Naïs
Grasset
Naïs
Grasset
Le pitch
Naïs Micoulin est amoureuse de Frédéric Rostaing, fils des propriétaires de la ferme tenue par son père. Le père Micoulin voit d'un mauvais oeil cet amour hors de son milieu. Mais Naïs a un allié de prix : Toine, le bossu.
Pour cette ultime variation sur des thèmes connus (Angèle, La Fille du puisatier), Pagnol prend pour prétexte une nouvelle d'Emile Zola, et confie la réalisation à Raymond Leboursier, tout. en étant omniprésent sur le tournage : Naïs (1945) appartient bien aux films de Marcel Pagnol. Henri Poupon, en père orgueilleux et borné, trouve son rôle le plus sombre ; et Fernandel bénéficie d'une tirade sublime sur les petits bossus. Jacqueline Bouvier, qui allait devenir Jacqueline Pagnol, est rayonnante de beauté et de candeur.
*
Fernandel et Jacqueline Pagnol
Mon avis
Naïs est certainement une des œuvres les moins connus de Marcel Pagnol.
Complètement inspiré par une nouvelle d'Emile Zola, Naïs Micoulin, il s'agit en fait d'une adaptation pour le cinéma que Pagnol produira, laissant la réalisation à Raymond Leboursier, avec certains de ses acteurs fétiches : Fernandel, Henry Poupon et, dans le rôle titre, sa jeune femme Jacqueline Pagnol.
Lecture bizarre au premier abord car il ne s'agit formellement ni d'une nouvelle, ni d'un script, mais plutôt d'une forme batarde qui fait irrésistiblement penser, dans sa présentation, à une pièce de théâtre (le texte fut d'ailleurs porté à la scène plusieurs fois par la suite), avec les dialogues et les didascalies.
Si l'œuvre s'appuie effectivement complètement sur le texte de Zola, le style et l'intention sont bien, eux, du pur Pagnol.
*
Une des affiches du film
*
On retrouve en effet, tout au long de l'histoire, la tendresse que l'auteur portrait aux gens du peuple, les simples qui, selon lui, portent parfois dans leur cœur des richesses que ceux qui ont du bien ne possèdent pas.
Avec Toine, le gentil bossu de la campagne Pagnol a trouvé un vecteur parfait pour déployer son affection, portée par la poésie qu'on lui connait.
Une lecture très agréable, même si l'on comprend pourquoi la renommée du texte a eu du mal à traverser les décennies : les personnages restent au stade de silhouette, l'héroïne n'a pas plus d'épaisseur que la Fanny de la trilogie marseillaise et le scénario est trop prévisible pour ne pas décevoir un peu l'amateur exigeant du grand dramaturge.
Acheter sur Amazon