Les meilleurs romans de fin du monde

Posté le 22 mai 2020, par letournepage, dans Le coin cadeau

Fin du monde

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Un jour où l’autre, il faudra bien que tout cela finisse.

Tout, c’est à dire la Terre; ou plus simplement la vie sur Terre; ou encore plus simplement : l’homme.

On peut imaginer que cela se passera, vision optimiste, dans quelques millions d’années.

Plus rationnel ? Dans quelques dizaines de milliers d’années.

Pragmatique ? Disons quelques poignées de siècle.

Ou peut-être tout simplement demain.

Après tout, il y a tellement de manière d’arriver à la fin du monde, de notre monde !

Le plus prévisible, aujourd’hui ? Un problème écologique : plus d’oxygène, trop de chaleur, trop d’eau.

Mais il y a cinquante ans, la probabilité penchait plutôt du côté d’une bonne guerre nucléaire.  Et avec un peu d’imagination, il suffirait de penser à l’arrivée sur Terre d’une bonne petite colonie d’aliens pas sympa du tout; ou à une mutation génétique foudroyante.

Il y a le choix, en fait…

Quoiqu’il en soit, la fin du monde, voilà un thème qui a toujours excité l’imagination des écrivains, spécialisés dans les récits de S.F., et même d’auteurs plus généralistes.

Voilà une petite sélection éclectique de romans qui parlent de la fin.

Pourquoi, et comment tenter d’y échapper.


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♠ La fin du monde, ou comment y échapper ♠

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La peste écarlate

La peste écarlate – Jack London

Actes sud – 120 pages – 6.60 €

Le pitch : Un ancien professeur d’université erre en compagnie de ses petits-enfants, revêtus de peaux de bêtes, dans un paysage désolé. Celui de la baie de San Francisco, ravagée soixante ans auparavant par un terrible fléau.

Nous sommes en 2013. Quelques hordes subsistent, et de rares survivants tentent de raconter le monde d’avant à des enfants qui ne savent même pas compter. La seule issue est de reprendre depuis les commencements la marche vers la civilisation perdue.

Jack London met toute sa puissance d’évocation au service de ce récit d’apocalypse, offrant de ces grandes peurs qui ravagent le monde une vision terrible – et quasi prophétique – et inscrivant de fait sa peste écarlate dans la lignée des fléaux bibliques, des terreurs millénaristes. Un texte qui prend dès lors une étonnante et inquiétante modernité.

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Mon avis : La peste écarlate, c’est la (presque) fin du monde, raconté par Jack London.

Un court roman mythique, un récit de science-fiction écrit par le très grand auteur de romans d’aventure et romans sociaux alors qu’il était à la fin de sa vie.

Ecrit en 1913-1914, ce roman est une parabole terrible sur ce qu’est le monde alors, un monde qui se perd.

Avec une précision hallucinante, London décrit une civilisation humaine de 2013 surpeuplé de 7 milliards d’habitants…

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Une pluie sans fin

Une pluie sans fin –  Michael Farris Smith

10/18 – 432 pages – 5.99 €

Le pitch : Après des années de catastrophes écologiques, le sud des États-Unis, de la Louisiane à la Floride, est devenu un véritable no man’s land. Plutôt que de reconstruire sans cesse, le gouvernement a tracé une frontière et ordonné l’évacuation de la zone.

Au sud de la Ligne se trouve désormais une zone de non-droit ravagée par les tempêtes et les intempéries incessantes, sans électricité, sans ressources et sans lois.

Cohen fait partie des rares hommes qui ont choisi de rester. Incapable de surmonter la mort de sa femme et de l’enfant qu’elle portait, il tente tant bien que mal de redonner un sens à sa vie, errant sous une pluie sans fin.

Des circonstances imprévues vont le mettre en présence d’une colonie de survivants, menée par Aggie, un prêcheur fanatique hanté par des visions mystiques. Celui-ci retenant contre leur gré des femmes et des enfants, Cohen va les libérer et tenter de leur faire franchir la Ligne.

Commence alors un dangereux périple à travers un paysage désolé, avec pour fin l’espoir d’une humanité peut-être retrouvée.

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Mon avis : Une pluie sans fin a parfois été, comparé à La route, de Cormac Mac Carthy, ce chef-d’oeuvre incontestable.

