[Idées lecture] 15 livres qui parlent de Paris

Posté le 29 décembre 2018, par letournepage, dans Le coin cadeau

Paris minuit

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Lorsqu’il s’agit de désigner la plus belle ville du monde, les sondages à travers la planète désignent systématiquement, depuis des décennies… Paris !

On peut en discuter pendant des heures, évoquer la magie de Venise, l’urbanisme de New-York, l’histoire de Rome… cela ne remplacera jamais le fait que Paris est tout cela à la fois ; magique, historique, monument(ale) !

Pour en évoquer les charmes, présents ou passés, quoi de mieux  que le livre…

Récits historiques, dessins, essais, mais aussi (surtout) la photo : tous les moyens sont bons pour capter les sortilèges de la ville.

Suivez les pistes ouvertes par Le Tourne Page et foncez !

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#Paris : une ville à lire  !

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1.


Paris est une fête

Paris est une fête – Ernest Hemingway

Folio – 352 pages – 8.50 €

Le pitch : Au cours de l’été 1957, Hemingway commença à travailler sur les «Vignettes parisiennes», comme il appelait alors Paris est une fête. Il y travailla à Cuba et à Ketchum, et emporta même le manuscrit avec lui en Espagne pendant l’été 59, puis à Paris, à l’automne de cette même année.

Le livre, qui resta inachevé, fut publié de manière posthume en 1964. Pendant les trois années, ou presque, qui s’écoulent entre la mort de l’auteur et la première publication, le manuscrit subit d’importants amendements de la main des éditeurs. Se trouve aujourd’hui restitué et présenté pour la première fois le texte manuscrit original tel qu’il était au moment de la mort de l’écrivain en 1961.

Mon avis : Merci à Gallimard d’avoir présenté, cinquante après sa publication initiale, cette version revue et augmentée du recueil originalement appelé Vignettes parisiennes.

L’occasion de faire découvrir aux plus grand nombre le génie d’Hemingway, puisque la sortie en poche de l’ouvrage a rencontré un incroyable succès, plusieurs centaines de milliers d’exemplaires vendus.

Paris est une fête est un merveilleux titre, mais celui choisi par Hemingway est beaucoup plus fidèle à son intention première, lorsqu’il écrivit cette succession de nouvelles en très grande partie autobiographiques.

Des vignettes, donc – on parlerait aujourd’hui d’instantanés – comme autant de bribes de souvenirs du Paris des années 20 qui semblent remonter à la mémoire de l’auteur, trente ans après.

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2.


Visages du Paris 1900

Visages du Paris 1900 – 100 photos de légende

Parigramme – 144 pages – 9.90 €

Le pitch : L’Exposition universelle de 1900 ouvre ses portes dans un Paris au sommet de sa gloire, plus brillant et fastueux que jamais. En proie à une effervescence artistique et littéraire sans pareille, régnant sur la mode et les élégances, la capitale attire ainsi plus de cinquante millions de visiteurs avides d’en humer la légende.

Mais les frivolités de la Belle Époque ne s’étendent pas au Paris populaire dont les petits métiers tiennent encore le pavé.

Les plus grands photographes de l’époque Lartigue, Atget, Géniaux, les frères Séeberger et Neurdein, Puyo, Stieglitz donnent à voir cet âge d’or comme ses oubliés, la Ville Lumière et sa soeur de l’ombre.

Mon avis : Si la photo historique vous intéresse, et si de surcroît l’histoire de Paris et de ses habitants vous passionne, offrez-vous ce recueil au prix dérisoire !

Une fois de plus (voir par ailleurs Paris Mythique), l’éditeur Parigramme vous donne la possibilité d’accéder facilement aux plus belles photos historiques de Paris. Ces 100 photos formidables vous donneront l’impression d’avoir mis le pied dans une machine à remonter le temps.

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Visages du Paris 1900

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Vous pourrez contempler le Paris de l’exposition universelle, le Ménilmontant et le Moulin Rouge des origines.

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3.


