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Comme chaque fin d’année, je consacre un article destiné à mettre en avant le top de mes lectures des douze mois qui viennent de s’écouler.
Une sorte de best of, une bonne vingtaine de livres sur les plus de 200 (romans, essais, beaux livres, BD) que que le lecteur compulsif que je suis a dû lire au cours de l’exercice.
Une sélection à 10 %, une crème de livres à s’en pourlécher les babines : voilà un ratio d’excellence qui me parait pertinent et appétissant ! Même si, à mon regret, 2025 n’a pas été une année d’un niveau équivalent aux précédentes, faute de livre majeur…!
Rappel : peu de sorties récentes dans cette sélection car je lis souvent à rebours du temps, certains livres ont donc de la bouteille; peu de nouveautés car j’attends si possible la sortie en format poche, c’est près de trois fois moins cher (réflexe économique de grand lecteur).
Peu de livres, donc, mais que du bon, avec en particulier un excellent cru, cette année, pour la BD de qualité.
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Ma sélection lecture 2025 : des heures de bonheur !
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Les romans, les nouvelles
Sur la route de Madison – Robert James Waller
Pocket – 190 pages – 7.00 €
Le pitch : Francesca Johnson, fermière de l’Iowa, était seule cette semaine-là ; son mari et ses enfants s’étaient rendus en ville pour la foire agricole. Sa rencontre avec Robert Kincaid, écrivain-reporter qui photographiait les ponts du comté de Madison, eut lieu au cours de l’été 1965.
Dès leur premier regard, ils surent qu’ils étaient faits l’un pour l’autre de toute éternité. Ils ne disposaient que de quelques jours pour se connaître, s’aimer et vivre une vie entière de passion silencieuse, avide et sans espoir.
Mon avis : Sur la route de Madison, pour 95 % de nos compatriotes, c’est un film réalisé en 1995 par Clint Eastwood avec, dans les rôles principaux, Meryl Streep et lui-même. Un immense succès mondial, parfaitement justifié. Mais avant le film, il y avait, un livre, publié juste avant (Spielberg avait acheté les droits pour le cinéma avant même la publication du livre), qui s’est vendu à… 60 millions d’exemplaires !
L’auteur, Robert James Waller, est un universitaire qui s’est mis à l’écriture tardivement. Le personnage principal, Rober Kincaid a, dans le livre, exactement son âge (52 ans) et c’est, comme lui, un passionné de photographie (la seule différence étant que Kincaid en a fait sa profession).
Si vous avez un coeur et une âme, vous ne pourrez qu’être bouleversé par cette histoire d’amour qui touche à l’absolu.
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Ce pays qui te ressemble – Tobie Nathan
Le livre de poche – 576 pages – 8.70 €
Le pitch : C’est dans le ghetto juif du Caire que naît, contre toute attente, d’une jeune mère flamboyante et d’un père aveugle, Zohar l’insoumis. Et voici que sa sœur de lait, Masreya, danseuse aux ruses d’enchanteresse, le conduit aux portes du pouvoir. Voici aussi les mendiants et les orgueilleux, les filous et les commères de la ruelle, les pauvres et les nantis, petit peuple qui va roulant, criant, se révoltant, espérant et souffrant.
Cette saga aux couleurs du soleil millénaire dit tout de l’Égypte : grandeur et décadence du roi Farouk, arrivée au pouvoir de Nasser en 1952 et expulsion des Juifs, islamisation de l’Égypte sous la poussée des Frères musulmans – première éruption d’un volcan qui n’en finit pas de rugir… C’est la chute du monde ancien, qui enveloppait magies et sortilèges sous les habits d’Hollywood. La naissance d’un monde moderne, pris entre dieux et diables.
Mon avis : Tobie Nathan vit en France depuis 1957 mais il est né en Egypte, au Caire, dix ans plus tôt. Il a du quitter son pays natal avec sa famille à l’arrivée de Nasser au pouvoir qui a expulsé les juifs du pays.
L’Egypte, le Caire, la coexistence des juifs dans un pays fondamentalement musulman, la seconde guerre mondiale avec l’occupation allemande, la lutte du roi Farouk avec les occupants anglais, la montée progressive du besoin d’indépendance : voilà autant de sujets qui constituent la toile de fond de cet épais roman incroyablement riche, au style puissant et profondément original.
