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La représentation en BD, cela serait forcement soit réaliste, soit fantaisiste… Voilà une affirmation un peu réductrice, me semble-t-il, tant les graphistes ont su réinventer perpétuellement – et continuent de la faire – la manière de montrer une histoire en bande dessinée.
C’est ainsi que certains d’entre eux ont tenté, notamment au fil du dernier quart de siècle, de transcender ces deux modes classiques de représentation graphique en tentant d’aller « ailleurs ». En donnant une force et une forme inédite à des histoires qui ne développent pas une intrigue avec des humains, mais avec des animaux qui se comportent exactement comme des humains.
Vous ne voyez pas ce que je veux dire ? C’est pourtant simple : quand vous prenez Maus, d’Art Spiegelman, tout le monde comprend très vite que les victimes de l’holocauste sont des souris, et que les militaires nazis sont des chats. Effet graphique qui démultiplie le signifiant de l’histoire tout en s’écartant d’une dramaturgie classique…
Voici donc pour vous guider dans ce nouvel univers fascinant une vingtaine de séries de qualité qui exploitent tout le potentiel de cette nouvelle forme de représentation. Ni réaliste, ni fantaisiste : autrement.
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BD anthropomorphique : quand l’animal ressemble à l’homme*
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Blacksad (7 tomes) –Diaz Canales & Guarnido
Dargaud – 420 pages – 120.00 €
Le pitch : Attention chef-d’oeuvre ! L’histoire d’un privé qui veut venger son ex-fiancée assassinée, rappelle celle des grands maîtres du polar le plus noir.
Cette tragédie classique transfigurée par un dessin sublime, d’une Maestria époustouflante, qui fait de ce polar l’une des plus grande surprise de l’année.
Mon avis : 1er tome de la série Blacksad, Quelque part entre les ombres sort en novembre 2000. Dès sa parution, Blacksad est un événement. Son succès auprès du grand public est évident et il ira en grandissant tout au long des quinze années suivantes, avec un rythme de publication très lent (un album tous les quatre ou cinq ans).
Si vous n’avez pas encore mis votre nez – et surtout votre œil ! – dans la série, quels arguments puis-je trouver pour vous en donner l’envie ?
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En fait, c’est très simple : l’entreprise Blacksad est un concept mûrement réfléchi par les auteurs, avec une recette parfaitement dosée et appliquée avec une rigueur impeccable.
Premier ingrédient : une grosse louche d’anthropomorphisme. Tous les personnages sont des animaux, se comportant comme des humains.
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Le château des animaux (4 tomes) – Xavier Dorison & Félix Delep
Casterman BD – 300 pages – 4*17.00 €
Le pitch : Quelque part dans la France de l’entre-deux guerres, niché au cœur d’une ferme oubliée des hommes, le Château des animaux est dirigé d’un sabot de fer par le président Silvio…
Secondé par une milice de chiens, le taureau dictateur exploite les autres animaux, tous contraints à des travaux de peine épuisants pour le bien de la communauté…
Miss Bengalore, chatte craintive qui ne cherche qu’à protéger ses deux petits, et César, un lapin gigolo, vont s’allier au sage et mystérieux Azélar, un rat à lunettes pour prôner la résistance à l’injustice, la lutte contre les crocs et les griffes par la désobéissance et le rire…
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Mon avis : En introduction de ce premier volume de la saga du Château des animaux (qui en compte quatre), Xavier Dorison évoque clairement les sources de son inspiration. Il tient à souligner que ce projet très ambitieux (près de 300 planches au total !) part de la volonté de revisiter le fameux roman de George Orwell, La ferme des animaux.
Mais il précise aussitôt que son objectif n’était pas d’adapter littéralement la fable anthropomorphique d’Orwell, mais bien de l’universaliser. Avec Le château des animaux, Dorison s’attaque au poison des totalitarismes, mais de tous les totalitarismes, en expliquant qu’au XX° siècle, certains héros du quotidien (Mandela, Gandhi) ont trouvé une voie étroite en luttant contre ce fléau par d’autres moyens que la force.
Démontrer qu’il est possible de détruite la dictature par le courage et l’intelligence, voilà le pari de ce projet. Ceci posé, je tiens à vous avertir tout de suite : Le château des animaux est la BD la plus impressionnante que j’ai eu l’occasion de lire au tournant 2019/2020.
