[Idées lecture] Les grandes (auto)biographies d’artistes

Posté le 15 septembre 2022, par letournepage, dans Le coin cadeau

Rockwell

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Qui a-t-il de plus fascinant que l’œuvre d’un artiste ? Peut-être, tout simplement, une vie d’artiste !

Ce n’est pas par hasard que l’œuvre d’un artiste, – un peintre, un auteur, un acteur, un musicien –  est parfois dépassé, dans l’esprit des gens et dans la postérité, par l’homme (ou la femme) qui se trouve à l’origine de l’œuvre.

Et le recul de l’histoire montre parfois que l’artiste peut survivre à son œuvre, au point de la phagocyter. Un exemple ? Cyrano de Bergerac qui, avant de passer définitivement la postérité grâce à la pièce d’Edmond Rostand, fut un personnage important de son temps, mais surtout un auteur  célébré : poète, conteur, philosophe.

Une vie d’artiste, on peut la raconter de son vivant, ou après sa mort. Et celui qui la raconte – le biographe – est parfois… l’artiste lui même – l’autobiographe.

Voilà, sans règle ou ligne directrice particulière, quelques biographies et autobiographies dont la lecture m’a marqué au fil du temps. Acteurs, réalisateurs, auteurs, éditeurs, chanteurs, musiciens : une quarantaine de récits de vies étonnantes, souvent écrits… avec talent !

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Les grandes bio et autobiographies d’artistes

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Les (auto) biographies d’acteurs et de réalisateurs


Audrey Hepburn

Audrey Hepburn – Ellen Erwin

Ramsay –  192 pages –  45.00 €

Le pitch : Un hommage éblouissant, un exceptionnel document biographique sur une actrice magnifique comprenant environ deux cents photographies, dont certaines inédites, et plus d’une trentaine de souvenirs en fac-similé, notamment un extrait du scénario de Diamants sur canapé annoté par Audrey, une lettre qu’elle écrivit à son mari Mel Ferrer durant la préparation du film Au risque de se perdre, ou encore son contrat pour sa première comédie musicale.

Mais aussi un programme de spectacle de danse de son enfance ou sa carte d’identité durant l’occupation allemande… Où l’on découvre une adolescente qui rêvait d’être danseuse, une artiste intransigeante avec elle-même, une femme talentueuse et généreuse, dont la vie ne se limita pas à l’éclat des sunlights.

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Audrey Hepburn

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Mon avis : Plus les années passent – un quart de siècle déjà depuis sa mort – plus Audrey Hepburn grimpe au panthéon des plus grandes actrices de l’histoire du cinéma.

Ce n’est pas un avis subjectif, venant d’un inconditionnel (j’en suis un), mais bien un avis partagé, général, tout autant par les cinéphiles que par les amateurs de la mode, sans oublier tous ceux qui, désormais, accordent de l’importance aux démarches visant à aider les populations en difficulté.

Les raisons : la beauté, la grâce, la modestie, la générosité, le talent et l’intelligence de l’actrice.

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Journal intime

Journal intime – Richard Burton

Séguier – 576 pages – 24.90 €

Le pitch : « On vient de me faire une offre d’un million de dollars pour la publication d’un seul mois de ce journal », écrit avec étonnement Richard Burton en 1968. L’acteur est alors un des monstres sacrés du 7e art et forme un couple mythique et scandaleux avec Elizabeth Taylor. Cette relation passionnée, leur train de vie babylonien, leur beauté, leurs excès et leurs succès : le journal intime de Burton nous y plonge « caméra à l’épaule », comme si nous y étions.

Mais il révèle aussi un homme insoupçonné, infiniment plus complexe que le commun des acteurs hollywoodiens. Sceptique et distant à l’égard du cinéma, il se montre en revanche fou de théâtre et de littérature. Doté d’un sens de l’humour irrésistible et d’une grande faculté d’observation, Richard Burton possédait les qualités rares et indispensables du diariste – pour notre plus grand bonheur.

Mon avis : Pour un grand lecteur, un lecteur compulsif (vous savez, celui qui dévore autant de livres qu’il en est capable, toute sa vie…), tomber sur un livre qui ne ressemble à aucun autre, c’est finalement assez rare. Lorsque cela arrive, cela peut lui procurer une joie profonde, celle de la découverte, de l’imprévue, de la surprise… pour autant qu’au delà de son originalité, l’œuvre ait une valeur intrinsèque, bien entendu.

C’est cette joie que j’ai ressentie à la lecture du Journal intime de Richard Burton, publié par les éditions Séguier sous une très jolie couverture mettant en scène le si fameux couple Richard Burton/Elisabeth Taylor.

Pénétrer dans l’intimité au quotidien d’une figure mondialement connue du cinéma, c’est ce que propose Chris William.

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Histoire de ma vie

Histoire de ma vie – Charles Chaplin

Robert Laffont – 494 pages – 25.00 €

Le pitch : Au cours de sa vie, Chaplin a accordé des centaines d’interviews, il a eu de nombreux biographes, mais c’est en écrivant Histoire de ma vie, et en se racontant lui-même, qu’il s’est livré, et a laissé paraître l’homme derrière la légende.

L’histoire de ce génie – dont les amis s’appelaient Douglas Fairbanks et Mary Pickford, Enrico Caruso, George Bernard Shaw, Churchill, Gandhi, Einstein, Cocteau et Picasso – est en même temps celle du cinéma américain, de Hollywood, de sa naissance et de son développement extraordinaire.

C’est aussi l’histoire d’un homme seul malgré la célébrité, d’un homme qui ne cache rien des vicissitudes de sa vie sentimentale jusqu’à la rencontre avec Oona et le bonheur familial en compagnie de leurs huit enfants.

D’un homme enfin dont la vie fut un combat. Combat contre la pauvreté d’abord, combat politique aussi, et, par-dessus tout, combat pour son art.

Mon avis : Charles (Charlie) Chaplin est probablement l’incarnation absolue du cinéma au yeux du monde entier, au côté (paradoxe) de Marylin Monroe. Et il le mérite amplement tant son génie créatif continue à sauter aux yeux de tout ceux qui, aujourd’hui, visionne un de ses films.

Scénariste, dialoguiste (eh oui, rappelez-vous du discours fabuleux du Dictateur !), réalisateur, acteur, producteur, compositeur : son talent protéiforme est vraiment la marque d’un génie.

Avec son autobiographie, que vous allez lire – que vous devez lire ! -, vous vérifierez que Chaplin était également un merveilleux conteur car – saperlipopette ! -, comme cet épais bouquin est passionnant, fascinant !

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Hollywood story

Hollywood story – Frank Capra

Ramsay – 600 pages – 15.00 €

Le pitch : A force de travail et d’obstination, un petit émigrant italien, Frank Capra, devient un des princes d’Hollywood.

Personne n’a oublié ses plus belles contributions à l’Age d’or du cinéma La vie est belleNew York-MiamiL’Extravagant Mr DeedsMr Smith au SénatArsenic et vieilles dentelles. Gary Cooper, Cary Grant, James Stewart, Spencer Tracy, Bette Davis lui doivent leurs rôles les plus célèbres.

Hollywood Story, c’est toute une vie, faite d’enthousiasme et d’amour du 7e art après quarante-cinq ans de chevauchée fantastique sur le cheval ailé du cinéma.

Mon avis : Une remarque préalable : le titre français de cette autobiographie est nul, comment ne pas préférer l’original : The name above the title ! Un titre qui a du sens : Capra fut, entre les deux guerres, un réalisateur si connu du grand public qu’il faisait vendre un film sur son nom : c’est pour cela que son nom se retrouva, pour la première fois dans l’histoire du cinéma, placé au dessus du titre du film !