Alors bien sûr, ce n’est pas exactement le même niveau, notamment parce qu’il manque à ce roman la dimension métaphysique de son glorieux aîné, mais…

Trois points rapprochent les deux romans.

Le premier, c’est le cadre : un roman post apocalyptique, où l’homme survivant tente de survivre sur une Terre en parte détruite après une catastrophe.

Le second, c’est le style. Farris Smith n’arrive pas à l’ascétisme foudroyant de Mc Carthy, mais… on n’en est pas loin.

C’est de l’extra dry, un comble pour un roman qui patauge dans l’eau de la première à la dernière page !

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Le pouvoir

Le pouvoir – Naomi Alderman

Calmann Levy/Le livre de poche – 512 pages – 6.70 €

Le pitch : ET SI LES FEMMES PRENAIENT ENFIN LE POUVOIR DANS LE MONDE ENTIER ?

Aux quatre coins du monde, les femmes découvrent qu’elles détiennent le « pouvoir ». Du bout des doigts, elles peuvent infliger une douleur fulgurante – et même la mort.

Soudain, les hommes comprennent qu’ils deviennent le « sexe faible ». Mais jusqu’où iront les femmes pour imposer ce nouvel ordre ?

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Mon avis : Difficile de passer à côté de la couverture au graphique et au lettrage Art Déco/Bauhaus de ce roman de Naomi Alderman. Rouge vif !

Difficile également de passer à côté du court pitch.

Et une fois que vous aurez ouvert le livre et entamé la lecture, difficile d’en sortir avant la fin des 500 pages !

Avec cette dystopie décoiffante (qui constitue le négatif absolu de La servante écarlate de Margaret Atwood), Naomi Alderman a obtenu le Baileys women’s prize for fiction 2017, un prix prestigieux couronnant le meilleur livre de l’année écrit en anglais par une femme.

Un prix attribué pour la première fois à une oeuvre de SF.

Et c’est parfaitement mérité, car Le pouvoir est un livre dérangeant, puissant, parfois profondément choquant !

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Les enfants d'Icare

Les enfants d’Icare – Arthur C. Clarke

Bragelonne – 336 pages – 7.10 €

Le pitch : Ils sont apparus sans crier gare, leurs immenses vaisseaux flottant au-dessus des plus grandes capitales mondiales.

Les Suzerains, des extraterrestres infiniment plus avancés, et qui affirment être là pour le bien de l’humanité. Et effectivement, même s’ils refusent pour le moment de se montrer, tout ce qu’ils font pour la Terre s’avère bénéfique : désarmement général, éradication des maladies, de la faim et de la misère.

Pourtant… ne faudrait-il pas se méfier de ces mystérieux bienfaiteurs ? Et se demander quelles sont leurs véritables intentions quant à l’avenir de l’espèce humaine ?

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Mon avisArthur C. Clarke, disparu il y a dix ans,  était né en décembre 1917. On a donc fêté récemment le centenaire de sa naissance. Comme le temps passe…

Cet auteur, grand journaliste scientifique par ailleurs, passionné d’astronomie et de plongée sous-marine, fut longtemps considéré comme le leader du mouvement Hard science, cette branche de la SF où les auteurs privilégient la spéculation scientifique à la prospective historique ou sociale.

Pourtant, en relisant Les enfants d’Icare, un des nombreux grands titres de Clarke, j’ai été frappé, non par la part du récit accordée à l’évolution scientifique, mais bien par sa dimension métaphysique !

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La guerre des mondes

La guerre des mondes (1898) – H.G. Wells

Folio – 320 pages – 7.80 €

Le pitch : «Je voyais maintenant que c’étaient les créatures les moins terrestres qu’il soit possible de concevoir. Ils étaient formés d’un grand corps rond, ou plutôt d’une grande tête ronde d’environ quatre pieds de diamètre et pourvue d’une figure. Cette face n’avait pas de narines – à vrai dire les Martiens ne semblent pas avoir été doués d’un odorat – mais possédait deux grands yeux sombres, au-dessous desquels se trouvait immédiatement une sorte de bec cartilagineux. […]

En groupe autour de la bouche, seize tentacules minces, presque des lanières, étaient disposés en deux faisceaux de huit chacun. Depuis lors, avec assez de justesse, le professeur Stowes, le distingué anatomiste, a nommé ces deux faisceaux des mains.»

