[Conseil lecture BD adultes] Le meilleur du One Shot

Posté le 20 janvier 2018, par letournepage, dans Le coin cadeau

BD : le meilleur du one shot

One shot ? Rien à voir avec un règlement de comptes dans un western !

One shot : c’est la lecture d’une traite. Une histoire complète, comme disaient les journaux de BD dans le temps.

Vous ouvrez l’album, vous tournez les pages et quand vous refermez le volume, l’histoire est finie. Top, non ?

Car quel amateur de BD n’en a pas un peu marre des séries qui n’en finissent pas ? Cinq, dix, quinze tomes qui plombent la Carte Bleue et pour lesquelles il faut patienter des années pour connaître la fin de l’histoire !

Alors voilà la sélection du Tourne Page. Une vingtaine d’albums, plus de 3 500 planches ! Que du top, l’essentiel du concentré. Réservé aux adultes, sortez les mouflets, ce n’est pas pour vous !

Jetez un œil, puis deux : vous m’en direz des nouvelles !

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One shot : l’essentiel du concentré pour les grands !

– Cliquez sur la couverture pour accéder à la fiche Amazon ou sur

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Les meilleures BD d’aventure


Balles perdues

Balles perdues – Walter Hill & Jef & Matz

Rue de Sèvres – 128 pages – 18 €*

Le pitch : Quand Roy Nash sort de prison, ce n’est pas par la grande porte. Ni pour des raisons banales. Le boss de la mafia de Chicago a un boulot pour lui : mettre la main sur trois indélicats qui ont oublie de partager le magot d’un braquage.

Pourquoi Roy ? Parce que Lena, son ex, a été emmenée par l’un des gangsters, et que tout le monde sait très bien que Roy a cette fille dans la peau.

Si on rajoute le demi-million de dollars du braquage disparu dans la nature et un flic à l’honnêteté plutôt discutable, Walter Hill, dans ce scénario inédit, réunit tous les ingrédients d’un polar envoûtant et haletant.

Mon avis : Walter Hill, pour les amateurs de cinéma, ce n’est pas n’importe qui. Le réalisateur de 48 h, par exemple. Le scénariste des trois premiers Aliens, aussi.

Aussi, une BD développée par le couple Matz & Jef (les auteurs de Geronimo) à partir d’un scénario de sa plume, une histoire située en pleine prohibition, dans le milieu de la mafia, cela ne pouvait être qu’un projet intriguant. Je n’ai pas été déçu une seconde par le résultat.

Dès la première des 120 planches, le ton est donné : de grandes cases avec un dessin réaliste, développée dans des tons chauds et sombres, ocre, vert de gris, jaune safran.*

Balles perdues*

Et surtout, un héros que l’on ne va pas quitter une seconde tout au long de l’histoire, Roy Nash, un tueur impitoyable que Jef a décidé de présenter sous les traits réguliers et inoubliables d’Alain Delon jeune, époque Le samouraï, de Melville.

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roi ours

Roi Ours – Mobidic

Delcourt – 110 pages – 18.95 €*

Le pitch : Xipil est une jeune fille de chef promise au sacrifice par son propre père au dieu Caïman. Mais Roi Ours ne voit pas les choses de la même manière, libère la jeune fille et l’emmène avec lui.

En agissant ainsi, Roi Ours « vole » son offrande au reptile. C’est à lui que la vie de Xipil revient de droit.

Trouver un arrangement sera difficile et Caïman compte bien en tirer le maximum de profit.

Mon avisRoi ours est le premier album – un long « one shot » de 108 planches – de Mobidic, une toute jeune auteure qui s’est lancée courageusement, seule, à l’assaut d’un sacré travail : scénario, dessin, mise en couleurs.

Ne vous fiez pas à la couverture. J’ai cru au départ qu’il s’agissait d’une nouvelle adaptation du livre de la jungle, de Rudyard  Kipling.

Cependant, s’il y a effectivement du Kipling (et même beaucoup) dans ce magnifique récit, il y a surtout du Mobidic, qui n’est pas du Melville (!), mais juste le surnom de l’auteure (dont le véritable nom reste pour moi mystérieux à ce jour…).

Si cette histoire se passe dans la forêt profonde, on imagine très vite qu’il s’agit plutôt d’une forêt sud américaine.