Hollywood Story est un ouvrage publié par Ramsay Poche Cinéma, une collection qui fut, pendant vingt ans, la meilleure jamais créée en France pour parler du cinéma.

Franck Capra, c’est une vie incroyable : petit immigré italien, il devint un géant d’Hollywood, le réalisateur le plus célèbre de l’entre-deux guerre, avec de nombreux chefs-d’œuvre, un film considéré comme un des trois plus importants de l’histoire du cinéma (La vie est belle), 3 oscars du meilleur film, et – traversant littéralement tout le XX° siècle – il mourut en 1991 à l’âge de 94 ans !

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Tim Burton

Tim Burton – Entretiens avec Mark Salibury

Points – 400 pages – 11.90 €

Le pitch : D’Edward aux mains d’argent à Sweeney Todd, en passant par L’Étrange Noël de Mr Jack ou Batman, le cinéaste livre les secrets de sa création et ouvre les portes de son imaginaire, peuplé de rêves et de cauchemars.

Mon avis : Quel plaisir quand un éditeur de livres en format poche (merci Points !) se donne la peine de prendre quelques risques !

Si vous êtes un fan de Tim Burton (et même si vous trouvez, comme moi, qu’il ne vieillit pas très bien…), précipitez vous sur ce tirage spécial de ce livre d’entretiens du grand réalisateur avec Mark Salisbury, car vous en aurez largement pour votre argent : moins de 12 € !

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Tim Burton - Entretiens avec Mark Salisbury

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Relié comme un livre d’art, ce petit format en impose : superbe couverture en carton épais toilée de noir, avec un dessin en encart et titre incrusté, jolies gardes bleu nuit avec motif de chauve-souris, et 400 pages imprimées sur papier épais, rythmées par d’innombrables dessins et toiles en couleur et en noir et blanc de Tim Burton.

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Laurel et Hardy

Laurel et Hardy – Roland Lacourbe

L’Archipel – 288 pages –  20.00 €

Le pitch : D’un côté, Hardy le gros, bon enfant mais autoritaire et colérique ; de l’autre, Laurel le petit, soumis et rêveur mais rusé. Ce couple mal assorti a réussi l’exploit de former un duo mythique du cinéma, muet puis parlant. Plusieurs générations de spectateurs ont ri aux larmes devant leurs chamailleries, leurs gaffes et leurs maladresses.

Mais qui connaît la vraie personnalité de ces inséparables trublions ? Hardy, franc-macon, amateur de courses et de jazz, joueur de golf émérite ; Laurel, épris de sports violents, virtuose de la pêche au gros, coureur de jupons et, derrièrere la caméra, véritable cerveau du couple…

Ce livre constitue une somme unique d’informations sur l’Anglais Arthur Stanley Jefferson, dit Stan Laurel (1890- 1965), et l’Américain Oliver Norvell Hardy (1892-1957), qui se fondirent un jour en une étonnante symbiose, édifiant l’un des plus solides monuments comiques du xxe siècle.

Mon avis : « Enfin une somme sur Laurel et Hardy ! », me suis-je exclamé en découvrant cet essai début 2019. Laurel et Hardy… Un couple que j’ai depuis longtemps placé au panthéon de mes idoles cinématographiques et dont les court-métrages (plus que les longs) m’ont ravi, depuis ma plus petite enfance jusqu’à ce jour, sans la moindre défaillance.

Bref, pas de doute, il y a avait de la motivation lorsque j’ai ouvert le recueil de 290 pages.

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Mémoires capitales

Mémoires capitales – Groucho Marx

Point – 280 pages – 6.00 €

Le pitch : Tout sur Groucho : À quelques années près, je suis né au tournant du siècle. Je ne dirai pas de quel siècle. Vous n’avez droit qu’à une seule réponse.

Groucho écrivain ? J’aurais pu écrire un classique si je l’avais voulu, mais je préfère écrire pour le menu peuple. Dans la rue, je ne cherche pas qu’on me montre du doigt en disant : « Hé, regardez ! C’est le type qui a écrit un classique ! »

Alors, pourquoi, une autobiographie ? La tentation de se raconter est irrésistible, surtout quand on y est poussé par un éditeur rusé qui vous a sournoisement circonvenu avec une ridicule avance de cinquante dollars et une boîte de cigares bon marché.

Mon avis : L’autobiographie de Groucho Marx est, à ma connaissance, une œuvre unique dans le paysage littéraire mondial : il s’agit de la seule autobiographie véritable qui soit en même temps un texte humoristique.

Car, si vous vous immergez dans ce récit qui frôle parfois la démence surréaliste, vous n’échapperez pas aux fous rires. L’humour non-sens et tous azimuts de Groucho Marx ne s’arrête jamais : il fait partie véritablement de son ADN !

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Roman par Polanski

Roman par Polanski – Roman Polanski

Ramsay – 544 pages – 25.00 €

Le pitch : « J’ai passé une grande partie de ma vie sur des montagnes russes, à négocier d’impossibles virages, à escalader les hauteurs – triomphes immenses, joies et plaisirs – avant de plonger, éperdument, vers des abîmes de tragédie et de douleur. Mais c’est bien ce périple insensé qui m’a conduit vers cet endroit inattendu : un présent de bien-être, et, oserais-je le dire, de bonheur. Voila pourquoi je ne regrette rien du chemin que j’ai parcouru. »

« La vie de Roman Polanski est un scénario extraordinaire qu’il faudrait filmer », Bernard Pivot, Apostrophes.

Mon avisRoman Polanski est un des réalisateurs majeurs du dernier demi-siècle, qui a reçu une multitude de césars et d’oscars – mérités ! – pour ses films.

Oui mais Polanski, c’est aussi le mari de Sharon Tate, assassinée par Charles Manson en 1969, alors qu’elle était enceinte de plus de huit mois.

Polanski, c’est l’auteur de films aussi marquants ou importants que Répulsion, Le bal des vampires, Chinatown, Tess, Le pianiste, mais aussi le metteur en scène célèbre d’opéras, pièces de théâtre (Amadeus),mais aussi un acteur de talent.

Oui, mais Polanski, c’est aussi  l’homme impliqué dans une sulfureuse histoire de viol, aux Etats-Unis, d’une fille de treize ans, qui a finit par fuir les Etats-Unis pour échapper à la justice (c’est une formule, lisez le livre !).

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Total recall

Total Recall – Arnold Schwartznegger

Pocket – 864  pages – 10.00 €

Le pitch : Faut-il présenter celui que l’on a surnommé, à tour de rôle, le « Chêne autrichien » pendant ses années de culturisme, puis « Schwarzy » pendant sa carrière d’acteur et, plus récemment, « Gouvernator » pendant ses deux mandats à la tête de la Californie ? Né en Autriche en 1947, il est devenu l’un des plus grands culturistes de l’Histoire, avec notamment 5 titres de Monsieur Univers et 7 titres de Monsieur Olympia, et a immigré en 1968 aux États-Unis, où son physique hors normes lui a ouvert les portes d’Hollywood.

Il y fera une carrière exceptionnelle, devenant l’une des plus grandes vedettes du cinéma mondial dans les années 1980-1990. Comment ne pas se souvenir de Total Recall, de la série des Terminator, mais aussi des comédies Un flic à la maternelle et Jumeaux ? Politiquement engagé dans le Parti républicain, il a été élu gouverneur de l’État de Californie en 2003, puis réélu à ce poste en 2006. On a dit de lui que si la Constitution n’interdisait pas à un Américain naturalisé de briguer la présidence des États-Unis, il serait peut-être aujourd’hui à la Maison-Blanche…

Mon avis : Gros balourd bourré de stéroïdes, Arnold Schwarzenegger (que j’appellerai désormais Schwarzy, pour faire plus simple) ? Allons donc, que voilà bien une image d’Epinal, cher(e) lecteur(trice) !

