Le monde sans fin

Christophe Blain, Jean-Marc Jancovici

Dargaud

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Le pitch

La rencontre entre un auteur majeur de la bande dessinée et un éminent spécialiste des questions énergétiques et de l’impact sur le climat a abouti à ce projet, comme une évidence, une nécessité de témoigner sur des sujets qui nous concernent tous. Intelligent, limpide, non dénué d’humour, cet ouvrage explique sous forme de chapitres les changements profonds que notre planète vit actuellement et quelles conséquences, déjà observées, ces changements parfois radicaux signifient.

Jean-Marc Jancovici étaye sa vision remarquablement argumentée en plaçant la question de l’énergie et du changement climatique au coeur de sa réflexion tout en évoquant les enjeux économiques (la course à la croissance à tout prix est-elle un leurre ?), écologiques et sociétaux. Ce témoignage éclairé s’avère précieux, passionnant et invite à la réflexion sur des sujets parfois clivants, notamment celui de la transition énergétique. Christophe Blain se place dans le rôle du candide, à la façon de son livre En cuisine avec Alain Passard et de Quai d’Orsay signé avec l’expertise d’un coauteur : un pavé de 200 pages indispensable pour mieux comprendre notre monde, tout simplement !

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Le monde sans fin

Mon avis

Comment concilier essai scientifique, analyse sociale et économique spéculative, BD et humour, pour en faire un énorme succès critique et commercial ? Pas évident, n'est-ce pas ? La quadrature du cercle, en fait. Et pourtant, Jean-Marc Jancovici et Christophe Blain l'ont fait.

A l'approche des fêtes de fin d'année 2021, se procurer l'essai graphique (nouvelle catégorie que je viens d'inventer !) Le monde sans fin était quasi impossible, l'ouvrage étant encore plus épuisé que la population française après deux ans de covid.

Attente, bouche à oreille : tout concourrait à orienter les lecteurs vers cet épais et imposant album à la couverture crayonnée jaune.

Mais vous me connaissez, je ne suis pas du style à abandonner, lorsqu'il s'agit de trouver un bouquin, et j'ai donc fini par le dénicher. Et je n'ai pas regretté un instant mon achat !

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Le monde sans fin

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Après trois bonnes heures de lecture quasi ininterrompue (un sacré Tourne Page, ce bestiau), j'ai refermé l'essai de Jancovici, plus riche de trois tonnes d'informations, quelque certitudes, une bonne poignée de questions, une autre d'objections, sans oublier deux ou trois résolutions pour l'avenir. Riche, quoi !

Jean-Marc Jancovici est un polytechnicien quinquagénaire  devenu un spécialiste et une autorité mondiale du réchauffement climatique (il est l'inventeur du concept de "bilan carbone"). Son objectif avec cet album était d'exposer, en un seul volume, l'essentiel des faits, recherches et conclusions tirés de son travail depuis deux décennies.

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Le monde sans fin

Le monde sans fin est donc un ouvrage de pure vulgarisation destiné à faire comprendre au lecteur lambda (j'en fais partie) les enjeux de la survie de notre espèce sur terre.

Très malin, il a su utiliser le vecteur le plus convaincant pour y parvenir : une explication mêlant textes et images. Quoi de mieux qu'un petit Mickey rigolo pour donner envie de comprendre ?

C'est là qu'intervient Christophe Blain, sacré dessinateur à l'humour simple et sympa; jouant le rôle de candide, il renvoie la balle à Jancovici tout au long des 200 planches pour que le déroulé de l'exposé soit aussi clair et complet que possible.

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Le monde sans fin

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J'adore le trait de Christophe Blain (rappelez-vous les deux merveilleux tomes de Quai d'Orsay !), qui convient parfaitement à l'exercice.

De pleines pages bourrées de chiffres, de graphiques et de faits dont le lecteur fera son fromage (de tête !) en tentant d'assimiler toutes les informations exposées. Autant le savoir tout de suite : il faut à mon avis deux lectures de l'album pour parfaitement en intégrer le contenu, mais cela en vaut vraiment la peine.

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Le monde sans fin

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On pourra reprocher à Jancovici un ton un brin trop professoral et condescendant, tout autant que des raccourcis et des approximations dans sa défense (que je partage) du nucléaire. Sur ce dernier point, son bilan de la catastrophe de Tchernobyl est manifestement et largement minoré, ce qui est vraiment dommage et nuit paradoxalement à la crédibilité de l'ensemble de la démonstration.

N'empêche que : il y a plus de vérité et de bon sens dans cet ouvrage que ne pourront en supporter tous les extrémistes du capitalisme ou de l'écologie !

Bilan (carbone) : un album indispensable, à dévorer, avant de l'offrir autour de soi.

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