30 livres pour s’évader pendant le confinement

Posté le 20 avril 2020, par letournepage, dans La vie d'un lecteur

30 livres pour s'évader pendant le confinement

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Vivre confiné, c’est se retrouver face à soi même.

Certains en sont ravis, d’autres vivent l’expérience comme un traumatisme, surtout quand cette expérience s’allonge, s’étire, n’en finit pas.

Débarrassé (privé ?) de tout ce qui fait le sel (et le poivre) de la vie quotidienne, les déplacements, les sorties culturelles, le cinéma, les dîners entre amis, la famille, les voyages, et même parfois le travail, que nous reste-t-il ? Une vie intérieure, pour ceux qui en ont une ?

Mais la réponse évidente, universelle, est, avant tout : les livres ! Du moins… pour ceux qui savent lire !

Du temps pour   explorer, démultiplier le plaisir et les occasions de découvrir de nouvelles histoires, aventures, personnages, ressentir des émotions, rire, s’effrayer, réfléchir, aimer pourquoi pas …L’occasion de s’embarquer… ailleurs !

Oublier le quotidien, s’amuser et voyager : voilà ce que je vous propose de faire avec cette sélection d’une trentaine de livres qui sont autant d’invitations à se changer les idées.

Deux pistes pour y parvenir : s’amuser et vivre des aventures lointaines, l’un n’excluant pas l’autre.

Quelques feel good books et quelques romans d’aventure. Des bouquins que, normalement, vous auriez tendance à lire allongé sur le sable, les pieds dans l’eau.

La lecture pendant le confinement : des plaisirs de vacances, anticipés ?

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Lire pendant le confinement : oublier, s’amuser et voyager

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Les romans d’aventure


Maharadjah

Maharajah – M.J. Carter (2014)

10/18 – 480 pages – 8.80 €

Le pitch : Calcutta, 1837. Le pays est sous la régence de la Compagnie britannique des Indes orientales. Figure haute en couleur chez les expatriés anglais, l’écrivain Xavier Mountstuart vient de disparaitre dans les profondeurs de la jungle.

L’armée de la Compagnie envoie à sa recherche Jeremiah Blake, un agent spécial, grand spécialiste des mœurs du pays, accompagné d’un jeune officier, William Avery. C’est le début d’une aventure passionnante au pays des temples et des maharajahs. En approchant de la région où Mountstuart a disparu, celle des thugs, adorateurs de Kali, déesse de la mort et de la destruction, Blake et Avery vont découvrir une incroyable conspiration.

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Mon avis : Sacrée belle couverture, n’est-ce pas ?

Couleurs, graphismes… avec ce titre, Maharajah, et le nom de l’auteure (M.J. Carter, c’est une femme, M pour Miranda), le livre transpire les mystères exotiques de l’orient.

Ajoutez, pour terminer, un pitch emballant, et emballez, c’est pesé, voilà le bouquin dans la poche du lecteur !

Mais vous savez comme moi que ce type d’achat impulsif est parfois suivi d’une grosse, grosse déception de lecture.

Heureusement, ce n’est pas le cas avec Maharajah qui tient complètement ses promesses, du début (un peu lent) à la fin.

M.J. Carter est avant tout une historienne et cela se sent, cela se voit tout au long de ces presque 500 pages, tant la toile de fond respire l’authenticité.

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Dernière saison dans les rocheuses – Shannon Burke (2018)

10/18 – 286 pages – 7.50 €

Le pitch : En 1820, aux Amériques, le commerce des fourrures est un moyen périlleux de faire fortune. À peine le jeune William Wyeth s’est-il engagé auprès de la compagnie de trappeurs la plus téméraire de l’État qu’il manque de se faire tuer.

Il découvre alors la force des liens entre les hommes, dont la survie ne dépend que de leur solidarité. Chasse au bison, nuits passées à dormir sur des peaux de bête, confrontations aux forces de la nature ou aux tribus indiennes, la vie de trappeur est rude, mais William a soif d’aventures. Il a quitté sa famille pour le grand Ouest, sauvage et indompté.

Il devra réunir plus de courage et d’habileté qu’il ait jamais cru avoir pour en sortir vivant.

Retour aux sources pour cette expédition de trappeurs, dans la tradition des grands romans d’aventure à l’américaine

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Mon avis : La littérature américaine fourmille actuellement de romans historiques ayant pour cadre la nouvelle frontière, cette ligne qui délimitait la progression des aventuriers et des colons vers l’ouest.

La conquête de l’Ouest est furieusement à la mode.

Il faut dire que c’est un vaste, immense sujet : que de récits passionnants sur le wild west, la lutte contre les tribus indiennes, la chasse aux bisons… mais à côté de quelques réussites indiscutables (au hasard : DeadwoodMille femmes blanches et, un cran au dessus, Le fils de Philip Meyer), que de nanars !

Avec Dernière saison pour les rocheuses, troisième roman de Shannon Burke, un jeune auteur new-yorkais, je vous garantie du 100 % qualité premium !

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Les piliers de la terre

Les piliers de la terre – Ken Follett (1989)

Le livre de poche – 11.90 €

1 056 pages de plongée fabuleuse dans le XII° siècle !

Le pitch : Dans l’Angleterre du XIIe siècle ravagée par la guerre et la famine, des êtres luttent pour s’assurer le pouvoir, la gloire, la sainteté, l’amour, ou simplement de quoi survivre.

Les batailles sont féroces, les hasards prodigieux, la nature cruelle. La haine règne, mais l’amour aussi, malmené constamment, blessé parfois, mais vainqueur enfin quand un Dieu, à la vérité souvent trop distrait, consent à se laisser toucher par la foi des hommes.

Abandonnant le monde de l’espionnage, Ken Follett, le maître du suspense, nous livre avec Les Piliers de la Terre une œuvre monumentale dont l’intrigue, aux rebonds incessants, s’appuie sur un extraordinaire travail d’historien.

Promené de pendaisons en meurtres, des forêts anglaises au cœur de l’Andalousie, de Tours à Saint-Denis, le lecteur se trouve irrésistiblement happé dans le tourbillon d’une superbe épopée romanesque.

Mon avis : Vous ne connaissez pas Les piliers de la terre ? Vous ne l’avez pas encore lu ? Heureux mortel ! Comme j’aimerais être à votre place !

Un des moments les plus agréables de la vie d’un lecteur, est celui où il anticipe sur le plaisir qu’il va prendre à lire un bon livre. Rien que d’y penser, tiens, je suis content pour vous !