Pour ne pas rester sur cette opinion un peu simpliste, je vous invite à plonger dans cet océan autobiographique (près de 900 pages !) dont le titre est on ne peut plus opportun, et le sous-titre (L’incroyable et véridique histoire de ma vie) parfaitement justifié.

Vous ressortirez de cette lecture lessivé, ébloui par les talents multiples de Schwarzy. Sérieux, je suis sérieux : Total recall est un vrai Tourne Page, absolument passionnant de bout en bout.

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Soit dit en passant : Autobiographie

Soit dit en passant – Woody Allen

Stock – 540 pages – 24.50 €

Le pitch : Né en 1935 à Brooklyn, Woody Allen se lance dans le show-business à l’âge de seize ans en rédigeant des gags pour des chroniques dans différents journaux de Broadway, avant d’écrire pour la radio, la télévision, le théâtre, le cinéma et le New Yorker. Il quitte ensuite la solitude du bureau de l’écrivain pour devenir humoriste dans divers clubs, puis le célèbre réalisateur que l’on sait. Durant les quelque soixante ans de sa carrière cinématographique, il a écrit et tourné cinquante films dont il est souvent aussi l’acteur principal. Il a reçu de nombreuses récompenses nationales et internationales, et a vu des statues érigées en son honneur (sans jamais d’ailleurs comprendre ce qui lui avait valu pareil hommage), et ses films ont été mis au programme d’écoles et d’universités dans le monde entier.

Mon avisWoody Allen est indubitablement un des plus grands réalisateurs des cinquante dernières années.

Bien, une fois cela dit, comment aborder son autobiographie, compte tenu des scandales liés, d’une part à son mariage avec Soon-Yi (30 ans plus jeune que lui), la fille adoptive de Mia Farrow, et d’autre part aux accusations de viol de la même Mia Farrow concernant sa jeune fille Dylan ?

Si vous considérez que ces accusations entachent la réputation de Woody Allen au point de déconsidérer toute son oeuvre artistique, il ne faut pas lire ce livre, bien entendu, car il ne présente plus le moindre intérêt. Si, comme c’est mon cas, vous considérez qu’il faut distinguer l’artiste de l’homme, alors vous prendrez le temps et le plaisir de lire ce gros pavé bourré de talent, en évitant de lire près d’une centaine de pages, celles où Woody Allen aborde longuement, très longuement, trop longuement, les deux scandales évoqués plus haut.

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Scorsese par Scorsese

Ramsay – 328 pages –  90.00 €

Le pitch : Scorsese par Scorsese présente le processus créatif de l’un des plus importants réalisateurs au monde, depuis ses premiers courts métrages, au début des années soixante, jusqu’à aujourd’hui, à travers des entretiens donnés à Michael Henry Wilson tout au long de sa carrière, depuis 1974.

Il restitue la carrière et l’oeuvre de Scorsese dans toute sa richesse, à travers une abondante iconographie comprenant de nombreux documents photographies de famille, de tournages, scripts originaux, dessins, notes et storyboards , dont beaucoup extraits des propres archives du cinéaste.

Un ouvrage de référence pour les admirateurs du réalisateur de Mean Streets (1973), Taxi Driver (1976) et Casino (1995), et pour les professionnels du cinéma qui y trouveront les clés du travail du cinéaste. Ses films récents (Les Infiltrés, 2006 ; Shutter Island, 2010) ont bénéficié d’un accueil critique et populaire important.

Une filmographie détaillée complète cet ouvrage de référence.

Mon avis : Sorti fin 2011, à peine deux ans avant la mort de l’auteur, Michael Henry Wilson, Scorsese par Scorsese est, pour les cinéphiles, dans la catégorie des « livres d’entretiens sur le cinéma », un peu l’équivalent américain du Hitchcock par Truffaut.

Sur le même principe que celui utilisé par François Truffaut dans son livre consacré au maître du suspens, Wilson reprend dans son ouvrage l’intégralité des films long métrage de son réalisateur préféré (il lui aura consacré plusieurs livres au cours de sa carrière).

Il reproduit, dans l’ordre chronologique, tous les entretiens à bâton rompu qu’il a pu avoir avec lui tout au long de près de quarante ans de confidences. Dans le métier, un rapport de complicité assez rare, à ce niveau de fidélité, entre un réalisateur et un journaliste.

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Photo de groupe sur le tournage des Affranchis

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Le résultat est passionnant… pour l’amateur du cinéma de Martin Scorsese, bien entendu !

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Errol Flynn mémoires

Mémoires (My wicked, wicked ways) – Errol Flynn

Tempus Perrin – 576 pages – 12.00 €

Le pitch : Figure légendaire de l’Âge d’or d’Hollywood, Errol Flynn fut surtout un acteur incontrôlable, scandaleux et charismatique, très éloigné des vedettes lisses et calibrées des temps modernes. Un homme politiquement incorrect, dont les confessions peuvent aujourd’hui faire rire… ou choquer.

À l’écran, sa beauté et son dynamisme firent de lui un habitué des rôles héroïques : Capitaine Blood (1935), Les Aventures de Robin des Bois (1938), L’Aigle des mers (1940), La Charge fantastique (1941)… Mais chaque décor a son envers – certains plus sombres que les autres. Dans ses Mémoires posthumes, parus un an après sa mort, Flynn révélait tout de sa vie d’aventurier des mers, de ses conquêtes, de ses mensonges, de ses pitreries, de son alcoolisme Plus qu’aucun autre acteur de sa génération, il incarne l’ambivalence du mythe hollywoodien : la célébrité, le luxe, et l’envers du décor, machiste, violent, consumé par les excès.

Mon avis : Pour la majorité des cinéphiles, Errol Flynn est aujourd’hui un nom qui évoque… pas grand chose. Car la majorité des films qui ont fait sa gloire – rien que des longs métrages en noir et blanc – et qui sont restés dans l’histoire du cinéma, ont été tournés entre 1935 et 1942 : un sacré bail !

Et pourtant… Flynn fut, durant plus d’une décennie, la plus grande gloire mondiale du cinéma d’aventure.

Pirate, justicier, bretteur, chevalier sans peur et sans reproche, sa haute silhouette et ses capacités de cascadeur fascinaient les foules. Les hommes… et surtout le femmes ! Car l’acteur australien fut, avant tout, le plus grand séducteur que l’Hollywood de la grande époque ait et aura jamais connu.

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Le Paris de François Truffaut

Le Paris de François Truffaut – Philippe Lombard

Parigramme – 119 pages – 14.90 €

Le pitch : De l’appartement familial des Quatre Cents Coups au Gaumont-Palace aperçu dans Domicile conjugal et au théâtre Saint-Georges du Dernier Métro, François Truffaut a utilisé dans ses films de nombreux décors de son quartier d’enfance, entre Pigalle et la place de Clichy. Le réalisateur ne s’aventure qu’exceptionnellement sur la rive gauche, dont l’existence n’est guère attestée que par de lointaines apparitions de la tour Eiffel.

Si l’œuvre de Truffaut est plus poétique que documentaire, elle offre cependant au spectateur d’aujourd’hui de contempler un Paris où les portes cochères ne sont pas encore condamnées par des digicodes, un Paris où le téléphone se trouve au café d’en bas, un Paris où le laitier dépose ses bouteilles à l’aube devant le rideau de fer des crèmeries… Un Paris dont le cinéma est le dernier refuge.

Mon avis : L’éditeur Parigramme s’est fait une spécialité (comme son nom l’indique) de publier des livres dont le sujet principal est Paris, avec une dominante essentielle : la photo.

