Ailleurs, chez moi
Belfond
Ailleurs, chez moi
Belfond
Le pitch
Lors d'un salon littéraire en France, alors qu'il déjeune avec quelques écrivains locaux, Douglas Kennedy est apostrophé par l'une des convives qui lui lance qu'elle le trouve " plutôt raffiné pour un Américain ". Piqué au vif par ce qui n'était en somme qu'une flatterie maladroite, Douglas s'interroge : être américain, c'est quoi ?
Le début d'une quête sincère à la poursuite du grand mystère de l'âme américaine. Du New York d'après-guerre à une petite ville texane trumpiste, de souvenirs d'enfance en réflexions politiques, d'anecdotes hilarantes en citations littéraires, de notes de jazz en films inoubliables, un voyage étourdissant, passionnant, édifiant, drôle, émouvant, avec un guide de luxe : Douglas Kennedy himself...
Mon avis
Depuis quelques années, Douglas Kennedy consacre l'essentiel de son activité littéraire à l'analyse de l'évolution sociale et politique préoccupante de son pays.
Des chroniques dans un journal français, un roman consacré aux dérives fondamentalistes des américains chrétiens (Les hommes ont peur de la lumière), un roman d'anticipation qui imagine la division en 2045 des US en deux états fondamentalement opposés (Et c'est ainsi que nous vivrons).
Les chroniques sont passionnantes. Le premier roman est raté, le second tout juste dans la fourchette basse de l'œuvre d'un de mes auteurs américains préférés.
Et voilà un essai, Ailleurs chez moi, qui n'est encore qu'une demi réussite (ou un demi échec ?).
A force d'être préoccupé par la dérive des US depuis une génération, Douglas Kennedy finit par ne plus parler que de cela.
Je peux comprendre ses préoccupations - qui ne serait pas inquiet devant les dérives relieuses, sociales d'un pays qui aboutit à la double élection de Donald Trump ? - mais il me semble que cette fixation nuit à son travail d'auteur.
Je lis toujours avec grand plaisir la prose de Kennedy car il possède en lui une humanité, un bon sens et un culture qui me touchent profondément, tant je m'en sent proche.
J'avoue cependant avoir lu cet essai comme si je passais trois ou quatre heures sur des montagnes russes.
Un long prologue (30 pages) qui évoque en introduction les fractures actuelles de son pays. Fractures internes et fractures externes, avec le reste de la planète;
Puis on plonge carrément dans une autobiographie, très détaillée, de nombreuses pages sur son enfance, son adolescence, sa vie étudiante.
Mais avec, sans cesse, des digressions souvent très longues et parfois trop didactiques sur une série de sujets : historique, social, économique.
Avant de revenir - mais de manière tronquée - sur sa vie à l'étranger. Puis d'enchainer sur l'histoires de Etats-Unis. Et ainsi ide suite.
Au bout d'un moment, désorienté, je ne me suis plus posé qu'une question : mais où veut-il en venir ? Parler de lui ? Parler du pays ? Illustrer l'évolution de son pays en parlant de ses propres rencontres et expériences ?
Franchement, j'ai eu l'impression de lire une sorte de compilation d'articles hétérogènes, écrits à différentes époques. Un peu comme dans son essai Combien ?, mais ce dernier avait l'avantage d'être centré sur un seul sujet : l'argent.
Pas d'équivoque, cependant : Ailleurs, chez moi se lit sans déplaisir, certaines pages (les premières, surtout) sont même passionnantes.
Mais j'attends maintenant avec impatience de la part de Douglas Kennedy la sortie d'un roman ou d'un essai détaché de l'actualité.
Une merveille comme L'homme qui voulait vivre sa vie ou La poursuite du bonheur, d'une part, de Piège nuptial ou Au pays de dieu, d'autre part.
Acheter sur Amazon