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L'été Diabolik

L’été diabolik – T. Smolderen & A. Clerisse

Dargaud – 168 pages – 21 €*

Le pitch : Un agent secret sorti de nulle part, un accident dramatique, une fille troublante et la disparition de son père, le tout en deux jours… Pour Antoine, 15 ans, l’été 1967 sera celui de toutes les découvertes.

Après Souvenirs de l’empire de l’Atome, les auteurs proposent un nouveau cocktail détonant et jouissif: un scénario particulièrement haletant, entre espionnage et littérature, passé au mixeur graphique de Clérisse qui, cette fois, mélange les références des fumetti à David Hockney.

Mon avis : Cela vous est déjà arrivé de passer à côté d’un bon bouquin, à cause d’une couverture ultra moche (dessin kitsch, couleurs délavées atroces) ? Oui ? Eh bien, c’est ce qui vient encore de m’arriver avec L’été Diabolik !

Pour être franc, j’ai assez vite ouvert l’album, épais roman graphique de 160 planches, en découvrant qu’il accumulait les prix (prix des lecteurs de Ouest France, Prix BD FNAC 2017), mais, là encore, j’ai refermé la couverture car mon œil a tout de suite été heurté par toutes les couleurs que je déteste : des violet lie de vin, vert épinard, jaune marronnasse…

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L'été Diabolik

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Il a fallu, fin janvier 2017, que l’album soit couronné par un nouveau prix à Angoulême (le Fauve Polar SNCF) pour que je me dise : » ce n’est pas possible, cette BD doit malgré les apparences receler en son sein, bien caché, des trésors de bienfait ! »

Comme j’ai bien fait de m’écouter ! Car, effectivement, cet album ne ressemble à aucun autre, et mérite largement qu’on lui consacre deux petites heures (il y a de quoi lire !)…

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La vengeance du Comte Skarbek

La vengeance du comte Skarbek – Y. Sente – G. Rosinski

Dargaud – 128 pages – 29.99 €*

Le pitch : On dit qu’une bonne vengeance peut attendre. C’est faux. Une bonne vengeance doit attendre. Pour se préparer. Pour se déguster. Pour surprendre.

Combien d’années d’injustice subie auront été nécessaires au très civilisé Comte Skarbek pour que son unique main se ferme en poing vengeur?

Toutes les réponses ont été transcrites en 1843 dans un diptyque. Toutes.

Mon avis : Quant deux grands de la BD décident de travailler ensemble, on a toujours un peu peur d’être déçu, que 1 + 1 ne fassent pas 2.

Cependant, parfois, 1 + 1 font 3, et c’est superbe. Voilà ce qui est arrivé en 2008 à Yves Sente et Grzegorz (dit Greg) Rosinski, lorsqu’ils se sont lancés dans cette longue histoire en 128 planches.

La vengeance du Comte Skabeck a été publiée dans un premier tome en deux volumes, mais il faut absolument l’acheter dans sa version « Intégrale » réunissant les deux albums (d’occasion, l’ouvrage est malheureusement épuisé).

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La vengeance du Comte Skarbek

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Le format de l’intégrale est en effet beaucoup plus grand qu’un album normal (27.4*35 cm).

Cela permet de mettre en valeur de manière évidente et indispensable le travail graphique de Rosinski, sur un très beau papier au grammage épais, et l’éditeur a ajouté un carnet de croquis de 18 pages pour clore le volume.

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Duel

Duel – Renaud Farace

Casterman – 180 pages – 22 €

Le pitch: Alors que Napoléon affronte l’Europe entière dans un bras de fer impitoyable, il veille à préserver toutes ses forces en interdisant les duels, qui saignent à blanc sa Grande Armée. Mais deux hussards, pour une obscure affaire d’honneur, s’entêtent à se défier…

De duel en duel, les frères d’armes devenus ennemis scellent leurs destins et entrent dans la légende. La haine rendrait-elle immortel ?

Librement adapté du récit de Joseph Conrad, et inspiré de personnages historiques.

Mon avis : Au départ, il y a deux personnages réels : le général d’Empire Fournier-Salovèze et le comte Pierre-Antoine Dupont de l’Etang.

Deux hommes qui, de par leur incroyable antagonisme, vont nourrir la légende.

Après, il y a Joseph Conrad qui, en une simple nouvelle, Le duel, élève en 1908 la légende en récit fabuleux.