Mon avis : Tout le monde connait La guerre des mondes, sans doute un des trois romans fondateurs de la science-fiction.

Tout le monde, également, à entendu parler de l’adaptation radiophonique mythique réalisée par le presque homonyme de l’auteur, Orson Wells, en 1938, émission qui créa un vent de panique aux Etats-Unis, certains auditeurs pensant écouter un reportage d’actualité.

Oui mais,une fois ceci posé – « pouf, pouf » comme disait Pierre Desproges – que reste-t-il de ce roman ? L’avez-vous lu ? Sans doute… pas ?

Si, effectivement, vous êtes passé à côté de ce chef d’oeuvre, et même si vous l’avez lu, par le passé, je vous invite à vous précipiter sur ce texte formidable dont la forme, effectivement proche d’un documentaire d’actualité, donne au récit une consistance réelle vraiment troublante.


Station eleven

Station Eleven – Emily St. John Mandel

Editions Rivages – 476 pages – 9.00 €

Le pitch : Dans un monde où la civilisation s’est effondrée, une troupe itinérante d’acteurs et de musiciens parcourt la région du lac Michigan et tente de préserver l’espoir en jouant du Shakespeare et du Beethoven.

Ceux qui ont connu l’ancien monde l’évoquent avec nostalgie, alors que la nouvelle génération peine à se le représenter. De l’humanité ne subsistent plus que l’art et le souvenir.

Peut-être l’essentiel.

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Mon avis : Si vous parvenez à prononcer le nom de la jeune auteure, n’hésitez pas à en parler autour de vous car, indubitablement, Emily St. John Mandel, fait partie des plumes à surveiller pour l’avenir.

Il n’y a qu’à voir comment, dans ce roman de « science-fiction » (on devrait plutôt utiliser le terme d’ « anticipation », comme on le faisait il y a un demi-siècle pour caractériser les romans qui parlent du futur), elle transcende complètement le thème classique, post-apocalyptique (que se passerait-il si tout le monde – ou presque – mourrait subitement) pour en faire une oeuvre littéraire à part entière, puissante, dérangeante…

Au départ pourtant, une idée cent fois rebattue : un virus, détruit 99.9999 % de la population mondiale. Quid des survivants ?

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Le monde du fleuve

Le monde du fleuve – Philip José Farmer

Mnémos – 1 280 pages – 28.00 €

Le pitch : Mark Twain, Hermann Goering, Jésus, Richard Burton. Voilà quatre des quarante milliards de protagonistes de cette fabuleuse saga. Lorsque tous les morts de l’histoire de la Terre se réveillent au bord d’un fleuve long de plusieurs millions de kilomètres, c’est une nouvelle vie qui commence.

Mais au lieu de prendre cet événement comme une nouvelle chance, les ressuscités vont poursuivre ou répéter leur première existence. Et dans ce paradis où nul souci matériel n’existe, de petits états totalitaires, esclavagistes, racistes fleurissent.

Seule une infime partie de cette population décide de partir en quête : spirituelle pour certain avec la recherche d’une perfection de l’âme, plus existentielle pour ceux qui se demandent ce qu’ils font là et surtout qui les y a mis. Ils n’auront alors de cesse de remonter le fleuve pour voir ce qui se trouve à sa source.

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Mon avis : L’édition en 2016 de l’ intégrale de cette saga comportant cinq volumes* est un bonheur qu’attendaient de nombreux amateurs depuis longtemps. Rien que ça, merci Mnemos !

1 280 pages serrées pour une des œuvres phare de l’histoire de la science-fiction qui, lorsque j’ai lue pour la première fois, quand j’étais encore adolescent, a marqué profondément mon imagination.

Vous avez lu le pitch :  Philip José Farmer lançait en 1970 une des plus fabuleuses idées de la SF.

40 milliards d’êtres humains reprenant conscience (ressuscitant ?) au pied de champignons géants, générateurs formidables. Des hommes qui se réveillent les uns à côté des autres, toutes époques et toutes ethnies confondues.

Au milieu : un fleuve géant, apparemment sans fin.

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Ravage - Barjavel

Ravage – René Barjavel

Folio – 313 pages – 8.50 €

Le pitch : En 2052… Fils de paysans venus du Sud-Est, de cette unique région de France où l’on cultive encore « à l’air libre », François Deschamps est « monté à Paris » pour y terminer ses études. Il a vingt-deux ans, un solide bon sens et un amour profond de la nature.

