[Idées lecture] Les meilleurs romans fantastique et d’horreur

Posté le 8 mai 2019, par letournepage, dans Le coin cadeau

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La littérature fantastique n’a pas toujours existé.

C’est avec le début de la révolution industrielle, au carrefour du 18° et du 19° siècle, que les premiers romans sont apparus.

Ce mouvement soudain, que certain ont qualifié de gothique, est dû au double choc du développement incroyable des connaissances scientifiques et du tsunami du romantisme.

D’un seul coup, l’homme s’est retrouvé plongé, entraîné dans le maelström des grandes découvertes scientifiques, tout en étant secoué psychologiquement par la puissance émotionnelle des grandes passions amoureuses…

Le résultat : un nouveau genre, qui n’a, depuis jamais cessé de prospérer. Deux siècles d’histoires incroyables, de chocs émotionnels, et une série de chefs-d’oeuvre qui ont marqué la littérature.

Voici, choisie pour vous – classée par ordre chronologique, du plus récent au plus ancien – une sélection tout à fait subjective de grands romans fantastiques qui ont marqué mon existence de grand lecteur.

Attention : ici, pas de SF, et encore moins de Fantasy !

La SF, c’est la projection dans le futur; la Fantasy, c’est la projection dans un autre monde.

Alors que le Fantastique, c’est tout simplement l’irruption de l’irrationnel, de l’inconnu, de l’inexplicable dans NOTRE monde.

Parfois, c’est merveilleux, enchanteur… mais la plupart du temps, c’est tout simplement terrifiant : l’Horreur, qui est sans conteste un département entier de la littérature fantastique !

Du merveilleux, de l’horreur : mmmh… quel cocktail appétissant, à s’en lécher les babines !

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Fantastique et horreur : les vibrations de notre monde

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Au service surnaturel de Sa Majesté

Au service surnaturel de Sa Majesté – Daniel O’Malley (2014)

Pocket – 672 pages – 8.60 €

Le pitch : Victime d’une agression, Myfanwy Thomas reprend conscience dans un parc de Londres. Autour d’elle, des hommes en costume portant des gants de latex. Tous morts. Et Myfanwy ne se souvient plus de rien.

Étrange : elle semble avoir prévu cette amnésie, car elle a sur elle une lettre écrite de sa main lui expliquant qui elle est et ce qu’elle doit faire pour découvrir qui veut l’éliminer. C’est ainsi qu’elle rejoint le siège de l’Échiquier, une organisation secrète chargée de combattre les forces surnaturelles qui menacent la Couronne.

Au sein de cette version paranormale du MI5 anglais où elle occupe un poste élevé, entourée de surdoués aux pouvoirs plus que spéciaux, la jeune femme va rapidement se retrouver seule, cherchant son chemin dans un univers d’ombres et de menaces

*

Mon avis : Vus avez lu le pitch ? Cette histoire, c’est n’importe quoi ? On est d’accord ! Et encore, vous n’avez rien vu ou plutôt rien lu !

Préparez-vous à plonger dans l’histoire la plus abracadabrante écrite ces dernières années.

Comment vous situer cela ? Peut-être en disant que c’est un mélange entre un épisode de James Bond, écrit de la main gauche par Neil Gaiman et de la main droite par Terry Pratchett….

Il y a plus d’idées dans cet épais roman (650 pages en version brochée) que l’oeuvre intégrale de…. non, je ne citerais pas de nom, j’ai déjà assez d’ennemis comme cela !

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L’étrange vie de Nobody Owens

L’étrange vie de Nobody Owens – Neil Gaiman (2009)

J’ai lu – 256 pages – 6.90 €

Le pitch : Nobody Owens est un petit garçon parfaitement normal. Ou plutôt, il serait parfaitement normal s’il n’avait pas grandi dans un cimetière, élevé par un couple de fantômes, protégé par Silas, un être étrange ni vivant ni mort, et ami intime d’une sorcière brulée vive autrefois.

Mais quelqu’un va attirer Nobody au-delà de l’enceinte protectrice du cimetière : le meurtrier qui cherche à l’éliminer depuis qu’il est bébé.  Si tu savais, Nobody, comme le monde des vivants est dangereux…

*

Mon avis : Je n’ai pas classé ce roman, un des sommets de l’oeuvre de Neil Gaiman, parmi la littérature Jeunesse, car il est véritablement destiné à tous.

C’est une des qualités de cet auteur majeur de la littérature fantaisy/fantastique : cette capacité à revisiter les thèmes de ce genre un peu marginalisé, réservé aux « amateurs », en leur apportant une fraîcheur nouvelle, tout en les rendant accessibles, grâce à la qualité de son style, au plus grand nombre.

Ce récit fantastique est merveilleux. Grâce à une écriture d’une finesse étonnante, un sens de l’image formidable, Gaiman vous emmène dans la brume, au milieu de ce cimetière où l’étrange et l’horreur ne sont que des éléments récurrents du quotidien. Après la mort, qu’y a-t-il ?

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Terreur

Terreur – Dan Simmons ( 2007)

Pocket – 1 056 pages – 11.50 €

Le pitch : 1845, Vétéran de l’exploration polaire, Sir John Franklin se déclare certain de percer le mystère du passage du Nord-Ouest. Mais l’équipée, mal préparée, tourne court , le Grand Nord referme ses glaces sur Erebus et Terror, les deux navires de la Marine royale anglaise commandés par Sir John.

Tenaillés par le froid et la faim, les cent vingt-neuf hommes de l’expédition se retrouvent pris au piège des ténèbres arctiques. L’équipage est, en outre, en butte aux assauts d’une sorte d’ours polaire à l’aspect prodigieux, qui transforme la vie à bord en cauchemar éveillé.