Enfin, il y a Ridley Scott qui, dans une adaptation cinématographique absolument superbe sortie en 1977, Les duellistes, transforme le mythe en conte romantique.

Duel

Tout cela pour qu’un jour, Renaud Farace reprenne à son tour – scénario et dessin – l’histoire, et en fasse un roman graphique d’une qualité tout à fait exceptionnelle.

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Les seigneurs de Bagdad

Les seigneurs de Bagdad – B.K. Vaughan & N. Henrichon

Urban comics – 144 pages – 15.50 €*

Le pitch : Au printemps 2003, une horde de lions s’échappe du zoo de Bagdad au cours d’un bombardement américain.

Perdus et perplexes, affamés, mais enfin libres, ils arpentent les rues dévastées de Bagdad, luttant désespérément pour survivre.

En retraçant le parcours tragique de ces lions, Pride Of Baghdad soulève des questions sur le véritable sens de la liberté. Se donne-t-elle ou la gagne-t-on à travers sa détermination et le sacrifice ?

Mon avis : Roman graphique, BD ? On est exactement entre les deux pour cette oeuvre en 128 planches qui nous permet de suivre durant la terrible guerre qui a bouleversé l’Irak au début du siècle une famille de lions à travers la capitale irakienne, en proie au chaos et aux flammes.

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Les seigneurs de Bagdad

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J’ai été littéralement stupéfié, dans un premier temps, par la beauté de chacune des planches de ce chef d’oeuvre, beauté du dessin de Niko Henrichon, mais aussi beauté des couleurs. Jetez un coup d’œil : il faut le voir pour le croire.

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Les meilleures BD de western


Pawnee

Pawnee – Patrick Prugne

Galerie Daniel Maghen – 104 pages – 19.50 €*

Le pitch : Alban, jeune soldat français envoyé en Louisiane et porté déserteur, partage à présent la vie des indiens Minetaree.

Solidement lié d’amitié avec le trappeur Toussaint Charbonneau, il a abandonné tout espoir de retrouver Louis, l’ami qui l’avait accompagné en Amérique avant de tomber aux mains des Pawnees. Sa décision est prise, il va rentrer en Europe…

Malheureusement, son chemin croise celui de guerriers Shawnees, et d’une bande de miliciens. Si ces derniers sauvent la vie d’Alban, ils se révèlent d’une sauvagerie et d’une cruauté bien supérieure à celle des indiens qu’ils sont censés combattre..

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Mon avis : J’ai découvert Patrick Prugne en 2009 avec le magnifique album Canoë Bay (scénarisé par Tiburce Oger) où il s’essayait – avec quelque talent ! – à l’aquarelle. Cinq ans plus tard, après le délicieux Frenchman (dont il a également écrit les textes), il récidive avec Pawnee qui est, en quelque sorte, le prolongement de l’histoire racontée dans Frenchman, mais qu’on peut très bien lire indépendamment.

Le cadre des albums est le même : l’Amérique à ses commencements, encore sauvage, la conquête de l’Ouest et la lutte entre les indiens et les conquérants (armée ou aventuriers).

L’histoire est, comme pour les autres, assez simple et linéaire.

Agréable, mais pas transcendante, bourrée de petits détails historiques mais avec un certain manque de profondeur dans les personnages. Mais quand on déguste une oeuvre de Patrick Prugne, je vais vous dire franchement : le scénario, on s’en moque un peu !

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L'homme qui tua Lucky Luke

L’homme qui tua Lucky Luke – Matthieu Bonhomme

Dupuis – 64 pages – 14.99 €*

Le pitch : Par une nuit orageuse, Lucky Luke arrive dans la bourgade boueuse de Froggy Town. Comme dans de nombreuses villes de l’Ouest, une poignée d’hommes y poursuit le rêve fou de trouver de l’or.

Luke souhaite y faire une halte rapide. Mais il ne peut refuser l’aide qui lui est demandée : retrouver l’or dérobé aux pauvres mineurs du coin la semaine précédente.

Avec l’aide de Doc Wesnedsay, Lucky Luke mène une enquête dangereuse, car il est confronté à une fratrie impitoyable qui fait sa loi à Froggy Town, les Bone…

L’Hommage de Matthieu Bonhomme à Morris.