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Azimut (5 tomes) – J.B. Andréae & W. Lupano
Vents d’ouest – 240 pages – 5*13.90 €
Le pitch : Quelque part dans le vaste capharnaüm des mondes possibles, il en existe un où, plus qu’ailleurs, on reste profondément outré par l’idée de la vieillesse et de son issue tragique : la mort. Mais a-t-on la possibilité d’y échapper ? Ailleurs peut-être pas, mais dans ce monde-là, il est permis de le penser.
Chimère ! Diront certains. Non-sens diront les autres. Et puisqu’on parle de non-sens, signalons tout de même ce fait étrange : depuis quelques temps déjà, on a perdu le pôle nord. Ça n’a probablement rien à voir. Ou alors, c’est tout l’inverse.
En compagnie d’une myriade de personnages fantastiques que n’aurait pas reniés Lewis Carroll, embarquez pour un fabuleux voyage qui vous emmènera tout autant dans les sphères éthérées de l’imagination qu’au coeur des préoccupations existentielles humaines.
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Mon avis : Lupano : une des nouvelles stars de la BD française, un scénariste à l’imagination délirante et à l’humour souvent complètement déjanté.
Son problème : rencontrer un dessinateur à la hauteur de son talent. Cela n’a pas toujours été le cas, mais avec la série Azimut, c’est bingo !
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Jean-Baptiste Andréae possède un style immédiatement reconnaissable, et une technique époustouflante. Un duo de choc pour une nouvelle série, dont le premier tome est paru en 2012 et qui se poursuit jusqu’à ce jour : miam !
Alors voici Les aventuriers du temps perdu, 46 pages absolument magiques, qui vont vous embarquer dans une aventure hors du temps, c’est le cas de le dire
Grandville (5 tomes) – Bryan Talbot
Milady – 600 pages – 5*20 €
Le pitch : Dans le Paris de la Belle Epoque, l’inspecteur LeBrock de Scotland Yard est sur la piste d’un mystérieux assassin.
Inspiré par le travail du caricaturiste français du XIX e siècle JJ Grandville et l’illustrateur de science-fiction Robida – sans parler de sir Arthur Conan Doyle, Rupert l’Ours et Quentin Tarantino -, Bryan Talbot fait une fois encore la preuve de son immense talent.
Mon avis : Quand Grandville est sorti, en 2010, cela m’a fait un choc.
Rien que de soulever la couverture épaisse aux graphismes magnifiques steampunk et de tomber sur une première planche extraordinaire, une seule image, entièrement jaune d’or, avec des reliefs obtenus grâce à une technique que je ne connaissais pas… waouh ! Et la suite était tout aussi impressionnante !
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C’en était suivi une centaine de planches d’une enquête absolument passionnante, dans un monde uchronique fascinant dominé par des animaux. Un monde situé de nos jours, mais où c’est Napoléon qui a gagné la guerre, a créé un empire européen et coupé la tête des rois anglais, peuple qui est ensuite entré en résistance sauvage pour obtenir son indépendance…
Et tout au long de l’album, toujours cette technique graphique unique…
Près de dix ans plus tard, à la énième lecture, Grandville est toujours un choc. Que j’aimerais absolument vous faire partager.
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Cité 14 (2 tomes) – P. Gabus & R. Reutimann (2012 à 2014)
Les humanoïdes associés – 658 pages – 2*29.90 €
Le pitch : Cité 14 : une mégalopole labyrinthique où cohabitent humains, animaux et extraterrestres, une Tour de Babel décadente dans laquelle macèrent luxe et anarchie, abondance et crime.
C’est dans ce grouillement urbain incessant qu’un étrange personnage, Michel, un éléphant fraîchement débarqué d’un bateau d’immigrants, pose son sac, le temps d’être pris malencontreusement au milieu d’une fusillade…
Avec Hector, un journaliste opiniâtre, il ne va pas tarder à former un duo de choc, pour le compte d’un journal à sensations. Comme si la Cité 14 pouvait livrer ses vrais secrets ou se laisser enfermer dans les colonnes d’une feuille de chou !
Mon avis : En 2007, les éditions Paquet lancent un projet courageux et original : publier une série proposée chaque mois par l’intermédiaire d’un petit fascicule de 22 planches à la couverture souple, correspondant à un épisode, vendu 1 €. Cette série, en noir et blanc, était prévue se dérouler en deux ou trois « »saisons » de 12 épisodes.
