Teen Spirit

Virginie Despentes

Le livre de poche

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Le pitch

Bruno, trentenaire agoraphobe, est un traducteur au chômage. Il vit à Barbés et occupe ses journées à regarder la télé en fumant de l’herbe.

Alice, bref amour de jeunesse qu’il n’a pas revu depuis quinze ans, revient soudain dans sa vie pour lui annoncer qu’il est le père d’une adolescente rétive à toute autorité, Nancy…

Père du jour au lendemain, cet homme-enfant qui s’était accroché au rock pour ne surtout pas grandir va devoir bousculer ses habitudes, se défaire de ses certitudes et tenter de concilier vieilles convictions et nouvelles responsabilités.

Mais à la veille des événements du 11 septembre 2001, il semblerait que la vie de Bruno ne soit pas la seule chose appelée à se transformer brutalement…

Mon avis

Quand, comme moi, on a "raté" Virginie Despentes, à ses débuts, il y a maintenant une génération (eh oui, Baise-moi est sorti en 1993, comme le temps passe !), et que le premier contact avec son oeuvre a été Vernon Subutex, un bouquin sacrément impressionnant, il est toujours  un peu délicat de revenir en arrière, pour découvrir ses romans précédents.

En ouvrant Teen Spirit, je craignais donc un peu d'être déçu... mais, soulagement intense, pas du tout ! Au contraire, ce court roman m'a confirmé dans mon impression première : Virginie Despentes est un des plus purs talents de la littérature française contemporaine.

Elle a d'ailleurs été coopté, en 2016, par le jury Goncourt pour faire partie de cette prestigieuse assemblée dont elle est devenue la plus jeune membre, et de loin (OK, vous allez me dire que ce n'est pas un critère d'excellence; et je répondrais que, si, regardez : tout bien pesé, vous voyez des bourrins, chez les jurés Goncourt ?!!). Mais je m'égare, revenons à nos moutons.

Avec Teen Spirit, Virginie Despentes montre sa face cachée, ce qui n'a rien d'obscène, au contraire ! Loin de ses obsessions habituelles pour le porno (bon, le héros a encore quelques fixettes que je ne préciserai pas ici,mais bon...), le rock (elle en parle vraiment peu), et la drogue (que du léger, cette fois-ci), l'auteure concentre son attention sur les rapports entre un père et la fille pré ado, deux êtres qui ne se connaissaient pas et qui vont apprendre à le faire (se connaître, suivez un peu !). Ou plutôt : l'ado va permettre à son père, guère plus mature qu'elle, de passer peu à peu le cap de l'âge adulte.

Le roman est à la première personne. C'est Bruno, la trentaine, qui parle (Despentes se glisse dans sa peau avec une subtilité étonnante). C'est un personnage étonnamment proche, par moment, du héros de Vernon Subutex (je ne sais pas à quel point l'auteure en est consciente; enfin si, j'imagine, mais quand même...) : problème avec le monde, avec l'espace, avec les autres, avec le travail, tentation de la déchéance, vertige du déclassement...

C'est une petite histoire, une petite musique, habilement tricotée. C'est bien écrit et cela ne manque pas de subtilités.

Tentez votre chance et, si cela vous plait, n’hésitez pas à l'offrir à tous ceux qui, dans votre entourage, on des idées préconçues sur Virginie Despentes (il y en a certainement beaucoup, j'en connais, vous imaginez !).

 

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