Parigramme est capable de croiser les deux sujets (Paris, photo) avec un troisième, pour une « attaque » sous un angle différent : acteur, écrivain, chanteur… mais aussi réalisateur.

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Le Paris de François Truffaut

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C’est avec ce Paris de François Truffaut que l’on aborde pour la première la vision de la capitale à travers le filtre d’un grand cinéaste, peut-être le plus parisien de tous.

C’est avec une précision et une qualité de narration indéniables que Philippe Lombard, avant tout journaliste, s’est attaqué au sujet.

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De Norma Jean à Marilyn

De Norma Jean à Marilyn – Susan Bernard

Hugo image – 198 pages – 24.90 €

Le pitch : Immortalisée par Bruno Bernard, le photographe de l’âge d’or d’Hollywood, la métamorphose de Norma Jean Baker en Marilyn Monroe, superbement mise en lumière en star planétaire.

De 1946 à 1962, de la naissance de l’icône à celle du mythe, un hommage à sa beauté intemporelle.

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Mon avis : Des bouquins dédiés à Marilyn, il y en a presque autant que d’admirateurs, c’est tout dire (j’en fais partie, des admirateurs, et je l’assume parfaitement depuis de nombreuses années !).

Mais des beaux, des originaux, pas tant que ça (je vous invite à aller jeter un oeil sur ma critique de Marilyn Monroe, la dernière séance, de Bert Stern).

Voilà pourquoi je vais insister un moment sur l’intérêt d’ouvrir ce magnifique album de Susan Bernard.

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De Norma Jean à Marilyn...

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Ma vie à belles dents

Ma vie à belles dents – Marcel Carné

L’Archipel – 437 pages – 29.00 €

Le pitchMarcel Carné se souvient : l’école buissonnière pour fréquenter les salles obscures, ses débuts au côté de Jacques Feyder, sa rencontre avec Jacques Prévert, ses combats, ses doutes et, bien sûr, ses succès : Drôle de drame, Le Quai des brumes, Hôtel du Nord, mais aussi Le jour se lève, Les Visiteurs du soir, Les Enfants du paradis, Thérèse Raquin, Les Tricheurs… Autant de films, autant de dates dans l’histoire du septième art.

En près de soixante ans de carrière, Marcel Carné a tourné vingt-trois longs métrages. A leur générique, les plus grands comédiens : Arletty, Michèle Morgan, Louis Jouvet, Jean Gabin, Pierre Brasseur, Michel Simon, Simone Signoret, Jean-Louis Barrault, Yves Montand… Depuis son premier long métrage en 1936, Marcel Carné n’a rien entrepris que sous le signe de l’ambition. Rarement cinéaste aussi fêté aura dû batailler autant pour tourner les sujets de son choix et préserver son indépendance. Le regard que Marcel Carné porte sur son propre destin, sur le cinéma français et sur tous ceux qui l’ont fait – acteurs, producteurs, metteurs en scène – est sans faiblesse ni concession.

Mon avis : Je ne sais pas quelle serait votre réponse à la question : « Quels sont les trois plus grands réalisateurs de l’histoire du cinéma français ». En fait, je préfère ne pas savoir, au cas où vous répondriez Philippe Clair !… (je plaisante)

Quoiqu’il en soit, de mon côté, je répondrais sans la moindre hésitation François Truffaut et Marcel Carné, en gardant un joker pour le troisième nom (Jean-Pierre Melville peut-être ?). C’est dire si je me suis plongé avec curiosité dans la très copieuse autobiographie de Marcel Carné, parue dans les années 70.

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Drôle de drame

Affiche de Drôle de drame (1937)

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Près de 500 pages ultra serrées, bourrées d’anecdotes, avec plusieurs cahiers – un peu chiches – de photos.

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Les (auto)biographies d’auteur(e)s et d’éditeurs


Jane Austen

Jane Austen, une passion anglaise – Fiona Stafford

Le livre de poche – 192 pages – 7.20 €

Le pitch : Charles Darwin connaissait ses romans par cœur, Winston Churchill la lisait pendant le Blitz et Virginia Woolf la comparaît à Shakespeare. Jane Austen (1775-1817) suscite, aujourd’hui encore, une véritable passion. Quel est son secret ?

Dans ses romans, on trouve le monde dans lequel elle a vécu : la campagne du Hampshire, le monde corseté de la gentry, les bals dans les manoirs, les jeunes filles promises au mariage, la domination des hommes, ces héritiers qui ont tous les droits. Quand elle commence à écrire, ses manuscrits essuient refus sur refus. Mais la jeune fille n’abandonne pas et se consacre corps et âme à la littérature, quitte à renoncer à fonder un foyer. Tout plutôt qu’un mariage sans amour. De 1811 à 1817, elle publie six romans, dont les chefs-d’œuvre Raison et Sentiments et Orgueil et Préjugés. Emportée par une maladie soudaine, elle laisse une œuvre dont la stature prendra des proportions extraordinaires.

Mon avis : Courte biographie, pour une courte vie… Car si Fiona Stafford ne consacre que 170 pages à Jane Austen, c’est avant tout parce que la romancière est morte à tout juste 40 ans. Mais aussi, et surtout, parce que la géniale auteure de Raisons et sentiments n’a laissé que d’infimes traces derrière elle.

Jane Austen est morte à la sortie des guerres napoléoniennes, il y a plus de deux siècles, mais si l’on n’en sait pas plus sur les détails de sa vie, c’est surtout parce qu’elle n’a pas tenu de carnet intime, et que sa sœur bien aimée, Cassandra, a brûlé après sa mort la quasi totalité de sa correspondance personnelle.

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Les vies de Jack London

Les vies de Jack London – Michel Viotte

Editions de la Martinière – 256 pages – 35 €*

Le pitch : Jack London (1876-1916), auteur mondialement connu de L’Appel de la forêt, de Croc-Blanc ou de Martin Eden, s’impose comme l’une des grandes figures de l’histoire de l’Amérique et l’un des maîtres du roman d’aventure.

Alors que celle-ci sort à peine de la conquête de l’Ouest et va devenir en quelques décennies la première puissance mondiale, il participe a? toutes les grandes évolutions que connait le pays : politiques, culturelles et sociétales. Raconter ici son histoire en images, c’est aussi raconter la naissance de cette Amérique moderne, dont il incarne, mieux que tout autre, les ambitions, les forces, et les contradictions.

Cet ouvrage, publié à l’occasion du centenaire de la mort de Jack London, retrace au travers d’une iconographie exceptionnelle, ce destin hors du commun et montre de quelle façon sa vie aventureuse inspira toute son oeuvre.

Mon avis : Ce gros livre, plus de 250 pages d’un papier glacé et lourd dans un format généreux et presque carré (29*24), est une petite merveille qui devrait ravir tous les amateurs de Jack London, ceux des récits d’aventures ,et ceux de la photo ancienne… ce qui fait beaucoup de monde !

Imaginez : dans l’ordre chronologique, Michel Viotte – un vrai passionné, spécialiste du grand écrivain –  nous invite à suivre la vie de Jack London à travers le monde. Une vie d’aventurier, saisie sur le vif par d’innombrables photos extraordinaires dont, comme vous probablement, je ne soupçonnais même pas l’existence.

Quel plaisir de regarder ces photos de ce jeune homme, devenu au fil du temps un adulte costaud, au regard franc !