Malgré la qualité manifeste de ce « feuilleton » réalisé grâce au talent de scénariste de Pierre Gabus et la performance graphique de Romuald Reutiman , l’expérience tourna court, les ventes étant insuffisantes.
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Heureusement, le projet fut repris par Les humanoïdes associés qui, en 2011, republia la première saison en 4 tomes regroupant chacun 3 épisodes. Une édition sous une couverture semi souple, en couleur, au format très agréable à lire (20*27), qui permit aux auteurs de se lancer dans une seconde saison encore plus ambitieuse (voir mon avis par ailleurs).
Toute cela pour vous expliquer à quel point cette bande dessinée, unique dans sa conception, l’est également dans sa réalisation. Couronnée en 2012 à Angoulême comme meilleure série de l’année, Cité 14 accéda alors à une reconnaissance méritée, sans atteindre à la notoriété et au succès commercial qu’elle méritait.
Jack Wolfgang (3 tomes) – S. Desberg & N. Reculé
Le lombard – 192 pages – 3*14.00 €
Le pitch : Depuis le moyen âge, les hommes et les animaux ont appris à se parler. Et depuis l’invention du super méga tofu, les herbivores et les carnivores ont appris à ne plus se manger.
Jack Wolfgang, célèbre critique gastronomique, et par ailleurs un des meilleurs espions de la CIA, parcourt un monde dangereux, où la paix est aussi fragile que ses talents de loup sont redoutables.
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Mon avis : Une série de trois aventures (que je critique ici en une seule fois, sous couvert du premier tome, l’intégrale n’étant pas encore disponible) qui se déroule dans un monde anthropomorphique, où les animaux se comportent comme des êtres humains.
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Sauf que, se démarquant des grands classiques du genre comme Blacksad, Desberg a donné un fondement « scientifique » à son monde, dans une introduction que l’on retrouve à chaque début d’album et que je trouve brillante et assez géniale (je vous laisse la découvrir).
Les 5 terres (6 tomes) – Lewelyn & Jérôme Lereculey
Delcourt – 340 pages – 6*15.00 €
Le pitch : Ce n’est un secret pour personne : le vieux roi Cyrus, héros de la bataille de Drakhenor, est mourant. Son neveu Hirus, jeune tigre brutal et ambitieux, et successeur désigné du roi, rêve d’imposer sa loi au reste des 5 Terres.
Mais comme toujours chez les félins, rien n’est simple, et le trône est l’objet de toutes les convoitises, tandis que dans les royaumes voisins, on observe la situation, prêt à fondre sur Angleon au moindre faux pas…
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Mon avis : Difficile d’échapper à la belle couverture énigmatique du premier tome de Les 5 terres, avec ses deux tigres anthropomorphes sur fond sombre.
En ouvrant l’album, le lecteur tombe sur une double page de garde où s’étend une carte du monde des 5 terres. Impossible de ne pas y voir un reflet des 7 royaumes de Game of thrones !
Telle est en effet l’ambition un peu démesurée de l’entreprise entamée par les éditions Delcourt : développer sur 30 albums (!) – publiés à raison de deux volumes par an – une saga mêlant les destinées de cinq dynasties régnantes s’affrontant pour la domination des 5 terres.
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L’île au trésor (Jim Hawkins) – Sébastien Vastra
d’après le roman de Robert Louis Stevenson
Ankama éditions – 176 pages – 29.90 €
Le pitch : Un avenir de commis de cuisine et l’auberge familiale en héritage, Jim Hawkins sait qu’il ne restera pas longtemps sur la terre ferme. Son regard est ailleurs, tourné vers cette ligne de mer posée sur l’horizon, promesse d’inconnu et de mystères. Il suffirait d’un coup de pouce du destin ou de Bill Bones, ce vieux loup de mer fraîchement débarqué avec sa précieuse carte, pour que Jim bascule dans le tourbillon de l’aventure.
Mais s’il y a une chose dangereuse en ce bas monde, c’est bien de posséder une fortune sur un morceau de papier…*
Mon avis : Les adaptations de L’île au trésor, le chef-d’œuvre de Robert-Louis Stevenson, sont innombrables. Et pourtant, question BD, je dois bien admettre que celle de Sébastien Vastra est sans doute devenue ma préférée.