Mais ce qui constitue avant tout le coeur du récit, c’est l’amour indéfectible d’un frère et d’une soeur de lait qui, entre traditions, croyances religieuses et lutte pour survivre dans de dures réalités économiques, ne cessera jamais de gagner en puissance.
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Leurs enfants après eux – Nicolas Mathieu
Babel – 560 pages – 10.40 €
Le pitch : Août 1992. Une vallée perdue quelque part dans l’Est, des hauts-fourneaux qui ne brûlent plus, un lac, un après-midi de canicule. Anthony a quatorze ans, et avec son cousin, pour tuer l’ennui, il décide de voler un canoë et d’aller voir ce qui se passe de l’autre côté, sur la fameuse plage des culs-nus.
Au bout, ce sera pour Anthony le premier amour, le premier été, celui qui décide de toute la suite. Ce sera le drame de la vie qui commence.
Mon avis : J’ai, sur ce site, une forte tendance à me plaindre du niveau actuel de la littérature française contemporaine, lorsque je la compare à son homologie américaine, si riche, si vivante, si préoccupée par les évolutions de l’Amérique moderne.
C’est donc avec une joie profonde que je suis en mesure de saluer le second roman de Nicolas Mathieu qui se hisse, sans problème à ce niveau d’excellence.
Leurs enfants après eux, c’est un très épais roman (près de 600 pages), couronné par le prix Goncourt en 2018.
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Papa courait les paris – Louise Meriwether
10/18 – 240 pages – 8.20 €
Le pitch : À l’été 1934, nulle part les effets de la Grande Dépression ne sont plus criants qu’à Harlem, où sont établies Francie, douze ans, et sa famille. Dans l’incapacité de trouver un travail, le père s’adonne à une série de paris tandis que la mère essaie péniblement de joindre les deux bouts. Francie, elle, est une grande rêveuse, qui sent néanmoins dans sa naïveté d’enfant qu’il y a des risques partout, surtout pour une fille noire à l’aube de son adolescence.
Mais Harlem, source de tous les dangers, est avant tout un lieu d’amour et de tendresse où s’expriment l’humour, la colère et la vitalité d’une communauté solidaire.
Mon avis : Il a fallu plus d’un demi-siècle ( 53 ans, très précisément) pour le roman de Louise Meriwether, considéré comme un classique aux Etats-Unis, soit enfin traduit en français. Paradoxe : l’édition française, en mars 2023, précédera de six mois la mort de la grande auteure afro-américaine, décédée à l’âge de 100 ans, tout rond !
En dévorant et en savourant ce court roman, je n’ai pas arrêté de me dire qu’il était vraiment dommage d’avoir du attendre si longtemps pour lire ce merveilleux récit, et je ne peux que remercier Philippe Rey de l’avoir enfin édité.
Je ne vais pas passer des heures à tenter de vous convaincre de lire cette petite merveille : je vous somme (méthode dure), je vous supplie (méthode soft) de vous plonger dans ce récit raconté à la première personne.
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Veiller sur elle – Jean-Baptiste Andréa
Proche – 542 pages – 9.70 €
Le pitch : Au grand jeu du destin, Mimo a tiré les mauvaises cartes. Né pauvre, confié en apprentissage à un sculpteur de pierre sans envergure, il a du génie entre les mains. Héritière du clan Orsini, Viola a passé son enfance à l’ombre d’un palais génois. Elle a trop d’ambition pour se résigner à la place qu’on lui assigne.
Ces deux-là n’auraient jamais dû se rencontrer. Au premier regard, Viola et Mimo jurent de ne jamais se quitter. Liés par une attraction indéfectible, ils traversent des années de fureur quand l’Italie bascule dans le fascisme. Mimo prend sa revanche sur le sort, mais à quoi bon la gloire s’il doit perdre Viola ?
Mon avis : En refermant Veiller sur elle après de nombreuses heures de lecture que je n’ai pas vu passer tant le roman m’a transporté ailleurs, je n’avais qu’une envie : remercier Jean-Baptiste Andréa.
Le remercier pour cette capacité à générer sur près de 600 pages du romanesque, de l’aventure, des sentiments subtils, tout ce que la littérature française contemporaine semble avoir depuis déjà longtemps du mal à produire.