Pendant 15 ans (de 1975 à 1990), Ken Follett a été un auteur de romans d’espionnage, un des plus gros vendeur au monde.

Puis, en 1990 est sorti Les piliers de la terre, qui est devenu presque instantanément une référence absolue en matière de roman historique, au point qu’il fut vendu à plus de 15 millions d’exemplaires de par le monde, adapté en jeu, puis en série télévisée, avant que Follett lui-même n’écrive 18 ans plus tard une suite presque aussi réussie et aussi touffue, Un monde sans fin.

Alors, quelles sont les raisons qui expliquent objectivement cet engouement quasiment sans précédent (je pense qu’il faut remonter à Autant en emporte le vent pour retrouver un pareil enthousiasme) ? Et qui plus est, un engouement justifié !

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Le loup des plaines

Le loup des plaines – Conn Iggulden (2007)

Pocket – 520 pages – 9.50 €

Le pitch : XIIe siècle, entre le lac Baïkal et la Mandchourie, au cœur de l’ Asie centrale. A la mort de Yesugei, khan de la tribu mongole des Loups, l’un de ses guerriers s’empare du pouvoir et abandonne dans l’immensité de la steppe la veuve et ses enfants.

Temüdjin, le fils cadet du vieux khan, n’a alors que douze ans mais parvient à survivre avec sa mère et ses frères en se nourrissant du peu que leur concède une terre aride et rude. En compagnie d’une poignée d’hommes bannis comme lui, il multiplie les razzias. Temüdjin ne serait peut-être resté que le chef d’une bande de pillards si une détermination farouche ne l’habitait : venger la mort de son père et, à cette fin, unir toutes les tribus mongoles face aux Tatars.

Dans ce premier volet d’une épopée grandiose, Conn Iggulden relate les jeunes années du futur Gengis Khan, un homme à l’incroyable destin, qui bâtira un empire plus vaste et plus puissant que ceux d’Alexandre et de Jules César.

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Mon avis : 1er tome de la trilogie consacrée par Conn Iggulden (qui, contrairement aux apparences, n’est pas scandinave, mais britannique !) à Genghis Khan.

J’avoue m’être lancé dans cette aventure (1 600 pages au total, tout de même !) un peu par hasard, sur la foi d’excellentes critiques, car je ne suis vraiment pas un fan des bio historiques romancées.

Bien m’en a pris, car cette saga est peut-être (sans doute) ma meilleure expérience en la matière !

Le plus grand plaisir que l’on ressent, en plongeant dans ce maelström d’aventures narrées avec une intelligence et un sens du détail historique absolument exceptionnels, c’est de découvrir une époque et une civilisation totalement inconnues.

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Pavillons lointains – M.M. Kaye (1978)

Le livre de poche – 1 056 pages – 10.20 €*

Le pitch : Des cimes enneigées de l’Himalaya aux palais des maharadjas, de la Kyber Pass à Kaboul, ce roman retrace les années les plus tumultueuses du rattachement de l’Inde à l’empire britannique au XIXe siècle.

C’est aussi une émouvante histoire d’amour, au-delà des tourments et de la fureur de son époque, celle d’Ash, un jeune Anglais élevé comme un Indien, et de Juli, une princesse indienne déchirée entre raisons du coeur et raison d’État. Et tandis que familles et castes, alliés et ennemis se combattent aveuglément, une civilisation millénaire se précipite vers son destin…

Introuvable depuis de nombreuses années, cette formidable fresque du Raj, dans la lignée d’un Kipling, se devait d’être rééditée.

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Mon avis : Disons-le tout net : Pavillons lointains est un de mes plus grands coups de cœur de ces dernières années, dans une catégorie littéraire pourtant largement exploitée (surexploitée !) : le roman d’aventure historique.

Je ne vois guère, en effet, que les romans de Wilbur Smith à être parvenu à m’emporter de la sorte, dans un maelström de péripéties, de détails historiques, politiques, géographiques, dans un contexte aussi exotique, avec de tels personnages symboliques de leur situation, et sur de telles distances !

Mais qu’est-ce qui distingue cet énorme roman (800 pages en broché, plus de 1 000 pages en poche) de ces innombrables concurrents ? En fait, à peu près tout.

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La saga égyptienne

La saga égyptienne – Wilbur Smith (1993)

Omnibus – 1 012 pages – 20.00 €

Le pitch : Il y a 4000 ans, l’Egypte est à feu et à sang, la guerre civile fait rage, l’autorité de Pharaon vacille.

Son dernier espoir : le sage Taita, l’eunuque, le génial esclave, homme de toutes les fidélités, médecin et poète, musicien et inventeur, aurige du premier char égyptien, magicien initié aux mystères des dieux. Lui et ses protégés, la belle Lostris et Tanus, jeune officier de l’armée, vont affronter de multiples dangers pour que le pouvoir du Roi des Rois se lève à nouveau sur les berges du Nil, le Dieu Fleuve.

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Mon avis : Attention, amis lecteurs : si vous ne connaissez pas Wilbur Smith, la lecture de ces quelques lignes risquent de changer votre vie (de lecteur) !

Comment un auteur aussi unanimement reconnu à travers le monde comme le plus grand auteur de roman d’aventure historique peut-il être aussi faiblement apprécié en France, au point que certains de ses romans peuvent être, par moment, introuvables, épuisés ?

C’est pour moi un grand mystère et une grande injustice, que je vais tenter de réparer ici car, sans hésitation, il devrait se vendre en France autant de volumes des romans de Wilbur Smith que de Ken Follett !

Heureusement que la maison d’édition Omnibus est là, aujourd’hui, pour réparer cette injustice, en éditant les nombreux et très épais romans de l’auteur en les regroupant par « sagas », car saga il y a !

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Mascarade

Mascarade – Ray Célestin (2017)

10/18 – 628 pages – 9.10 €

Le pitch :  » C’est la guerre. En temps de guerre, on tire avant de discuter.  » L’agent de police William Shoemaker, Chicago, 1925.

Du ghetto noir aux riches familles blanches, en passant par la mafia italienne tenue par Al Capone, Chicago vit au rythme du jazz, de la prohibition, et surtout du crime.

Alors que des mafieux et des politiques meurent empoisonnés après un dîner, les détectives Michael Talbot et Ida Davis enquêtent sur la disparition, à la veille de leur mariage, d’un couple de fiancés appartenant à la plus riche dynastie de la ville. Au même moment, Jacob Russo, photographe pour la police, se trouve confronté à une scène de crime qui lui en rappelle effroyablement une autre. Inspirée de faits réels, une histoire de sang et de swing sur fond de guerre des gangs.