Quel lien unit cette chose des glaces à Lady Silence, jeune Inuit à la langue coupée et passagère clandestine du Terror ? Serait-il possible que l’étrange créature ait une influence sur les épouvantables conditions climatiques rencontrées par l’expédition ?

Le capitaine Crozier, promu commandant en chef dans des circonstances tragiques, parviendra-t-il à réprimer la mutinerie qui couve ?

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Mon avis : Dans l’univers Dan Simmons, il y a des sommets splendides (L’échiquier du malHypérion), et des abîmes sans fond (Flashback). Avec Terreur, on se retrouve clairement en altitude, pas loin d’un géant comme Ilium.

Même si ce roman n’a rien à voir avec de la Science Fiction, et si je l’ai classé dans la catégorie Fantastique, c’est uniquement pour ne pas vous tromper sur la marchandise : il y a bien un élément fantastique, très présent, dans ce très, très épais ouvrage (plus de 700 pages en version brochée, plus de 1 000 pages en poche !), mais ce n’est pas l’essentiel du propos, loin de là.

En fait, Dan Simmons embarque ses lecteurs pour une expédition dans l’extrême Grand Nord, en plein milieu du XIX° siècle, au moment des voyages d’exploration vers les pôles.

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World war Z

World war Z – Max Brooks (2006)

Le livre de poche – 544 pages – 8.90 €

Le pitch : La guerre des Zombies a eu lieu, et elle a failli éradiquer l’ensemble de l’humanité.

L’auteur, en mission pour l’ONU – ou ce qu’il en reste – et poussé par l’urgence de préserver les témoignages directs des survivants de ces années apocalyptiques, a voyagé dans le monde entier pour les rencontrer, des cités en ruine qui jadis abritaient des millions d’âmes jusqu’aux coins les plus inhospitaliers de la planète.

Il a recueilli les paroles d’hommes, de femmes, parfois d’enfants, ayant dû faire face à l’horreur ultime. Jamais auparavant nous n’avions eu accès à un document de première main aussi saisissant sur la réalité de l’existence de la survivance humaine au cours de ces années maudites.

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Mon avis : Une fois de plus, nous voilà confronté au problème d’une adaptation cinématographique qui cannibalise (en l’espèce, c’est vraiment le cas de le dire !) complètement la notoriété d’un excellent livre, au point que la plupart des gens ignore même que le livre a existé.

Avec Worl War Z, que vous ayez aimé, ou détesté le film, même conseil : oubliez-le aussi vite ! Car à part quelques scènes évoquées, de-ci de-là, il n’a rien à voir avec le roman.

Roman ? Le terme paraît peu approprié puisque Max Brooks (oui ! Le fils de Mel ! Incroyable, non, c’est comme si le fils de Groucho – Marx, également ! – se lançait dans une série sur les vampires ?!) est construit comme un travail documentaire qui, sur le principe, pourrait être écrit par un historien ou un journaliste

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la maison des feuilles

La maison des feuilles Mark Z. Danielewski (2000)

Denoël – 750 pages – 32 €

Le pitch : Johnny a trouvé un mystérieux manuscrit à la mort d’un vieil homme aveugle. Il décide de le mettre en forme et de l’annoter de façon très personnelle.

Le texte se présente comme un essai sur un film, le Navidson Record, réalisé par Will Navidson, un photoreporter, lauréat du prix Pulitzer. Will, qui vient d’emménager avec sa famille dans une maison en Virginie, filme son installation, réalisant une sorte de «home movie». Tout s’annonce bien jusqu’à ce qu’il découvre une pièce qui n’existait pas.

Passé l’étonnement, il se rend à une évidence troublante : la maison est plus grande à l’intérieur qu’à l’extérieur. Navidson tente d’explorer les lieux mais, après avoir manqué se perdre, il engage des explorateurs professionnels. L’horreur commence alors. Aussi bien pour les membres de l’expédition que pour le lecteur – lui-même égaré dans le dédale des notes qui envahissent les pages comme un lierre maléfique.

Que cache la maison ? Quel est ce grondement qu’elle émet de temps en temps ? Pourquoi Johnny a-t-il ces cicatrices ? Pourquoi le manuscrit de Zampanó semble-t-il le rendre fou ?

À la fois jeu de piste, récit fantastique, dérive personnelle, essai faussement académique, La Maison des feuilles a pour effet de changer progressivement le lecteur en apprenti sorcier, monteur de salle obscure, détective amateur, spectateur. Une lecture littéralement habitée.

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Mon avis : Le livre des feuilles est un OVNI littéraire publié pour la première fois en France par Denoël  en 2002.

Rapidement épuisé, il est réédité en 2013 dans son format d’origine par la même maison d’édition (dont il faut saluer l’extraordinaire travail de traduction et de composition, avec le concours du Centre national du livre), puis en format poche en 2015 dans la collection Point signatures.

Autant vous le dire tout de suite : inutile d’acheter ce roman unique en petit format, cela serait comme s’offrir Le déjeuner sur l’herbe de Monet, mais en photocopie et en noir et blanc : impossible de rendre justice à ce livre improbable, si ce n’est dans son format originel !

Et 32 €, pour un tel ouvrage, 750 pages d’un format exceptionnel (23.5*17.5 cm) imprimé sur un extraordinaire papier à la fois lourd et très fin, dans une dimension, ce n’est absolument pas exagéré.

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Enchantement

Enchantement – Orson Scott Card (1999)

Points – 580 pages – 4.90 €

Le pitch : 1975. La famille du jeune Ivan, dix ans, s’apprête à quitter l’URSS pour échapper aux persécutions antisémites.

En attendant le visa, la famille se réfugie à la campagne. Le paradis pour Ivan qui explore la forêt… et y découvre une princesse endormie. Mais un monstre le fait fuir. Le temps passe…

1991. Ivan prépare son doctorat. Son sujet : les contes de fées. La chute de l’URSS permet au jeune homme devenu américain de revenir à Kiev travailler sur les archives. Mais Ivan retrouve la clairière de son enfance… Peu avant l’an 1000.