Aussi se sent-il mal à l’aise dans cette capitale super-mécanisée qui compte vingt-cinq millions d’habitants, où des engins vous permettent de faire le tour de la terre en vingt minutes, où des machines ont remplacé les hommes et où les hommes ne savent plus voir, ni entendre, ni se servir de leurs mains.

Or voici qu’un jour de juin, se produit « la panne ». La panne stupide, incroyable : brusquement l’électricité disparaît, laissant cette super-mécanique qu’est devenue l’humanité aussi démunie qu’un bébé et en proie à la panique.

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Mon avis : Ravage est devenu, et restera, un grand classique de la SF, au côté de 1984 ou Le meilleur des mondes.

Le roman de René Barjavel est, sans conteste, le premier grand livre de SF française, écrit pendant la Seconde Guerre mondiale (1943).

Un livre porteur de tant d’idées nouvelles qui, aujourd’hui, restent parfaitement d’actualité (le rapport de l’homme au progrès et à la Terre…)…

Et de tant d’images évocatrices : avec une étonnante prescience, l’auteur imagine ce que sera le monde un siècle plus tard. Entre les transports ultrarapides, les cités et le rôle prépondérant des machines, il tombe souvent en plein dans le mille !

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Silo

Silo – Hugh Howey

Folio – 448 pages – 8.20 €*

Le pitch : Dans un futur post-apocalyptique indéterminé, quelques milliers de survivants ont établi une société dans un silo souterrain de 144 étages. Les règles de vie sont strictes. Pour avoir le droit de faire un enfant, les couples doivent s’inscrire à une loterie. Mais les tickets de naissance des uns ne sont redistribués qu’en fonction de la mort des autres.

Les citoyens qui enfreignent la loi sont envoyés en dehors du silo pour y trouver la mort au contact d’un air toxique. Ces condamnés doivent, avant de mourir, nettoyer à l’aide d’un chiffon de laine les capteurs qui retransmettent des images de mauvaise qualité du monde extérieur sur un grand écran, à l’intérieur du silo.

Ces images rappellent aux survivants que ce monde est assassin. Mais certains commencent à penser que les dirigeants de cette société enfouie mentent sur ce qui se passe réellement dehors et doutent des raisons qui ont conduit ce monde à la ruine.

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Mon avis : « Il n’y a pas de mal à se faire du bien », ai-je pensé en achetant le très épais roman intitulé Silo, avec cette couverture rouge orange assez impressionnante.

C’est ce que je me dit souvent lorsque je me lance dans la lecture d’un bon gros roman d’aventure ou de science-fiction, avec l’espoir souvent déçu, mais éternellement renouvelé, de tomber sur le récit qui va m’emporter loin et longtemps de la réalité.

Avec Silo, mes espoirs ont été plutôt récompensés car oui, indubitablement, il s’agit d’un roman de SF « à l’ancienne », tel que les grands auteurs américains « populaires » en produisaient à la chaîne dans les années 40 et 50.

Tout concours, en réalité, à faire de ce texte contemporain – qui a remporté un énorme succès populaire (en eBook puis en livre « papier ») – une sorte d’anomalie littéraire temporelle.

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La route

La route – Cormac McCarthy

Points – 256 pages – 7.50 €

Le pitch : L’apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres. On ne sait rien des causes de ce cataclysme.

Un père et son fils errent sur une route, poussant un caddie rempli d’objets hétéroclites et de vieilles couvertures. Ils sont sur leurs gardes, car le danger peut surgir à tout moment. Ils affrontent la pluie, la neige, le froid.

Et ce qui reste d’une humanité retournée à la barbarie.

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Mon avis : Prix Pulitzer 2007.

Ce roman post-apocalyptique est un chef d’oeuvre terrifiant, qui ne manquera pas, j’en suis certain, d’inspirer indirectement quelques films d’horreur qui sauront en détourner les codes.

L’écriture blanche (comme le paysage, couvert de cendres) de McCarthy est somptueuse.

Elle se développe dans un contexte qui en démultiplie les effets. C’est une écriture « à l’os », qui vous prend là, de part et d’autre du larynx, et qui vous étouffe peu à peu.

