Trois très grands romanciers américains à découvrir

Posté le 3 décembre 2025, par , dans Le coin cadeau

Vous pensez bien connaître la littérature américaine contemporaine ? Ces pépites qui, depuis des décennies, nourrissent la richesse d’une littérature qui, en terme de style, de richesse et de diversité de thèmes, de qualité de narration, dominent – et de loin – la production mondiale ?

Alors, j’imagine que les œuvres de Tim Gautreaux, Robert Goolrick et Ernest Haycox vous sont familières. Non ? Comme c’est bizarre ! Comme s’il n’y avait pas une barrière conséquente filtrant les flux d’une côte à l’autre de l’Atlantique !

Heureusement, depuis une bonne dizaine d’années, quelques excellentes maisons d’édition françaises ont vraiment bâti une passerelle au dessus de l’Atlantique (pas terrible, la métaphore ? Je vous l’accorde !).

En attendant, pour vous permettre de vous lancer à la découverte des trois auteurs dont je viens de parler (seul Tim Gautreaux étant encore vivant), voici une sélection de leurs meilleurs romans et nouvelles. 13 titres formidables. Que du très, très bon. Enjoy !

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Trois très grands auteurs américains à (re)découvrir*

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Tim Gautreaux


Tim Gautreaux

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Tim Gautreaux est un romancier et nouvelliste né en 1947 à Morgan city, Louisiane. Il est issu d’une famille de pilotes et mécaniciens de bateaux à vapeur et de remorqueurs. Des gens qui descendaient eux-mêmes de shérifs ou assimilés.

Professeur à  l’Université de Louisiane du Sud, il commence à publier des nouvelles dans Atlantic Monthly, le New Yorker, Harper’s et GQ. En 1996, sort son premier recueil, Same Place, Same Things.

Écrivain tardif, Gautreaux rattrape vite le temps perdu avec un roman, The Next Step in the Dance (Fais-moi danser, Beau gosse) en 1998, puis un nouveau recueil, Welding with Children (1999), et deux autres romans, The Clearing (Le dernier arbre) en 1999 et The Missing (Nos disparus) en 2009.

Il obtient le prix John Dos Passos en 2005. Il vit et travaille à Hammond (Louisiane).


Nos disparus

Nos disparus – Tim Gautreaux

Points – 576 pages – 8.40 €

Le pitch : De retour à La Nouvelle-Orléans après la Grande Guerre, Sam Simoneaux assiste impuissant à l’enlèvement d’une petite fille. À la recherche de l’enfant, il embarque à bord de l’Ambassador, bateau à aubes qui sillonne le Mississippi au rythme endiablé des concerts de jazz.

Au gré des escales et des bagarres, Sam ne tarde pas à mettre au jour un fructueux commerce d’enfants animé par la pègre des bayous.

Mon avis : Surtout, ne vous fiez pas au titre, à la couverture, et au pitch de ce roman, tous trois un peu terne ! Allez au delà de cela et – faites-moi confiance – vous découvrirez un des plus merveilleux romans américains de ce XXI° siècle…

Tim Gautreaux, j’ai déjà eu l’occasion d’en parler à l’occasion de la magnifique découverte du Dernier arbre, un des trois romans écrits par cet auteur à la vocation (ou à l’expression) tardive.

Un récit du grand sud, la Louisiane du début du XX° siècle. Bayous, chaleur, moustiques, lutte des hommes frustres contre la nature sauvage. Une capacité à développer des personnages d’une complexité et d’une profondeur formidable.

Alors imaginez mon plaisir, immense, quand je me suis immergé dans ce long, long récit, au tempo aussi lent que le débit du Mississippi.

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Le dernier arbre

Le dernier arbre – Tim Gautreaux

Points – 480 pages – 8.10 €

Le pitch : Byron Aldridge, constable d’une scierie de Louisiane, noie dans l’alcool et la musique les traumatismes de la Grande Guerre. Pour le sauver, son frère Randolph rejoint l’exploitation. L’un fait régner l’ordre à coups de feu, l’autre croit au dialogue.

