[Idées Cadeaux] 15 prix Goncourt dans le rétro

Posté le 3 novembre 2016, par letournepage, dans Le coin cadeau

Les frères Goncourt

Les frères Jules et Edmond de Goncourt

Savez-vous que le prix Goncourt fut décerné pour la première fois en 1903 ? La même année que le premier tour de France, n’est pas merveilleux ?

Mais John-Antoine Nau, le premier récipiendaire avec Force ennemie, est largement retombé dans l’oubli, contrairement à Maurice Garin, cycliste dotée d’une belle moustache et de forts beaux mollets.

En plus de 110 ans (le Goncourt fut décerné même pendant les deux guerres mondiales), combien de lauréats ont-ils ainsi raté le passage à la postérité ? Beaucoup… Car à côté d’un Proust, d’un Malraux ou d’un Troyat, que d’auteurs mineurs !

Aujourd’hui, je vous propose, plutôt que d’acheter bêtement  le Goncourt de l’année comme le font 200 à 500 000 français, d’attendre un peu, laisser reposer, et vous replonger dans le passé en jetant un coup d’œil dans le rétroviseur.

15 prix Goncourt (et Goncourt des Lycéens) à lire, relire… ou éviter ! Un choix subjectif, non exhaustif, en remontant le temps…

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Notre sélection de prix Goncourt

(cliquer sur les couvertures pour accéder

aux fiches critique du Tourne Page pour les livres déjà sur le site*,

ou sur la fiche Amazon pour les autres)

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Des Goncourt à lire en priorité

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Petit pays

Petit pays – Gaël Faye

(Goncourt des lycéens 2016)*

Mon avisPetit pays est un petit miracle littéraire, comme il y en a un ou deux par an dans notre vie de lecteur avide de nouveautés, de découvertes, de talents.

Parti de rien, si ce n’est du flair de la maison Grasset, le court roman du jeune Gaël Faye, auteur franco-rwandais, s’est installé doucement  dans le paysage français à la rentrée 2016 pour, au fil des semaines, des mois, devenir un phénomène d’édition.

Des centaines de milliers d’exemplaires vendus grâce au miracle du bouche à oreille, ce phénomène qui distingue, mieux que dans tout autre art, la renommée à une oeuvre qui sort de l’ordinaire.

Des prix qui comptent, dont celui du Goncourt des lycéens, qui est certainement celui qui se trompe le moins souvent.

Tout cela pour célébrer un véritable talent car – c’est ce qui frappe dès la lecture des premières pages de ce récit d’une enfance africaine paradoxalement heureuse, au milieu des tueries ethniques – Gaël Faye a la grâce. Ce petit je ne sais quoi qui rend la lecture d’un roman aussi fluide et agréable qu’un soir d’été avec des amis…

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La vérité sur l’affaire Harry Quebert – Joël Dicker

(Goncourt des Lycéens 2012)*

Mon avis : Prix Goncourt des Lycéens 2012 et Grand Prix de l’Académie française 2012.

Ce double prix – a priori un grand écart entre deux publics, des plus jeunes jusqu’aux têtes chenues – est symptomatique du caractère éminemment fédérateur de ce livre qui, deux ans durant, a semé un vent de folie dans les librairies francophones.

Plus de trois millions d’exemplaires vendus à ce jour… et combien de lecteurs satisfaits ?

Réponse : une immense majorité !

Ceux qui, sans relâche, participeront au succès du livre en l’achetant une fois, deux, cinq fois, pour l’offrir aux membres de leur famille (un certain Noël, c’est quatre exemplaires de ce roman que l’on retrouvera sous notre sapin !), à leurs amis, leurs compagnons de lecture, en un acte prosélyte typique du vrai lecteur, celui qui ne peut s’empêcher de partager ses émois et plaisirs littéraires avec les autres.

Ce livre fait partie de cette catégorie magique des livres qui rendent généreux, puisque vous ne pouvez pas vous empêcher de l’offrir, au même titre, par exemple, que Corps et âmes de Franck Conroy.

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Le rapport de Brodeck – Philippe Claudel

(Goncourt des Lycéens 2007)

Philippe Claudel est un des plus grands écrivains français.