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Mon avisRay Célestin est le jeune auteur de polar qui monte.

Après un premier titre très remarqué en 2015, Carnaval,  élu meilleur premier roman de l’année par l’Association des écrivains anglais de polar (car, certes, Célestin est anglais, mais ses romans sont plus américains que nature !)), il publie en 2017 Mascarade.

Impossible  de ne pas remarquer la magnifique couverture; impossible aussi de ne pas être tenté par le pitch de l’éditeur.

Imaginez : un roman se déroulant à Chicago en 1925, sur fond de prohibition, en pleine guerre des gangs avec des personnages – au rôle consistant  – de la pointure d’Al Capone (alors « patron » de la ville) et Louis Armstrong (alors jeune instrumentiste sur le point de devenir une star)… ?!

Comment résister ? Impossible. Alors je n’ai pas résisté… et je n’ai pas été déçu !

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Zaroff

Zaroff – S. Runberg & F. Milville-Deschênes

Le Lombard – 88 pages – 16.45 €*

Le pitch : « Je m’appelle Fiona Flanagan. Vous ne me connaissez pas, général Zaroff… Et pourtant, il y a peu, vous avez changé ma vie. En tuant mon père, lors d’une de vos sordides chasses à l’homme. Je me propose de vous rendre la pareille !

Mes hommes ont retrouvé votre soeur cadette et ses trois enfants. Ainsi que l’île qui vous sert de repaire… Et cela m’a donné, à mon tour, des envies de chasse !

Qui, de vous ou moi, trouvera votre soeur et ses enfants en premier ? À l’instant où vous lirez ces mots, ils seront déjà sur votre île. Si c’est moi qui les rattrape, je les tuerai. Si c’est vous, il vous faudra les défendre. Car je n’aurai de cesse de tous vous chasser et de tous vous abattre. Afin qu’il ne reste aucun Zaroff en vie dans ce monde. »

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Mon avis : Zaroff, cela vous dit quelque chose ?

Non ? Alors passez votre chemin, vous aurez du mal à vous immerger dans cette histoire dont les prémices – bizarrement présentées dans les dix premières planches – risquent de vous déconcerter.

Par contre, si vous êtes cinéphile et que Les chasses du comte Zaroff sont pour vous synonyme de film en noir et blanc du début des années 30 et d’aventures étranges – à la limite du fantastique – et de perversité, n’hésitez pas : cet album est pour vous.

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Zaroff

 

La bonne idée de Sylvain Runberg est de pas avoir tenté l’exercice casse-gueule d’une adaptation littérale de l’histoire originale (une nouvelle de Richard Connell, The most dangerous game), mais plutôt une sorte de mise en abîme, une suite/démarque où le très, très méchant comte Z. , de chasseur se retrouve chassé.

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L'homme qui voulait vivre sa vie

L’homme qui voulait vivre sa vie – Douglas Kennedy (1998)

Pocket – 512 pages – 7.90 €

Le pitch : Un poste important, une vaste maison, une femme élégante, un bébé : pour tout le monde, Ben Bradford a réussi.

Pourtant à ses yeux, rien n’est moins sûr : de son rêve d’enfant – être photographe – il ne reste plus rien. S’il possède les appareils photo les plus perfectionnés, les occasions de s’en servir sont rares. Et le sentiment d’être un imposteur dans sa propre existence est de plus en plus fort.

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Mon avisL’homme qui voulait vivre sa vie est le premier roman de Douglas Kennedy (si l’on met de côté le merveilleux Cul de sac, renommé Piège nuptial).

C’est aussi celui qui m’a fait découvrir ce très grand écrivain populaire – dans le sens noble du terme – alors que sa notoriété n’avait pas encore explosé.

C’est aussi probablement son livre le plus efficace, si ce n’est son meilleur, car on y trouve tout ce qui fera de Kennedy, pendant plus de dix ans, un des plus grands story teller du début du siècle.

On y trouve déjà son « truc » narratif, avant qu’il n’en fasse – parfois – un procédé : la bascule d’un destin.

Un homme, installé confortablement dans sa vie, va prendre de plein fouet un événement qui va le contraindre à se réinventer et à passer à autre chose.

Je ne vais pas y aller par quatre chemins : ce roman est une merveille de tourne page, un prototype du genre.

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Les dieux du tango – Carolina de Robertis

Le cherche midi – 504 pages – 22 €*

Le pitch : Février 1913. Leda a dix-sept ans. Elle quitte son petit village italien pour rejoindre en Argentine son cousin Dante, qu’elle vient d’épouser. Dans ses maigres bagages, le précieux violon de son père.

Mais à son arrivée, Dante est mort. Buenos Aires n’est pas un lieu pour une jeune femme seule, de surcroît veuve et sans ressources : elle doit rentrer en Italie. Pourtant, quelque chose la retient… Leda brûle d’envie de découvrir ce nouveau monde et la musique qui fait bouillonner les quartiers chauds de la ville, le tango, l’envoûte.

Passionnée par ce violon interdit aux femmes, Leda décide de prendre son destin en main. Un soir, vêtue du costume de son mari, elle part, invisible, à travers la ville.

Elle s’immerge dans le monde de la nuit, le monde du tango. Elle s’engage tout entière dans un voyage qui la mènera au bout de sa condition de femme, de son art, de la passion sous toutes ses formes, de son histoire meurtrie. Un voyage au bout d’elle-même.

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Mon avis : Une (très jolie) couverture avec rabat rouge écarlate sur fond de fleurs en impression relief violette, prolongée par des gardes sur lesquelles les fleurs rouges ressortent sur un fond violet;  un papier crème au grammage épais : Le cherche midi  a particulièrement soigné l’édition des Dieux du tango qui est, dès le premier abord un plaisir pour l’amateur de beaux livres.

Mais une jolie édition n’est rien si le texte qu’elle renferme ne présent pas d’intérêt. J’avoue avoir été, dans un premier temps, modérément attiré par le pitch, qui laissait entrevoir une forte probabilité de tomber sur un de ces très nombreux romans « romantico-historique » qui peuplent (encombrent) les tables physiques et les pages numériques des libraires.

Mais tout de même, cette histoire de tango, cette promesse d’ailleurs, avait quelque chose d’intrigant… alors je me suis lancé… et bien m’en a pris car le roman de Carolina de Robertis m’a peu à peu conquis, investi, pour me « recracher », 550 pages plus loin, l’esprit résonnant de sensations accumulées au fil des chapitres.