À la fin, vous avez des visions, par manque d’air, et vous voyez… la route.

Sans vous la révéler, bien entendu, je préciserais que la fin du roman est, dans son évidente simplicité, une des plus poignantes que l’on puisse imaginer pour un livre.

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Malevil

Malevil (1972) – Robert Merle

Folio – 635 pages – 10.00 €

Le pitch : Une guerre atomique dévaste la planète, et dans la France détruite un groupe de survivants s’organise en communauté sédentaire derrière les remparts d’une forteresse.

Le groupe arrivera-t-il à surmonter les dangers qui naissent chaque jour de sa situation, de l’indiscipline de ses membres, de leurs différences idéologiques, et surtout des bandes armées qui convoitent leurs réserves et leur «nid crénelé» ?

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Mon avis : Comme j’ai déjà pu le dire par ailleurs, Robert Merle est selon moi un des auteurs français majeurs de la seconde moitié du XX° siècle. Un style d’un classicisme parfait allié à une audace dans le traitement des sujets  tout à fait étonnante,le tout lié à une science de la narration à tomber par terre et un humour formidable : voilà la définition d’un très grand auteur!

Au début des années 70, après avoir conquis gloire et renommée avec ses premiers romans tournant autour de la guerre (Week-end à ZuydcooteLa mort est mon métier) Robert Merle se lance dans la science-fiction.

Avec Malevil, il casse littéralement la baraque : gros tirages, critique unanime, une adaptation au cinéma très réussie dans la foulée. Quarante ans plus tard, il faut dire avouer : cet enthousiasme était parfaitement justifié !

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je suis une légende

Je suis une légende (1954) – Richard Matheson

Folio SF – 240 pages – 7.25 €

Le pitch : Comme vous, il croyait que les vampires ne hantaient que les mythes de l’Europe centrale et la littérature d’épouvante. Comme vous, il se trompait.

Il est aujourd’hui l’ultime survivant d’une étrange épidémie qui a fait subir à l’humanité une mutation irréversible : le virus qui contraint les hommes à se nourrir de sang les empêche aussi de mourir tout à fait et les oblige à fuir les rayons du soleil.

Ainsi, chaque jour, Robert Neville doit organiser sa survie et chaque nuit subir les assauts des demi-morts affamés. Mais l’horreur atteint son paroxysme lorsqu’il doit résister à l’appel suppliant de la femme qu’il aime…

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Mon avis : La première fois que j’ai lu ce petit chef-d’oeuvre (petit par la longueur, immense par la qualité), je devais avoir douze ans, il m’a hanté des nuits et des nuits, des cauchemars épouvantables.

L’histoire est terrifiante, et le propos universel (qu’est-ce que l’homme ?). La preuve : on n’arrête pas de l’adapter au cinéma (la version avec Will Smith est étonnamment intéressante, bien que non fidèle à bien des égards) et les idées qu’il contient ont été pillées maintes et maintes fois par les scénaristes de ces vingt dernières années.

La force de ce roman, c’est de vous placer – vous, lecteur ! – immédiatement dans le peau de Robert Neville, le héros de l’histoire. Comment ne pas se mettre à sa place, comment ne pas se sentir complètement impliqué dans ce qui lui arrive… !

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World War Z

World war Z (2006) – Max Brooks

Le livre de poche – 544 pages – 8.30 €

Le pitch : La guerre des zombies a eu lieu, et elle a failli éradiquer l’ensemble de l’humanité. L’auteur, en mission pour l’ONU – ou ce qu’il en reste – et poussé par l’urgence de préserver les témoignages directs des survivants de ces années apocalyptiques, a voyagé dans le monde entier pour les rencontrer, des cités en ruine qui jadis abritaient des millions d’âmes jusqu’aux coins les plus inhospitaliers de la planète.

Jamais auparavant nous n’avions eu accès à un document de première main aussi saisissant sur la réalité de l’existence – de la survivance – humaine au cours de ces années maudites. Prendre connaissance de ces comptes rendus parfois à la limite du supportable demandera un certain courage au lecteur. Mais l’effort en vaut la peine, car rien ne dit que la Ze Guerre mondiale sera la dernière.

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Mon avis : Une fois de plus, nous voilà confronté au problème d’une adaptation cinématographique qui cannibalise (en l’espèce, c’est vraiment le cas de le dire !) complètement la notoriété d’un excellent livre, au point que la plupart des gens ignore même que le livre a existé.

