Dans la brume électrique

avec les morts confédérés

James Lee Burke

Rivages/noir

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Le pitch

Une équipe de cinéma s'est installée à New Iberia pour y tourner un film épique sur la Guerre de Sécession, avec la star hollywoodienne Elrod Syes. Arrêté par Dave Robicheaux pour conduite en état d'ivresse, l'acteur affirme qu'il a vu, pendant le tournage d'une scène dans un marais, le corps momifié d'un Noir enchaîné. Dave est tenté de croire à ce récit invraisemblable car, trente-cinq ans plus tôt, il a été le témoin impuissant de l'assassinat d'un homme de couleur par deux Blancs. Le corps n'avait jamais été retrouvé.

Le shérif se moque bien d'un crime vieux de trente-cinq ans. Mais lorsque Dave est face au squelette de la victime, il comprend que le souvenir de ce meurtre n'a cessé de le hanter...

Mon avis

Comme j'ai pu l'écrire par ailleurs : lire James Lee Burke et les enquêtes de David Robicheaux, c'est plonger la tête la première dans l'atmosphère du sud des Etats-Unis et s'y immerger complètement pendant tout le roman.

Description de la faune, de la flore, dialogues cajuns, des paragraphes entiers à décrire les repas du coin : je ne connais pas un auteur capable de rivaliser sur ce point avec Burke.

Sentir la douleur des piqures de moustique sur sa peau moite, renifler l'atmosphère étouffante des bayous saturée des senteurs des plantes en décomposition, tout cela grâce à la magie d'une plume virtuose : voilà l'expérience improbable à laquelle vous vous exposerez en lisant ce livre, un des sommets de la carrière du grand Burke, 89 ans au compteur à l'heure où j'écris cette critique.

Dans la brume électrique (avec les morts confédérés, suivant le titre original) a été choisi il y a quelques années par Bertrand Tavernier pour en réaliser une adaptation.

Tavernier, qui était un expert de la littérature américaine, se trompait rarement : Dans la brume déploie une intrigue plutôt solide, peuplée comme d'habitude d'une foultitude de très vilains messieurs.

La méchanceté de ces personnages est compensée par les valeurs morales réconfortantes de Robichaud, un homme pleine de faiblesses mais qui consacre sa vie à les combattre, et par quelques silhouettes plantées là par l'auteur pour confirmer qu'il ne faut pas totalement désespérer en l'être humain.

Cerise sur le gâteau : Burke introduit dans son histoire très terre à terre une dimension quasi fantastique - ou carrément métaphysique - qui explique le titre et nourrit la richesse du message.

N'hésitez pas une seconde à ouvrir ce pavé (plus de 500 pages denses) si fichtrement bien écrit pour vous immerger d'une traite dans cette histoire où, pour une fois chez Burke, les méchants sont plutôt bien punis.

De mon côté, je place le volume sur une des étagères de ma bibliothèque idéale consacrée aux polars.

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