Vernon Subutex (3 tomes) – Virginie Despentes

Le livre de poche –  1 262 pages – 23.70 € (coffret)

Le pitch : Vernon Subutex fut un des disquaires les plus célèbres de Paris dans les années 1980, mais, à la suite de la crise du disque, il doit fermer son magasin. Dès lors, il vit des aides sociales en évitant au maximum de sortir de chez lui, passant ses journées sur internet.

Un de ses amis, Alex Bleach, célèbre chanteur de rock, l’aide de temps en temps financièrement pour payer son loyer jusqu’à ce qu’il décède brutalement. Avant de mourir, le chanteur confie à Vernon un enregistrement sonore enregistré sous l’influence de la drogue à Vernon. Vernon sera activement recherché par plusieurs personnages pour cet enregistrement.

Vernon se retrouve sans aucune source de revenu et se fait expulser de son appartement. Il décide alors de solliciter l’aide de ses anciens amis qu’il n’a pour la plupart pas vu depuis plusieurs années, prétextant n’être à Paris que « de passage » et d’avoir construit sa vie au Canada.

Mon avis : Virginie Despentes, c’est la rebelle de la littérature française, l’auteur de romans aussi sulfureux que Baise moiTeen SpiritKing Kong théorie. Celle qui n’est pas clean, entre son passé sulfureux touchant au porno, au rock, à l’identité sexuelle et aux drogues, celle qui affiche sa différence avec un sens de la provoc’ qui, je l’avoue, ne manque pas de panache.

Avec Vernon Subutex, elle s’est lancée dans un projet extrêmement ambitieux, un roman que je croyais en deux tomes, mais qui en fera finalement trois.

Un pari difficile à tenir : mettre en scène la nébuleuse d’une série de destins, sur la scène parisienne (Paris joue un rôle essentiel dans le déroulement du roman), gravitant autour d’un personnage principal a priori peu charismatique, le fameux Vernon Subutex.

Subutex ? Un patronyme qui n’est pas là par hasard, bien entendu, puisqu’il s’agit du fameux médicament destiné au sevrage des drogues dures.

Je me suis lancé dans la lecture de ce roman avec beaucoup de curiosité, attiré par son impressionnant succès, tant critique que commercial. Et je ne l’ai pas regretté, car il s’agit d’une des plus belles réussites du roman français de ces dernières années

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4.


Paris Minuit

Paris Minuit 

Editions Parigramme – 227 pages – 79 €

Le pitch : Grand motif littéraire et cinématographique, Paris la nuit est aussi un thème de prédilection des maîtres de la photographie (Brassaï, Ronis, Doisneau, Bovis, Savitry, René-Jacques, Colomb, Kazan, Atwood, Almasy, Kertesz, Weiss…) Cette anthologie luxueuse leur rend hommage en voulant montrer combien la nuit éclaire ce qu’on ne voit pas le jour. Et la photographie lui donne des yeux ouverts, allume ses différents visages.

C’est d’abord une question d’éclairage, qui prend tout son sens dans la Ville lumière, au gaz d’abord puis à l’électricité, créant un Paris du reflet. La double vue des photographes s’en saisit pour sculpter architectures et perspectives. Cafés, bals, bordels, petits métiers, obscures rencontres, errances… on se laisse envahir par la nuit autant qu’on la traverse en ses différents quartiers, géographie mouvante – Montmartre, Montparnasse, Saint-Germain-des-Prés, le Quartier latin, Pigalle, les Halles…

 » Nous tournons dans la nuit et sommes consumés par le feu « , proclament les situationnistes. On s’amuse, on travaille, on s’égare, on s’étourdit, on désespère, on s’enflamme… Manifestations, prennent la rue et montent à l’assaut de l’histoire en même temps qu’elles s’impriment sur les plaques de verre et les pellicules. Dans la nuit des photographes, Paris s’éveille, Paris se révèle.

Mon avis : Quand on est un véritable amateur de photos, doublé d’un amoureux de Paris, tomber un jour sur un ouvrage comme Paris Minuit relève du coup de foudre.

Dès le premier coup d’œil, l’objet ne peut que vous surprendre et vous étonner.

Imaginez un parallélépipède rectangle de très grandes dimensions (27*36 cm pour plus de 3 cm d’épaisseur !), entièrement de noir vêtu.

