Celle qui fuit et celle qui reste

L'amie prodigieuse III

Elena Ferrante

Gallimard / Folio

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Le pitch

«Nous vivons une époque décisive, tout est en train d'exploser. Participe, impose ta présence !»

Alors que les événements de 1968 s'annoncent, que les mouvements féministes et protestataires s'organisent, Elena, diplômée de l'École normale supérieure de Pise, se retrouve au premier rang. Elle vient de publier un roman inspiré de ses amours de jeunesse qui rencontre un certain succès tout en faisant scandale. Lila, elle, a quitté son mari Stefano et travaille dur dans une usine où elle subit le harcèlement des hommes et découvre les débuts de la lutte prolétaire. Pour les deux jeunes femmes, comme pour l'Italie, c'est le début d'une période de grands bouleversements.

Après L'amie prodigieuse et Le nouveau nom, Celle qui fuit et celle qui reste est le troisième volume de la saga d'Elena Ferrante qui se conclut avec L'enfant perdue.

Mon avis

Si vous n'avez pas lu ma critique des deux premier tomes de la trilogie d'Elena Ferrante, L'amie prodigieuse et  Le nouveau nom, je vous invite à commencer par le faire avant de lire les lignes qui suivent car, sinon, vous en perdrez toute la saveur...

Troisième volume de la saga (en quatre tomes) de l'immense succès de l'auteure (anonyme) italienne, Celle qui fuit et celle qui reste est exactement dans la droite veine des deux premiers.

Démarrant exactement là où s'arrêtait Le nouveau nom, ce troisième volet balaye à nouveau une volée d'années.

Les années qui vont mener Elena et son amie Lila - son âme sœur, mais aussi le petit diable perché sur son épaule - d'un statut de jeunes femmes, à celui de jeunes épouses, puis de jeunes mères, pour finalement affronter les tourments de la vie et les méandres des amours contrariés.

L’histoire est toujours aussi prenante, grâce au style classique et élégant d'Elena Ferrante qui privilégie la narration aux dialogues (avec toujours ce récit à la première personne d'Elena), mais aussi grâce à sa capacité à inscrire la destinée de personnalités fortes et romantiques sur une toile de fond historique très réaliste - ici, les grands mouvements sociaux qui ont agité l'Italie à la fin des années 60.

En fait, le roman, qui  reste dans sa première moitié exactement dans le même ton que le deuxième volume (la mise en avant de la fascination d'Elena pour Lila, malgré le naufrage évident de la vie de son amie prodigieuse), prend une autre dimension dans une seconde partie particulièrement réussie.

Soudain, la vie personnelle d'Elena - une fille qui s'est toujours considérée comme un peu fade, en comparaison de Lila - prend le pas sur celle qu'elle vivait parfois, par procuration avec Lila.

Elena vit un amour puissant, son mariage part à la dérive.

Soudain, Elena parle plus d'elle-même que de l'autre, et l'émotion monte car le lecteur sent à quel point ces instants sentent le vécu, le réel.

Plus vif, plus essentiel, plus émouvant que le second tome, Celle qui fuit retrouve la qualité des premiers chapitres de la saga.

Ne reste plus qu'à découvrir le quatrième volet de cette fresque de plus de deux mille pages, unique en son genre...

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