Dans un univers parallèle, la sorcière Baba Yaga et son mari l’Ours préparent de mauvais coups. L’une de leurs victimes, la princesse Katerina, est endormie aux limites de ce monde alternatif et du nôtre. Le baiser d’Ivan la réveille…

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Mon avisOrson Scott Card est un formidable auteur, connu dans le monde entier pour son best-seller absolu (et mérité) La stratégie Ender. Mais il a dispersé son talent, beaucoup trop écrit, et surtout pour d’innombrables déclinaisons autour d’Ender d’un intérêt discutable.

Alors, quand je suis tombé sur ce récit, un peu tard (le roman date de 1999) je me suis réjoui de retrouver le Card des débuts, l’auteur fabuleux des Maîtres chanteurs, d’Espoir-du-cerf, ou de la saga d’Alvin le faiseur. Un auteur capable d’élever son imagination vers des terres magiques, inconnues, poétiques…

Enchantement est un… enchantement, ça y est je l’ai fait, un parfait mélange entre notre monde réel et un univers que l’on qualifierait un peu rapidement de conte de fées. Ce gros roman (580 pages en édition poche) est bourré jusqu’à la gueule d’idées, de péripéties, d’humour, de personnages étonnants.

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Stardust

Stardust – Neil Gaiman (1997)

J’ai lu – 220 pages – 5.80 €

Le pitch : D’un côté, il y a Wall, paisible village niché au sein d’une calme forêt anglaise. De l’autre, le Pays des Fées, univers d’enchantements, de sorcières, de licornes et de princes sanguinaires. Entre les deux, il y a le Mur, l’infranchissable et épaisse muraille qui ceint le hameau et le sépare de Féerie.

Infranchissable ? Pas tout à fait, puisque tous les neuf ans s’ouvre la Foire des Fées qui, durant un jour et une nuit, permet aux deux mondes de se rencontrer. Dans certaines circonstances, cependant, attendre si longtemps pour pénétrer en Féerie est impossible.

Car quand on s’appelle Tristan Thorn et que l’on a promis à sa belle l’étoile filante tombée du firmament de l’autre côté du Mur, aucun obstacle ne saurait s’élever contre l’amour…

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Mon avis : Comme je l’ai dit par ailleurs, Neil Gaiman est un auteur génial, un des maîtres actuels du fantastique/fantaisy (NeverwhereL’étrange vie de  Nobody Owens), mais à qui il arrive parfois – vu sa production assez considérable (il est aussi scénariste de BD) – de mettre de côté son génie et de retomber sur Terre avec une oeuvre moins réussie.

Mais ici, rassurez-vous, Gaiman plane haut dans l’azur, parmi les étoiles (vous avez vu la fine allusion au titre !), Stardust est une de ses plus grandes réussites.

Vous ne devez surtout pas rater ce petit chef-d’oeuvre car, j’en suis persuadé, vous n’avez pas lu de conte de fées possédant une telle dose de magie depuis votre enfance ! J’exagère, porté par mon enthousiasme ? Que nenni !

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Nuit d'été

Nuit d’été – Dan Simmons (1991)

Le livre de poche – 597 pages – 8.90 €

Le pitch : Les pensionnaires d’un internat de l’Illinois sont les témoins d’une série d’événements mystérieux et terrifiants : l’un d’entre eux disparaît, des bruits incompréhensibles se font entendre, un soldat de la Première Guerre mondiale réapparaît…

L’enquête menée par un petit groupe de collégiens va les mener vers les bâtiments gothiques d’une ancienne école abandonnée, Old Central.

Et c’est, au coeur de l’été, le plus insoutenable des face-à-face qui commence : celui qui met aux prises l’innocence avec la plus monstrueuse terreur qu’on puisse imaginer…

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Mon avis : Un des plus grands plaisirs de lecteur est de découvrir tardivement un roman d’un de ses auteurs de genre favoris, roman qui vous avait échappé jusqu’alors pour une raison inconnu.

C’est ce qui vient de m’arriver avec Nuit d’été, de Dan Simmons, un des meilleurs auteurs de SF et de fantastique du dernier quart de siècle.

La réussite est indiscutable, magistrale même, car l’auteur prend le temps de poser très, très longuement l’intrigue qui, si vous êtes un fan de Stephen King, va vous faire penser à quelque chose…

Une équipe de jeunes garçons qui côtoient des événements étranges, cela ne vous dit rien ? Bon sang, mais c’est bien sûr… Ça ! , le sommet du roi himself !

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Le mystère du lac

Le Mystère du lac – Robert R. McCammon (1991)

Le livre de poche – 768 pages – 8.50 €

Le pitch : Ce que le petit Cory a vu ce matin froid de printemps, au fin fond de l’Alabama, jamais il ne pourra l’oublier : une voiture folle, surgie de nulle part, s’enfonçant dans les profondeurs du lac, un inconnu attaché au volant par des menottes. il luttera de toutes ses forces d’enfant pour découvrir la vérité et conjurer les puissances démoniaques que le mystère du lac a libérées. une étrange prêtresse noire, centenaire, tentera de le guider…

À la lisière du fantastique et du merveilleux, dans le décor mythique du sud profond, Le Mystère du lac évoque, au long d’un périlleux parcours initiatique, les sortilèges d’un pays à jamais disparu : celui de l’enfance.

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Mon avis : Parfois, la découverte d’un auteur tient à pas grand chose. Une discussion, un titre évoqué à la radio ou à la télévision, un avis écrit sur un post-it…

Avec Robert McCammon, c’est le destin.