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Intermezzo – Sally Rooney
Gallimard – 464 pages – 22.00 €
Le pitch : Ivan et Peter, deux frères que les années ont éloignés, se retrouvent à la mort de leur père. Ivan, vingt-deux ans, est un brillant joueur d’échecs, ultrasensible et solitaire. Peter, juriste renommé de Dublin, est un trentenaire aux multiples conquêtes. Tous deux vivent des amours périlleuses pendant ce moment délicat du deuil, intermède de vie où la fragilité n’exclut pas l’aventure.
Avec Intermezzo, l’Irlandaise Sally Rooney signe un nouveau roman sensuel et fascinant dans la veine de Normal People, où les personnages se mettent à nu, les couples se font et se défont dans une délicieuse confusion des sentiments.
Mon avis : Comment survivre à un succès géant ? C’est le pari auquel a été confronté Sally Rooney, toute jeune auteure irlandaise, après la déflagration Normal people, un bouquin vendu à tour de bras dans le monde entier alors qu’elle n’avait que 27 ans.
J’avais, à l’époque, salué l’originalité de ce roman qui apparaissait, de prime abord, comme un monument de « non style » difficilement lisible puis, sur la durée, autrement plus subtil qu’on aurait pu le craindre.
Les polars, la SF, le fantastique
Projet dernière chance – Peter Weir
Bragelonne – 640 pages – 12,00 €
Le pitch : Ryland Grace est le seul survivant d’une expédition spatiale de la dernière chance. Il ne se souvient même pas de son propre nom, ni des objectifs de sa mission. Il sait seulement qu’il est resté en sommeil très longtemps. Et il vient de se réveiller à des millions de kilomètres de chez lui, avec deux cadavres pour toute compagnie.
Filant à travers l’espace, il lui faut trouver la clé d’un mystère scientifique insondable… et combattre un fléau qui laisse présager l’extinction de notre espèce. Alors que chaque minute compte et que des années-lumière le séparent de l’être humain le plus proche, il est seul pour relever cet incroyable défi… Mais l’est-il vraiment ?
Mon avis : Andy Weir, c’est le nouveau petit génie de la SF hard science. Il y a dix ans, il explose les compteurs avec l’excellent roman Seul sur Mars, qui sera immédiatement adapté avec succès au cinéma. Et quelques années plus tard, voilà Projet dernière chance.
Une aventure centrée sur un personnage, isolé dans l’espace, très loin de la Terre, qui lutte pour sa survie (et celle de l’espèce humaine, par le même occasion !) grâce à ses connaissance scientifiques, etc., etc. Même recette, allez-vous me dire ? Eh bien oui ! Et pourtant, le résultat est très différent et incontestablement bien supérieur à Seul sur Mars.
En fait, j’ai vraiment adoré Projet dernière chance, grâce à la vista narrative de l’auteur, sa manière de jouer sur le lien empathique avec son héros si sympathique, son sens de l’humour omniprésent…
Un linceul n’a pas de poche
Série noire – 290 pages – 14.00 €
Le pitch : Mike Dolan démissionne avec fracas du journal qui l’employait le jour où, une nouvelle fois, son rédacteur en chef lui refuse un article dénonçant la corruption dans le monde du base-ball. Avec deux amis, Dolan monte le Cosmopolite. Leur devise : intégrité, impartialité et indépendance. Ils s’engagent alors dans une guerre contre la collusion des édiles locaux.
Scandale après scandale, tandis que leurs adversaires tentent de les amadouer ou de les effrayer, l’attitude de Dolan se radicalise : plutôt mourir que renoncer ! Même lorsqu’il s’agit d’aller fureter du côté des Croisés, ces émules du Ku Klux Klan.
Mon avis : Redécouvrir (et vous faire redécouvrir) Horace McCoy : voici un de mes derniers objectifs.
C’est grâce à la lecture de son roman (surtout connu pour son adaptation cinématographique) On achève bien les chevaux, que la puissante de son style et la richesse des thèmes traitées m’ont sauté à la figure .
Un linceul n’a pas de poche a, lui aussi, été adapté au cinéma (bizarrement, pas Jean-Pierre Mocky, en 1974) mais dans une version qui n’a pas grand chose à voir avec le texte original. Ce texte, écrit en 1937, est juste une petite merveille de roman social.
