Ceux de 14

Maurice Genevoix

Librio

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Le pitch

1er août 1914 : la France décrète la mobilisation générale. Genevoix, brillant normalien qui n'a pas 24 ans, rejoint le 106e régiment d'infanterie. En janvier 1915, les troupes s'affrontent pour prendre la crête des Eparges. Pendant quatre longs mois d'horreur, le 106e défend la position, au prix d'un carnage. Sûr cette colline meurtrière, les combats se font au corps-à-corps, à la grenade, et sous le feu des obus. Immergés dans la boue. le sang, la mort, les fantassins tiennent. jour après jour, participant à l'une des batailles les plus meurtrières de la guerre.

Chef-d'oeuvre littéraire et témoignage historique, Les Eparges constitue la dernière partie des carnets de Genevoix, d'abord publiés séparément entre 1916 et 1923, puis rassemblés en un seul volume sous le titre Ceux de 14.

Mon avis

Maurice Genevoix, c'est pour moi un souvenir marquant de mon adolescence.

La fin des années 70, les soirées passées devant Apostrophes, de Bernard Pivot.

Et ce personnage incroyable, ce très vieil homme à l'apparence un peu fluette, cheveux et moustaches blanches, mais au verbe haut, incroyable, cette vivacité d'esprit éclairé par un humour formidable.

Genevoix fut, pendant des décennies, le secrétaire perpétuel de l'Académie Française et le représentant de ce que la littérature française classique avait de plus noble.

Avec Ceux de 14, des carnets de souvenirs romanesquement mis en forme racontant sa grande guerre, voici sa grande oeuvre.

Les Eparges constituent la cinquième et dernière parie de ces "mémoires" qui, rassemblés, forment une somme gigantesque de 1 000 pages.

Les Eparges, c'est plus de 200 pages d'une extrême densité (l'équivalent de 300 pages en poche) publiées dans le beau format de la collection Librio qui privilégie le prix (3 € !) et la lisibilité.

Le récit du premier trimestre 1915, au cours duquel, les centaines de milliers de soldats français mobilisés depuis six mois se retrouvèrent pris dans le chaudron infernal de cette incroyable connerie tactique et humaine que fut la guerre de position.

Une multitude d'hommes promis à l'abattoir, survivant ou mourant sous le couvercle de fer de la canonnade ennemi.

Des romans qui racontent de l'intérieur la guerre de 14, il y en a plusieurs, certains des chefs-d'oeuvre.

J'y ai d'ailleurs consacré une bonne partie d'un article intitulé : Les plus grands romans sur la guerre, que je vous invite à découvrir sur le site.

Ceux de 14, de Maurice Genevoix, c'est le frère de mémoire de A l'ouest rien de nouveau, de Remarque, et de Les croix de bois, de Dorgelès.

Le témoignage incroyable, inimaginable, de ceux qui ont survécu à l'incroyable boucherie. Un témoignage pour le futur, pour les survivants.

Franchement, c'est un récit insupportable, tant les horreurs racontées s'empilent, sans cesse.

Mais c'est aussi le récit de la vie quotidienne des soldats, entre les combats et les charges. Les amitiés, les petites joies, les terribles annonces d el amort d'un camarade de combat.

Le roman (car c'est pour moi un roman, tant la forme est remarquable) s'achève quand Maurice Genevoix est grièvement blessé, trois blessures qui lui assurent de quitter le front. Pour lui, la guerre est terminée.

Une lecture indispensable, pour savoir, comprendre, se rappeler.

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