Après le superbe et terriblement austère Les âmes grises, Prix Renaudot en 2003,

Claudel plonge dans une atmosphère aussi noire, si ce n’est plus.

La terrible vérité de l’après-guerre, au sortir de la seconde guerre mondiale.

Un petit chef d’oeuvre, porté par la prose précise de l’auteur.

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Le soleil des Scorta – Laurent Gaudé

(Goncourt 2004)

Deux ans après son couronnement par le Goncourt de Lycéens pour La mort du roi Tsongor (voir ci-dessous),

Laurent Gaudé décroche le gros lot avec son récit d’une famille, à la fin du XIX° siècle, dans un petit village des Pouilles, en Italie.

La prose de Laurent Gaudé – sans conteste la plus belle plume française actuelle – est toujours aussi somptueuse,

et le prix pour ce roman austère est amplement mérité.

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La mort du roi Tsongor  – Laurent Gaudé

(Goncourt des Lycéens 2002)*

Le pitch : Dans une Antiquité imaginaire, le vieux Tsongor, roi de Massaba, souverain d’un empire immense, s’apprête à marier sa fille. Mais au jour des fiançailles, un deuxième prétendant surgit. La guerre éclate : c’est Troie assiégée, c’est Thèbes livrée à la haine.

Le monarque s’éteint , son plus jeune fils s’en va parcourir le continent pour édifier sept tombeaux à l’image de ce que fut le vénéré – et aussi le haïssable – roi Tsongor.

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Mon avis : Avec ce roman couvert de prix (Prix des libraires, Goncourt des lycéens), Laurent Gaudé émergea en 2002 aux yeux étonnés du grand public français, ébahi de découvrir un si grand auteur parmi les siens.

Car il faut le dire : Laurent Gaudé est un immense auteur, dans une France contemporaine qui en compte bien peu. Même s’il semble parfois avoir du mal à renouveler ses thèmes au fil de son oeuvre, La mort du roi Tsongor est certainement son plus beau roman.

Que retenir de ce livre qui ne ressemble à rien d’actuel ? Le style, avant tout.

Une prose absolument somptueuse, unique en France (oui, j’insiste…) qui entraîne le lecteur en quelques pages dans un univers fantasmé, composant une sorte de geste antique où l’on retrouve une bonne partie des ressorts et les thèmes de l’Iliad.

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La bataille – Pascal Rambaud

(Goncourt 1997)*

Mon avis : Avec La bataille, Patrick Rambaud a raflé la mise en 1997. Le Goncourt et la reconnaissance du grand public.

Mais aussi la révélation d’un fait évident, à la lecture de ce roman historique : Rambaud était fait pour écrire l’histoire, ou de l’histoire ! D’ailleurs, il ne fera plus que ça par la suite, avec un bonheur renouvelé.

Ce roman bref, mais dense (280 pages en format poche), est un récit romancé, minutieux – quasi journalistique, devrais-je dire – de la bataille d’Essling. « On s’y croirait », dit la sagesse populaire : c’est exactement ça.

C’est une reconstitution quasi documentaire, passionnante et, de surcroît (ce qui ne gâche rien), écrite dans une prose d’un grand classicisme.

Pour peu qu’on s’intéresse un brin à la stratégie militaire, c’est un Tourne Page.

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2q

Jean Rouaud – Les champs d’honneur

(Goncourt 1989)

Un prix Goncourt surprise, en 1989,pour le premier roman d’un vendeur de journaux… et un vrai petit chef d’oeuvre.

A sa sortie, la critique unanime et les lecteurs – dont je faisais partie ! – ont été saisi par la qualité absolument remarquable du style de l’auteur.

Un livre autobiographique, le premier d’un cycle de cinq retraçant l’histoire de la famille de l’auteur.

Indispensable pour les amateurs de style classique.

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9k

Yann Queffelec – Les noces barbares

(Goncourt 1985)

C’est avec ce roman que Yann Queffelec fut révélé au grand public.

Trente ans plus tard, il est toujours là, avec une oeuvre dense et exigeante.

Attention : les noces barbares, l’histoire d’un enfant qui vit une enfance dramatique,

est une oeuvre dure, tragique, mais magnifique.