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Paris minuit

La rotonde à Montparnasse (1939)

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Un album en habit de nuit toilé, noir au dessus, noir en dessous, sur le dos, mais aussi sur les tranchse, sans compter les pages de garde et… toutes les pages, en fait !

Car lorsque vous vous emparez de l’objet, surpris par son poids (4 kilos à vue de nez) et sa densité, lorsque vous le feuilletez, vous plongez dans la nuit de Paris.

Vous voilà partis pour une virée nocturne dans le Paris nocturne, racontée en photos admirables par les plus grands photographes de l’histoire.

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Paris minuit

Le trocadéro illuminé durant l’exposition universelle de 1900

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Au hasard : Doisneau, Brassaï, Ronis, Rouchon, mais aussi beaucoup d’anonymes. Une seule constante les réunie : l’amour de Paris, versant nocturne.

Vous l’avez compris, Paris Minuit est un album concept, réalisé par quelques fous de chez Parigramme, l’éditeur référence de l’histoire de la capitale.

Album noir, pages noires, et près de trois cents photos admirables, admirablement tirées : les contrastes sont parmi les plus beaux que j’ai eu l’occasion d’observer dans un livre consacré à la photo.

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5.


Un peu de Paris et d'ailleurs

Un peu de Paris et d’ailleurs – Sempé

Denoël – 290 pages – 35 €

Le pitch : En soixante ans, Jean-Jacques Sempé, artisan infatigable et acharné, a produit des milliers de dessins.

Ce catalogue, qui ne saurait évidemment prétendre à rendre compte de la richesse d’un parcours artistique singulier, vise seulement à proposer un regard complice sur une oeuvre unique.

Les dessins d’humour ici rassemblés, réalisés entre 1955 et 2011, ont été publiés d’abord dans les journaux français ou étrangers, puis une quarantaine d’albums traduits dans le monde entier.

Mon avis : Ce magnifique livre, un travail d’édition et d’impression (les couleurs) formidable sur 300 pages grand format (28*23), a été réalisé pour constituer le catalogue de l’exposition que la Ville de Paris a consacrée à ce grand auteur en 2011.

De catalogue, il n’en a que le titre, et la volonté de jeter un œil sur toute la carrière de Sempé.

Un peu de Paris et d'ailleurs

Avec beaucoup d’habileté, l’ouvrage se pose, çà et là, à divers moments de soixante ans de carrière avec, bien évidemment, de très nombreuses reproductions des dessins du maître.

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Un peu de Paris et d'ailleurs

Beaucoup de noir et blanc, mais aussi une soixante de planches en couleurs (essentiellement des aquarelles) d’une qualité de reproduction absolument extraordinaire.

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6.


Métronome illustré – Lorànt Deutsch

Michel Lafon – 239 pages – 25.50 €

Le pitch : « Pour présenter mon livre Métronome, j ai arpenté la France du nord au sud, à la rencontre de mes lecteurs. Certains m ont demandé des précisions pour retrouver telle tour oubliée, tel morceau caché de la muraille de Philippe Auguste ou cette première cathédrale parisienne cachée sous un parking.

Je me devais de leur donner à voir les traces de cette aventure de Paris, les restes des vingt et un siècles qui ont fait notre pays.

Avec ce Métronome illustré, mon objectif est de vous permettre de découvrir facilement ce qui subsiste d un passé que nous croyons, parfois à tort, enfoui à jamais.

Car lorsque les hommes ont oublié, les pierres, elles, se souviennent… » Lorànt Deutsch

Mon avis : Énorme, gigantesque succès de librairie de ces dernières années – plus d’un million d’exemplaires vendus !-, le Métronome (1 et 2) a surpris tout le monde, y compris je pense son auteur, un excellent acteur qui a vu son existence changer du jour au lendemain !

Raconter Paris et son histoire en partant de son réseau de communication – le métro dans le volume 1, les rues dans le volume 2 – était une excellente idée et Lorànt Deutsch le fait avec la verve, la  culture et le sens de la pédagogie qu’on lui connait.

Avec cette version illustrée, le Métronome prend une autre dimension. L’iconographie est remarquable : de très nombreuses photos, des plans, ainsi que toutes sortes de documents d’époque. De quoi passionner tous les amoureux de Paris !

