Le livre de Joe

Jonathan Tropper

Fleuve Noir / 10/18

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Le pitch

A priori, Joe Goffman a tout pour lui : un quatre pièces dans les quartiers chic de Manhattan, des aventures sentimentales en série, une décapotable dernier cri et des dollars comme s’il en pleuvait.

Une vie de rêve née deux ans plus tôt, avec la parution de son premier roman Bush Falls, un best-seller corrosif rapidement adapté à l’écran. Dans ce livre, il évoquait une adolescence passée entre un père et un frère moins préoccupés à l’aimer qu’à marquer des paniers au basket, ses deux meilleurs amis ne trouvant rien de mieux à faire que d’afficher leur relation homosexuelle dans une petite ville de province très conservatrice !

Seulement voilà, ce passé riche en névroses irrécupérables refait surface lorsque le père de Joe plonge brutalement dans le coma. Contraint de courir à son chevet, le romancier, qui n’a pas remis les pieds à Bush Falls depuis dix-sept ans, va se frotter à l’hostilité des résidents locaux, bien décidés à lui faire payer ses écarts autobiographiques.

Mon avis

Les auteurs capables d'aborder les questions les plus graves de l'existence tout en gardant le sourire sont rares.

Ceux qui, de surcroît, sont capables de partager avec leurs lecteurs vision et humour, tout cela avec une plume virtuose et légère, sont carrément à compter sur les doigts d'une main, même dans un pays aussi vaste que les Etats-Unis.

Jonathan Tropper fait partie de ces happy few, ces auteurs bénis des dieux de la littérature qui, apparemment sans le moindre effort, communiquent avec leur public sur le mode léger, sans façon.

Dès son premier roman, en 2004 - car Le livre de Joe est un premier roman, aussi incroyable que cela puisse paraître quand on découvre la maîtrise narrative déployée et la maturité des thèmes abordés - Tropper a remporté un très grand succès, d'ailleurs plus commercial que critique.

Car, voilà son seul malheur, sa plume terriblement spirituelle et sa manière de se moquer apparemment des sujets les plus graves ont souvent généré une bonne dose de  dédain de la part des pisse-vinaigres de la critique.

Ne vous fiez pas à ces empêcheurs de tourner en rond. Si Jonathan Frenzen vous barbe, si Richard Ford vous endort, précipitez vous sur les romans de Jonathan Tropper !

Sa capacité à traiter de la famille, de la religion et de l'amitié est autrement plus accessible et intéressante que ses augustes confrères !

Cela tombe bien que vous soyez là : Le livre de Joe est sans doute le meilleur Tropper. On y trouve tout ce qui fait son charme. Dès le premier paragraphe, vous voilà embarqué dans une histoire à la fois drôle et acide.

Raconté à la première personne du singulier par Joe Goffman, une sorte de double (j'imagine) de l'auteur, l'histoire avance rapidement, l'auteur alternant les chapitres situés dans le présent et les chapitres en feed back.

Ça tangue, ça roule, les événements se précipitent dans un vrai Tourne Page où vous risquer tout autant de hoqueter de rire que de verser une grosse larmichette d'émotion.

Pour les fans de Jonathan Tropper, l'attirance et l'addiction que ses romans provoquent ne s'expliquent sans doute que par le fait que sa plume est sympathique, et que ses personnages possèdent tous une rare épaisseur psychologique.

Faites-moi confiance : tentez l'aventure, vous verrez qu'à la fin des 400 pages, qui auront défilé sans que vous en rendiez compte, vous n'aurez qu'une envie : l'offrir à vos meilleurs amis lecteurs et lire les trop rares autres romans de l'auteur !

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