Pourtant, l’entreprise m’a paru dans un premier temps un peu bizarre : partir du roman pour en faire une histoire d’animaux… quelle drôle d’idée !
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Mais dès la première planche (plus de 160 dans cette intégrale qui réunit les trois volumes), mes appréhensions sont tombées. Complètement.
Maus – Art Spiegelman (1980 à 1991)
Flammarion – 295 pages – 30.00 €
Le pitch : Récompensé par le prix Pulitzer, Maus nous conte l’histoire de Vladek Spiegelman, rescapé de l’Europe d’Hitler, et de son fils, un dessinateur de bandes dessinées confronté au récit de son père.
Au témoignage bouleversant de Vladek se mêle un portrait de la relation tendue que l’auteur entretient avec son père vieillissant.
Mon avis : Le Maus d’Art Spiegelman, c’est sans doute avec cette oeuvre que l’aventure du roman graphique a pris une dimension mondiale. Le roman graphique ? Des codes inventés à la fin des années 70 par le new-yorkais Will Eisner. Une matière unique de raconter une histoire. Pas un roman, pas tout à fait une BD dans les règles de l’art.
Un roman sous forme de BD, avec beaucoup, beaucoup de texte, mais avec une présentation un peu déstructurée. Comme si les graphismes étaient indispensables, mais que l’auteur ne lui accordait pas autant d’importance que dans un album « classique ».
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Bien entendu, l’oeuvre n’aurait pas eu ce succès mondial, incroyable, – sidérant ! -, ce retentissement moral et psychologique si intense, s’il n’avait pas traité d’un sujet aussi essentiel et difficile : la shoah !
Un récit avec cet incroyable détournement narratif qui consiste à distancier l’histoire réelle en travestissant (masquant ? le narrateur humain porte bien un masque de souris) tous les personnages humains en animaux. Les méchants chats, les gentilles souris…
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Le pitch : Ravagée par les armes nucléaires et chimiques, la Terre a muté et de nombreuses espèces animales ont développé une taille et une intelligence semblables à celle des humains. Pour faciliter la vie de sa famille, Solo, un jeune rat, décide de prendre la route.
Dans ce monde hostile fait de prédateurs, de cannibales, de monstres ou de pirates, Solo va devoir devenir le meilleur guerrier pour survivre.
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Mon avis : Une saga comics espagnole (j’évoque ici la première trilogie) post apocalyptique dont le héros est un rat musclé (et non pas musqué !), voilà qui ne court pas les rues ! Cet assemblage improbable est la création d’Oscar Martin, qui est à la fois au stylo et à la plume.
Difficile de trouver plus dépressif que ce récit raconté en voix off par Solo. Au fur et à mesure que ce héros au nom prédestiné avance dans des paysages désertiques où la loi du plus fort du plus fort est la seule qui tienne, les personnages positifs qui l’entourent disparaissent, enlevés ou tués.
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Le pitch : Prépubliée en 1964 dans le journal Spirou, cette histoire animalière de Raymond Macherot est souvent considérée par la critique comme son chef-d’oeuvre, voire comme l’un des chefs d’oeuvre de la bande dessinée.
L’univers de Chaminou et le Khrompire est très marqué par les années soixante dont il fait une caricature parfois cynique. Chaminou, le héros, agent de la Police Secrète du Roi, est complètement dépassé par les événements d’une histoire où cannibalisme et chirurgie esthétique servent d’ingrédients à une œuvre beaucoup trop adulte pour les lecteurs de Spirou de l’époque.
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Mon avis : Si vous n’êtes pas un(e) fondu(e) de BD classique, cette fameuse BD belge dont je vous entretiens un peu partout sur ce site, il y a peu de chance que vous connaissiez Chaminou et le Khrompire.
Et pourtant… Pour les vrais amateurs, cet album de Raymond Macherot, l’auteur de nombreuses séries un peu mièvres comme Chlorophylle ou Sybilline, est son chef-d’œuvre (son chat d’oeuvre ?), et un vrai masterpiece de la BD. Belge.