Au cœur des marais, les deux frères vont devoir s’allier pour affronter les Buzetti, gangsters propriétaires du saloon, qui ont juré de les tuer avant le dernier arbre coupé…

Mon avis : Comment ai-je découvert Tim Gautreaux ? Eh bien… un peu malgré moi, car l’auteur américain n’est quasiment pas connu en France et, il faut le dire, le titre et la couverture de son roman le plus connu sont bien peu engageants !

Heureusement, quelque chose dans le pitch du Dernier arbre m’a accroché l’œil et, même si l’ouvrage est resté sur une étagère plus d’un an, j’ai fini par l’ouvrir.

Dès le premier chapitre : magie littéraire, j’ai été aspiré et transporté dans le temps (l’après première guerre mondiale), l’espace (le fin fond de la Louisiane) et, dès lors, plus rien n’a compté…

Disons le tout net : ce premier roman de Tim Gautreaux, publié en France (mais le deuxième dans l’ordre chronologique) écrit à l’âge à l’âge de 56 ans, est un grand livre.

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Ce que nous cache la lumière

Ce que nous cache la lumière – Tim Gautreaux

Le seuil – 512 pages – 23.50 €

Le pitch : Tout absorbés qu’ils sont par leurs affaires de cœur, de foi, d’argent, par leurs marottes diverses et variées, occupés à peser les avantages et les inconvénients de la vie au sein de petites communautés aussi soudées que scrutatrices, les personnages de ces nouvelles tentent d’affronter les déceptions du quotidien. Ce sont des voix discrètes, rarement entendues, des vieilles filles un peu tristes, des ferrailleurs, des artisans, des retraités… souvent détestables, parfois admirables.

Sur les rives du Mississippi, sous la neige du Minnesota ou dans les montagnes de Caroline du Nord, Tim Gautreaux cartographie des existences bien loin des mondanités et des grands drames. Il manie la malchance sans sentimentalité, nous offre dans une prose ciselée des histoires bouleversantes ou hilarantes et, surtout, nous rappelle avec humour et empathie qu’il est, en général, inutile de prendre les choses trop au sérieux.

Mon avis : Dans ses remerciements, en fin de livre, Tim Gautreaux écrit : « Les nouvelles n’ont pas bonne presse de nos jours« . Il a parfaitement raison, mais qu’est-ce que l’auteur américain dirait s’il était français !

Vous voulez une preuve de la magie de la nouvelle, sans pour autant aller piocher dans les œuvres de Maupassant, Somerset Maugham ou Jim Harrison ?

Alors plongez-vous directement dans Ce que nous cache la lumière, le merveilleux recueil du grand Tim Gautreaux , je vous garantie (satisfait ou remboursé !) que vous sortirez de sa lecture l’âme plus large, un léger sourire au coin des lèvres et l’oeil humide !

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Fais-moi danser, beau gosse

Fais moi danser beau gosse – Tim Gautreaux

Points – 480 pages – 9,50 €

Le pitch : Beau Gosse a épousé la plus belle fille de Tiger Island : quand le couple danse le jitterbug, il attire tous les regards. Mais les talents de mécanicien de Paul ne suffisent pas à Colette. Elle rêve de quitter cette ville de rustres.

Lorsqu’elle fuit la Louisiane, Beau Gosse doit choisir : son bayou natal, ravagé par la crise pétrolière, ou Los Angeles et ses lumières pour tenter de la reconquérir ?

Mon avis : Avec seulement trois romans publiés en onze ans, Tim Gautreaux s’est affirmé comme un des auteurs majeurs américains, et sans doute le plus grand auteur du sud. Fais-moi danser, Beau Gosse, est son premier roman, publié avant ceux-ci, et c’est sans aucun doute son moins achevé… même sa qualité, pour un coup d’essai, est tout à fait formidable !

En près de 500 pages denses, nourries d’un technique de narration impeccable privilégiant les dialogues, Tim Gautreaux embarque le lecteur dans une histoire triste et réaliste comme le fin fond de la Louisiane.

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Robert Goolrick


Robert Goolrick

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Robert Goolrick est un écrivain américain né en 1948 et mort en 2022. Après une carrière dans la finance, il a vécu dans une petite ville de Virginie avec ses deux chiens Preacher et Judge.