Un bouquin trouvé au fond d’une brocante. Improbable, tant les livres de l’auteur ont été soigneusement évités par l’édition française.

Incroyable : comment un auteur aussi encensé et connu aux Etats-Unis – quasiment l’équivalent de Stephen King dans la littérature fantastique – peut-il être aussi ignoré en France ?

Plus de vingt romans publiés aux US, et tout juste une demi-douzaine en France, la plupart étant épuisés depuis belle lurette ?!

Et pourtant… Le mystère du lac est un grand roman de pur divertissement, tel qu’on rêve d’en lire enfant, adolescent, adulte… à tous les âges de la vie.

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Amour monstre

Amour monstre – Katherine Dunn (1989)

Gallmeister – 494 pages – 11.80 €

Le pitch : La joyeuse famille Binewski est tout sauf banale. Ivres d’amour et nourrissant de grands projets pour leur spectacle itinérant, Al et Lil décident d’engendrer à coup d’amphétamines et de radiations la plus belle brochette de phénomènes de foire au monde. Et les résultats sont impressionnants ! Pour autant, cette famille d’enfants montres est habitée de passions bien humaines…

Un roman culte finaliste du National Book Award et best-seller aux Etats-Unis depuis vingt-cinq ans.

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Mon avisAmour monstre… quel meilleur titre Katherine Dunn aurait-elle pu trouver, il y a plus d’un quart de siècle, pour le roman auquel elle aura consacré une bonne partie de sa vie (elle est aujourd’hui décédée) ?

Difficile à imaginer, tant son roman parle d’amour, tout autant que de monstruosité !

« Entrez ! Entrez ! » pourrait rugir le bonimenteur que je suis pour vous inciter à entrer dans cette oeuvre monstre. « Venez découvrir l’indescriptible, l’innommable, l’inmontrable !  »

Et si, lecteur potentiel, fasciné par mon boniment et la quatrième de couverture, vous pénétrez sous le chapiteau de ce récit unique, exceptionnel, vous n’allez pas en sortir indemne !

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ça

Ça (2 tomes) – Stephen King (1986)

Le livre de poche – 1 436 pages – 17.50 €

Le pitch : Enfants, dans leur petite ville de Derry, Ben, Eddie, Richie et la petite bande du club des ratés, comme ils se désignaient, ont été confrontés à l’horreur absolue : ça, cette chose épouvantable, tapie dans les égouts et capable de déchiqueter vif un garçonnet de six ans…

Vingt-sept ans plus tard, l’appel de l’un d’entre eux les réunit sur les lieux de leur enfance. Car l’horreur, de nouveau, se déchaîne, comme si elle devait de façon cyclique et régulière frapper la petite cité.

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Mon avis : Les deux tomes du chef d‘oeuvre de Stephen King (ici, les deux tomes se justifient, car le roman est énorme, plus de 3 millions de signes !).

Il est assez curieux de voir que, chez tous les fans de King, une très large majorité d’entre eux se rejoignent pour considérer ce livre comme le sommet de sa carrière, alors que sa bibliographie ne manque pas de livres remarquables.

Une telle unanimité est un signe qui ne trompe pas : courrez lire Ça, vous ne vous en remettrez jamais ! Alors, pourquoi un chef-d’oeuvre ?

La raison la plus évidente semble être la capacité unique de Stephen King a faire ressentir à ses lecteurs les peurs primales et, parmi elles, les plus terrifiantes, celles de l’enfance.

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Replay

Replay – Ken Grimwood (1986)

Points – 432 pages – 8.00 €

Le pitch : En ce 18 octobre 1988, Jeff Winston se trouve dans son bureau new-yorkais, et écoute sa femme lui répéter au téléphone : « Il nous faut, il nous faut… »

Il leur faudrait, bien sûr, un enfant, une maison plus confortable. Mais surtout parler. A cœur ouvert. Sur ce, Jeff meurt d’une crise cardiaque.

Il se réveille en 1963, à l’âge de dix-huit ans, dans son ancienne chambre d’université. Va-t-il connaître le même avenir ? Non, car ses souvenirs sont intacts. Il sait qui va gagner le prochain Derby, et ce qu’il en sera d’IBM et d’Apple…

Qui n’a jamais rêvé de pouvoir revivre son passé fort de son expérience d’aujourd’hui ? De quoi devenir l’homme le plus puissant du monde, jusqu’à… sa deuxième mort, et qu’une troisième, puis une quatrième vie commencent…

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Mon avis : Voilà un des livres pour lesquels j’ai créé ce site : un chef-d’oeuvre dont la notoriété est réelle, établie depuis des années, mais cependant toujours largement insuffisante.

Il faut que vous achetiez Replay, que vous lisiez Replay, puis que vous en achetiez six exemplaires pour l’offrir à ceux qui vous sont chers, qui eux-mêmes le liront, puis…

La chaîne de l’amour du livre, faites la vivre !

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Simetierre

Simetierre – Stephen King (1983)

Le livre de poche – 636 pages – 8.90 €

Le pitch : Louis Creed, un jeune médecin de Chicago, vient s’installer avec sa famille à Ludlow, petite bourgade du Maine. Leur voisin, le vieux Jud Crandall, les emmène visiter le pittoresque  » simetierre  » où des générations d’enfants ont enterré leurs animaux familiers.

Mais, au-delà de ce « simetierre », tout au fond de la forêt, se trouvent les terres sacrées des Indiens, lieu interdit qui séduit pourtant par ses monstrueuses promesses.

Un drame atroce va bientôt déchirer l’existence des Creed, et l’on se trouve happé dans un suspense cauchemardesque…

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Mon avisSimetierre est un livre redoutable. Trente ans après l’avoir lu, je me rappelle encore, comme si c’était hier, le malaise absolu que j’ai ressenti, au fur et à mesure que ma lecture avançait.