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Le Tout – Dave Eggers
Gallimard – 640 pages – 26.00 €
Le pitch : Le Tout est la firme la plus puissante et prospère au monde. Entreprise tentaculaire née de la fusion du Cercle, détenteur mondial des réseaux sociaux, avec un géant du commerce en ligne, elle a pour objectif de prendre le contrôle de nos cerveaux à coups de nouvelles technologies aliénantes. La jeune Delaney Wells grandit dans ce monde anxiogène et se promet dès son enfance de renverser un jour le maléfique Tout.
Delaney parvient à s’y faire embaucher et se retrouve ainsi au coeur de son réacteur. Elle se met alors à concevoir pour le Tout les applications les plus infâmes possible, espérant que la population se révolte enfin. Mais le monde est-il encore assez lucide pour voir la vérité en face ?
Mon avis : Le Tout (The every en version originale) possède, de manière particulièrement originale, trois titres alternatifs et chacun d’entre eux précise le thème et la thèse du roman de David Eggers.
« Enfin une sensation d’ordre« , « Les derniers jours du libre arbitre« , « Le choix illimité tue le monde« .
Une fois refermé cet épais volume, après de nombreux jours de lecture, vous comprendrez la raison de ce « choix multiple », ce qui ne vous empêchera pas de frissonner, comme vous l’aurez fait tout au long du récit.
Le tout, c’est explicitement la suite de Le cercle, cette dystopie publiée en 2017 dont j’avais pu, à l’époque, encenser la qualité et la force cognitive.
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Les stripteaseuses ont toujours besoin de
conseils juridiques – Iain Levison
Liana Levi – 240 pages – 22.00 €
Le pitch : Mille dollars de l’heure. Un tarif qui ne se refuse pas quand on est avocat commis d’office obligé de passer ses journées, dimanches compris, à plancher sur les dossiers attristants de petits malfaiteurs sans envergure. Puis à négocier des peines avec un procureur plus puissant que soi mais tellement moins compétent.
Alors Justin Sykes, lassé par ce quotidien déprimant, accepte pour ce tarif de se mettre, un soir par semaine, au service des filles d’un gentlemen’s club et de passer la nuit dans le motel d’en face. Sans trop chercher à comprendre. Parce que, c’est bien connu, les stripteaseuses ont toujours besoin de conseils juridiques.
Mon avis : Avec un titre pareil, difficile de ne pas remarquer le dernier livre d’Iain Levison ! Un titre français a priori absurde mais qui, lorsqu’on a lu le roman, se révèle avoir un vrai sens.
Pourtant, le titre original, The whistleblower (Le lanceur d’alerte) est certainement un peu moins « vendeur », mais il a peut-être encore plus de sens puisqu’il révèle bien le fond du caractère de Justin Sykes, le héros de l’histoire : Sykes est un avocat, mais il est avant tout un avocat honnête.
Et ce titre original, tout autant que le scénario, ressemble à celui d’un roman du grand John Grisham, le pape du thriller juridique.
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Journal d’un AssaSynth – Martha Wells
L’Atalante – 128 pages – 11.50 €
Le pitch : « J’aurais pu faire un carnage dès l’instant où j’ai piraté mon module superviseur ; en tout cas, si je n’avais pas découvert un accès au bouquet de chaînes de divertissement relayées par les satellites de la compagnie. 35 000 heures plus tard, aucun meurtre à signaler, mais, à vue de nez, un peu moins de 35 000 heures de films, de séries, de lectures, de jeux et de musique consommés. Comme impitoyable machine à tuer, on peut difficilement faire pire« .
Et quand notre androïde de sécurité met au jour un complot visant à éliminer les clients qu’il est censé protéger, il ne recule ni devant le sabotage ni devant l’assassinat ; il s’interpose même face au danger, quitte à y laisser des morceaux.
Mon avis : Dans une jolie édition publié par l’Atalante, éditeur nantais de qualité, voici un court roman de SF qui ne manque pas d’originalité.
Court roman ? avec 120 pages serrées, on est juste à la limite entre la novella (à l’anglosaxonne) et le très court roman. Deux ou trois heures de lecture, tout de même, de quoi occuper un long trajet en train.