Mon avis : S’attaquer à des personnages célèbres de la BD pour poursuivre leurs aventures dans le strict respect de la tradition, c’est ce qui a été fait pour Blake et Mortimer, ou très récemment pour Astérix, et cela n’a pas présenté pas beaucoup d’intérêt (voire… pas du tout).

Par contre, s’emparer d’un héros le revisiter, voire le retourner en partie, pour jouer sur le mythe, c’est beaucoup plus interessant. C’est ce qui a été fait récemment avec Mickey et avec Spirou, avec des albums parfois splendides à la clé.

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Et voilà que Matthieu Bonhomme s’empare d’un autre pilier de la BD, Lucky Luke et tente le grand saut. Un challenge, lorsqu’on sait que le héros a été déjà bien malmené ces dernières années par des hommages à Morris bien trop respectueux – « à la manière de »-, sans aucune saveur

Le résultat ? Un strict moyen terme entre les deux propositions évoqués plus haut et une grande réussite, sans atteindre au chef d’oeuvre. Mais voyons cela de plus près.

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Sykes

Sykes – Pierre Dubois & Dimitri Armand

Le Lombard – 80 pages – 16.45 €*

Le pitch : Lorsque « Sentence » Sykes pose le premier sabot dans ses collines natales, le jeune Jim Starret reconnaît immédiatement une légende de l’Ouest, digne des illustrés avec lesquels il a appris à lire. Mais son nouveau héros n’est pas là lorsque la redoutable bande des Clayton assassine sa mère sous ses yeux.

Dès lors, Jim n’a plus qu’une obsession : rejoindre Sykes et participer à la traque. Il a déjà payé le prix du sang. Il ignore encore que ce sont ses démons qui forgent une légende du Far West.

Mon avis : Le renouveau du western dans la Bande dessinée pour adultes est un phénomène relativement récent, mais qui prend de plus en plus d’importance. Un renouveau, qui plus est, en général d’excellente qualité.

Sykes est un excellent exemple de ce que peut-être un album « one shot » (enfin le signe FIN signifie quelque chose en bas de la dernière planche du premier et dernier tome !) destiné à un public averti : c’est sombre, violent, réaliste et la réflexion sur le temps qui passe le thème central du récit.

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Le top du roman graphique


Tamara Drewe

Tamara Drew – Posy Simmonds

Denoël graphics – 136 pages – 19.90 €*

Le pitch : Avec son nez refait, ses jambes interminables, ses airs de princesse sexy, son job dans la presse de caniveau, ses aspirations à la célébrité et sa facilité à briser les cours, Tamara Drewe est l’Amazone urbaine du XXIe siècle.

Son retour à la campagne, dans le village où a vécu sa mère, est un choc pour la petite communauté qui y prospère en paix.

Hommes et femmes, bobos et ruraux, auteur à gros tirage, universitaire frustré, rock star au rancart, fils du pays, teenagers locales gavées de people, tous et toutes sont attirés par Tamara, dont la beauté pyromane, les liaisons dangereuses et les divagations amoureuses éveillent d’obscures passions et provoquent un enchaînement de circonstances aboutissant à une tragédie à la Posy Simmonds, c’est-à-dire à la fois poignante et absurde.

Librement inspiré du roman de Thomas Hardy Loin de la foule déchaînée, un portrait à charge délicieusement cruel et ironique de l’Angleterre d’aujourd’hui.

Mon avis : J’ai découvert Tamara Drewe par le biais de son adaptation au cinéma par Stephen Frears, en 2010.

Comme beaucoup, j’étais tombé sous le charme de la charmante (et excellente) actrice Gemma Arterton et la fraîcheur du scénario, malin et drôle,  sans savoir qu’il y avait un roman graphique avant la film.

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Il est à noter que c’est également cette actrice qui interprétera cinq ans plus tard le rôle de Gemma Bovary, film adapté de l’autre roman graphique de Posy Simmonds.

Posy Simmonds est extrêmement connu, et reconnu en Angleterre. Egalement auteure de livres pour enfants, elle mérite amplement son succès, de par la qualité de son écrire, la fraîcheur de ses graphismes, et la pertinence de son humour caustique et terriblement piquant, so british

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Quartier lointain

Quartier lointain – Jirô Taniguchi

Casterman – 405 pages – 24.95 €

Le pitch : De retour d’un voyage d’affaires, Hiroshi fait un détour involontaire par sa ville natale, où il perd connaissance.