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Jack London

 

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Agatha Christie

Une autobiographie – Agatha Christie

Le livre de poche – 992 pages – 9.90 €

Le pitch : « Je suis censée m’atteler à un roman policier mais, succombant à la tentation naturelle de l’écrivain d’écrire tout sauf ce dont il est convenu, me voilà prise du désir inattendu de rédiger mon autobiographie. »

Publiée pour la première fois en 1977 en Angleterre l’autobiographie d’Agatha Christie nous permet d’entrer dans l’intimité d’une femme au destin incroyable.

Sacrée  » reine du crime  » de son vivant, elle connut un succès mondial. C’est avec un humour ravageur qu’elle se raconte : ses souvenirs d’enfance, le naufrage de son premier mariage, sa relation particulière avec sa fille et, bien sûr, sa passion pour le suspense et la littérature… Mais ce que l’on retiendra surtout chez cette femme qui met si bien la mort en scène, c’est son admirable appétit de vivre.

Mon avis : Agatha Chritsie, pour beaucoup, c’est cette dame un peu âgée, au visage assez ingrat mais aux yeux pénétrants, à la coiffure permanentée, auteur de tant de magnifiques romans policiers… Miss Marple, Hercule Poirot… la reine du crime…

Et si nous passions à autre chose ? Pourquoi ne feriez-vous pas comme moi, vous plonger dans cette énorme roman de 940 pages où Agatha Christie raconte, en toute liberté, ce que fut sa vie, ses passions, ses amours, ses joies et ses tristesses ?

« Roman ? », allez-vous me demander. « N’est-ce point une autobiographie ? » Et je vous répondrais : certes, certes, mais le récit (publié juste après sa mort) que vous allez dévorer (car c’est ce que vous allez faire, j’en suis convaincu) est aussi un roman, à plus d’un titre.

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André Malraux

André Malraux : une vie – Olivier Todd

Folio – 984 pages – 13.50 €

Le pitch : A Olivier Todd le dit d’emblée : enfant, il a admiré Malraux « le guerrier » , adulte, il a aimé l’écrivain pour les dialogues crépitants de L’Espoir. Le ton est donné.

La biographie sera celle d’un enquêteur engagé, doublée d’un auteur épousant le style effréné de celui dont il dépeint l’existence. Ainsi, tout ce qu’Olivier Todd a dépouillé de lettres, de documents ou de témoignages ne sert pas une écriture banalement argumentative, mais constitue la matière même du livre.

Malraux rencontre Mao, le dialogue de leurs échanges apparaît en toutes lettres. Malraux veut divorcer, ses monologues intérieurs se trouvent sur la page.

Mon avis : J’ai adoré la manière dont cette biographie a été accueillie par l’intelligentsia parisienne : une vaste foire d’empoigne ! Cela va des commentateurs qui saluent la manière dont Olivier Todd a « déboulonné » le mythe Malraux, à ceux qui félicitent Todd de son travail de réhabilitation du personnage. Comme quoi, chacun voit midi à sa porte !

Pour moi, Malraux (avec qui mon père a travaillé au ministère des Affaires culturelles à partir de 1967) était un personnage de roman, créateur et porteur de son propre mythe (un vrai mythomane !).

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Shakespeare

Shakespeare, Antibiographie – Bill Bryson

Payot – 212 pages – 18.95 €

Le pitch : Que sait-on réellement sur Shakespeare, qui n’a laissé que quatorze mots de sa main ?

Campant avec sa truculence habituelle le décor de l’Angleterre de la fin du XVIe siècle, Bryson nous ramène à l’homme qu’a pu être le dramaturge et nous en apprend beaucoup sur un personnage aussi mystérieux. Surtout, notre écrivain-voyageur de l’Iowa nous transporte au coeur d’une oeuvre universelle qui demeure la plus belle preuve de l’existence de Shakespeare

Mon avis : Bill Bryson est décidément un drôle de numéro : cet auteur à la double nationalité (anglaise/américaine), d’une folle érudition, est capable de disserter sur à peu près n’importe quel sujet, y compris le plus ardu, tout en vous passionnant et en vous faisant rire.

C’est ce qu’il parvient à réaliser dans cette « antibiographie » de Shakespeare, qui est la biographie la plus intelligente que j’ai eu l’occasion de lire depuis longtemps.

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L'arabe du futur T1

L’arabe du futur (6 tomes) – Riad Sattouf (2014 à 2022)

Allary éditions –   5*160 pages + 1*280 pages – 140 € au total

Le pitch : Né en 1978 d’un père syrien et d’une mère bretonne, Riad Sattouf grandit d’abord à Tripoli, en Libye, où son père vient d’être nommé professeur. Issu d’un milieu pauvre, féru de politique et obsédé par le panarabisme, Abdel-Razak Sattouf élève son fils Riad dans le culte des grands dictateurs arabes, symboles de modernité et de puissance virile.

En 1984, la famille déménage en Syrie et rejoint le berceau des Sattouf, un petit village près de Homs. Malmené par ses cousins (il est blond, cela n’aide pas…), le jeune Riad découvre la rudesse de la vie paysanne traditionnelle. Son père, lui, n’a qu’une idée en tête : que son fils Riad aille à l’école syrienne et devienne un Arabe moderne et éduqué, un Arabe du futur.

Mon avis : Le premier tome d’un époustouflant roman graphique. Il s’agit de l’autobiographie de Riad Sattouf, auteur, illustrateur, réalisateur, connu notamment pour sa BD Pascal Brutal. Il tient désormais également une page hebdomadaire dans l’Obs (Les cahiers d’Esther) avec un succès grandissant.

Ce roman est une plongée tout à la fois drôle, nostalgique et parfois très dure dans le Moyen-Orient des années 80. C’est, en quelque sorte, le pendant libyen (premier tome) et syrien (deuxième tome) du roman graphique de Marjane Satrapi Persépolis qui se déroule en Iran exactement à la même époque.

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L'arabe du futur T1

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Le style graphique de Riad Sattouf, très BD belge (donc sans aucun réalisme) est immédiatement reconnaissable.

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Paris est une fête

Paris est une fête – Ernest Hemingway

Folio – 352 pages – 8.50 €

Le pitch : Au cours de l’été 1957, Hemingway commença à travailler sur les «Vignettes parisiennes», comme il appelait alors Paris est une fête. Il y travailla à Cuba et à Ketchum, et emporta même le manuscrit avec lui en Espagne pendant l’été 59, puis à Paris, à l’automne de cette même année.

Le livre, qui resta inachevé, fut publié de manière posthume en 1964. Pendant les trois années, ou presque, qui s’écoulent entre la mort de l’auteur et la première publication, le manuscrit subit d’importants amendements de la main des éditeurs. Se trouve aujourd’hui restitué et présenté pour la première fois le texte manuscrit original tel qu’il était au moment de la mort de l’écrivain en 1961.

Mon avis : Merci à Gallimard d’avoir présenté, cinquante après sa publication initiale, cette version revue et augmentée du recueil originalement appelé Vignettes parisiennes. L’occasion de faire découvrir aux plus grand nombre le génie d’Hemingway, puisque la sortie en poche de l’ouvrage a rencontré un incroyable succès, plusieurs centaines de milliers d’exemplaires vendus.

Paris est une fête est un merveilleux titre, mais celui choisi par Hemingway est beaucoup plus fidèle à son intention première, lorsqu’il écrivit cette succession de nouvelles en très grande partie autobiographiques. Des vignettes, donc – on parlerait aujourd’hui d’instantanés – comme autant de bribes de souvenirs du Paris des années 20 qui semblent remonter à la mémoire de l’auteur, trente ans après.

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Persépolis

Persépolis – Marjane Satrapi (2000 à 2003)

L’association – 365 pages – 36 €

Le pitchPersépolis est une série de bandes dessinées autobiographique en noir et blanc publiée en 4 volumes par L’Association entre 2000 et 2003, puis republiée en un seul volume. L’auteur y retrace les étapes marquantes qui ont rythmé sa vie, de son enfance à Téhéran pendant la révolution islamique à son entrée difficile dans la vie adulte en Europe.