Défaillance système n’est que le premier tome d’une série d’aventures qui en comporte actuellement sept (dont un – le 5ème – d’un format beaucoup plus étoffé). La particularité de la série Journal d’un AssaSsynth ? Les volumes ont presque tous remporté un ou plusieurs des prix prestigieux de la SF (Prix Hugo, Nebula, Locus) !
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Un homme de parole – Lee Child
Le livre de poche – 458 pages
Le pitch : Dans une ville à l’est du Mississippi, Jack Reacher remarque un voyou qui tente de dévaliser un homme en possession d’une enveloppe pleine de billets. Il s’interpose et apprend que la victime s’apprête à rendre cet argent à la mafia albanaise à laquelle il l’a emprunté pour payer les soins de sa fille, atteinte d’un cancer. Le père est terrorisé, et Reacher décide de prendre sa place pour la transaction.
Ce qu’il ne sait pas, c’est qu’il va avoir affaire à un autre usurier, membre cette fois de la mafia ukrainienne concurrente. Il se retrouve ainsi mêlé à la lutte à mort que se livrent les deux gangs qui, eux, ne savent pas qui est Reacher, ni qu’il vaut mieux ne pas se frotter à lui. Aidé par deux musiciens, un ancien marine et une serveuse de bar étrangement bien informée, Reacher compte bien ramener la paix en ville.
Mon avis : Dans la saga Jack Reacher, succès de Lee Child, j’ai commencé par Un homme de parole, le 25ème de la saga ! Et j’avoue que je n’ai pas été déçu car Lee Child est un sacré bon raconteur d’histoires…
400 pages, dévorées en une poignée d’heures : le roman est un vrai tourne page. Pas de grandes phrases, pas de style : juste un récit écrit comme un scénario de film, avec un découpage ultra cut et des dialogues percutants.
Tout le plaisir du lecteur vient de la capacité de ce très grand gentil, au physique de catcheur, à ridiculiser d’énormes bandes de méchants pour sauver la veuve et l’orphelin (en l’occurrence, ici, un couple de retraités et leur fille qui a besoin d’un traitement pour lutter contre une maladie mortelle).
Essais, Histoire et Cinéma

Laisse le flingue, prends les cannolis – Mark Seal
Capricci éditions – 442 pages – 28.00 €
Le pitch : Laisse le flingue, prends les cannolis est le livre le plus complet jamais consacré à la création du Parrain, le chef-d’œuvre de Francis Ford Coppola avec Marlon Brando et Al Pacino : l’adaptation du best-seller de Mario Puzo, la bataille pour le casting, le tournage chaotique, le triomphe inespéré en salles et aux Oscars…
À l’aide de nombreux témoignages inédits et de documents de première main, il nous plonge dans les coulisses d’«un film qui a ravivé Hollywood, sauvé Paramount Pictures, annoncé l’arrivée de Francis Ford Coppola comme l’un des grands cinéastes de cette nouvelle ère du cinéma, adoubé une nouvelle génération de stars, enrichi son auteur, son réalisateur et son producteur, et qui a mis le feu aux poudres, déclenchant une guerre entre deux des plus grands pouvoirs en Amérique : les requins d’Hollywood et les soldats de la Mafia».
Mon avis : Avec un titre pareil (c’est le titre original), il y a peu de chance pour que vous preniez la peine d’ouvrir ce gros volume consacré au livre et au film Le parrain. A moins que vous ne fassiez partie – comme moi – des millions d’admirateurs inconditionnels du livre de Mario Puzo et du film de Francis Ford Coppola.
Il serait cependant dommage de s’arrêter à ce titre pour initié (une phrase culte du film, dont je ne me rappelais même pas). Car, une fois franchi cet obstacle, vous ne risquez pas de décoller votre nez de cette enquête avant la fin, tant le bouquin est absolument passionnant !
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Ectasy and me – Heidy Lamarr
Editions Séguier – 430 pages – 16.90 €
Le pitch : Qui se souvenait d’Hedy Lamarr il y a encore quelques années, au moment de la première parution française d’ Ecstasy and Me, son autobiographie explosive ? Pénélope Bagieu venait de lui consacrer un portrait dans ses Culottées, tandis que s’apprêtait à sortir en salles Bombshell: The Hedy Lamarr Story, un documentaire produit par Susan Sarandon retraçant son incroyable destin. Depuis, l’ancienne star déchue s’est vue propulsée au rang d’icône féministe et toute une nouvelle génération s’en est emparée.