Il a publié aux éditions Anne Carrière Une femme simple et honnête, Féroces, Arrive un vagabond (Grand Prix des lectrices de Elle 2013), La Chute des princes (Prix Fitzgerald 2015), et Ainsi passe la gloire du monde (2019).

Il est également l’auteur d’un récit autobiographique, Féroces.


La chute des princes

La chute des princes – Robert Goolrick

10/18 – 240 pages – 6.60 €

Le pitch : New York, années 1980. Robert Goolrick nous invite au bal des vanités, où une bande de jeunes hommes vont vendre leur âme au dollar et se consumer dans une ronde effrénée, sublime et macabre. Ils ont signé pour le frisson, une place sur le manège le plus enivrant que la vie ait à leur offrir. Et ces princes vont jouer toute la partie : les fêtes, les drogues, l’alcool, les corps parfaits des deux sexes, les pique-niques dans la vaisselle de luxe, les costumes sur mesure taillés par des Anglais dans des tissus italiens, les Cadillac, le sexe encore et toujours, les suites à Las Vegas, des morts que l’on laisse en chemin mais pour lesquels il n’est pas besoin de s’attarder parce qu’on va les retrouver vite.

Vite, toujours plus vite, c’est la seule règle de ce jeu. Aller suffisamment vite pour ne pas se laisser rattraper. Parce que les princes sont poursuivis par de terrifiants monstres : le sida, les overdoses, le regard chargé de honte de leurs parents, le dégoût croissant de soi-même, un amour s’excusant de n’avoir sauvé personne.

Mon avis : Quand on lit La chute des princes (découvert par pure curiosité, pour la beauté de la photo de la couverture, en édition format poche), on ne peut s’empêcher de faire des rapprochements avec plusieurs livres célèbres.

Un rapprochement, de prime abord, avec le Loup de Wall Street, le récit sidérant et véridique d’un trader qui, au sommet de la bulle financière américaine du début du siècle, part dans tous les excès : argent, fêtes, drogues, sexe. Cela se terminera très mal, comme dans celui-ci.

Mais l’immense différence entre les deux romans tient – outre l’époque (nous sommes ici dans les années 80) – dans l’intention.

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Féroces

Féroces – Robert Goolrick

10/18 – 288 pages – 6.60 €

Le pitch : Les Goolrick étaient des princes. Et tout le monde voulait leur ressembler. C’étaient les années 50, les femmes se faisaient des coiffures sophistiquées, elles portaient des robes de taffetas ou de soie, des gants et des chapeaux, et elles avaient de l’esprit. Les hommes préparaient des cocktails, des Gimlet, des Manhattan, des Gibson, des Singapore Sling, c’était la seule chose qu’ils prenaient au sérieux. Dans cette petite ville de Virginie, on avait vraiment de la classe, d’ailleurs on trouvait son style en lisant le New Yorker.

Chez les Goolrick, il y avait trois enfants, tous brillants. Et une seule loi : on ne parle jamais à l’extérieur de ce qui se passe à la maison. A la maison, il y avait des secrets. Les Goolrick étaient féroces.

Mon avis : Se faire secouer par un livre, cela n’est pas fréquent, mais cela arrive. Volontairement ou pas, on tombe parfois sur un roman dont le contenu est si terrible qu’il vous retourne l’intérieur.

Mais se faire secouer par un livre tout en restant, jusqu’au bout, stupéfait, pétrifié par la qualité de la forme, du fond, du style, c’est assez rare. C’est ce qu’il vient de m’arriver avec Féroces, de Robert Goolrick.

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arrive un vagabond

Arrive un vagabond – Robert Goolrick

10/18 – 360 pages – 7,80 €

Le pitch : Brownsburg, Virginie, 1948. Une petite ville paisible, aux maisons bien alignées. On y vit en bon voisinage, dans la crainte de Dieu et le respect des convenances. Le soir, sous les vérandas, on boit du thé glacé. Quand arrive un vagabond… Au volant d’un vieux pick-up déglingué, il s’appelle Charlie Beale et s’attire vite l’affection générale. Celle d’un enfant, d’abord, puis l’amour d’une femme mariée…

La passion vient d’entrer dans Brownsburg, emportant avec elle ce qui pouvait rester de pureté et d’innocence…

Mon avis : Robert Goolrick : chacune de ses œuvres est pour moi une découverte, parfois un choc, tant l’auteur démontre, histoire après histoire, une rare capacité à traiter des élans magnifiques, mais aussi des sombres méandres de l’esprit humain.