7.


Paris RonisParis Ronis

Flammarion – 128 pages – 9.90 €

Le pitch :  » Je ne crois pas du tout qu’une fée spécialement attachée à ma personne ait, tout au long de ma vie, semé des petits miracles sur mon chemin. Je pense plutôt qu’il en éclot tout le temps et partout, mais nous oublions de regarder. Quel bonheur d’avoir eu si souvent les yeux dirigés du bon côté ! » Willy Ronis

« La Ville Lumière vue sous le fabuleux regard de Willy Ronis ! » Baza’rt
« Des instants du quotidien, capturés sur le vif, qui racontent toute une époque, celles des années 50-60, où l’insouciance et la simplicité règnent. » Vogue

Mon avis : Alors que la ville lumière vient de célébrer un de ses plus fervents admirateurs (l’Exposition Willy Ronis par Willy Ronis s’est tenue du 27 avril 2018 au 2 janvier 2019 au Pavillon Carré de Baudouin, à Paris., avec 200 photographies, prises entre 1926 et 2002, tirées de ses albums restés jusque-là inédits), Flammarion édite un album définitif sur la relation entre le célèbre photographe (mort en 2009) et la capitale française.

L’album regroupe (comme son nom l’indique !) les meilleures photos de Ronis prises dans Paris, une édition à prix ridicule(ment bas) qu’il serait criminel de ne pas acquérir, pour peu qu’on s’intéresse à un des grands poètes photographes français de la deuxième partie du XX° siècle. A placer entre un recueil sur Doisneau et un volume sur Brassaï.

8.


 

Une anglaise à Paris

Une anglaise à Paris – Nancy Mitford

Payot – 152 pages – 6.60 €

Le pitch : « Je sais désormais que je ne pourrais plus supporter de vivre ailleurs qu’à Paris », écrivait juste après la guerre à son ami Evelyn Waugh l’aînée des excentriques soeurs Mitford.

Si ses oeuvres sont mondialement célèbres, beaucoup de ses lecteurs ignorent que Nancy vécut dans la capitale française de 1948 à 1966, puis à Versailles jusqu’à sa mort. Elle publia régulièrement dans divers journaux anglais des chroniques sur la vie parisienne et les Français en général, distillant au fil de la plume autant de causticité que de tendresse – le tout épicé par le gène Mitford, c’est-à-dire l’humour.

A sa francophilie naturelle s’ajoutaient ses sentiments contrariés pour le gaulliste Gaston Palewski. Beaucoup des thèmes évoqués dans ce recueil d’inédits sont d’une étonnante proximité, et le livre s’achève sur un journal de mai 1968 qu’on dirait tenu par une ethnologue britannique en pleine jungle.

Mon avis : Nancy Mitford était un personnage incroyable.

Issue d’une famille de dingues complètement secoués par la politique (je vous raconterai un jour, si vous le souhaitez, le destin tout à fait extraordinaire des six sœurs Mosley, qui se confond avec les grands soubresauts du XX° siècle), gâtée par les titres et l’argent, accablée depuis son plus jeune âge par l’atavisme snobinard et élitiste de sa famille, elle a réussi à survivre à tout cela pour mener une carrière littéraire exceptionnelle.

Tout ceci grâce à une intelligence et un humour hors du commun.

En dehors de ses grands romans à succès (A la poursuite de l’amourL’amour dans un climat froid), elle n’a pas arrêtée, sa vie durant, d’écrire des articles de journaux, des lettres, des notes personnelles.

On retrouve une petite partie de ces documents dans cet ouvrage de l’excellente Petite bibliothèque Payot, qui n’a pas son pareil pour exhumer des textes et des documents un peu « à côté » de la littérature (notamment) britannique.

Une anglaise à Paris est un court recueil (150 pages aérées) divisé en cinq parties reprenant différents textes écrits alors qu’elle vivait à Paris (d’où le titre,comme vous l’aviez deviné, hé ! hé !), de la seconde guerre mondiale jusqu’à sa mort, à Versailles.

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9.