À la fois témoignage historique et réflexion sur l’identité et l’exil, Persépolis est le plus grand succès éditorial de la bande dessinée alternative européenne des années 2000. Très bien reçu par la presse, il a fait de Satrapi l’un des auteurs francophones les plus reconnus.

Mon avis : Persépolis est, sans doute, l’oeuvre qui a vraiment permis au genre « roman graphique » d’acquérir en France ses lettres de noblesse, et d’atteindre la tête des listes de best-sellers.

Ce succès est parfaitement mérité : avec des graphiques volontairement simples, sans aucune volonté de réalisme, à la limite de la stylisation enfantine, Marjane Satrapi embarque ses lecteurs dans une aventure à double niveau.

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D’un côté l’enfance, puis l’adolescence et le passage à l’âge adulte d’une petite Iranienne ; de l’autre les grands bouleversements de la révolution iranienne.

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Albert Londres

Albert Londres – Pierre Assouline

Folio – 632 pages – 13.00 €

Le pitch : Parti de Vichy pour Lyon puis Paris, Albert Londres voulait être poète. Il le restera toute sa vie, à sa manière.

Chroniqueur au Palais-Bourbon, il est aux Dardanelles en 1915 et ne cessera dès lors de parcourir et le monde, et les « mondes » : ceux des bagnes, des asiles, des cyclistes « forçats de la route ». Dès 1924, ce grand reporter devient aussi redresseur de torts, quand il commence de dénoncer ce qui le scandalise, de « porter le fer dans la plaie et de juger la chose jugée ».

Don Quichotte entêté, journaliste ambitieux sous un masque d’indolence, Albert Londres est aussi l’homme d’une seule femme, le père attendri de Florise, le spectateur ému de La ronde de nuit de Rembrandt.

Mon avis : Comme j’ai pu le dire par ailleurs sur ce site, Pierre Assouline est un des plus grands biographes de notre époque, car il allie la rigueur scientifique de l’historien, la passion du spécialiste, et la qualité de l’écriture. Il faut d’ailleurs noter que, les années passant, Assouline s’est peu à peu écarté de son travail de biographe pour se consacrer essentiellement à celui de romancier. Quel dommage !

Albert Londres, l’archétype du grand reporter, est bien sûr un sujet passionnant puisque sa vie, en elle-même, était un roman, jusqu’à sa mort survenu dans des conditions rocambolesques en mer de Chine !

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J'existe, je me suis rencontré

J’existe, je me suis rencontré – Marcel Gotlib

Dargaud – 224 pages – 19.99 €

Le pitch : « My name is GOTTLIEB. Marcel GOTTLIEB. Je suis né à Paris, le quatorze juillet mille neuf cent trente quatre, à une heure du matin. Ma mère m’a raconté par la suite que cette nuit-là,  toute la ville en liesse dansait dans les rues pour célébrer la naissance de l’Enfant-Roi.

Dans la salle de la clinique, mon père faisait les cent pas en fumant cigarette sur cigarette. Soudain, une très belle femme vêtue de blanc entra, enlacé avec une infinie tendresse, un fragile paquet adorablement emmailloté dans un drap rose….. ».

À l’occasion de la grande exposition Les Mondes de Gotlib qui s’est tenu au musée d’Art et d’Histoire du judaïsme, Dargaud a réédité dans une version augmentée et enrichie de nombreuses illustrations, la superbe autobiographie de ce génie de la bande dessinée franco-belge. Un livre formidable, drôle, tendre et poignant, dans lequel l’auteur de la Rubrique-à-Brac et le cofondateur du magazine Fluide glacial se raconte avec talent.

Mon avis : Parfois, on passe à côté de quelque chose d’évident. C’est ainsi que je n’ai découvert cette autobiographie de Gotlib qu’après sa mort, en 2016, un quart de siècle après sa première édition. Alors que j’ai à peu près tout lu de Gotlib, depuis ma plus tendre enfance jusqu’à ce jour.

Dès la première page, je suis retombé en enfance. Celle de Marcel, petit garçon dont la famille arrivait de Hongrie pour fuir l’inconfort de la situation pour les juifs d’Europe centrale entre les deux guerres.

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Journal inquiet d'Istanbul

Journal inquiet d’Istambul – Ersin Karabult (2022)

Dargaud – 152 pages – 23.50 €

Le pitch : L’histoire vraie d’Ersin Karabulut, célèbre artiste de bande dessinée turc ; son parcours des banlieues déshéritées d’Istanbul aux sommets de l’édition et de la presse satirique ; comment il vécut, parfois en première ligne, les bouleversements et l’agitation politique de son pays, une Turquie transitant lentement d’une démocratie à un régime autoritaire.

En même temps qu’il raconte son parcours d’artiste et de citoyen lambda, Ersin Karabulut dresse le portrait d’un pays tiraillé par des antagonismes politiques et sociétaux profonds, dont l’histoire récente est faite de coup d’états, d’espoir, de désillusion et de drames.

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Journal inquiet d'Istanbul

Mon avis : J’ai découvert Ersin Karabulut en 2018 grâce à ses Contes ordinaires d’une société résignée,  Un auteur encore tout jeune (27 ans) et complet, au parcours vraiment original puisque naviguant entre la Turquie – son pays natal – et l’Europe occidentale.

Journal inquiet d'Istanbul

Avec Journal inquiet d’Istanbul, Karabulut raconte justement ce parcours, depuis sa naissance jusqu’à son succès en tant qu’auteur BD.

150 planches (annoncé comme un premier volume) qui m’ont souvent fait penser, sur le principe, aux trois premiers tomes de l’autobiographie graphique de Riad SattoufL’arabe du futur.

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Toutes ces grandes questions sans réponse

Toutes ces grandes questions sans réponse – Douglas Kennedy

Pocket – 336 pages – 7.60 €

Le pitch : Tout à la fois confession intime et essai littéraire, Douglas Kennedy nous livre une sorte de manuel de savoir-vivre à la Montaigne, dans lequel il se dévoile comme jamais.

Le bonheur n’est-il qu’un instant fugace ? Sommes-nous les victimes ou bien les artisans de notre infortune ? Ce sont là quelques-unes des grandes questions que pose Douglas Kennedy dans un livre témoignage, à mi-chemin entre confessions et essai littéraire, un véritable manuel d’art de vivre dans lequel il se dévoile comme jamais.

Une lecture vivifiante, touchante et drôle, fourmillante d’anecdotes, nourrie d’expériences personnelles tantôt dramatiques, tantôt comiques.

Mon avis : Douglas Kennedy est le prototype même de l’auteur qui a su concilier succès commercial et agrément de la critique.

Après une première carrière comme journaliste, le plus francophile des écrivains américains a enchaîné pendant deux décennies des succès considérables avec (quelques exemples) L’homme qui voulait vivre sa vie à La poursuite du bonheur. A chaque fois, une histoire bien charpentée, des ressorts dramatiques en acier trempé, et une qualité de narration exceptionnelle.

Et puis un jour la machine s’est grippée, car l’homme s’est un peu cassé : divorce très douloureux, terribles problèmes relationnels avec ses parents, doutes sur le sens de son existence…

C’est ce dernier pan de vie que Douglas Kennedy tente de raconter dans cet essai autobiographique.