Arrive un vagabond, son troisième roman, une histoire du sud profond, la campagne virginienne avec la poussière et la chaleur, joue ainsi sans cesse entre la lumière et l’ombre.

La lumière, c’est l’espoir dans la nature humain, l’amour des enfants; mais surtout la passion dévorante, totale, animale, entre un homme et une femme, sujet central, essentiel de ce roman.

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Ainsi passe la gloire du monde – Robert Goolrick

10/18 – 192 pages – 7,20 €

Le pitch : Ancien prince de Wall Street, Rooney, double de Robert Goolrick, se retrouve à 70 ans seul et ruiné, avec pour seule compagnie quelques souvenirs de joie, sa colère dévorante contre une Amérique malade présidée par un dangereux clown, qu’il a connu autrefois, et une question obsédante : quand on fait l’amour pour la dernière fois, sait-on que c’est la dernière ?

À l’occasion de funérailles, il convoque les fantômes du passé et part à la recherche des quelques fidèles qu’il connaît encore, témoins d’une autre vie, d’une autre Amérique.

Mon avis :Goolrick est un auteur qui travaille « sur deux jambes ».

La première, c’est la jambe romanesque, avec des récits au style très classique et à la forme un brin baroque, sur des toiles de fond historique. Des récits bourrés de qualité, mis ce n’est pas là que Goolrick est le meilleur. La seconde, c’est la veine autobiographique. Trois livres, trois grandes œuvres.

Ainsi passe est un récit tout aussi frappant, fragile, magnifique, effrayant et désespéré que les deux premiers, puisque ce n’est qu’une sorte de synthèse de sa vie, bourrée de traumatismes, d’excès, sur laquelle il a appliqué le traumatisme ultime de la déchéance de l’Amérique, son Amérique, devenue celle de Trump.

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Une femme simple et honnête

Une femme simple et honnête – Robert Goolrick

Pocket – 340 pages – 8.40 €

Le pitch : Wisconsin, automne 1907. Sur un quai de gare, Ralph Truitt, magnat local craint et respecté, attend un train en retard alors que s’annonce une tempête de neige. Ce train renferme son dernier espoir, une promesse de bonheur et d’harmonie retrouvée. Ralph Truitt a placé plusieurs mois auparavant une annonce dans un journal de Chicago, dans laquelle il a écrit qu’il était à la recherche d’une femme fiable, ayant renoncé aux illusions romantiques, mais sachant apprécier le confort d’un foyer.

Dans le train, Catherine Land s’apprête à le rencontrer. Elle lui a répondu qu’elle était cette femme simple et honnête qu’il appelait de ses vœux. Pour mieux l’en convaincre, elle se débarrasse de ses derniers atours de courtisane et se déguise en cette épouse modèle qu’elle compte bien incarner à la perfection, le temps de parvenir à ses fins.

Mon avis : Robert Goolrick est un auteur intriguant et passionnant, disparu en 2022. Depuis que je l’ai découvert, il y a quelques années, avec La chute des princes, un roman étonnant sur la décadence des traders de Wall Street, je n’ai pas lu deux œuvres de sa main qui se ressemblent, de près ou de loin, sur le plan formel.

Avec Une femme simple et honnête, je découvre la plume d’un auteur qui écrit dans la plus pure tradition romantique et gothique du XIX° siècle, après avoir été secoué comme jamais par Féroces, son autobiographie électrisante écrite dans un style aussi sec qu’un coup de trique…

Dès les premières pages, le lecteur est enveloppé, comme les personnages principaux, dans le tourbillon de neige – chaud et froid mêlé – d’un style flamboyant et lyrique. L’impression de basculer dans un chapitre du Docteur Jivago de Boris Pasternak.