Ce malaise a pris de telles proportions qu’à un moment du récit, peu après que Gage, le fils de Louis Creed, s’approche de la route et… – non, je n’irais pas plus loin, c’est votre tour de vivre ce cauchemar ! – j’ai dû poser le livre, l’abandonner, et attendre plusieurs jours avant de trouver le courage d’en reprendre la lecture.

Dans l’absolu, Simetierre est un des cinq meilleurs livres du pourtant très prolifique Stephen King. Quand je dis « dans l’absolu », c’est que pour une raison très simple, ceux qui l’ont lu ne souhaitent pas en parler et, j’en suis persuadé, personne en l’a jamais offert à un de ses proches : l’impression qu’il laisse est trop horrible !

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Shining, livre de cauchemars pour Halloween

Shining  – Stephen King (1977)

Le livre de poche – 576 pages – 7.90 €

Le pitch : Situé dans les montagnes Rocheuses, l’Overlook Hotel est tenu pour être l’un des plus beaux lieux du monde. Beauté, confort, luxe, volupté… L’hiver, l’hôtel est fermé. Coupé du monde par le froid, la neige, les glaces. Alors seul l’habite un gardien.

Celui qui a été engagé cet hiver-là s’appelle Jack Torrance, un alcoolique qui tente d’échapper à l’échec et au désespoir. Avec lui vivent sa femme, Wendy, qui espère, grâce à cet isolement, reconstruire son foyer menacé, et surtout leur enfant. Danny. Danny qui possède le don de sentir, de voir, de ressusciter les choses et les êtres, les événements que l’on croit morts.

Ce qu’il voit, lui, dans les cent dix chambres vides de l’Overlook Hotel, c’est la présence du démon. Cauchemar ou réalité le corps de cette femme assassinée ? ces bruits de fête qui dérivent dans les couloirs ? cette vie si étrange qui anime l’hôtel ?

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Mon avis : Shining est le troisième roman de Stephen King publié. Après le succès de Carrie (roman et film), l’auteur parvient à faire beaucoup mieux, puisque Shining est sans conteste un de ses chefs-d’oeuvre, et que l’adaptation au cinéma de Stanley Kubrick est tout autant une réussite éclatante qu’un énorme succès commercial. Que rêver de mieux ?!

Ce qui est le plus frappant, lorsqu’on relit cet épais roman (mais où l’on ne s’ennuie pas à une seule page !), c’est la virtuosité avec laquelle King reprend tous les thèmes sur l’enfance développés dans son premier roman (les pouvoirs parapsychologiques subis et non maîtrisés, les traumatismes familiaux avec des parents dysfonctionnels), et parvient à en faire un récit virtuose, équilibre parfait entre le thriller psychologique, le récit fantastique et le pur roman horrifique.

Shining fout la trouille, il faut le dire, le livre fait partie des quelques œuvres de l’auteur qui ne sont pas simplement inquiétantes, mais qui font viscéralement peur.

Le délice de mourir de peur en lisant un roman : si vous connaissez ce sentiment, vous savez qu’il est rare en littérature, et que Stephen King est un des rares maîtres à réussir à distiller ce délicieux venin.

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Entretien avec un vampire

Entretien avec un vampire – Anne Rice (1976)

Pocket – 448 pages – 8.10 €

Le pitch :  À San Francisco, un journaliste se fait approcher une nuit par un homme se prétendant être un vampire et disposé à lui livrer l’histoire de sa « vie ».

Jeune propriétaire terrien vivant en Louisiane à la fin du XVIIIe siècle, Louis est un homme dépressif rongé par la culpabilité depuis la mort de ses proches.

Un soir, il est approché par Lestat, une puissante créature, qui le transforme en vampire. Mais Louis n’accepte pas cette nouvelle condition et refuse de tuer des humains pour survivre.

Après quelques années de vie commune sur la plantation de Louis, les deux vampires quittent la Louisiane pour échapper à une révolte d’esclaves ayant percé leur vraie nature. Ils s’installent alors à la Nouvelle-Orléans où Louis se met à imaginer sa vie loin de Lestat qu’il déteste.

Ce dernier, ne voulant pas que son compagnon le quitte, transforme Claudia, une jeune enfant de cinq ans, pour que Louis reste à ses côtés.

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Mon avis : Avec Entretien avec un vampire, Anne Rice entamait en 1974 une saga, Les chroniques des vampires, qui allait revisiter de fond en comble le mythe du vampire initié en littérature par le Dracula de Bram Stoker trois quarts de siècle plus tôt.

Cette saga s’achèvera, dix tomes plus tard :  le fruit d’une réussite exemplaire.

Porté à l’écran en 1994, ce roman va en effet remporter un invraisemblable succès à travers le monde.

Ce succès qui sera à l’origine d’un véritable déferlement – un tsunami ! – de romans sur le mythe du vampire, deviendra même un genre littéraire à part entière !

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La maison des damnés

La maison des damnés – Richard Matheson (1971)

J’ai lu – 349 pages – 6.20 €

Le pitch : Parce qu’il sent venir la mort et veut savoir si la survie est ou non une réalité, Deutsch fait appel au physicien et parapsychologue Lionel Barrett. Deutsch a acquis, dans l’État du Maine, la maison Belasco — abandonnée depuis trente ans et fatale à tout visiteur : la maison des damnés. A Barrett de percer le mystère du fantôme de Belasco. Deux spirites, un homme et une femme, accompagneront Barrett.

Et les visiteurs découvrent une demeure qui vibre encore de tous les meurtres et de toutes les profanations dont elle a été le théâtre, une demeure qui métamorphose et « possède » ceux qui osent franchir son seuil.