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Goscinny

Goscinny – Marie-Ange Guillaume & José-Louis Bocquet

Babel – 352 pages – 8.70 €

Le pitch : Scénariste de génie et père d’une foule de personnages inoubliables parmi lesquels Astérix, Lucky Luke, Rantanplan, Oumpah-Pah, Iznogoud et le Petit Nicolas, René Goscinny ne s’est pas contenté d’inventer des histoires et de remplir des bulles. Rédacteur en chef du journal Pilote (créé en 1959) et formidable découvreur de talents, il a marqué toute une génération en imposant ses auteurs : Cabu, Bretécher, Gotlib, Mandryka, Druillet, Giraud/Moebius, Bilal, Tardi, Fred, F’Murr et bien d’autres.

L’aventure de Goscinny, qui se servait de l’humour comme on se sert de l’oxygène – machinalement, sans y penser, pour survivre -, est aussi celle de la bande dessinée française au moment où, en grande partie grâce à lui, elle accède au statut de neuvième art.

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Goscinny croqué par Morris

Mon avis : Le 5 novembre 2017, on a célébré le quarantième anniversaire de la mort de René Goscinny, le plus grand scénariste de BD grand public de l’histoire. A cette occasion, Actes sud a ressorti en édition poche la magnifique biographie que lui ont consacré deux auteurs connus, Marie-Ange Guillaume et José-Louis Bocquet, vingt ans plus tôt.

Et c’est une sacré bonne idée, par toutatix !

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Bernard Grasset – Jean Bothorel

Grasset – 498 pages – 22.50 €*

Le pitch : De Bernard Grasset on ne savait que peu de chose. L’enquête de Jean Bothorel, journaliste, éclaire toutes les zones d’ombre de la vie de Bernard Grasset : ses difficiles rapports amicaux avec le fameux Monsieur Brun, ses colères légendaires, ses absences, ses drames familiaux, son internement, ses démêlés avec la République à la Libération.

Mais aussi ses bonheurs d’éditeur, ses « coups » géniaux, le premier « clip » littéraire tourné sur son instigation par Pathé Cinéma pour saluer la sortie du Diable au corps, et les extraordinaires relations qu’il entretenait avec ses auteurs, les plus grands de l’époque, Proust, Giraudoux, et aussi Mauriac, Morand, Montherlant, Maurois…

Cette biographie, qui est une véritable histoire de la littérature contemporaine, se lit comme roman.

Mon avis : Comment ne pas comparer cette biographie de Bernard Grasset, écrite par Jean Bothorel, avec celle de Gaston Gallimard, écrite par Pierre Assouline ?

Les deux ouvrages sont sortis à peu de temps d’intervalle et concernent les deux grands professionnels qui ont littéralement transformé, au début du siècle, le monde de l’édition pour en faire une « industrie » moderne. Qui plus est, les deux hommes étaient nés à deux mois d’intervalle : Gallimard le 18 janvier 1881, Grasset le 6 mars 1881 !

La comparaison n’est pas forcément en faveur du présent ouvrage mais, si l’on prend la peine d’aller au fond des choses, l’un et l’autre des essais méritent un moment d’attention de la part des lecteurs passionnés par « ce qui se passe derrière la porte » : le monde de l’édition.

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Gaston Gallimard – Pierre Assouline

Folio – 672 pages – 9.80 €*

Le pitch :  » Pourquoi Gallimard ? Parce qu’il fut unique et exceptionnel. Certes, de grands éditeurs, il y en eut d’autres et non des moindres. Mais de tous ceux qui s’étaient lancés dans cette aventure au cours de la première décennie du siècle, il fut certainement le seul, au soir de sa vie, à pouvoir éventuellement se permettre de feuilleter l’épais catalogue de sa maison d’édition en se disant : la littérature française, c’est moi. « 

Mon avisGaston Gallimard, c’est la figure marquante, tutélaire de l’édition française. Quant à Pierre Assouline, c’est sans doute le meilleur biographe des figures de la littérature et de l’art français du dernier demi-siècle. Alors vous pensez, quand Assouline se penche sur la vie de Gaston…

Cela donne un essai absolument indispensable pour tout ceux qui s’intéresse, de près ou de loin, au secteur de l’édition moderne dont Gaston Gallimard fut, sans le moindre doute, l’inventeur. Attention : pour ceux qui le sujet n’est pas familier, l’ouvrage risque sans doute de paraître un peu abscons, tant les références sont nombreuses.

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Les bio et autobiographies de chanteurs et musiciens


Just Kids

Just kids – Patti Smith

Folio – 416 pages – 8.40 €

Le pitch : C’était l’été de la mort de Coltrane, l’été de l’amour et des émeutes, quand une rencontre fortuite à Brooklyn guida deux jeunes gens dans la vie de bohème, sur la voie de l’art. Patti Smith et Robert Mapplethorpe avaient vingt ans ; elle deviendrait poète et performeuse, il serait photographe.

À cette époque d’intense créativité, les univers de la poésie, du rock and roll et du sexe s’entrechoquent. Le couple fréquente la cour d’Andy Warhol, intègre au Chelsea Hotel une communauté d’artistes et de marginaux hauts en couleur, croise Allen Ginsberg, Janis Joplin, Lou Reed…

Just Kids commence comme une histoire d’amour et finit comme une élégie, brossant un inoubliable instantané du New York des années 1960-1970.

Mon avis : Autant le préciser tout de suite : ce long essai autobiographique de Patti Smith n’intéressera probablement pas tous ceux qui, pour des raisons d’âge ou de centres d’intérêts, n’aiment pas ou n’ont jamais entendu parler de Patti Smith, Robert Mapplethorpe, la musique folk et rock des années 60 et 70, ou l’art moderne new-yorkais de la même époque.

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Patti Smith

*

Quand je précise « probablement pas », c’est que je n’en suis pas certain à 100 % car, au delà de son contenu factuel, la qualité littéraire de ce livre, emprunt de douceur, de nostalgie et de poésie pourra peut-être séduire d’autres lecteurs, étrangers à ces sujets.

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Life Keith Richards

Life – Keith Richards

Points – 740 pages – 11.50 €

Le pitch : Hors-la-loi malgré lui, fouteur de merde patenté, guitariste génial, Keith Richards s’est forgé une existence dont beaucoup rêveraient, mais dont peu s’imaginent la réelle teneur. Et le plus incroyable, c’est qu’il est toujours là pour la raconter !

Voici donc l’inégalable autobiographie d’un original qui a toujours fait ce qu’il avait à faire et dit ce qu’il pensait. Dans un récit unique, féroce et sans le moindre fard, Keith Richards nous raconte cette vie à deux cents à l’heure.

Mon avis : Déjà, une évidence : un des plus beaux titres d’autobiographie imaginable. Life a rencontré un succès mondial et durable, ce qui est parfaitement mérité.

Si vous détestez le rock et/ou les Stones, passez votre chemin. Mais si vous faites partie des deux milliards d’êtres humains qui ont gigoté un jour sur un des titres du plus grand groupe de rock de l’histoire (ok, on ne va pas rentrer dans le débat classique Beatles/Stones !), sautez sur ce pavé (plus de 700 pages serrées)… le livre d’une vie (Life… got it ?)

Keith Richard, le guitariste et principal compositeur des Stones (avec Jagger), se lâche complètement sur sa vie. Quand je dis complètement, c’est complètement !

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Moi, Elton John

Moi, Elton John

Albin Michel – 432 pages – 22.90 €

Le pitch : Elton John, un nom, une légende vivante. De ses débuts à sa gloire planétaire, sa carrière est à l’image de sa vie : extraordinaire. Aujourd’hui, pour la première fois, il se raconte et nous fait vivre son incroyable aventure, avec ses moments les plus fous et les plus déchirants.