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Ernest Haycox


Ernest Haycox

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Ernest Haycox (1899-1950) est un écrivain et scénariste de westerns, auteur américain d’une trentaine de romans et d’environ trois cents nouvelles, . Parmi ses admirateurs figurent Gertrude Stein et Ernest Hemingway, à qui l’on attribue cette phrase : « J’ai lu le journal chaque fois qu’il publiait un feuilleton de Haycox. »

Son œuvre a inspiré huit adaptations cinématographiques, dont La Chevauchée fantastique, Les clairons sonnent la charge (adaptation du roman Des clairons dans l’après-midi, Actes Sud, 2013) et Le Passage du canyon, film de Jacques Tourneur de 1946, basé sur l’ouvrage du même nom (Actes Sud, 2015). Il est également l’auteur de Les fugitifs de l’Alder Gulch.

En 2005, le prestigieux jury des Western Writers faisait de Haycox l’un des vingt-quatre meilleurs auteurs de l’Ouest du XXe siècle.


Les fugitifs de l'Alder Gulch

Les fugitifs de l’Alder Gulch – Ernest Haycox 

Actes sud/Babel – 384 pages – 8.90 €

Le pitch : Au milieu des années 1800, un couple improbable s’enfuit pour rejoindre le nouvel eldorado de la vallée de l’Alder Gulch, dans le Montana, où des milliers de chercheurs d’or s’aventurent pour faire fortune. Jeff Pierce est traqué par le frère de l’homme qu’il a tué. Sa compagne de route, Diana Castle, cherche à échapper à un mariage arrangé. Quel avenir leur réserve cet Ouest sauvage où la loi est piétinée ?

Avec ce portrait d’une communauté d’orpailleurs dans les contrées sauvages des États-Unis, Ernest Haycox se hisse au rang des plus grands auteurs de westerns. Il y déploie à merveille son art romanesque et sa connaissance de la nature humaine dans une authenticité parfaitement lyrique. Et offre au genre une héroïne forte et éclatante, un vent de modernité.

Mon avis : Vous savez quel est le plus grand plaisir d’un grand lecteur ? C’est de tomber, à peu près une fois par an, pas plus, parfois moins, sur un livre écrit par un auteur que l’on ne connait pas, dont on n’a même jamais entendu parler, et que ce livre se révèle être un vrai chef-d’œuvre, un très gros coup de foudre. C’est une rencontre de ce type que j’ai faite, ces derniers jours, avec Ernest Haycox.

Une fois le roman terminé, sidéré (pas le roman, le lecteur !), j’ai découvert qu’Haycox était considéré aux Etats-Unis comme un auteur majeur… de la première partie du XX° siècle, puis qu’il est mort (prématurément) en 1950. Un grand spécialiste de la littérature de l’ouest, de la littérature de western diraient certains, même si ce vocable me parait très réducteur, voire un peu péjoratif de ce côté ci de l’Atlantique.

Sous les dehors rugueux d’une apparente histoire d’hommes et de femmes, plongés dans la sauvage atmosphère de la ruée vers l’or des 1860’s (tout le récit, y compris les détails, s’appuie sur des faits réels), se cache un trésor de récit gorgé d’humanité et de violence, de délicatesse de sentiments et de violence terrifiante.

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Le passage du canyon

Le passage du canyon – Ernest Haycox

Actes sud/Babel – 368 pages – 8.90 €

Le pitch : Oregon, 1850. Quand Logan Stuart, aventurier et homme d’affaires, arrive à Jacksonville, il découvre une bourgade sur laquelle plane la menace des Indiens… mais aussi les rivalités qui opposent prospecteurs, paysans et autres émigrants. Il va alors se retrouver au cœur de tous ces conflits.

Une bagarre qui éclate, un joueur prêt à tuer pour dissimuler ses dettes, des rumeurs qui courent, des colons soudainement massacrés, et voilà que toute une société animée par la passion de l’argent ou du jeu, l’amitié profonde ou les liaisons cachées, est sur le point d’exploser.