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Cité 14 - Saison 1 - Intégrale

Cité 14 (2 tomes) – P. Gabus & R. Reutimann (2012 à 2014)

Les humanoïdes associés – 658 pages  – 2*29.90 €

Le pitch : Cité 14 : une mégalopole labyrinthique où cohabitent humains, animaux et extraterrestres, une Tour de Babel décadente dans laquelle macèrent luxe et anarchie, abondance et crime.

C’est dans ce grouillement urbain incessant qu’un étrange personnage, Michel, un éléphant fraîchement débarqué d’un bateau d’immigrants, pose son sac, le temps d’être pris malencontreusement au milieu d’une fusillade…

Avec Hector, un journaliste opiniâtre, il ne va pas tarder à former un duo de choc, pour le compte d’un journal à sensations. Comme si la Cité 14 pouvait livrer ses vrais secrets ou se laisser enfermer dans les colonnes d’une feuille de chou !

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Mon avis : En 2007, les éditions Paquet lancent un projet courageux et original : publier une série proposée chaque mois par l’intermédiaire d’un petit fascicule de 22 planches à la couverture souple, correspondant à un épisode, vendu 1 €.

Cette série, en noir et blanc, était prévue se dérouler en deux ou trois «  »saisons » de 12 épisodes.

Malgré la qualité manifeste (je dirais pour ma part exceptionnelle) de ce « feuilleton » réalisé grâce au talent de scénariste de Pierre Gabus et la performance graphique de Romuald Reutiman (je ne sais pas si vous saisissez la performance remarquable : dessiner 22 planches par mois !), l’expérience tourna court, les ventes étant insuffisantes.

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Cité 14 - Saison 1*

Heureusement pour les lecteurs, le projet fut repris par Les humanoïdes associés (merci à eux !).

En 2011, l’éditeur republia la première saison en 4 tomes regroupant chacun 3 épisodes.

Une édition sous une couverture semi souple, en couleur, au format très agréable à lire (20*27), qui permit aux auteurs de se lancer dans une seconde saison encore plus ambitieuse (voir mon avis par ailleurs).

Toute cela pour vous expliquer à quel point cette bande dessinée, unique dans sa conception, l’est également dans sa réalisation.

Couronnée en 2012 à Angoulême comme meilleure série de l’année, Cité 14 accéda alors à une reconnaissance méritée, sans atteindre à la notoriété et au succès commercial qu’elle méritait.

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Long John Silver – Björn Larsson (1995)

Le livre de poche – 509 pages – 8.10 €*

Le pitch : En 1742, à Madagascar, un vieux pirate à la retraite, entouré d’une garde d’anciens esclaves noirs qu’il a libérés, entreprend d’écrire ses mémoires.

Ce pirate n’est autre que John Silver, l’homme à la jambe de bois, que le jeune héros de L’Ile au trésor dépeignait comme hâbleur et vaguement inquiétant. Un portrait qui n’a guère plu à l’intéressé.

Et John Silver de rétablir sinon la vérité, du moins sa vérité. Il évoque alors sa vie, une vie d’aventures, de bagarres, de rapines, de galanterie, de beuveries, enfin, tous les ingrédients d?une vie de pirate.

Mais aussi le destin d’un homme en révolte contre les injustices de l’ordre établi, qu’il s’agisse d’enrôlement forcé ou de traite des Noirs. Ce roman d’aventures dans la grande tradition a valu à son auteur, suédois, un succès européen.

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Mon avis : Björn Larsson est un navigateur, un vrai, et lorsqu’il se lance dans un roman qui se passe sur l’eau, cela sent vraiment le grand large. Comme aurait dit Hugolin dans Manon des sources : il sait cultiver l’authentique…

Comment s’y retrouver, avec la multitude de romans, de BD (lisez les quatre tomes de la série éponyme de Xavier Dorrison, c’est une merveille !) et de films ou séries qui tournent autour d’un des plus mythiques personnages de la littérature ? Comment faire le tri ?… eh bien justement, je suis là pour ça !

N’hésitez pas une seconde à vous plonger dans cette copieuse « autobiographie » (500 pages) du célèbre pirate, écrite de main de maître (le style est vraiment très agréable) par l’auteur scandinave et polyglotte Björn Larsson.

Avec un sens aigu de la reconstitution historique, la vraie (le récit regorge de détails véridiques sur la période), et un sens de l’humour inoxydable, l’auteur nous plonge dans le passé, au milieu des océans et des mers, des Caraïbes jusqu’en Afrique noire, en passant par l’Angleterre.

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De l’eau pour les éléphants – Sarah Gruen

Le livre de poche – 480 pages – 7.90 €*

Le pitch : Durant la Grande Dépression, dans les années 1930, les trains des petits cirques ambulants sillonnent les États-Unis.

Jacob Jankowski, orphelin sans le sou, saute à bord de celui des frères Benzini et de leur « plus grand spectacle du monde ». Embauché comme soigneur, il va découvrir l’envers sordide du décor. Tous, hommes et bêtes, sont pareillement exploités, maltraités.

Sara Gruen fait revivre avec un incroyable talent cet univers de paillettes et de misère qui unit Jacob, Marlène la belle écuyère, et Rosie, l’éléphante que nul jusqu’alors n’a pu dresser, dans un improbable trio.

Plus qu’un simple roman sur le cirque, De l’eau pour les éléphants est l’histoire bouleversante de deux êtres perdus dans un monde dur et violent où l’amour est un luxe.

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Mon avis : Énorme succès de librairie aux États-Unis, ce roman a le charme des grands romans populaires. Ceux qui, avant tout, racontent une histoire pour le plaisir du lecteur : beaucoup d’émotions, un récit et une toile de fond historique très bien documentée.

Sur ce dernier point, la réussite est totale, l’univers quotidien des cirques au moment de la grande dépression est dépeint avec un grand luxe de détails. Incroyablement riche et précise, la description de ce monde très particulier que je ne connaissais pas du tout, est un des charmes manifestes du roman.

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Aventures dans les îles

Aventures dans les îles – Robert Louis Stevenson

Omnibus – 900 pages – 28 €

Le pitch : Si Robert Louis Stevenson se lance à l’assaut du Pacifique, en cette année 1888, c’est surtout dans l’espoir de guérir son emphysème sous le soleil des tropiques. Mais son amour de la mer et de l’aventure ne date pas de cette traversée : il l’a reçu en héritage de ses ancêtres bâtisseurs de phares sur les côtes d’Ecosse.

Des brumes du nord aux îles Sous-le-Vent, tous les romans et récits maritimes de Stevenson sont marqués par ce même mouvement de l’ombre vers la lumière. Ombre du mystère et lumière de l’or : deux pôles d’un univers littéraire où les aventuriers sont à la fois des criminels et des rêveurs, où la fortune – toujours recherchée et rarement atteinte – semble une métaphore de la guérison, une seconde naissance.