Dans une atmosphère de cauchemar et d’orgie s’engage une lutte atroce…

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Mon avis : Quant on aime Richard Matheson, le maître absolu du fantastique (n’en déplaise aux amateurs de Stephen King – dont je fais partie – qui n’est, après tout, qu’un de ces disciples !), impossible de passer à côté de ce roman, modèle absolu du genre.

Certains lecteurs pourraient, sans doute, trouver que ce texte au scénario dense, serré comme un expresso napolitain, manque d’originalité, tant il entre en résonance avec les multiples films de maison hantée tournés au cours des cinquante dernières années.

Ce serait pourtant une erreur d’appréciation formidable car c’est au contraire le présent roman qui a inspiré l’intégralité des films de maison hantée !

La maison des damnés est le roman fondateur du genre, celui sans qui il ne serait sans doute pas devenu ce qu’il est…

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Rosemary's baby

Rosemary’s baby – Ira Levin (1967)

Pavillons poche – 368 pages – 9.50

Le pitch : Un cinq pièces au Bradford en plein coeur de New York, quel bonheur pour un jeune couple ! Rosemary et Guy n’en reviennent pas. Les jaloux disent que l’immeuble est maudit, marqué par la magie noire, que le sinistre Marcato y habita, que les soeurs Trench y pratiquèrent des sacrifices immondes…

Peu de temps après l’arrivée de Rosemary, une jeune fille se jette par la fenêtre. Une étrange odeur règne dans les appartements. Quant aux voisins, leurs yeux sont bizarres, leurs prévenances suspectes. Guy lui-même change, et sa jeune femme, poursuivie par des rêves atroces, lutte en vain contre une terreur grandissante.

Que deviendra, dans ces conditions, le bébé de Rosemary…?

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Mon avis : Vous croyez que Stephen King est définitivement le meilleur auteur fantastique de ces dernières décennies ? Ah ! Ah ! Pauvres mortels !

Il serait temps de vous plonger dans ce roman fabuleux, écrit par Ira Levin, cet important auteur passé en France un peu à côté de la postérité, pourtant largement méritée (voir par ailleurs ma critique d’Un bonheur insoutenable) !

Est-ce mieux que S. King ? Non, mais c’est aussi accompli que certains de ses meilleurs romans fantastiques.

Mais, allez-vous me dire, vous avez déjà vu l’adaptation cinématographique de Roman Polanski !…

Certes, et cette adaptation, fidèle, est remarquable. Mais elle ne vaut pas le roman dont elle est tirée, qui est un petit-chef-d’oeuvre de perversité et de manipulation psychologique.

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L'homme qui rétrécit

L’homme qui rétrécit – Richard Matheson (1956)

Folio – 272 pages – 7.40 €

Le pitch : « L’araignée fonça sur lui dans l’ombre des étendues sableuses, tricotant furieusement de ses pattes immenses. Son corps ressemblait à un œuf gigantesque et luisant qui tremblait de toute sa masse noire tandis qu’elle chargeait à travers les monticules privés de vent, laissant dans son sillage des ruissellements de sable.

L’homme en resta paralysé. Il vit l’éclat lumineux des yeux de l’araignée. Il la regarda escalader une brindille de la taille d’un rondin, le corps haut perché sur ses pattes que le mouvement rendait floues, jusqu’à atteindre le niveau des épaules de l’homme. »

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Mon avis : Sans Richard Matheson, l’histoire de la littérature fantastique n’aurait pas été la même.

Dans L’homme qui rétrécit, sans doute son meilleur roman après Je suis une légende, Matheson fait passer son héros à la moulinette de la peur nucléaire qui, aux Etats-Unis obnubile les habitants.

On est en pleine guerre froide, le gouvernement fait exploser des bombes A, puis H dans l’atmosphère des déserts de l’Ouest américain sans avoir encore vraiment compris les conséquences des radiations atomiques.

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Je suis une légende, livre de cauchemars pour Halloween

Je suis une légende – Richard Matheson (1954)

Folio SF – 240 pages – 7.20 €

Le pitch : Comme vous, il croyait que les vampires ne hantaient que les mythes de l’Europe centrale et la littérature d’épouvante. Comme vous, il se trompait.

Il est aujourd’hui l’ultime survivant d’une étrange épidémie qui a fait subir à l’humanité une mutation irréversible : le virus qui contraint les hommes à se nourrir de sang les empêche aussi de mourir tout à fait et les oblige à fuir les rayons du soleil.

Ainsi, chaque jour, Robert Neville doit organiser sa survie et chaque nuit subir les assauts des demi-morts affamés. Mais l’horreur atteint son paroxysme lorsqu’il doit résister à l’appel suppliant de la femme qu’il aime…

*

Mon avis : La première fois que j’ai lu ce petit chef-d’oeuvre (petit par la longueur, immense par la qualité), je devais avoir douze ans, il m’a hanté des nuits et des nuits, des cauchemars épouvantables.

L’histoire est terrifiante, et le propos universel (qu’est-ce que l’homme ?).

La preuve : on n’arrête pas de l’adapter au cinéma (la version avec Will Smith est étonnamment intéressante, bien que non fidèle à bien des égards) et les idées qu’il contient ont été pillées maintes et maintes fois par les scénaristes de ces vingt dernières années.

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Les oiseaux

Les oiseaux – Daphné du Maurier (1952)

Le livre de poche – 345 pages – 7.10 €

Le pitch : Au cœur de la nuit, le vent d’est cingle la falaise. Entre deux rafales, des nuées d’oiseaux cognent aux vitres. Mais ce n’est pas la peur qui les précipite avec une telle force vers le monde des hommes…

On retrouvera ici – et pas moins terrifiant – le récit qui inspira son chef-d’oeuvre au maître de l’angoisse, Alfred Hitchcock. Dans les autres nouvelles de ce recueil, l’horreur se fait plus insidieuse, le fantastique à peine étranger au réel. Il suffit d’un pommier à forme étrangement humaine, ou d’une ouvreuse de cinéma qu’un jeune mécanicien a envie de suivre après la séance…

Et la grande romancière anglaise, auteur de Rebecca et L’Auberge de la Jamaïque, nous entraîne vers le mystère à petits pas, à petites touches, au gré d’une écriture subtile, singulièrement moderne.