Paris mythique

Paris mythique – 100 photos de légende

Editions Parigramme – 141 pages – 9.90 €

Le pitch : En 100 photos de légende, c’est à une promenade poétique à travers le Paris de toujours que ce livre séduisant invite :

les garnements de Robert Doisneau, les bas-fonds de Brassaï, le passant bondissant d Henri Cartier-Bresson, les amoureux de Willy Ronis, le peintre de la tour Eiffel de Marc Riboud, l’homme armé d’Eugène Atget, le Luxembourg enneigé d’Édouard Boubat…

le premier Parisien de Louis Daguerre, les pavés mouillés d’André Kertész, les filles de la mode de Franck Horvath et de William Klein, le château tremblant de Man Ray…

Autant de chefs-d’oeuvre qui fixent avec style et poésie les représentations d’un Paris éternel.

Mon avis : Les Éditions Parigramme se sont spécialisées dans la publication d’ouvrages pas chers (du tout !) permettant au grand public (c’est moi, c’est vous !) d’accéder à des clichés historiques de Paris que l’on ne trouve d’habitude que difficilement, et en général dans des « beaux livres » très chers.

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Paris mythique

Maurice Louis Branger – Terrasse de café (1925)

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Après Visages du Paris 1900 (chroniqué par ailleurs sur ce site), voici Paris mythique.

L’ouvrage recense, de manière particulièrement pertinente, une centaine de photos prises, non pas par des anonymes, mais par des figures de l’art de la photo.

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Paris mythique

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Vous y trouverez donc les chefs-d’oeuvre du panthéon de la photographie française (vous pouvez découvrir la liste des artistes essentiels dans le pitch).

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10.


Pot-Bouille – Emile Zola

Le livre de poche – 510 pages – 6.50 €

Le pitch : Pot-Bouille appartient aux Rougon-Macquart, grande fresque romanesque et sociale d’Émile Zola. Octave Mouret, le jeune héros, arrive à Paris, où il compte faire fortune. Il emménage rue de Choiseul, dans un bel immeuble bourgeois. Il trouve du travail dans une boutique de mode.

Témoin des multiples intrigues que la maison cache, Octave entend bien, lui aussi, profiter de la beauté de ces parisiennes et réussir grâce à ses liaisons. Il essaie, successivement, avec plus ou moins de succès, de séduire différentes femmes de la maison, en même temps que la patronne de la boutique.

À travers ses yeux, se découvre l’hypocrisie de la bourgeoisie. L’immeuble est comme « la marmite où mijotent les pourritures de la famille et les relâchements de la morale ». Une dot promise et non payée, un détournement d’héritage, des adultères, rien n’est épargné au regard naïf puis désabusé d’Octave, qui y perdra ses illusions.

Mon avis : Pot-Bouille est un des chefs-d’oeuvre du cycle des Rougon-Macquart, mais c’est aussi sans doute le plus méconnu et peut-être le plus mésestimé.

La faute à Voltaire ? Non, mais bien la faute à Zola !

Car il faut bien dire que le titre, un mot désuet à la consonance peu agréable, invite peu le lecteur candidat à tirer le volume d’une étagère de bibliothèque. Et pourtant !

Logé chronologiquement au cœur du cycle, Pot-Bouille forme un diptyque avec Au bonheur des dames, dont il partage le personnage central, l’entreprenant Octave Mouret.

Entreprenant dans tous les sens du terme, car il bataille ferme, tant sur le front de la conquête féminine que sur celui de l’entreprise commerciale.

Pot-Bouille est « mon » Zola préféré, non parce qu’il est le plus accompli de par son contenu, mais parce qu’il est le plus amusant.

Quel bonheur (des dames, Ha ! Ha !) que de voir le grand auteur naturaliste se prendre pour une fois un peu moins au sérieux et se laisser aller par moment au vaudeville !

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11.


Paris Années folles

Paris années folles – 100 photos de légende

Editions Parigramme – 126 pages – 9.90 €

Le pitch : La parenthèse euphorique des Années folles s’ouvre en 1919 alors que les canons de la Grande Guerre ont à peine cessé de tonner ; elle se ferme dans le fracas du krach boursier de 1929.