Les plus beaux romans et récits maritimes d’un écrivain aventurier au charme éternel.

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Mon avis : Omnibus aimes les aventures et les voyageurs (précipitez-vous par exemple sur les différents volumes de l’oeuvre de Wilbur Smith !). Il est donc normal que l’éditeur se soit intéressé à Robert Louis Stevenson, un homme et un auteur effectivement exceptionnel.

Stevenson, pour le béotien,  c’est avant tout L’île au trésor, l’étalon-or absolu du roman d’aventure. Mais l’idée de regrouper tous les romans et récits de l’auteur tournant autour de ses expériences dans les îles est excellente, car elle permet d’aller bien au delà de ce cliché, comme disent les anglo-saxons.

L’épais recueil est constitué de quatre romans, ainsi que des mémoires de l’auteur détaillant ses voyages dans le Pacifique au cours des deux dernières années de sa vie.

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Mille femmes blanches

Mille femmes blanches – Jim Fergus

Pocket – 512 pages – 7.90 €

Le pitch : En 1874, à Washington, le président Grant accepte la proposition incroyable du chef indien Little Wolf : troquer mille femmes blanches contre chevaux et bisons pour favoriser l’intégration du peuple indien. Si quelques femmes se portent volontaires, la plupart viennent en réalité des pénitenciers et des asiles…

L’une d’elles, May Dodd, apprend sa nouvelle vie de squaw et les rites des Indiens. Mariée à un puissant guerrier, elle découvre les combats violents entre tribus et les ravages provoqués par l’alcool. Aux côtés de femmes de toutes origines, elle assiste à l’agonie de son peuple d’adoption…

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Mon avis : Lorsque ce roman sort en France, en 2000, publié par Le Cherche Midi, l’éditeur est bien incapable d’imaginer le succès qu’il va remporter.

Ce récit a certes reçu un accueil largement positif, deux ans plus tôt, aux U.S., mais de là à vendre plus de 400 000 exemplaires sur notre territoire, grâce à la magie du bouche-à-oreille… !

En découvrant cette histoire, près de vingt ans plus tard, il ne m’a pas fallu longtemps pour comprendre les raisons de ce vif succès : Mille femmes blanches est le prototype absolument parfait du roman à trame historique à la fois bien écrit (le style est d’une fluidité parfaite), très habilement composé, mêlant aventures exotiques, pédagogie historique et ethnique, tout en délivrant un message humaniste sincère…

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Les romans drôles et les feel good books


Les cygnes de la cinquième avenue

Les cygnes de la cinquième avenue – Mélanie Benjamin

Le livre de poche – 480 pages – 8.20 €

Le pitch : Babe Paley est la plus en vue des  Cygnes de la Cinquième Avenue, ces femmes de la haute société new-yorkaise des années 1950. Son atout indéfinissable : son style.

Elle incarne l’élégance, fait souvent la une de Vogue, mais ce que personne ne voit, c’est le sentiment de solitude qu’elle laisse dans son sillage, en dépit de sa fortune, de ses enfants, de son mari riche et puissant.

Jusqu’au jour où Truman Capote surgit dans sa vie. Leur amitié est instantanée et fulgurante. Babe trouve chez l’écrivain prodige, aussi génial qu’extravagant, la passion qui manquait à son existence.

Grâce à elle, Truman accède à cette élite qui le fascine tant. Et à ses secrets, ses rumeurs, ses scandales, y puisant son inspiration, au risque de trahir Babe.

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Mon avis : Au cours de ces trois dernières années, combien de « romans » écrits à partir d’une célébrité ?

Des dizaines, tous moins intéressants les uns que les autres (ce commentaire n’engage que moi, bien entendu). Un mouvement révélateur, à mon avis, de la pauvreté d’inspiration des auteurs contemporains…

En découvrant le pitch des Cygnes de la cinquième avenue, je me suis dis que Mélanie Benjamin avait sacrifié à cette nouvelle mode.

Mais la jolie couverture vintage, et le sujet de ce biobook (Truman Capote ? un des plus grands auteurs américains du siècle dernier, à n’en pas douter !), si je puis utiliser ce néologisme, m’ont convaincu d’y jeter un œil.

Bien m’en a pris, car c’est sur un véritable roman coup de cœur que je suis tombé, incapable que j’ai été de lâcher le livre avant d’en avoir parcouru les presque 500 pages !

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Vacances anglaises

Vacances anglaises

(Embrassez qui vous voudrez) – Joseph Connolly (2000)

Points – 462 pages – 8.10 €

Le pitch : Elizabeth se fait offrir par son mari Howard des vacances dans un hôtel chic de la côté anglaise. Dotty, sa voisine londonienne, entend en faire de même, mais Brian, son époux, ne peut que lui louer une caravane en guise de palace.

Autour d’eux, gravitent leurs enfants, une mère célibataire et son bébé hurleur, un mari fou de jalousie et sa ravissante épouse, un dragueur professionnel…

Ce petit monde va s’entrecroiser, non sans réveiller les libidos de chacun et provoquer mésaventures et rebondissements en série.

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Mon avis : Si vous voulez imaginer à quoi ressemble un livre de Joseph Connolly, il suffit de regarder une photo de l’écrivain.

Impressionnant, non ?

Avec ses cheveux et sa barbe blanche de père Noël, d’une longueur et d’une densité incroyables, portés sur un costume cravate de bonne facture, l’homme possède le look totalement improbable et décalé d’un british excentrique.

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Joseph Connolly

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Vacances anglaises, rebaptisé Embrassez qui vous voudrez lorsque le roman fut porté à l’écran sous ce titre par Michel Blanc, commence par une scène de sexe assez explicite au cours de laquelle le lecteur va sourire, puis rire franchement ce qui, vous l’admettrez, n’est pas la réaction normale à la lecture d’une scène hot !

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Cadavre exquis

Cadavre exquis – Pénélope Bagieu (2010)

Gallimard jeunesse – 128 pages – 17.50 €

Le pitch : Zoé a un boulot pas drôle : elle est hôtesse d’accueil dans les salons – de l’automobile ou du fromage – et doit faire bonne figure, debout toute la journée avec des chaussures qui font mal aux pieds.

Le jour où elle rencontre Thomas Rocher, écrivain à succès, la vie semble enfin lui sourire.