Mon avis : Ernest Haycox, polygraphe assumé (une trentaine de romans, une centaine de nouvelles),  a connu dans son pays une vraie gloire de son vivant, porté par les très nombreuses adaptations de ses romans au cinéma, à la grande époque d’Hollywood. Et en France ? Rien de rien, inconnu au bataillon ! Heureusement que, ces toutes dernières années, le grand réalisateur Bertrand Tavernier et les éditions Actes sud ont décidé de mettre – enfin ! – en lumière son œuvre, auprès des lecteurs français.

Heureusement, car quel grand écrivain que cet amateur de l’histoire fondatrice des Etats-Unis, dont l’essentiel de l’œuvre se déroule sur toile de fond de la conquête de l’ouest ! Après avoir ouvert la porte de sa bibliographie par le chef-d’œuvre Les fugitifs de l’Alder Gulch, j’ai poursuivi ma visite par le tout aussi brillant et attachant Le passage du Canyon, dans lequel j’ai retrouvé tout ce qui avait fait mon admiration et mon plaisir lors de ma lecture des fugitifs.

Les livres d’Haycox  ne sont que charme et paradoxes.

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Des clairons dans l'après-midi

Des clairons dans l’après-midi – Ernest Haycox

Actes sud – 458 pages – 9.80 €

Le pitch : Dans un coin perdu du Dakota, la jeune Josephine Russel fait la connaissance de l’énigmatique Kern Shafter, aux allures de gentleman, que ronge un lourd secret et un désir de vengeance. Shafter rejoint comme simple soldat le Septième de cavalerie que commande le général Custer.

Histoire d’amour et de vengeance sur fond de la plus célèbre bataille des guerres Indiennes, Little Big Horn, que Haycox retrace avec une extraordinaire lucidité. Un magnifique roman épique et intime, lyrique et précis.

Mon avis : Comme je l’indique par ailleurs sur ce site, Ernest Haycox est un auteur américain ayant vécu très exactement (1899/1950) la première partie du XX° siècle. Un très grand écrivain que cet amateur de l’histoire fondatrice des Etats-Unis, dont l’essentiel de l’œuvre se déroule sur toile de fond de la conquête de l’ouest !

Après avoir ouvert la porte de sa bibliographie par le chef-d’œuvre Les fugitifs de l’Alder Gulch, j’ai poursuivi ma visite par le tout aussi brillant, attachant et – il faut le dire ! – génial Le passage du Canyon.

Il ne me restait plus, après ces deux expériences uniques, qu’à plonger dans la lecture de son roman consacré à la bataille de Little big horn, sans doute une des deux ou trois tragédies nationales majeures de l’histoire américaine.

Un gros pavé où Haycox délaisse, pour une fois, la vie des chercheurs d’or, trappeurs, fermiers et autres pionniers de la nouvelle frontière, pour s’attacher à la vie de l’armée américaine.

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Les fugitifs

Les pionniers – Ernest Haycox

Actes sud – 608 pages – 12,40 €

Le pitch : Ils viennent du Missouri et ont tout abandonné dans l’espoir de trouver une terre à des milliers de kilomètres de leurs foyers. Ce voyage où ils affrontent les rapides, le froid, les pluies diluviennes qui vous transpercent, la faim, constitue une suite d’épreuves exténuantes que Haycox restitue avec une ampleur, un lyrisme, une vérité inégalés.

Parvenus à destination, les survivants doivent construire un nouveau monde avec ses règles, ses usages et ce malgré les rivalités, les préjugés raciaux, les barrières de classes.

Mon avis : Avec Les pionniers, voici un roman posthume d’une dimension aussi épique que son sujet. Plus de 500 pages serrées, soit plus d’un million de signes, de quoi vous occuper, comme je l’ai été, pendant de très nombreuses soirées au coin du feu ou la tête sur l’oreiller (désolé, je ne connais pas votre pratique favorite de lecture !).

On retrouve au fil des pages toutes les qualités d’Haycox, son style impeccable, ses riches descriptions de la nature encore vierge, mais surtout sa capacité à développer des personnages de chair et de sang, à traduire, lors de dialogues plein de sens et de non-dits, les sentiments qui s’installent entre eux.

De l’amour parfois – quel sens du récit des désirs et des attirances entre un homme et une femme ! – mais aussi parfois de la haine.

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