Né dans la banlieue londonienne de Pinner, le petit Reginald Dwight se rêve très tôt un destin de pop-star. Il se réalise lors de son tout premier concert aux Etats-Unis sous les yeux d’un public stupéfait par sa combinaison jaune canari, son T-shirt étoilé et ses bottes aux ailes dorées. Elton John est né, et le monde de la musique ne sera plus jamais le même.

Mon avis : Les autobiographies d’artistes sont innombrables, mais celles de qualité sont rarissimes. Dans le monde de la musique rock, ces dernières se comptent sur les doigts d’une main.

En fait, jusqu’à ces derniers jours, la référence absolue était pour moi Life, l’autobiographie (près de 800 pages !) de Keith Richards. Eh bien désormais, il y aura deux biographies sur la première marche de mon podium, grâce à ce bon vieux Reginald Dwight, devenu en cours de route (légalement) Elton John ! En fait, j’ai retrouvé, tout au long des 400 pages très denses de son récit, exactement les mêmes qualités que dans celui de Keith Richards.

Le titre original du livre est tout simplement Me. Un brin autocentré, non ? Et pourtant, Elton John parvient à parler (presque) autant des autres que de lui-même, tout au long d’un récit absolument captivant (un vrai Tourne Page) qui se lit comme un roman d’aventures, avec une succession incroyable d’anecdotes, de péripéties, de rebondissements…

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Queen - Les rois du rock

Queen – Phil Sutcliffe

Editions du chêne – 296 pages – 29.90 €

Le pitch : Freddie Mercury, Bryan May, Roger Taylor et John Deacon sont réputés pour leurs concerts enflammés, célèbres pour leurs excès et enviés pour leur créativité musicale.

Voici le premier livre qui dévoile toutes les facettes du groupe. Queen a créé une des œuvres les plus envoûtantes et a laissé une empreinte indélébile dans le monde du rock’n’roll.

Quarante ans plus tard, Queen fait toujours partie du panthéon du rock. Voilà le livre qui ose s’attaquer à ce monstre sacré et qui deviendra le livre de chevet de tous les fans.

Mon avis : En matière de musique, on est fan ou on ne l’est pas. De Jean-Sébastien Bach, Edith Piaf, Oscar Peterson ou Nirvana, peu importe : le symptôme est le même, le fan est celui qui est passionné par tout ce qui se rapporte à l’objet de sa passion.

Queen, le livre somme de Phil Sutcliffe, est un ouvrage pour les fans du groupe, dont je fais partie.

*


*

Parce que j’ai découvert le groupe, aux U.S., alors qu’il n’avait sorti que deux disques et qu’il n’était pas encore très connu. Parce que leur musique, un rock mêlé d’accents symphoniques, avec des harmonies vocales comme on n’en avait jamais entendu dans l’histoire de la pop, était inclassable.

Parce que j’ai eu la chance de les voir en concert à plusieurs reprises, à la grande époque de A night at the opéra ou de News of the world (j’ai encore les tickets, 35 francs au Pavillon Baltard de Paris ou au Palais des sports de Lyon !).

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Joséphine Baker

Joséphine Baker – Catel & Bocquet

Casterman – 564 pages – 26.95 €*

Le pitchJoséphine Baker a 20 ans quand elle débarque à Paris en 1925. En une seule nuit, la petite danseuse américaine devient l’idole des Années Folles, fascinant Picasso, Cocteau, Le Corbusier ou Simenon.

Dans le parfum de liberté des années 1930, Joséphine s’impose comme la première star noire à l’échelle mondiale, de Buenos Aires à Vienne, d’Alexandrie à Londres. Après la guerre et son engagement dans le camp de la résistance française, Joséphine décide de se vouer à la lutte contre la ségrégation raciale.

La preuve par l’exemple : au cours des années 1950, dans son Château des Milandes, elle adopte douze orphelins d’origines différentes, la tribu arc-en-ciel. Elle chantera l’amour et la liberté jusqu’à son dernier souffle.

Mon avisJoséphine Baker, c’est le troisième volet de la trilogie biographique de Catel Muler (dîtes Catel) et José-Louis Bocquet. Paru en 2016, cette bio graphique fait suite au succès (croissant) rencontré par Kiki de Montparnasse en 2007 puis Olympes de Gouges en 2012.

A chaque fois, l’entreprise – considérable ! – représente plus de 400 planches (ici, près de 600 !) illustrées par une femme pour raconter, en prenant son temps, la vie d’une figure du féminisme.

*

Joséphine Baker

Disons le tout net : la critique et les lecteurs de ce magnifique roman graphique ont fini de consacrer le couple d’auteurs, et c’est amplement justifié ! Il faut avouer qu’avec Joséphine Baker, Catel & Bocquet ont joué sur du velours : sa vie et sa personnalité sont à tous points de vue hors du commun, exceptionnels, étonnants… les superlatifs me manquent !

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Rock

Rock – Philippe Manoeuvre

Harper & Collins – 288 pages – 7.90 €

Le pitch : C’est donc le temps du grand bilan, mon devoir d’inventaire à moi. Mémoires binaires, rock et roll. J’avais tant de choses à vous raconter.

Ma rencontre avec le rock et les Rolling Stones, mes aventures chez les punks. De rédacteur en chef de Métal Hurlant puis de Rock&Folk. Mon amitié avec Serge Gainsbourg. Johnny, évidemment. Mes rencontres avec Madonna, Prince, Michael Jackson, Polnareff, JoeyStarr et bien d’autres.

C’est tout ça que j’ai eu envie de mettre dans ce livre. Et ça commence au paradis des rockers, dans le bus des Stooges…

Mon avis : Il y en a que Philippe Manoeuvre énerve. Pour ma part, ce type un peu décalé m’a toujours plutôt amusé, avec sa gentillesse (pas très rock attitude !), sa bonne humeur permanente, son prosélytisme et sa gouaille inimitable de titi parisien.

Nos goûts musicaux ne sont pas forcement identiques. Son autobiographie au titre impeccable (on ne peut pas faire plus clair, n’est-ce pas ?) commence par un chapitre se déroulant dans un bus des Stooges, en tournée. Le nirvana pour Manoeuvre, alors que je n’ai jamais compris sa passion pour Iggy Pop et son groupe, vague ersatz des Stones…

Mais il faut passer ce premier chapitre car, juste derrière, vous aurez droit – pour peu que vous vous intéressiez à la musique – à 300 pages de vrai bonheur.

Bon sang, Manoeuvre est un sacré raconteur d’histoire, pas de doute !

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Tout Gainsbourg

Tout Gainsbourg – Bertrand Dicale

Jungle – 1200 pages – 33.30 €

Le pitch : A la fois biographie et encyclopédie, il s’agit de l’entreprise documentaire la plus détaillée sur Serge Gainsbourg !

• Plus de 1 000 feuillets • Partir de l’œuvre pour entrer dans son histoire • Des coups de projecteur sur des aspects transversaux de sa biographie (spots publicitaires, tabagie…) • Ses aventures dans la musique, le cinéma et ailleurs !

Tout Gainsbourg. Toute sa musique. Toute sa vie.

Mon avis : « Gainsbourg ? Vous m’en mettrez trois kilos ! » C’est un peu ce que je me suis dit en m’emparant pour la première fois du pavé (de feuilles) que constitue le monumental essai de Bertrand Dicale consacré à Serge Gainsbourg.

1000 pages serrées consacrées au maître de la chanson française, ce personnage si décrié de son vivant devenu, depuis sa disparition, une icône de la créativité française, est-ce bien raisonnable ?

Non, clairement, cette entreprise ne cherche pas à être raisonnable ! C’est l’oeuvre d’un fou passionné, qui a consacré une partie de sa vie d’historien de la chanson française à découvrir, creuser, rencontrer ceux qui ont approché, vécu avec Gainsbourg. Une somme, quoi !

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