A son réveil, il retrouve son corps d’adolescent et son passé. Une chance inespérée d’empêcher l’événement qui va bientôt déchirer sa famille ?

Quartier lointain nous invite à nous demander comment poser, au-delà de l’amour filial, un regard adulte sur les choix de nos parents.

Mon avisQuartier lointain est l’oeuvre la plus connue de Jîro Taniguchi, le maître de la BD (et du manga) japonais qui nous a quitté en février 2017. Cette célébrité est parfaitement justifiée car ce roman graphique de 400 pages est un chef d’oeuvre.

Vous avez lu le pitch, d’une simplicité extrême. Que se passerait-il , alors que vous avez dépassé le mitan de votre vie, marié, avec des enfants, vous vous retrouviez soudain transporté plus de trente ans en arrière, dans votre corps d’enfant/adolescent, en gardant votre conscience et votre mémoire d’adulte ?

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Quartier lointain

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Comment réagiriez-vous si vous réalisiez que l’histoire n’est pas figée, que vous avez la possibilité d’influer sur le cours de votre existence et sur celle de vos proches ?

Sur ce point de départ simplissime, qui n’est pas sans rappeler Replay, de Ken Grimwood, cet autre chef d’oeuvre que je vous invite à lire (à tout prix !), le maître japonais exploite avec sa subtilité psychologique habituelle le thème de l’enfance et du rapport au père, que l’on retrouve traité dans d’autres de ces œuvres (ex : Le journal de mon père).

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Joséphine Baker

Joséphine Baker -Catel & Bocquet

Casterman – 564 pages – 26.95 €*

Le pitchJoséphine Baker a 20 ans quand elle débarque à Paris en 1925. En une seule nuit, la petite danseuse américaine devient l’idole des Années Folles, fascinant Picasso, Cocteau, Le Corbusier ou Simenon.

Dans le parfum de liberté des années 1930, Joséphine s’impose comme la première star noire à l’échelle mondiale, de Buenos Aires à Vienne, d’Alexandrie à Londres. Après la guerre et son engagement dans le camp de la résistance française, Joséphine décide de se vouer à la lutte contre la ségrégation raciale.

La preuve par l’exemple : au cours des années 1950, dans son Château des Milandes, elle adopte douze orphelins d’origines différentes, la tribu arc-en-ciel. Elle chantera l’amour et la liberté jusqu’à son dernier souffle.

Mon avisJoséphine Baker, c’est le troisième volet de la trilogie biographique de Catel Muler (dîtes Catel) et José-Louis Bocquet. Paru en 2016, cette bio graphique fait suite au succès (croissant) rencontré par Kiki de Montparnasse en 2007 puis Olympes de Gouges en 2012.

A chaque fois, l’entreprise – considérable ! – représente plus de 400 planches (ici, près de 600 !) illustrées par une femme pour raconter, en prenant son temps, la vie d’une figure du féminisme.

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Joséphine Baker

Disons le tout net : la critique et les lecteurs de ce magnifique roman graphique ont fini de consacrer le couple d’auteurs, et c’est amplement justifié !

Il faut avouer qu’avec Joséphine Baker, Catel & Bocquet ont joué sur du velours : sa vie et sa personnalité sont à tous points de vue hors du commun, exceptionnels, étonnants… les superlatifs me manquent !

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Une soeur

Une soeur – Bastien Vivès

Casterman – 212 pages – 20 €*

Le pitch : « – Y a beau avoir plein de monde, j’ai toujours l’impression d’être toute seule.

– Même quand t’es avec nous ?

– Non, avec vous c’est chouette. »

Après Polina, le nouveau roman graphique de Bastien Vivès !

Mon avis : Une histoire toute simple. L’été, en Bretagne. Les vacances dans la maison de famille. Un jeune couple et leurs deux garçons, Antoine, 13 ans, et son petit frère.

Comme chaque année, les deux mois de villégiature seront occupés à profiter de la plage, manger des classes, traquer les pokémons.

Sauf  qu’Hélène, une adolescente plus âgée qu’Antoine, la fille d’amis, débarque dans la maison, et plus rien n’est comme avant.

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Une soeur

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Ballet des cœurs, des corps, troubles d’adolescents, émois amoureux et sensuels, l’été restera comme un souvenir inoubliable dans leur mémoire.