Comment les éditions Dupuis, en 1965, ont-elles pu dire banco ! à un projet aussi étrange que celui de ce dessinateur (et en l’occurrence, ici scénariste) moustachu, fan de petits animaux (la plupart de ses créations met en scène de petites bêtes plus ou moins sympathiques) ?
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Le pitch : Lors d’une excursion en mer, Lord et Lady Glenarvan trouvent dans le corps d’un requin une bouteille renfermant un message de détresse, envoyé par le capitaine Grant avant son naufrage.
Ils décident de partir à la recherche des survivants, accompagnés par les enfants du capitaine disparu et par un savant farfelu et fantasque. C’est le début d’un périple mouvementé aux confins du monde.
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Mon avis : Je ne vous ferai pas l’affront de vous expliquer que Les enfants du Capitaine Grant est un célèbre roman de Jules Verne, publié en 1868 chez Hetzel. Ah, si, je viens de le faire, désolé !
Non, sans blague : tout le monde a lu au moins une fois dans sa jeunesse un des livres les plus célèbres de ce bon vieux Jules, à l’imagination inextinguible.
Alexis Nesme s’est lancé dans une adaptation qui est une entreprise d’une folle envergure : plusieurs années de travail acharné, en solo, scénario et graphismes sous sa coupe et, à l’arrivée trois beaux albums que je vous propose aujourd’hui en intégrale .
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Beneath the trees – Patrick Horvath
Ankama – 160 pages – 19,95 €
Le pitch : Dans la paisible petite ville de Woodbrook, tout le monde se connaît. Mais connaît-on vraiment ses voisins ? Que font-ils quand ils pensent que personne ne les voit ?
C’est ce que va tenter de découvrir Samantha Strong, avant que le tueur qui sévit en ville ne mette en péril sa parfaite petite vie….

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Mon avis : Beneath the trees where nobody sees (Derrière les arbres, là où personne ne peut voir) : garder un titre original en anglais aussi long pour une édition française, voilà qui n’est pas courant. Mais il faut dire que dans ce one shot de 170 pages, il n’y a pas grand chose de courant.
En fait, le lecteur peut se laisser avoir en parcourant d’un oeil léger l’album en librairie, tant il ressemble, de prime abord, à un livre pour enfants.
Un livre dont les animaux sont des héros : un joli nounours comme gentil personnage principal, des traits ronds, des couleurs pastels douces et rassurantes…
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Les ailes du singe (Intégrale) – Etienne Willem
Editions Paquet – 148 pages – 29,00 €
Le pitch :Ancien pilote de l’escadrille Lafayette, Harry Faulkner va devoir sauver New York d’une énorme catastrophe. Et que la menace vienne du ciel n’effraie pas notre pilote virtuose, cascadeur aérien à ses heures.
Une folle journée, et nuit, qui va bouleverser la vie de notre héros.
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Mon avis : Je n’avais jamais en tendu parler jusque-là des aventures d’Harry Falkner, ce singe pilote virtuose pilotant son biplan dans l’Amérique des années 30.
Une Amérique alternative anthropomorphique où les animaux dirigent l’Hollywood du début du parlant et peuplent New-York alors qu’on érige l’Empire state building. Les méchants sont – vous vous en doutiez ! – des tigres, de taureaux et des tigres. Quant aux héroïnes féminines, ce sont comme nous l’imaginions des jolies pépées félines sacrément bien roulées !
On retrouve donc dans ces 140 planches toutes les conventions des BD anthropomorphiques, un genre qui fait florès depuis le succès monstrueux de Blacksad.
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De cape et de crocs (Tomes 1 & 2) – Alain Ayrolles & Jean-Luc Masbou
Delcourt – 69 pages – 25,00 €
Le pitch : À bord d’un vaisseau turc, un coffre. Dans le coffre, un écrin, dans l’écrin, une bouteille, dans la bouteille, une carte, et sur cette carte… l’emplacement du fabuleux trésor des îles Tangerines !
Il n’en faut pas plus à deux fiers gentilshommes, fins bretteurs et rimailleurs, pour se jeter dans une aventure qui, de geôles en galères, les mènera jusqu’aux confins du monde.
Mon avis : Une des séries anthropomorphique qui ont marqué l’histoire de la BD.
Au total, 12 tomes et près de 1 000 planches d’aventures pleines de rebondissements qui semblent avoir été écrite au XIX° siècle, en Dumas et Stevenson !
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