À l’occasion des 25 ans de la disparition d’Hedy Lamarr, la réédition de son autobiographie culte, Ecstasy and Me. La confession sulfureuse d’une icône d’Hollywood qui s’épuisa à être libre.
Mon avis : Comme l’explique le pitch de cette jolie édition chez Séguier des mémoires d’Hedy Lamarr, cette actrice immensément célèbre dans les années 30 et 40 était, jusqu’il y a peu, presque retombée dans l’oubli, sauf pour les cinéphiles (dont je fais partie).
Depuis, les livres se sont multipliés pour raconter la vie incroyable de cette femme tout aussi incroyable. Et voilà qu’un éditeur a l’excellente idée de rééditer l’incroyable autobiographie de cette incroyable femme (ok, cela fait beaucoup d’incroyable, mais lisez le bouquin et on en reparlera après !).
Publié en 1966 (elle avait alors 52 ans et a carrière était derrière elle), elle rencontra un succès phénoménal et provoqua un scandale à la mesure de ce succès !
La BD

La route – Manu Larcenet
d’après le roman de Cormac McCarthy
Dargaud – 160 pages – 29.95 €
Le pitch : L’apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres et de cadavres. Parmi les survivants, un père et son fils errent sur une route, poussant un caddie rempli d’objets hétéroclites, censés les aider dans leur voyage.
Sous la pluie, la neige et le froid, ils avancent vers les côtes du sud, la peur au ventre : des hordes de sauvages cannibales terrorisent ce qui reste de l’humanité. Survivront-ils à leur périple ?
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Mon avis : Manu Larcenet est un des auteurs majeurs de la BD francophone des vingt dernières années. Et voilà qu’avec son adaptation en BD de La route, de Cormac McCarthy, il continue à tracer son chemin, dans la droite ligne de sa seconde période.
Vous n’avez lu le roman ? Alors je ne peux que vous en conseiller la lecture, car il s’agit pour moi (et pour beaucoup d’autres lecteurs) d’un des dix chefs-d’œuvre romanesques du XXI° siècle. Vous n’en sortirez pas indemne…
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Mais il n’est pas nécessaire de le lire pour vous lancer directement dans ce roman graphique de 160 pages qui se révèle si fidèle, tant dans l’esprit que dans la forme, au roman dont il s’inspire, qu’il en « aspire » en quelque sorte toute la puissance et le génie.
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Le ciel dans la tête – A. Altarriba & S.G. Sanchez
Denoël – 144 pages – 28.00 €
Le pitch : Des mines du Kivu aux mirages de l’Europe, Nivek, l’enfant soldat, arraché aux griffes de la misère par l’appel d’une vie meilleure, traverse une Afrique magique et tragique, d’une violence et d’une beauté à couper le souffle. Les épreuves de ce voyage initiatique le préparent aux périls de la Méditerranée, mais pas aux déconvenues qui l’attendent sur sa rive privilégiée.
À l’ombre de Cervantès et de Mark Twain, un récit épique porté par les visions hallucinées d’Altarriba et les images somptueuses de Sergio García.
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Mon avis : De temps en temps, mais très rarement, on tombe sur un livre qui ne ressemble à rien… mais qui s’impose, tout de suite, comme une évidence : un livre que l’on ne risque jamais d’oublier.
C’est ce qui m’est arrivé avec cette incroyable BD one shot de 140 planches qui, il y a quelques mois, à remué les yeux, le coeur et les trippes de nombreux libraires et lecteurs.
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Gotham City – Tom King & Phil Hesther
Urban comics – 208 pages – 22.00 €
Le pitch : Deux générations avant Batman, le détective privé Slam Bradley se retrouve mêlé au « kidnapping du siècle » lorsque l’enfant héritier des Wayne disparaît dans la nuit… Lancé à sa recherche, il découvre vite que les faux-semblants se multiplient, et que les justes ne sont peut-être pas ceux que l’on croit.
Ainsi débute l’histoire brutale d’une Gotham devenue moderne, cité d’abord radieuse abritant en son sein le vice, la violence et la corruption, et prête à déverser le chaos sur ses habitants.
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Mon avis : Gotham City : année un. Avec un titre pareil, pas difficile de deviner le sujet de cet épais one shot (200 planches) publié chez Urban comics !