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Mon avis : Avec les décennies qui passent, le nom de Daphné du Maurier s’éloigne de la plupart des mémoires (allez interroger un moins de 30 ans sur ce nom, vous serez bien déçu…) mais, pour les amateurs de littérature, il continue de grimper au panthéon des grands auteurs britanniques du XX° siècle !

Quoiqu’il en soit, les nombreuses adaptations de ces romans au cinéma, comportant plusieurs chefs-d’oeuvre, permettent de garder une trace de la romancière dans l’histoire.

Jugez un peu, rien que ce bon vieil Alfred nous a laissé La taverne de la Jamaïque (1939), Rebecca (1940) et… Les oiseaux (1963) !

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Les_Oiseaux

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Pourtant, il y a bien loin du fameux film d’Hitchcock avec ces horribles oiseaux, à la nouvelle éponyme qui ouvre le recueil de Daphné du Maurier.

En fait, la nouvelle d’une cinquantaine de pages est bien plus effrayante que le film !

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L'appel de Cthulhu

L’appel de Cthulhu – H.P. Lovecraft (1928)

Editions Bragelonne – 64 pages – 26.00 €

Le pitch : Boston, 1926. Suite au décès, dans des circonstances étranges, de son grand-oncle, Francis Thurston découvre dans les documents dont il hérite l’existence d’une secte vouant un culte à une créature innommable, endormie depuis des millions d’années.

Sacrifices indicibles pratiqués dans les bayous de Louisiane, meurtres mystérieux perpétrés dans divers endroits du globe, artistes sombrant dans la démence après des visions nocturnes terrifiantes, renaissance de cultes ancestraux et surtout, une cité cyclopéenne surgissant de l’océan lors d’une tempête…

Thurston va comprendre peu à peu que les recherches de son grand-oncle concernant le culte de Cthulhu étaient bien trop proches de la vérité et que, dans l’ombre, des adeptes œuvrent au réveil de leur dieu païen, prêts à faire déferler la folie et la destruction sur le monde.

*

Mon avisL’appel de Cthulhu, c’est tout de même un des textes fondateurs du roman fantastique.

Une nouvelle, – une petite trentaine de pages serrées dans l’édition intégrale de l’oeuvre de Lovecraft en deux volumes de la collection Bouquin qui se trouve dans ma bibliothèque depuis un paquet d’années – écrite en 1928, et qui sera le point de départ de tant de choses…

Le départ d’une série de textes formidables du grand auteur américain, tout d’abord, organisés autour du mythe de Cthulhu.

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Dracula

Dracula – Bram Stoker (1897)

Babelio – 602 pages – 12.70 €

Le pitch : Jonathan Harker, jeune clerc de notaire britannique, est envoyé par son étude dans un sinistre château de Transylvanie afin d’y négocier avec un certain comte Dracula l’achat d’une propriété en Angleterre.

Il ne tarde pas à découvrir l’effroyable secret de son hôte, un vampire qui repose dans un cercueil dont il sort la nuit pour étancher sa soif de sang -et le jeune homme devient son prisonnier.

Le comte Dracula part pour l’Angleterre, où il choisit pour première victime Lucy, amie de Mina, la fiancée de Jonathan, avant de s’attaquer à Mina elle-même.

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Mon avis : Il ne faut jamais hésiter à relire les chefs-d’oeuvre de son enfance de lecteur.

On risque, parfois, bien entendu, d’être déçu, la mémoire magnifiant souvent les impressions du passé. Mais heureusement, cette relecture n’est souvent qu’une confirmation de la qualité de l’oeuvre.

C’est le cas pour le roman fondateur du mythe du vampire, dont l’impressionnante modernité de conception saute aux yeux écarquillés (de peur !) du lecteur : procédé narratif novateur, lettres, extraits du journal du héros, articles de presse, et même transcription d’enregistrements phonographiques. Et dire que Bram Stoker a écrit ce long tourne page au XIX° siècle !

L'île du docteur Moreau

L’île du docteur Moreau – H.G.Wells (1896)

Folio – 212 pages – 7.40 €

Le pitch : Unique survivant d’un naufrage, Edward Prendick est secouru par Montgomery et son équipe, passager d’un navire faisant route vers une île tropicale avec une cargaison d’animaux.

Montgomery est l’assistant du docteur Moreau, un scientifique obsédé par la vivisection et la transfusion sanguine. Prendick découvre avec effroi que, depuis dix ans, les deux hommes se livrent à des expériences sur les animaux, en réalisant des greffes et de multiples interventions chirurgicales, afin d’en faire des hommes capables de penser et de parler.

Les hommes-bêtes vivent dans un village et obéissent à « La Loi », un ensemble de règles leur interdisant les comportements primitifs et prônant la vénération de Moreau, qu’ils appellent « Maître ».

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Mon avis : H.G. Wells, ce pur génie littéraire, a écrit en à peine quatre ans, quatre chefs-d’oeuvre : La machine à explorer le temps (1895), L’île du docteur Moreau (1896), L’homme invisible (1897) et La guerre des mondes (1897).

Pas mal, non ?!!

Des quatre romans, c’est L’île du docteur Moreau qui est, de loin, le moins connu.

Pourtant, même s’il porte sur un thème un peu moins spectaculaire, et s’il a été moins repris par le cinéma que les autres, c’est pourtant une oeuvre incontournable de la littérature fantastique que je vous invite à lire, vraiment !