Voilà. Le roman graphique de Bastien Viviès n’est rien de plus que cela. La chronique d’un été adolescent, la douce parenthèse enchantée des premiers pas vers l’age adulte.

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Le best of des comics


Wanted

Wanted – Mark Millar & J.G. Jones

Panini – – 192 pages – 18 € *

Le pitch : Wesley Gibson mène une existence minable d’hypocondriaque frustré, semblable à celle de millions d’autres individus jusqu’à ce qu’il découvre que son père – Le Killer – était le plus grand de tous les assassins, à la tête d’une société de super-vilains qui dirigent secrètement le monde depuis 1986.

Il intègre cette nouvelle famille de  » sang  » et découvre le monde qu’il est appelé à diriger en digne successeur de son père, et tel qu’il nie l’avait jamais imagine…

Mon avisWanted : une BD comics qui date de 2005 et qui est devenu, instantanément un livre culte.

Imaginez que les Sex Pistols ou les Clash aient eu l’idée en 1977 de se mettre à la BD.

Eh bien… je pense que cela ressemblerait à une histoire de ce genre là !

Du moins, sur le plan scénaristique, car, pour les dessins, je ne sais pas ce que valaient Joe Strummer ou Johnny Rotten (Ah ! Ah !) …

Cette histoire de SF où un jeune homme découvre que son père était un super-vilain et le plus grand tueur à gages de tous les temps, et qui va, à son tour, le devenir. c’est 190 planches de folie… et autant dans ta gueule (désolé, c’est vraiment le ton de la BD, je suis encore très loin de la phrase de conclusion…)

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Fantastic four

Fantastic Four – Joe Casey & Chris Weston

Marvel – 146 pages – 19.99 €*

Le pitch : Que s’est-il passé juste après le crash de la fusée de Red Richards ? Qu’est-il arrivé à sa fiancée Jane Storm, au pilote Ben Grimm et à Johnny, le jeune frère de Jane, les jours qui ont suivi ce tragique événement ?

Pour la première fois, la véritable histoire des Quatre Fantastiques enfin révélée !

Mon avis : Si vous êtes fan des héros Marvel et plus particulièrement des Quatre Fantastiques (ce qui est mon cas !), vous ne pouvez pas passer à côté de ce très bel album.

140 planches sur papier glacé en grand format (32*24), pour une histoire publiée en 2006 qui raconte, enfin, en détail, comment les 4 fantastiques sont devenus ce qu’ils sont…

Bien loin des formats classiques consacrés à ces super-héros, l’histoire est vraiment destinée aux adultes : il y a un scénario intéressant, des dialogues copieux et des développements psychologiques qui dépassent le niveau habituel des séries pour ados.

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V pour Vendetta

V pour Vendetta – Alan Moore & David Lloyd

Vertigo comics – 352 pages – 28 €*

Le pitch : Londres, fin du XXe siècle : plus personne n’ose résister au « Système ». L’œil et l’oreille espionnent, le nez enquête, la bouche désinforme et la main fait régner l’ordre et la terreur. L’Angleterre a pris les couleurs du fascisme. La culture a été effacée.

Pourtant quelqu’un ou quelque chose rôde dans les ruelles sombres. Il est vêtu comme un comédien, masqué d’un éternel sourire, cite Shakespeare, sauve les innocents, pose des bombes et préserve ce qu’il reste de la culture dans son musée des ombres.

Un anarchiste s’est glissé au cœur du système. Ni comédien ni tragédien, ni bouffon ni fou, ni fanatique ni terroriste, ou peut-être tout cela à la fois, il n’a pour nom qu’une initiale : V. V pour Vendetta. V pour Vengeance. À moins que ça ne soit pas aussi simple que ça…

Mon avis : Alan Moore est le meilleur scénariste de BD pour adultes depuis quarante ans, personne ne lui conteste cette place.

Cependant, certains fans (dont je fais partie) regrette son caractère pour le moins… particulier, son mépris du cinéma, et surtout ses choix graphiques, nombre de ses œuvres étant illustrées par des dessinateurs au style… je dirais très particulier.

Si l’on peut accepter Dave Gibbons pour les Watchmen (et encore…), je n’hésite pas à dire que je n’aime pas du tout les graphismes d’Eddie Campbell pour From Hell, ni ceux de Kevin O’Neill pour La ligue des gentlemen extraordinaires… et je ne parle même pas des mises en image effectuées par le maître en personne pour Batman.