Voilà donc un spin off parfait du mythe Batman. Tom King – un des meilleurs scénaristes actuellement sur le marché des super héros – reprend l’histoire du justicier juste avant qu’elle ne commence.
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Slava (Intégrale 3 tomes) – Pierre-Henry Gomont
Dargaud – 320 pages – 3*22.95 €
Le pitch : L’URSS a cessé de vivre. Son utopie appartient au passé, tout juste bonne à figurer dans les livres d’histoire. Dans un décor qui fait la part belle à l’immensité des espaces russes autant qu’aux vestiges de l’architecture soviétique, deux maraudeurs se livrent à une activité pour le moins douteuse : mettre la main sur toutes sortes de babioles susceptibles d’intéresser de riches investisseurs.
L’un, Dimitri Lavrine, est un trafiquant sans scrupules. Selon lui, tout s’achète et tout se vend. L’autre, Slava Segalov, est un artiste qui a renoncé à ses rêves de gloire et tente de se faire une place dans ce monde nouveau qui s’ouvre à eux. Il suit Dimitri à contrecœur, déchiré entre son éthique et la dette qu’il a contractée envers ce dernier.
À travers la destinée tragi-comique de deux pieds nickelés emportés dans la tourmente de l’Histoire, Slava est une saga en trois tomes qui brosse le portrait d’un pays déboussolé, qui amorce une transition incertaine, et annonciateur de la Russie d’aujourd’hui.
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Mon avis : Le pitch de cette histoire en trois albums présente très bien le projet de Pierre-Henry Gomont : raconter l’ambiance et les problèmes des pays de l’est de l’Europe après la chute de l’U.R.S.S., en suivant le destin de quelques personnages qui tentent de s’en sortir dans le chaos ambiant.
Projet très ambitieux, mais l’auteur est largement à hauteur de ses ambitions, car Slava – soyons un peu dithyrambique – est une réussite totale et certainement une des meilleures séries d’aventure de ces dernières années !

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Islander – Caryl Ferey & Corentin Rouge
Glénat – 160 pages – 26.00 €
Le pitch : Futur proche. Le continent européen est victime de catastrophes multiples, des réfugiés de tous les pays s’amassent au port du Havre, lieu de transit vers un hypothétique salut. L’Islande est encore épargnée, mais pour combien de temps ? Liam, qui a déjà tout perdu, va tenter sa chance en subtilisant le pass d’une migrante, sans savoir que l’Islande aussi se déchire à leur sujet.
Ballotté dans le chaos du monde, Liam découvrira qu’il a pris la place d’une femme impliquée dans un mystérieux projet, « Islander » ; sa rédemption, si Liam et ses nouveaux compagnons parviennent à survivre.
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Mon avis : Dès la prise en main de l’album, le lecteur sait qu’il est tombé sur un livre hors normes.
Très grand format (24*32 cm), 160 planches sur papier glacé, couverture épaisse : tout concourt à un ouvrage de poids (1.2 kg).
Mais une fois le livre ouvert, on découvre qu’il n’y a pas que la forme et l’apparence : Islander est un récit d’aventures prospectif tout à fait exceptionnel.
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Le Dieu-Fauve – Fabien Vehlmann & Roger
Dargaud – 112 pages – 22.92 €
Le pitch : Remontez jusqu’à l’ère lointaine du Déluge, celle qu’évoquent à demi-mots tous les textes anciens de l’humanité… En ces temps de famine, Sans-Voix, un jeune singe orphelin, cherche à prouver sa valeur à son clan d’adoption en chassant le « longue-gueule », un vieil alligator blessé et vicieux. Manger ou être mangé : le cycle immuable de la nature. Mais en osant s’aventurer au cœur des terres interdites, celles des humains, Sans-Voix sera confronté au plus cruel des destins : voir les siens massacrés sous ses yeux avant d’être capturé puis dressé dans les arènes de l’Empire afin de devenir un « Dieu-Fauve », un guerrier sacré façonné pour la violence et l’art du combat.
Mais ces longues années de souffrance auront surtout fait grandir en lui une brûlante obsession : se venger de ses bourreaux, quel qu’en soit le prix.