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Dorian Gray

Le portrait de Dorian Gray – Oscar Wilde (1890)

Galerie Daniel Maghen – 90 pages – 16.50 €

Le pitch : Dorian Gray, jeune dandy séducteur et mondain, a fait ce voeu insensé : garder toujours l’éclat de sa beauté, tandis que le visage peint sur la toile par son ami Basil assumerait le fardeau de ses passions et de ses péchés.

Et de fait, seul vieillit le portrait où se peint l’âme noire de Dorian qui, bien plus tard, dira au peintre : « Chacun de nous porte en soi le ciel et l’enfer. »

*

Le pitch : Il s’agit d’une adaptation tout à fait fidèle de l’oeuvre majeure d’Oscar Wilde, Le portrait de Dorian Gray, dont je ne vous ferais pas l’injure de  rappeler l’intrigue.

Et c’est une réussite absolue, car si l’essence du roman est là, elle magnifiée par des illustrations d’une beauté somptueuse .

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Dorian Gray

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C’est une BD, bien sûr, mais c’est avant tout une oeuvre d’art.

68 planches de graphismes superbes, mais surtout, surtout, des centaines de tableaux absolument splendides, pour autant de de vignettes peintes à l’aquarelle, de la simple case à la pleine planche, dans une mise en page déstructurée, mais extrêmement lisible.

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L'Étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde

L’Étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde – R.L. Stevenson (1886)

Pavillons poche – 112 pages – 3.00 €

Le pitch : Lors d’une promenade nocturne dans les rues brumeuses de Londres, Utterson, notaire de son état, apprend que son vieil ami le Dr Jekyll a signé un chèque de dédommagement à la place d’un certain Mr Hyde qui avait bousculé une jeune fille.

Troublé par cette nouvelle, Utterson se plonge dans le testament de son ancien camarade d’études qui stipule qu’en cas de décès ou de disparition d’une durée supérieure à trois mois, tous ses biens devront aller à son  » ami et bienfaiteur Edward Hyde « .

Ce document inquiète le notaire. D’abord parce qu’il ignore tout de ce Mr Hyde, ensuite parce que ce dernier commence à être associé à un monstre imprévisible et répugnant. Utterson va alors enquêter sur le lien qui peut unir le Dr Jekyll et Mr Hyde.

Mais il est loin d’imaginer les révélations macabres qui l’attendent.

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Mon avisLe cas étrange du Dr Jekyll et de Mr Hyde est certainement un des récits les plus adaptés de l’histoire de la littérature : télévision, cinéma, BD, elles se comptent par dizaines, en incluant certaines parodies dont la plus célèbre (et la plus réussie) est sans conteste Dr Jerry and Mister Love, de Jerry Lewis.

C’est dire l’importance de l’oeuvre : en écrivant ce très court roman (ou cette très longue nouvelle), Stevenson ne devait pas imaginer une seconde qu’il touchait à à un thème à la portée universelle !

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Alice au pays des merveilles

Alice au pays des merveilles – Lewis Carroll (1865)

Le livre de poche – 160 pages – 4.95 €

Le pitch : Assise dans l’herbe un jour d’été, Alice voit passer un lapin blanc qu’elle suit dans son terrier. Elle bascule alors dans un monde extraordinaire et magique. Au cours de cet étrange voyage, elle rencontre des personnages incongrus : des homards qui dansent, un chat qui apparaît pour s’évanouir, une chenille qui fume, ou encore une Reine de Cœur qui veut couper la tête de tout le monde.

*

Mon avis : Un des plus grands textes de la littérature mondiale, tout simplement (avec son complément, De l’autre côté du miroir).

Générateur d’interprétations psychanalytiques, de controverses, d’adaptations et d’exégèses incessantes depuis sa parution, il y a un demi-siècle, le chef-d’oeuvre fantastique de Lewis Carroll est tout simplement admirable.

Et, quoi qu’il en soit, surtout pas un simple livre pour la jeunesse !

Frankenstein, livre de cauchemars pour Halloween

Frankenstein – Marie Shelley (1818)

Folio SF – 336 pages – 4.80 €

Le pitch : A la suite d’une manipulation scientifique hasardeuse, Victor Frankenstein parvient à « animer la matière inerte » et crée un nouvel homme. Mais, horrifié par sa créature, il l’abandonne.

Livré à lui-même, rejeté par tous ceux qu’il croise, le monstre, plein de haine, se révolte contre celui qui lui a donné la vie.

Dans ce terrifiant roman qui mêle le gothique, le fantastique et la science-fiction, Mary Shelley peint un être aussi effrayant que touchant, qui aspire désespérément à se rapprocher des hommes…

*

Mon avis : Le Frankenstein de Mary Shelley fait certainement partie des romans qui, dans l’histoire littéraire, ont véhiculé le plus d’images, de fantasmes, nourri le plus l’imagination des lecteurs et inspiré celle des auteurs. Pourtant, aujourd’hui, ce livre fondamental, dans le sens propre du terme, est très peu lu.

Raison la plus souvent invoquée ? C’est un bouquin d’horreur désuet, au style démodé. Rien n’est plus faux.

Sans Frankenstein de Shelley, sans Dracula de Bram Stoker, et sans les Nouvelles d’Edgar Poe, la littérature contemporaine ne serait pas la même. Ces auteurs ont, à eux trois, créé des mythes, inventé un genre, défini des règles. Frankenstein, c’est l’invention de la créature qui échappe à son démiurge et c’est le déni de la mort, qui devient réversible.

A la (re, re, re) lecture de ce roman, j’ai été frappé par la complexité et la modernité de sa construction, agencement subtil de roman épistolaire et de récit à plusieurs voix qui en inspirera plus d’un par la suite. Tout le monde oublie que Mary Shelley l’a écrit en 1818, vingt ans après Dracula, alors que le roman moderne commençait à peine à prendre son essor !

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