Livres : les meilleures sorties 2021

Posté le 4 décembre 2020, par letournepage, dans L'actualité des sorties

Livres : les meilleures sorties 2021

 

Comme chaque année depuis la création du site, j’ai cherché, creusé, exploré, fouiné dans le catalogue des éditeurs pour vous présenter une sélection de livres parus ou à paraître en 2021.

Des livres attendus – ou totalement inconnus !-, au pitch surprenant, au contenu ou au sujet parfois un peu décalés, des livres repérés au sein de l’avalanche de titres qui, chaque semaine, engloutit les étagères, physiques ou virtuelles, des librairies.

Vous le savez, les éditeurs n’hésitent pas à noyer chaque semaine les points de vente sous des centaines de nouveaux ouvrages. Toujours plus de nouveaux livres, pour un volume global de ventes qui – au mieux -, ne baisse pas, ce n’est pas viable sur le long terme. Gagner sa vie avec le livre est, pour tous les acteurs de la filière – à commencer par les auteurs ! – devenu une gageure, surtout lorsqu’une cochonnerie comme un virus inconnu impacte comme jamais toute l’économie du livre….

Mais revenons à nos moutons : les nouveautés 2021. Vous les découvrirez ici tout au long de l’année, au fur et à mesure des prévisions de sorties, dans un calendrier qui court – au surprise ! – de janvier à décembre !

Heureux lecteur(trice) : j’ai réalisé, pour vous – et juste pour vous ! – une pêche sagace dans ce torrent de papiers et récupéré dans mes filets de nombreux romans, essais, pièce de théâtre, BD qui, je pense, devraient repaître votre appétit insatiable de papivore érudit.

Bon appétit, frères et sœurs de lecture : vous ne serez pas déçu, il y a la quantité, tout autant que la qualité !

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♥ Les nouveautés 2021 : lire avec curiosité, malgré la crise ! ♥

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♠ Janvier 2021 ♠


En descendant la rivière

En descendant la rivière – Edward Abbey

Gallmeister – 224 pages – 22.00 €

Pour bien commencer l’année, un recueil de textes inédits d’un des grands auteurs américains du XX° siècle, hérault de la contre-culture et chef de file du mouvement qu’on appelle maintenant le creative writing. En ces temps incertains, petit retour à la nature…

Le pitch : Exploration de la beauté impérissable des derniers grands espaces sauvages américains, En descendant la rivière nous entraîne dans des paysages où le corps et l’esprit flottent librement. Leur immensité réveille des méditations sur des sujets allant de la vie d’Henry David Thoreau à la militarisation des grands espaces. On y entend alors une condamnation passionnée des coups portés à notre patrimoine naturel au nom du progrès, du profit et de la sécurité. Rempli d’aubes enflammées, de rivières brillantes et de canyons radieux, ce recueil, inédit en France, est chargé d’une rage sincère et déchaînée contre la cupidité humaine.

Dans En descendant la rivière, nous retrouvons avec Edward Abbey l’auteur, poète et provocateur, à son meilleur, au moment où nous avons le plus besoin de lui.

Belle Greene

Belle Greene – Alexandra Lapierre

Flammarion – 350 pages – 22.90 €

Alexandra Lapierre est passée maitre dans l’art de la biographie romancée de grandes figures féminines (on se souvient de Fanny Stevenson, par exemple).

Le sujet qu’elle a choisi cette année est tout simplement très excitant. De mon point de vie de lecteur, tout du moins, à vous de voir !

Le pitch : New York, dans les années 1900. Une jeune fille, que passionnent les livres rares, se joue du destin et gravit tous les échelons. Elle devient la directrice de la fabuleuse bibliothèque du magnat J.P. Morgan et la coqueluche de l’aristocratie internationale, sous le faux nom de Belle da Costa Greene. Belle Greene pour les intimes. En vérité, elle triche sur tout. Car la flamboyante collectionneuse qui fait tourner les têtes et règne sur le monde des bibliophiles cache un terrible secret, dans une Amérique violemment raciste. Bien qu’elle paraisse blanche, elle est en réalité afro-américaine. Et, de surcroît, fille d’un célèbre activiste noir qui voit sa volonté de cacher ses origines comme une trahison.

