l'entretien des immeubles !), mais plutôt des sentiers à nouveau explorés.

Ce prix Goncourt, il le mérite.

Ne serait-ce que pour la légèreté et l'optimisme raisonnable, teinté de beaucoup d'humour, qu'il parvient à transmettre à ses lecteurs. Que cela fait du bien, de lire un auteur qui ne se prend pas au sérieux et ne tire pas à la ligne sur les malheurs du monde, même si ce qu'il raconte n'est pas tours très gai !

Pour ne pas trop vous dévoiler l'histoire, et simplement vous donner l'envie d'acheter le livre, je tiens juste à écrire à quel point le personnage d'Horton, le Hells Angel qui partage la cellule du héros Paul Hansen, m'a fait rire. Vraiment, quelle idée merveilleuse ! Rien que pour lui, jetez-vous sur Tous les hommes !

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