Mais pourquoi Thomas ne sort-il jamais de son grand appartement parisien ? L’amour peut-il vivre en huis clos ? Et quel est dans cette histoire le rôle d’Agathe, la belle, froide et machiavélique éditrice de l’écrivain ?

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Mon avis : Pénélope Bagieu, avec son blog charmant et impertinent, a acquis il y a maintenant près de dix ans (et oui, le temps passe, même pour les blogueuses !) la faveur de toutes les (jeunes) femmes françaises.

Puis elle a enchaîné sur les aventures de Joséphine, qui ont fait un carton, immédiatement portées (deux fois) à l’écran.

Avant de s’attaquer à ses bio express Culottées, deux tomes (pour l’instant),qui ont fait un tabac. Wow ! Cette Pénélope est une sacrée travailleuse, elle (…), et une success woman !

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Et je découvre aujourd’hui qu’en 2010, elle a écrit et réalisé toute seule, comme une grande, un roman graphique intitulé Cadavre exquis.

Peut-être un navet, pour une fois ? Eh bien non !

Cette BD est aussi charmante, culottée et hilarante que le reste de son oeuvre ! De quoi être dégouté, comment peut-on avoir autant de talent !

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Spellman & Associés  – Lisa Lutz

Le livre de poche – 444 pages – 7.10 €*

Le pitch : Qui pourrait résister aux Spellman, la famille la plus sérieusement fêlée de la côte Ouest ? Certainement pas leur fille, Izzy, associée et néanmoins suspecte. Car, pour ces détectives-nés, rien n’est plus excitant que d’espionner, filer, faire chanter… les autres Spellman de préférence.

Mélange détonant d’humour et de suspense, ce best-seller international (et son héroïne) a fait craquer Hollywood : vous n’êtes pas près d’oublier les Spellman !

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Mon avis : Il y a quelques années, ce livre s’est retrouvé entre mes mains par hasard. Imaginez la scène : moi, allongé sur une plage, en plein été, en train de me laisser bronzer tout en feuilletant un roman que je viens de piquer par le plus grand des hasards sur la serviette d’à côté.

La raison ? Je venais de terminer le romanque j’avais emmené à la plage et j’avais une flemme… estivale de me lever pour aller en chercher un autre dans mon stock, dans ma chambre d’hôtel (toujours costaud, le stock, quand je pars en vacances).

Au bout de deux, trois chapitres un peu déstabilisants où la narratrice, apparemment un peu frappadingue, expliquait qu’elle s’appelait Isabel Spellman, dîtes Izzy, et qu’elle travaillait pour une agence de détectives privés constituée… de (presque) toute sa famille, dont tous les membres (tous) étaient encore plus frappadingue qu’elle, j’ai commencé à rire.

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Snobs - Julian Fellowes

Snobs – Julian Fellowes (2004)

Le livre de poche – 416 pages – 7.00 €

Le pitch : Le narrateur, comédien, navigue avec beaucoup d’aisance dans les classes privilégiées. Son amie, Édith Lavery, est la jolie fille d’un expert comptable et de sa femme, éblouie par la haute société.

Lors d’une visite au château Broughton Hall, Édith, standardiste dans une agence immobilière de Chelsea, fait connaissance du fils de la maison, Charles, Comte Broughton et héritier du marquis de Uckfield. Célibataire, Charles gère les propriétés de sa famille. C’est un des célibataires les plus enviés, de l’aristocratie anglaise.

Quand il la demande en mariage, Édith accepte, mais est-elle vraiment amoureuse de lui ? N’est ce pas plutôt de son titre, de son rang et de tout ce qui va avec ?

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Mon avisJulian Fellowes, c’est cet Anglais bien né qui a scénarisé la série Downtown Abbey. Le pauvre type doit en avoir assez d’avoir ce sparadrap au bout des doigts (on y fait sans arrêt référence, alors même qu’il a reçu aussi un oscar pour Godsford Park), même si Downtown Abbey est une série vraiment sympa.

Mais si vous l’avez trouver parfois (juste par moments) un peu mièvre et convenue, précipitez-vous sur Snobs, ce roman à l’humour incroyablement corrosif que Fellowes a écrit il y a une dizaine d’années !

C’est une analyse d’une certaine société anglaise, faite par un écrivain « embedded » (embarqué) dont le corps aurait été habité par Georges Bernard Shaw.

L’ensemble est intelligent, brillant même, drôlissime avec juste la pointe de méchanceté qui va vous faire ricaner.

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L’histoire épatante de M. Fikry & autres trésors – Gabrielle Zevin

Fleuve éditions – 240 pages – 18.90 €*

Le pitch : La vie est plus belle lorsqu’elle s’écrit à plusieurs.

A.J. Fikry a l’un des plus beaux métiers du monde : il est libraire. Un libraire misanthrophe et bourru qui file un mauvais coton depuis le décès de Nic, son épouse. Peu importe, livre ou être humain, il est devenu bien difficile de trouver grâce à ses yeux.

L’irrésistible petite Maya va pourtant fendre son armure. Sa maman souhaitait qu’elle grandisse au milieu des livres et l’a donc laissée dans les rayons de l’unique librairie d’Alice Island. C’est ainsi qu’ A.J., faussement récalcitrant, se retrouve à pouponner ce chérubin aussi malicieux que despotique.

Et dans le sillage de ce duo improbable, tout leur entourage va découvrir que les aventures étonnantes, épatantes et émouvantes n’arrivent pas que dans les livres.

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Mon avis : Lorsqu’on m’a offert L’histoire épatante de M. Fikry & autres trésors, j’ai commencé par frémir.

Un titre pareil, une couverture scrapbookée comme celle-là… Tout cela sentait à plein nez le roman un peu niais tel qu’il en sort des dizaines tous les mois pour tenter de profiter de l’aspiration commerciale de quelques succès…

Cette impression s’est malheureusement un peu confirmé durant les premiers chapitres, un héros libraire, veuf, un peu ronchon et maniaque, une commerciale d’une maison d’édition plus jeune, très gentille, et puis tiens, une petite fille adorable, deux ans, abandonnée par sa maman, que le libraire va recueillir, toujours un peu ronchon…

Aïe, cela sentait vraiment l’overdose de sucre et la panne littéraire, sauf que… petit à petit, le ciel s’est dégagé, le scénario ne s’est pas déroulé exactement comme prévu, les dialogues se sont révélés plutôt drôles et – miracle – quelques scènes assez touchantes ont déboulé… résultat : j’ai fini par me surprendre à poursuivre la lecture de ce feel good book – car cela en est un – avec un petit sourire aux lèvres, et aller rapidement jusqu’à la fin…

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Pour le meilleur et pour l’empire – James Hawes (2005)

Points roman – 402 pages – 7.70 €

Le pitch : Perdu dans la jungle quelque part en Papouasie-Nouvelle-Guinée, Brian Marley s’apprête à vivre ses derniers instants. Il vient de remporter l’ultime épreuve d’un jeu de téléréalité. Malheureusement, il est le seul à le savoir, et tout porte à croire que nul n’aura jamais connaissance de son exploit. Quand soudain…

Une balle de cricket jaillie du néant le met K.O. Une balle de cricket ? En pleine jungle ? Ainsi commence cette comédie délirante, dans la plus pure tradition du nonsense britannique.