J’espère qu’un jour, tous ses merveilleux scénaris seront repris par des dessinateurs plus lisibles, permettant de les rendre ainsi encore plus visibles.

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Arrowsmith

Arrowsmith – Carlos Paccheco & Kurt Busiek

Editions USA – 140 pages – 16.80 €*

Le pitch :  La Première Guerre mondiale fait rage et sème la terreur et la désolation sur le vieux continent. Vue de l’Amérique (les Etats-Unis de Columbia, ici), elle paraît lointaine à certains, insoutenable pour d’autres.

Fletch, pas encore sorti de l’adolescence, rêve de partir combattre pour soutenir les populations opprimées. Pour cela, s’enrôler comme volant dans l’unité d’élite aérienne serait la position rêvée. Jouer les redresseurs de tort au milieu des nuages, avec un dragonnet juché sur son épaule… mais le père de Fletch s’y oppose farouchement.

Arrowsmith propose une vision pour le moins surprenante de la Grande guerre. Dragons Trolls, vampires et loups-garous sont en effet parmi les Poilus… et la magie est omniprésente !

Mon avis : Imaginez que sur la Terre (oui, cette bonne vieille boule de matière sur laquelle nous errons depuis notre naissance), les choses ne se soient pas passées exactement comme nous l’avons vécu : beaucoup moins de progrès scientifiques mais… beaucoup plus de magie et de fantastique. Un exemple ? Au début du XX° siècle, il n’y a pas d’avions… mais il y a des dragons.

Un monde parallèle, plutôt qu’une uchronie, où les nations ne sont pas celles que nous connaissons et où la première guerre mondiale est plus une affaire de pouvoirs que de technologie, c’est ce que propose le très bon scénariste Kurt Busiek (un des meilleurs outre-atlantique) et le formidable graphiste espagnol Carlos Pacheco.

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Les meilleures BD de SF et du fantastique


Transperceneige

Transperceneige – Jacques Lob & J.Marc Rochette

Casterman – 275 pages – 25 €*

Le pitch : Un jour, la bombe a fini par éclater. Et toute la Terre s’est brutalement retrouvée plongée dans un éternel hiver gelé, hostile à toute forme de vie. Toute ? Pas tout à fait.

Miraculeusement, une toute petite portion d’humanité a trouvé refuge in extremis dans un train révolutionnaire, le Transperceneige, mu par une fantastique machine à mouvement perpétuel que les miraculés de la catastrophe ont vite surnommé Sainte Loco.

Mais à bord du convoi, désormais dépositaire de l’ultime échantillon de l’espèce humaine sur cette planète morte, il a vite fallu apprendre à survivre. Et les hommes, comme de bien entendu, n’ont rien eu de plus pressé que d’y reproduire les bons vieux mécanismes de la stratification sociale, de l’oppression politique et du mensonge religieux…

Mon avis : Vous est-il déjà arrivé de ne pas lire un roman célèbre, simplement parce que vous aviez eu la malchance de visionner un jour son adaptation cinématographique, et qu’elle vous avait profondément déplu ?

Eh bien c’est exactement ce qui m’est arrivé avec Transperceneige, célèbre BD de science-fiction des années 80/90, mis en scène récemment par les coréens, le résultat étant tout simplement navrant : comme un jeu vidéo, sauf que vous n’avez pas les manettes pour jouer !

Il m’a donc fallu attendre (trop) longtemps pour me plonger dans cette intégrale, réunissant les trois « parties » de l’histoire initiée, il faut le rappeler, par les immenses et regrettés (car trop tôt disparus) Jacques Lob et Alexis.

J’ai pu, à sa lecture, modifier mon opinion sur ce livre-métaphore. Partiellement.

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Le signe de la lune

Le signe de la lune – José-Luis Munera & E. Bonet

Dargaud – 134 pages – 16.50 €*

Le pitch : Une petite ville d’Espagne, dans les années 1920. Isolés, les habitants de cette campagne, proche d’une immense forêt, vivent encore avec les croyances d’un monde ancien. C’est ici que vit Artemisa, une jeune fille qui développe une attirance inexplicable pour la lune. C’est aussi dans cette forêt qu’un drame va se nouer…

Un conte fantastique noir et fascinant par José-Luis Munuera qui, après Spirou, se livre à un exercice personnel d’une beauté éblouissante.