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Mon avis : Un des objectifs de la lecture est de vous sortir de vous-même, vous éloigner du monde dans lequel vous vivez tous les jours pour vous entrainer… ailleurs. Malheureusement, rien de plus difficile que d’y parvenir car les livres suffisamment puissants, exotiques, étranges pour vous aspirer dans cet ailleurs sont bien peu nombreux.
Coup de chance : voilà, sous mes yeux écarquillés – et bientôt sous les vôtres, j’espère – un album qui remplit exactement cette mission.
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Raven (trois tomes) – Matthieu Lauffray
Dargaud – 208 pages – 54.00 €
Le pitch : Au XVIIe siècle, alors que le pavillon de l’Union Jack flotte sur la mer des Caraïbes, Raven, un jeune et impétueux pirate décide de mettre la main sur un prétendu trésor, promis à l’infâme gouverneur de Tortuga qui fait appel à lady Darksee, une redoutable femme pirate, en échange du pardon royal. Mais Raven, qui assiste à la scène, décide de les devancer et d’agir seul grâce à un plan de l’île où se situerait le trésor.
L’île volcanique, perdue dans les Caraïbes et peuplée par une tribu cannibale, s’avère pourtant dangereuse… Et c’est précisément sur celle-ci que le nouveau gouverneur de Tortuga et sa famille, venus de France, ont échoué après un long voyage…
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Mon avis : Des romans, des BD et des films qui parlent d’aventures en mer, et plus particulièrement d’aventures mêlant corsaires et pirates (vous connaissez la différence entre eux, n’est-ce pas ?), il y en a des bons, des formidables.
Côté BD, les deux dernières grandes réussites en la matière ont été La république du crâne et Long John Silver (je vous invite à lire mes critiques de ces albums sur le site).
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Long John Silver, c’était une saga en quatre volumes écrite par Xavier Dorison et illustrée avec brio par Mathieu Lauffray.
Ce dernier s’est retrouvé si bien aise en la matière qu’il a décidé de se lancer, en solo, dans une nouvelle saga de la flibuste. Et voilà donc Raven, trois tomes pour près de 200 pages. Et c’est une très grande réussite.
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Le serpent et le coyote – Matz & Philippe Xavier
Le Lombard – 160 pages – 24.95 €
Le pitch : USA, 1970. Joe se balade en camping-car dans les grands espaces du Far West. Il y fait des rencontres : un petit coyote, pour commencer, mais aussi des gens plus ou moins bien intentionnés ― des voyous locaux, des agents du FBI, un U.S. Marshal, d’anciens amis plus ou moins fréquentables…
Mais qui est vraiment ce bon vieux Joe ? Ceux qui croisent son chemin ont tendance à voir leur espérance de vie se réduire dangereusement…
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Mon avis : En fait, quand on sort de la lecture de Le serpent et le coyote, un one shot de 140 planches publié par Le lombard dans sa fameuse collection « Signé », on se dit que faire une bonne BD, ce n’est pas très compliqué. Voire presque simple.
Ceci dit, vous l’avez compris, c’est une plaisanterie, car si cet album de Matz et Philippe Xavier est une réussite, c’est du à la conjonction de deux éléments que l’on ne trouve pas sous les sabots d’un cheval, même au fond de l’ouest sauvage américain !

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Captifs – Benoit Rivière & Olivier Ormière
Les Humanoïdes Associés – 112 pages – 24,00 €
Le pitch : Août 1754, Nouvelle-Angleterre. Une famille de fermiers anglais, les Johnson, est attaquée par des Indiens Abénaquis qui les réduisent en esclavage. La famille compte trois enfants et Susanna est enceinte du quatrième. Tous sont capturés.
Commence alors un long voyage aux limites du tolérable, au bout duquel seuls les plus forts survivront. Ce cauchemar ne s’arrêtera pas lorsqu’ils seront vendus comme esclaves aux Français qui occupent Montréal, en marge du conflit qui oppose alors Anglais et Français au Québec…
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Mon avis : Captifs est un one shot d’aventures historiques comme on aimerait en lire plus souvent. La première qualité de ce projet, c’est le travail de documentation considérable qui a précédé, c’est évident, l’écriture du scénario.
On est en plein milieu du XVIII° siècle, au nord-est de ce qui deviendra les Etats-Unis.

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Le pays n’a pas encore acquis son indépendance. Pour l’instant, on est en pleine lutte entre les français et les anglais pour garder la mainmise sur la région.
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