Anciens officiers de l’armée des Indes, nymphes lubriques et politiciens véreux – sans oublier les aborigènes, les enfants et les journalistes : tels sont les protagonistes de cette fable qui doit autant à Evelyn Waugh qu’au Monty Python’s Flying Circus

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Mon avis : S’il vous est déjà arrivé de parcourir ce site, vous avez forcement remarqué que, paradoxalement (comme nombre de mes compatriotes) j’apprécie beaucoup l’humour britannique, le fameux « non-sens ».

Si vous faites partie de ces amateurs, jetez-vous sur ce petit bijou venu de nulle part (l’auteur semble avoir publié un autre titre dans la même veine) publié en 2007 et salué à l’époque par la critique parisienne.

Imaginez un épisode d’une émission genre Koh-Lanta se déroulant sur une île du pacifique, au cours duquel un protagoniste tombe soudain sur une colonie de Japonais isolés depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, dont ils n’ont pas été informés. Eh bien vous remplacez les Japonais par une colonie d’Anglais pur jus, et vous obtenez le pitch de départ.

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Le koala tueur – Kenneth Cook

Le livre de poche – 224 pages – 6.10 €*

Le pitch : Avec ses redoutables crocodiles, ses koalas féroces et ses cochons sauvages assoiffés de sang, l’impitoyable bush australien reste un territoire indompté. Et ce n’est pas Kenneth Cook qui aurait pu l’apprivoiser !

Cook a réuni, peu avant sa disparition, ces histoires courtes toutes plus hilarantes les unes que les autres, inspirées par ses tribulations à travers l’Australie. D’après lui, chacune de ces quinze rencontres avec la faune sauvage s’est déroulée comme il le raconte ici, même si elles paraissent incroyables.

Dépaysement garanti, dans un grand éclat de rire.

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Mon avis : Il y a encore peu, je ne connaissais pas Kenneth Cook… à ma grande honte, car cet auteur était une célébrité en Australie.

C’est par le biais de recueil de ces nouvelles centrées sur la rencontre de l’auteur avec la faune australienne que j’ai fait la rencontre avec ce grand malade à l’humour ravageur.

Certains feront la fine bouche en lisant ces histoires « too much » où l’auteur vous raconte avec le plus grand sérieux des horreurs totales sur ces animaux du bout du monde, tous plus dangereux les uns que les autres. D’autres se tordront le nez en découvrant les délires alcoolisés de ces autochtones du fin fond du bush…

Mais si vous aimez l’humour absurde, précipitez-vous sur ce recueil, et sur le suivant ! Vous passerez quelques moments à vous gondoler.

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Tamara Drewe

Tamara Drew – Posy Simmonds (2008)

Denoël graphics – 136 pages – 19.90 €*

Le pitch : Avec son nez refait, ses jambes interminables, ses airs de princesse sexy, son job dans la presse de caniveau, ses aspirations à la célébrité et sa facilité à briser les cours, Tamara Drewe est l’Amazone urbaine du XXIe siècle.

Son retour à la campagne, dans le village où a vécu sa mère, est un choc pour la petite communauté qui y prospère en paix.

Hommes et femmes, bobos et ruraux, auteur à gros tirage, universitaire frustré, rock star au rancart, fils du pays, teenagers locales gavées de people, tous et toutes sont attirés par Tamara, dont la beauté pyromane, les liaisons dangereuses et les divagations amoureuses éveillent d’obscures passions et provoquent un enchaînement de circonstances aboutissant à une tragédie à la Posy Simmonds, c’est-à-dire à la fois poignante et absurde.

Librement inspiré du roman de Thomas Hardy Loin de la foule déchaînée, un portrait à charge délicieusement cruel et ironique de l’Angleterre d’aujourd’hui.

Mon avis : J’ai découvert Tamara Drewe par le biais de son adaptation au cinéma par Stephen Frears, en 2010.

Comme beaucoup, j’étais tombé sous le charme de la charmante (et excellente) actrice Gemma Arterton et la fraîcheur du scénario, malin et drôle,  sans savoir qu’il y avait un roman graphique avant la film.

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Il est à noter que c’est également cette actrice qui interprétera cinq ans plus tard le rôle de Gemma Bovary, film adapté de l’autre roman graphique de Posy Simmonds.

Posy Simmonds est extrêmement connu, et reconnu en Angleterre.

Egalement auteure de livres pour enfants, elle mérite amplement son succès, de par la qualité de son écrire, la fraîcheur de ses graphismes, et la pertinence de son humour caustique et terriblement piquant, so british

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Le guide du voyageur galactique – Douglas Adams

Folio SF – 288 pages – 7.70 €*

Le pitch : Comment garder tout son flegme quand on apprend dans la même journée :

  • que sa maison va être abattue dans la minute pour laisser place à une déviation d’autoroute ;
  • que la Terre va être détruite d’ici deux minutes, se trouvant, coïncidence malheureuse, sur le tracé d’une future voie express intergalactique ;
  • que son meilleur ami, certes délicieusement décalé, est en fait un astrostoppeur natif de Bételgeuse, et s’apprête à vous entraîner aux confins de la galaxie ?

Pas de panique ! Car Arthur Dent, un Anglais extraordinairement moyen, pourra compter sur le fabuleux Guide du voyageur galactique pour l’accompagner dans ses extraordinaires dérapages spatiaux moyennement contrôlés

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Mon avis : Petit rappel pour les néophytes en matière de SF (ce n’est pas grave, il ne faut pas avoir honte, cela peut arriver à tout le monde de débuter !) : le titre de ce roman en français a beau avoir varié (il y a vingt ans, c’était le guide du routard galactique), son titre anglais est tout le temps resté le même, à savoir : The Hitch Hiker’s Guide to the Galaxy. Ce qui explique l’acronyme qui, depuis longtemps, sert de titre dans le monde entier : H2G2.

Ceci posé, que dire ?