Dans cet intervalle, Paris s enflamme et les déferlantes du jazz et du charleston bousculent tout sur leur passage. On rit chez Maxim’s, à La Rotonde, à La Coupole, au Bœuf sur le toit… Joséphine Baker triomphe seins nus dans la « Revue Nègre » tandis qu’à peine plus habillés les corps s agitent au Jockey ou au Magic City, s’ exposent au soleil en bord de Seine. Sur les quais, les automobiles remplacent les chevaux.

Les plus grands photographes de l’époque – Lartigue, Kertész, Branger, Boyer, Savitry, Atget, Harlingue – donnent à voir cette modernité à travers des clichés saisissants de vie.

Mon avis : En matière d’édition, prix élevé n’est pas forcement synonyme de qualité,et réciproquement (si vous voyez ce que je veux dire…)

Paris Années folles est l’illustration parfaite de ce paradoxe : si la photo historique vous intéresse, et si de surcroît l’histoire de Paris et de ses habitants vous passionne, offrez-vous ce recueil au prix dérisoire (9.90 €) !

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Une fois de plus, l’éditeur Parigramme vous donne la possibilité d’accéder facilement aux plus belles photos historiques de Paris.

Ces 100 photos formidables vous donneront l’impression d’avoir mis le pied dans une machine à remonter le temps.

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Le lieutenant Collot passe sous la Tour Eiffel (1926)

Il se crashe et se tue quelques instants plus tard

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Dans ce bel ouvrage au papier épais et à la mise en page soignée (franchement, à ce prix là, je ne sais pas comment s’en sort l’éditeur !), vous allez plonger dans le Paris des années 20, les années de l’insouciance, entre deux crises terribles (la première guerre mondiale et la crise de 29).

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12.


Kiki de Montparnasse

Kiki de Montparnasse – Catel & Bocquet

Casterman BD – 413 pages – 24.95 €

Le pitch : Dans le Montparnasse de bohème et de génie des années 1920, Kiki réussit à s’extraire de la misère pour devenir l’une des figures les plus charismatiques de l’avant- garde de l’entre-deux-guerres.

Compagne de Man Ray auquel elle inspirera ses photos les plus mythiques, elle sera immortalisée par Kisling, Foujita, Per Krohg, Calder, Utrillo ou Léger.

Mais si Kiki est la muse d’une génération qui cherche à évacuer la gueule de bois de la Grande Guerre, elle est avant tout une des premières femmes émancipées de ce siècle. Au-delà de la liberté sexuelle et sentimentale qu’elle s’accorde, Kiki s’impose par une liberté de ton, de parole et de pensée qui ne relève d’aucune école autre que celle de la vie…

Mon avis : Kiki de Montparnasse, c’est le premier volet de la trilogie biographique de Catel Muler (dîtes Catel) et José-Louis Bocquet.

Parue en 2007, cette bio graphique rencontrera un tel succès (commercial et estime), qu’elle sera suivie en 2012 par celle d’Olympes de Gouge, puis en 2016, de celle consacrée à Joséphine Baker.

A chaque fois, plus de 400 pages illustrée par une femme pour raconter, en prenant son temps, la vie d’une figure du féminisme. Kiki, comme l’explique très bien le pitch, fut une figure du Montparnasse de la grande époque (que vous pourrez découvrir en détails, par exemple, dans l’essai de Dan Franck Bohèmes).

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Ce qui est fascinant, avec Kiki, c’est de voir comment une petite provinciale, douée d’aucun talent particulier, d’une beauté somme toute assez commune (les traits de son visage ne sont pas d’une grande finesse, elle a un grand nez, et elle manque complètement de la plus élémentaire distinction) et d’une intelligence loin d’être exceptionnelle, parviendra à attirer en quelques années autant de grands talents, dont elle deviendra la muse.

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13.


Notre-Dame de Paris

Notre-Dame de Paris – Victor Hugo

Pocket – 704 pages – 4.50 €

Le pitch : En 1831, Victor Hugo réinvente le Moyen Âge et élève un monument littéraire aussi durable que l’oeuvre de pierre qui l’a inspiré. Sous la silhouette noire et colossale de la cathédrale fourmille le Paris en haillons des truands de la Cour des Miracles.