Un petit bijou d’écriture. A lire absolument !*

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Emile Ajar/Romain Gary – La vie devant soi

(Goncourt 1975)

Eh oui, Romain Gary a dupé le jury Goncourt en présentant son roman sous un pseudonyme !

Cela lui permettra d’être couronné une deuxième fois dans sa carrière, contre le règlement, après Les racines du ciel en 1956.

Ce récit minimaliste et chaleureux d’une vieille dame, ancienne prostituée, et de Momo, son petit protégé,

est une petite merveille, par un des plus grands auteurs français de l’après-guerre.

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Robert Merle – Week-end à Zuydcoote

(Goncourt 1949)*

Une récompense méritée pour le premier roman du grand auteur français.

Juste après la seconde guerre mondiale, le récit romancé de soldats pris dans le maelström de la « poche de Dunkerque ».

L’adaptation au cinéma avec Belmondo rencontrera également un grand succès populaire.

Trois ans plus tard, en 1952, Merle récidivera dans une évocation de la guerre, dans un roman encore plus fort, La mort est mon métier.

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Des Goncourt intéressants, pour se faire une opinion*

 

Chanson douce

Chanson douce – Leïla Slimani

(Goncourt 2016)* 

Mon avis : Prix Goncourt 2016 et, à l’heure où j’écris ces lignes, plus de 500 000 exemplaires vendus.

Je vais tenter d’être bref, car une fois de plus, je suis assez furieux contre les jurés Goncourt.

N’y a-t-il donc qu’un roman comme Chanson douce pour représenter, aujourd’hui, l’excellence de la littérature française ?

Est-ce bien sérieux ? Le rôle des prix majeurs n’est-il pas de repérer, parme la masse effrayante de romans qui sont publiés chaque année, ceux qui sont différents, excellents, novateurs, tristes ou drôles, capables de choquer, de faire vibrer, rire, étonner les lecteurs qui font confiance aux jurys pour défricher et montrer les œuvres qui vont donner envie aux gens de lire ?

Ce travail de prosélytisme, en leur âme et conscience, les jurés Goncourt ont-ils l’impression de l’accomplir ? Parce que si c’est le cas, ils se trompent gravement !

Chanson douce n’est pas un mauvais roman, dans le sens où il n’est pas détestable, haïssable. Mais il n’en est pas bon pour autant car il ne possède ni le fond, ni la forme qui justifieraient cette distinction.

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Pierre Lemaître – Au revoir, là-haut

(Goncourt 2013)*

Pierre Lemaître était un auteur phare du roman policier français,

il passe à la vitesse supérieure en 213 avec ce récit de scandale financier pendant la première guerre mondiale.

Séduisant, mais… malgré un succès public formidable, mon avis est partagé. A vous de vous en faire un.

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Michel Houellebecq – La carte et le territoire

(Goncourt 2010)*

Comme souvent, le jury Goncourt ne couronne pas un grand auteur français pour son meilleur roman.

Mais, comme toujours chez Houellebecq, énormément de « matière » et des passages formidables.

Houellebecq vous mène toujours jusqu’au bout de ses livres par le bout du nez.

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Des Goncourt à vos risques et périls

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Gilles Leroy – Alabama song

(Goncourt 2007)*

L’autobiographie apocryphe de Zelda, la femme de Scott Fitzgerald devenue folle.

Le style de Gilles Leroy, sans beaucoup d’aspérité, ne parvient pas à magnifier le personnage, pas forcément très sympathique.

Le sujet était a priori tentant, le résultat ne m’a paru complètement convaincant.

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Syngué Sabour, pierre de patience – Atiq Rahimi

(Goncourt 2008)*

Au moyen-Orient, une femme veille son mari blessé. Un récit bref, rédigé dans un style minimaliste, une langue sèche et dépouillée.

C’est un choix volontaire, qui semble cohérent, mais aussi extrêmement plat, dépourvu d’affect…

Je suis passé complètement à côté du texte. Certains y ont été sensible. A vous de voir, si cela vous tente.

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Le sermon sur la chute de Rome – Jérôme Ferrari

(Goncourt 2012)*

Une oeuvre au style horripilant qui, pour moi, regroupe tous les défauts d’un certain roman français contemporain.

A lire… à vos risques et périls, et ce n’est pas une formule de style !

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