Que ce roman, issu d’un feuilleton radiophonique de la BBC dans les années 70, est certainement le seul livre que l’on pourrait attribuer, les yeux fermés, aux Monty Python. Aussi tarés, foldingues que Douglas Adams, ils auraient pu l’écrire (le groupe a d’ailleurs eu son propre feuilleton à la BBC au début des 70’s) ?

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Lecture pour les vacances

Chocolat – Joanne Harris (2000)

Folio – 416 pages – 8.20 €*

Le pitch : Séduites par Lansquenet, Vianne Rocher et sa fille Anouk décident d’y établir leur chocolaterie. Mais dans ce petit village du sud-ouest de la France, le père Reynaud veille sur ses ouailles comme la cuisinière surveille le lait sur le feu.

Aussi voit-il en l’ouverture de La céleste Praline l’oeuvre d’une sorcière. Et s’il avait raison ?

Joanne Harris nous offre une ode gourmande à la tolérance et au plaisir. Adapté au cinéma avec Juliette Binoche et Johnny Depp dans les rôles-titres, Chocolat s’est vendu à plus de douze millions d’exemplaires dans cinquante-cinq pays

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Mon avisChocolat n’est pas qu’un titre appétissant, même si les éditions Folio n’ont pu s’empêcher de mettre un affolant gâteau sur la couverture de sa dernière édition.

Chocolat n’est pas non plus qu’un film plutôt bien fait, où Juliette Binoche est impeccable (comme d’habitude), au succès international.

Non : Chocolat est avant tout un excellent roman, supérieur à son adaptation au cinéma, qui donne toutes leurs lettres de noblesse au genre du feel good book.

Ce n’est pas un hasard si, lors de sa sortie, cette oeuvre a rencontré un vaste succès de part le monde : Joanne Harris réussit, dans un récit malin, à divertir le lecteur tout en posant (et en répondant) à toute une série de questions sur des sujets aussi grave (et d’une brûlante actualité ! ) que la tolérance et le rapport à l’autre, différent.

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Greenwich village

Greenwich village  – Gihef & Antonio Lapone

Kennes éditions – 48 pages – 14.95 €*

Le pitchC’était au temps où New York « new-yorkait ».

Printemps 1960. Norman Oaks est chroniqueur à la pige pour un journal new-yorkais. Il vit seul mais heureux dans son appartement de Greenwich Village.

Sa quiétude est troublée par la jolie Bebe Newman, une hôtesse de l’air particulièrement bruyante qui s’installe un étage au-dessus du sien. Elle aime faire la nouba jusqu’au petit matin; il aime se coucher et se lever à heures fixes. Elle ne jure que par la modernité; il préfère la tradition. Bref, tout les oppose.

Et pourtant, pour décourager un ex aussi collant que peu recommandable, Bebe convainc Norman de se faire passer pour son compagnon et de partager avec lui le même appartement. Une cohabitation qui s’annonce explosive !

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Mon avis : Il y a quelques jours, mon oeil fureteur a été attiré par la couverture d’un album : lignes claires, dessin nerveux, complètement « in the mood 50’s 60’s », couleurs pastels, une hotesse de l’air comme sortie de la série TV Pan Am lisant son courrier sur le rebord d’une fenêtre à guillotine.

Alors, vous pensez bien, ma main à suivi mon oeil et j’ai embarqué le volume !

Bien m’en a pris car Greenwich est une réussite, une petite perle de fraîcheur vintage comme on en fait peu. Les auteurs, fascinés tous les deux par les Etats-Unis et par les années 50 et 60, ont créé une « feel good BD » bourrée de références diverses.

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Olivia Joules – Helen Fielding

J’ai lu – 348 pages – 7.10 €*

Le pitch : Olivia Joules : trente ans et des poussières. Profession : rédactrice beauté et – depuis peu – agent secret. Signes particuliers : corps parfait, tête bien faite, imagination « hyperactive ».

Des palaces de Miami à la soirée des Oscars, des eaux transparentes des Caraïbes au désert d’Arabie, Olivia défie les forces armées du terrorisme avec une épingle à chapeau, un soutien-gorge à armature très spéciale et un instinct de conservation à toute épreuve.

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Mon avis : Helen Fielding, c’est Bridget Jones. OK. Mais c’est aussi un vrai talent pour la littérature « légère », un style très simple, mais efficace et un humour en béton armé.

Alors, je ne sais pas pourquoi celui-ci n’a pas une réputation spectaculaire, car j’ai trouvé ce roman d’aventure parodique franchement réussi (même si tout le monde ne partage pas mon avis).

En fait, si : en réfléchissant un peu (cela m’arrive parfois), je pense avoir identifié un double malentendu entre l’auteure et une partie de son lectorat.

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Audrey Hepburn, la vie et moi

Audrey Hepburn, la vie et moi – Lucy Holliday

Hugo poche – 352 pages – 7.20 €

Le pitch : Quand elle touche le fond, Libby Lomax connaît un remède imparable : se rouler en boule dans son canapé pour savourer son film préféré, Diamants sur canapé.

C’est justement l’un de ces jours « sans » que l’improbable se produit : Audrey Hepburn sort de l’écran ! Parée de sa petite robe noire, de ses perles et de son fume-cigarette, l’actrice est bien décidée à aider Libby à mettre de l’ordre dans tous les domaines de sa vie.

Hallucination ? Bonne fée ? … Ou charmante calamité ?

*

Mon avis : Je dois vous l’avouer : j’aime bien lire de temps en temps un bon roman de chick lit, même si je suis tout sauf dans le panel visé par cette littérature « de genre ».

Plus fort : il m’est arrivé d’ écrire quelques romans que l’on peut rattacher à cette frange de la littérature contemporaine !

La question que vous allez (ou que vous devriez) me poser est :  mais qu’est-ce qui fait un bon roman de chick lit ?

La réponse est simple : une bonne idée de départ qui donne une colonne vertébrale scénaristique au roman (l’exemple parfait est : Le diable s’habille en Prada), une héroïne originale (cf. Le journal de Bridget Jones), un vrai rythme de narration (comme pour toute bonne comédie), une bonne dose de romance et surtout, surtout, beaucoup d’humour !

Si votre roman ne possède pas tous ces ingrédients, la recette risque de virer très vite à la tambouille de bas étage, et dieu sait s’il y a de mauvais produits sur le marché (je ne citerai aucun nom, par charité) !

Avec Audrey Hepburn, la vie et moi, je suis tombé pour la première fois depuis un bon moment sur un met ma foi fort bien cuisiné, avec une vrai idée, quelques épices, un vrai sens de la narration et beaucoup d’esprit.

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