Image de grâce et de pureté surgie de ce cauchemar, la bohémienne Esméralda danse pour le capitaine Phoebus et ensorcelle le tendre et difforme Quasimodo, sonneur de cloches de son état. Pour elle, consumé d’amour, l’archidiacre magicien Claude Frollo court à la damnation.

Mon avis : Il faut lire Notre-Dame de Paris.

Attention ! Je ne vous parle pas de la vague idée que vous pouvez avoir dans la tête, à partir du visionnage du Bossu de Notre-Dame ! Car si le dessin animé de Walt Disney ne manque pas de charme et s’il reprends très, très grossièrement l’intrigue du récit de Victor Hugo, le bouquin a tout de même une autre dimension…

C’est un livre qui se mérite, comme disait ma grand-tante par alliance.

Mais dont la lecture vous marquera pour la vie.

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14.


Poulbots

Poulbots – Patrick Prugne

Editions Margot – 72 pages – 16.90 €

Le pitch : « Tu voulais être peintre comme tout le monde et tu es devenu dessinateur comme personne.

La rue t’appartient, Poulbot. Continue d’être le porte-parole de ces pauvres gosses. »

Avec Poulbots, l’auteur change d’ univers et met en scène le quotidien d’une bande de gamins sur fond de vieux Paris, avec ses personnages et ses lieux emblématiques dans le Montmartre de l’avant-guerre.

Mon avis :  Il y a une demi-douzaine d’années, Patrick Prugne a décidé d’illustrer ses bandes dessinées à l’aquarelle et, depuis,une troupe de fidèles suit chacune de ses créations avec vénération.

Canoe bayFrenchmanPawneeIroquois récemment, autant d’albums qui constituent, en eux-mêmes, de véritables galeries de tableaux d’une beauté étourdissante.

Patrick Prugne est, à l’heure actuelle, le meilleur dans son domaine, il faut le dire !

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C’est avec curiosité que je me suis penché sur cet album, Poulbots, une sorte de parenthèse dans la carrière « américaine » de Prugne (il a d’ailleurs changé d’éditeur pour l’occasion).

Reprenant la même recette (le terme n’a rien de péjoratif), l’auteur déploie sur 50 planches (l’histoire est beaucoup plus courte que d’habitude) ses qualités de graphiste et de peintre dans un cadre très différent, le Paris du tout début du XX° siècle.

Poulbots, tout le monde sait que ce terme désignent les gamins des rues de la butte Montmartre.

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15.


Archives de Paris

Archives de Paris

Editions Michèle Trinckvel – 262 pages – 15 €

Le pitch : Des écrivains, journalistes, chroniqueurs et photographes nous racontent la capitale au siècle dernier.

Mon avis : Archives de Paris fait partie d’une collection publiée aux éditions Michèle Trinckvel, dans les années 1980/1990, reprenant, par région (il y a des Archives de… Bourgogne, Bretagne, Gascogne, Normandie, Val de Loire, Alsace, Auvergne, du Nord) l’histoire de la région depuis l’invention de la photographie.

Pour tous les amateurs de l’histoire de Paris et de la photo , cet ouvrage fait partie de la dizaine de livres qu’il faut posséder pour s’immerger dans le Paris d’autrefois.

Après une préface d’Armand Lanoux, les auteurs partent à la conquête des souvenirs de la capitale en abordant le sujet par le biais de sept thèmes (la rue, l’eau, l’usine, la misère, le luxe, la fête, la campagne), chaque thème étant lui-même étudié par sous-thèmes qui forment à chaque fois un chapitre du livre.

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Archives de Paris

Bal chez les Rotschild

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Chaque chapitre est composé d’un texte, souvent très développé, tiré d’un livre se rapportant au sous-thème (des exemples tirés du thème « La fête » ? « La vie secrète des catacombes« , « Les petites femmes de Paris« , « Les trois jours de Carnaval »), illustré par de très nombreuses photos, la plupart en pleine page.

Les textes sont intéressants, pour la plupart, mais vous l’avez compris, ce sont pour les photos qu’il faut se précipiter sur cet essai presque épuisé que l’on ne trouve, malheureusement, qu’en se donnant la peine de fouiner un peu.

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Archives de Paris

La Seine prise par les glaces

 

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