Prisonnier du ciel
Rivages/Noir
Prisonnier du ciel
Rivages/Noir
Le pitch
Un petit bimoteur s'écrase dans les marais salants de Louisiane. A son bord, deux femmes venues clandestinement du Salvador, un prêtre, l'homme de main d'un caïd de la Nouvelle-Orléans et une petite fille.
En sauvant l'enfant de la noyade, et en décidant, avec sa femme Annie, de la garder, l'ex-lieutenant de la criminelle, Dave Robicheaux, ne sait pas qu'il va mettre sa famille en péril et déchaîner les forces du mal.
Mon avis
James Lee Burke est une institution.
Avec sa série de polars de l'Amérique profonde, celle du sud, de la Louisiane et des bayous, avec son (anti)héros Dave Robicheaux, le flic (ou pas) alcoolique à la morale aussi rigide que les poings, il a su conquérir au fil des décennies une clientèle d'afficionados inconditionnels.
En 2025, il en est à 24 volumes. Il a 88 ans et il produit toujours. Quelle santé !
Chaque roman est aussi épais que l'atmosphère dans laquelle baignent les protagonistes, car Burke aime bien les paumés, les pervers, les putes et les psychopathes.
Donc, il y a beaucoup de sang, beaucoup de morts, et Robicheaux n'est pas le dernier lorsqu'il s'agit de faire justice.
Ceci dit, je dois bien avouer que l'oeuvre de Burke (dont je n'ai lu que quelques volets) me séduit tout autant qu'elle me fatigue et ce n'est pas la lecture de Prisonniers du ciel (deuxième volume de la série) qui va me faire changer d'avis.
Côté séduction, il faut mettre avant tout en avant la plume de Burke, qui parvient à mêler rudesse et poésie avec beaucoup de subtilité.
Lire Burke, c'est plonger la tête la première dans l'atmosphère du sud et s'immerger complètement pendant tout le roman.
Description de la faune, de la flore, dialogues cajuns, des paragraphes entiers à décrire les repas du coin : je ne connais pas un auteur capable de rivaliser sur ce point avec Burke, qui déploie ici un talent indéniable.
Côté fatigue, il faut bien citer la faiblesse des scénarios.
C'est particulièrement patent dans Prisonniers du ciel, où l'intrigue tient sur un bout de papier et que Robicheaux dénoue en quelques accélérations finales sans surprendre le moins du monde le lecteur, qui a anticipé 90 % de l'histoire depuis bien longtemps.
En fait, j'ai eu ici l'impression que ce qui l'intéressait, c'était de parler du sud... et des problèmes de son personnage principal, l'intrigue policière étant un prétexte.
Malheureusement, les innombrables pages où Robicheaux se bagarre avec ses pulsions alcooliques sont interminables, car on les a déjà lu dans d'autres volumes.
Pour résumer, donc : si vous êtes fan de la pêche à la crevette et de la lutte contre les moustiques, n'hésitez pas : plongez !
Par contre, si vous cherchez un polar complexe, subtil et surprenant, passez votre chemin !
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