Mon avis : Il y a parfois des BD qui ne se raconte pas. Des œuvres graphiques où la subtilité du dessin et de l’histoire est telle qui faut les découvrir de ces propres yeux pour en saisir toute la profondeur.

C’est le cas avec Le signe de la lune, cette petite merveille qui,  si vous y consacrez un peu de temps (prévoyez un grand moment de calme,vous ne pourrez abandonner la lecture en cours, il faut aller jusqu’au bout), vous apportera cette joie incroyable que l’on ne trouve que dans la lecture (bon, et peut-être dans la dégustation d’un très bon chocolat…) : la possibilité d’oublier complètement le quotidien et de vous transporter ailleurs.

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Le signe de la lune

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« Ciel ! », Allez-vous vous exclamer de céans, « Vous voilà bien dithyrambique ! » .

Ce à quoi je ne pourrais qu’acquiescer.

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Là où vont nos pères

Là où vont nos pères – Shaun Tan

Dargaud – 128 pages – 16.50 €*

Le pitch : Le parcours d’un émigrant en route pour un pays nouveau, une terre promise, aussi attirante que mystérieuse : une nouvelle version de cet album poétique au graphisme époustouflant. Un homme fait sa valise. Il quitte sa femme et sa fille. Il embarque à bord d’un navire pour traverser l’océan. Destination : la terre promise, un pays inconnu. Cet homme est un émigrant. Là-bas, dans ce pays nouveau et étrange où il doit réapprendre à vivre, il rencontrera d’autres gens, exilés comme lui, eux aussi perdus dans ce monde nouveau…

Le récit poétique d’un exode qui touche à l’universel. Là où vont nos pères est un album inclassable, qui parle de l’émigration avec une poésie et une délicatesse incomparable.

Mon avis : Dès que le lecteur soulève la couverture épaisse de ce bel album, il sait : Là où vont nos pères n’est pas une BD (un roman graphique, pour être plus juste) comme les autres.

120 planches pour raconter l’histoire d’un homme, un migrant, qui quitte femme et enfant pour aller au bout du monde, trouver un logement, un travail, puis faire venir sa famille et entamer une nouvelle vie.

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Là où vont nos pères

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Mais 120 planches sans le moindre mot.

Des vignettes entièrement dessinées au crayon, sur un rythme allant de 16 par planche – dans de petites fenêtres espacées les unes des autres – à quelques grandes doubles pages.

Pas un mot !

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Dorian Gray

Dorian Gray – Corominas

Galerie Daniel Maghen – 90 pages – 18.50 €*

Le pitch : Dorian Gray, jeune dandy séducteur et mondain, a fait ce voeu insensé : garder toujours l’éclat de sa beauté, tandis que le visage peint sur la toile par son ami Basil assumerait le fardeau de ses passions et de ses péchés.

Et de fait, seul vieillit le portrait où se peint l’âme noire de Dorian qui, bien plus tard, dira au peintre : « Chacun de nous porte en soi le ciel et l’enfer. »

Mon avis : Il s’agit d’une adaptation tout à fait fidèle de l’oeuvre majeure d’Oscar Wilde, Le portrait de Dorian Gray, dont je ne vous ferais pas l’injure de  rappeler l’intrigue. Et c’est une réussite absolue, car si l’essence du roman est là, elle magnifiée par des illustrations d’une beauté somptueuse .

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Dorian Gray

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C’est une BD, bien sûr, mais c’est avant tout une oeuvre d’art.

68 planches de graphismes superbes, mais surtout, surtout, des centaines de tableaux absolument splendides, pour autant de de vignettes peintes à l’aquarelle, de la simple case à la pleine planche, dans une mise en page déstructurée, mais extrêmement lisible.

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Votre commentaire

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  1. spirifer dit :

    Super compilation ! Mais tu n’aurais pas confondu Moore et Miller pour V pour Vendetta ?
    (tu permets qu’on se tutoie ? tu as commencé en parlant de Wanted 😉

    1. letournepage dit :

      Ravi du tutoiement ! Et ravi de la relecture d’un vrai amateur, car la référence à Sin City est effectivement erronée. Merci, je corrige !