Avec Worl War Z, que vous ayez aimé, ou détesté le film, même conseil : oubliez-le aussi vite ! Car à part quelques scènes évoquées, de-ci de-là, il n’a rien à voir avec le roman.

Roman ? Le terme paraît peu approprié puisque Max Brooks (oui ! Le fils de Mel ! Incroyable, non, c’est comme si le fils de Groucho – Marx, également ! – se lançait dans une série sur les vampires ?!) est construit comme un travail documentaire qui, sur le principe, pourrait être écrit par un historien ou un journaliste.

530 pages de documents – récits, interviews, compte-rendus – qui retracent, dans l’ordre chronologique, la guerre mondiale contre les zombies.

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L'appel de Cthulhu

L’appel de Cthulhu – H.P. Lovecraft

Editions Bragelonne – 64 pages – 24.90 €

Le pitch : Boston, 1926. Suite au décès, dans des circonstances étranges, de son grand-oncle, Francis Thurston découvre dans les documents dont il hérite l’existence d’une secte vouant un culte à une créature innommable, endormie depuis des millions d’années.

Sacrifices indicibles pratiqués dans les bayous de Louisiane, meurtres mystérieux perpétrés dans divers endroits du globe, artistes sombrant dans la démence après des visions nocturnes terrifiantes, renaissance de cultes ancestraux et surtout, une cité cyclopéenne surgissant de l’océan lors d’une tempête…

Thurston va comprendre peu à peu que les recherches de son grand-oncle concernant le culte de Cthulhu étaient bien trop proches de la vérité et que, dans l’ombre, des adeptes œuvrent au réveil de leur dieu païen, prêts à faire déferler la folie et la destruction sur le monde.

Les astres sont alignés. La fin est-elle proche ?

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Mon avisL’appel de Cthulhu, c’est tout de même un des textes fondateurs du roman fantastique.

Une nouvelle, – une petite trentaine de pages serrées dans l’édition intégrale de l’oeuvre de Lovecraft en deux volumes de la collection Bouquin qui se trouve dans ma bibliothèque depuis un paquet d’années – écrite en 1928, et qui sera le point de départ de tant de choses…

Le départ d’une série de textes formidables du grand auteur américain, tout d’abord, organisés autour du mythe de Cthulhu.

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La possibilité d'une île

La possibilité d’une île – Michel Houellebecq

J’ai lu – 446 pages – 8.00 €

Le pitch : « Roman d’anticipation autant que de mise en garde. La possibilité d’une île est aussi une réflexion sur la puissance de l’amour. Vite vient l’envie de comparer sa propre lecture à celle des autres. S’il est des livres que l’on a envie de garder pour soi, il n’en est décidément rien avec ceux de Houellebecq, comme s’ils offraient, à chaque fois, la possibilité d’une confrontation », Franck Nouchi – Le Monde.

« Ce roman vous ébranle profondément. C’est la force visionnaire d’un Aldous Huxley et la cruauté d’un Evelyn Waugh. Un taureau enragé dans le magasin de porcelaine de la fiction contemporaine », David Coward – Times Literory Supplement.

« Michel Houellebecq fait là du grand art tant son écriture est honnête, précise, crue et vraie. Au-delà des thèses sur la fin des religions ou le rêve d’un Homme Nouveau, il s’agit surtout d’un livre sur la peur », Volker Weidermann – Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung.

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Mon avis : Prix Interallié 2005, La Possibilité d’une île est un livre… à part.

Où ça ? Nulle part, dans les limbes.

Vous avez lu le pitch ? Comment ça, pas de pitch ? C’est pourtant ce qui figure en quatrième de couverture.

Pas de résumé, d’éléments scénaristiques distillés par l’éditeur destinés à allécher le lecteur, à lui donner quelques pistes sur ce qu’il va peut-être lire, s’il achète le roman…

Sur le site de Fayard, le pitch commence par : « Le pitch ? Quel pitch ? Il est impossible d’en dévoiler un. Le quatrième roman de Michel Houellebecq, par son ampleur, ses ambitions, sa façon bien à lui de déjouer tout pronostic, échappe à cette pratique paresseuse de la critique moderne. »

Bien. Nous voilà sacrément avancé…

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