Mémoires d’un jeune homme dérangé

Frédéric Beigbeder

La table ronde

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Le pitch

"Le roman le plus snob de la rentrée? N'hésitez pas ce sont les Mémoires d'un jeune homme dérangé, prestement enlevés par un godelureau éthylique, nihiliste et sarcastique." Roland Jaccard, Le Monde

"On pense à Musset, à Poil de Carotte, au poil à gratter." J.F. Kervéan, Globe

"L'élégance déjantée de son style cache beaucoup d'efforts, et comme un retour à l'esprit des fondateurs Beigbeder est le Morny du nightclubbing." Marc Lambron, Le Point

"Paris ressemblera donc à un chapitre de Fitzgerald." Eric Neuhoff, Madame Figaro

"On réédite mon introuvable premier roman? Zut! Il va donc cesser d'être culte?" Frédéric Beigbeder, joint par téléphone

Mon avis

Mémoires d'un jeune homme dérangé est le premier roman de Frédéric Beigbeder, publié en 1990, et déjà on y trouve toute son oeuvre, ses défauts, ses qualités...

C'est à peine un roman. En enlevant les sauts de ligne, les sauts de page, les intertitres, les pages blanches, il reste à peine de quoi faire une grosse nouvelle. Normal : Beigbeder est un flemmard, il en fait toujours un minimum.

Beigbeder à un talent naturel absolument dingue, mais il ne fonctionne que s'il en fait le moins possible. Regardez : dès qu'il s'est mis à bosser, c'était raté (exemple : Windows on the word, pourtant Prix Interallié en 2003).

L'histoire est celle de Frédéric Beigbeder, même si le héros s'appelle Marc Marronnier. Marronnier est le double littéraire de Beigbeder, qui ne sait parler que d'une chose : lui-même.

Ses forces, ses faiblesses (il ne s'épargne jamais, loin de là !), ses goûts discutables pour la fête, l'alcool, la drogue, le sexe. La seule passion de sa vie qu'il dissimule autant que possible dans ses livres, c'est la littérature, justement.

Beigbeder parle de lui, de la fin d'une liaison et de la naissance d'un amour. Parce que sous ses dehors bravaches, sexistes et j'men foutiste, Beigbeder est un sacré romantique, avec un cœur d’artichaut.

Mais il ne faut pas le dire, il n'aime pas.

Ah, j'oubliais : Beigbeder possède un esprit virevoltant, c'est le roi de la formule, de l'aphorisme. Beigbeder, c'est Sacha Guitry ou Oscar Wilde, mais sans le travail de fond. C'est un peu dommage.

Mémoires d'un jeune homme dérangé est un petit roman, un opuscule bourré de charme; il a fait mieux par la suite, mais c'est déjà un vrai plaisir de le lire, comme de déguster un bol de crème fouettée.

C'est absolument délicieux, mais après, on reste un peu sur sa fin.

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