C’est ce drame d’un être écartelé entre son histoire et son choix d’appartenir à la société qui opprime son peuple que raconte Alexandra Lapierre. Fruit de trois années d’enquête, ce roman retrace les victoires et les déchirements d’une femme pleine de vie, aussi libre que déterminée, dont les stupéfiantes audaces font écho aux combats d’aujourd’hui.

Serge

Serge – Yasmina Reza

Flammarion – 240 pages – 20.00 €

Une des auteures majeures de notre beau pays, Yasmina Reza alterne pièces de théâtre, essais et courts romans.  La qualité du résultat est variable, mais c’est toujours stimulant intellectuellement.

Le pitch : « Chez ma mère, sur sa table de chevet, il y avait une photo de nous trois rigolant enchevêtrés l’un sur l’autre dans une brouette. C’est comme si on nous avait poussés dedans à une vitesse vertigineuse et qu’on nous avait versés dans le temps. »

Le Grand Abandon

Le Grand Abandon – Cory Doctorow

Bragelonne – 608 pages – 20.00 €

Un roman de SF par un auteur canadien anglophone quasi inconnu en France, mais à la réputation (auteur/blogeueur) bien établi de l’autre côté de l’Atlantique.

Le pitch et des commentaires très favorables lors de sa sortie en anglais donnent franchement envie de mettre le nez dans ce pavé !

Le pitch : Dans un monde ravagé par le changement climatique, au sein d’une société dominée par la richesse, Hubert « Etc » Espinoza, Seth et Natalie n’ont nulle part où aller.

Pourtant une autre façon de vivre se dessine, grâce aux progrès de la technologie. Alors, comme des centaines de milliers d’autres, le trio décide de tourner le dos aux règles établies pour… tout abandonner. Mais le danger est partout : les terres dévastées par le réchauffement de la planète ne connaissent plus de lois et fourmillent de prédateurs. Bravant les menaces, les premiers Abandonneurs construisent les bases de ce qui pourrait devenir une utopie de l’abondance. Avant de découvrir l’unique chose que les ultrariches n’ont jamais pu acheter : le moyen de vaincre la mort…

Le Dit du vivant

Le Dit du vivant – Denis Drummond

Cherche Midi – 288 pages – 1900 €

Un pitch tout simplement excitant, avec le risque qu’une lecture débouche sur une grosse déception. Mais cela vaut le coup de tenter sa chance, non ?

Le pitch : Je suis le Vivant. Le dernier d’entre nous. Quand j’aurai terminé mon ouvrage, je quitterai ce monde, laissant une trace secrète dans un repli du temps.

Un séisme au Japon met au jour une vaste sépulture. Sandra Blake, paléogénéticienne, se rend sur les lieux, avec Tom, son petit garçon, autiste. La datation du site archéologique plonge la communauté internationale dans la stupeur. Une civilisation jusqu’alors inconnue se révèle peu à peu, et met à bas toutes les connaissances acquises. Sandra et l’équipe de recherche qu’elle a constituée sont prises dans un suspense scientifique qui les dépasse…

Construit en six parties, comme une séquence d’ADN – réunissant récits, journaux, chroniques, articles de presse et correspondances –, ce roman-monde est écrit à la manière d’une odyssée.

Héritage

Héritage – Dani Shapiro

Les arènes – 350 pages – 20.90 €

Une jolie couverture, un pitch intriguant, et des échos très favorables venant d’outre-Atlantique : il n’en fait pas plus pour tenter sa chance, n’est-ce pas ?

Le pitch : « J’ai toujours su que ma famille avait un secret. Ce secret, c’était moi. »

Dani Shapiro naît dans une famille juive new-yorkaise, au début des années 1960. Son père, Paul, est un pilier de la communauté orthodoxe, et l’idole de sa fille. Pourtant, depuis toujours, celle-ci se regarde souvent dans le miroir, sans parvenir à chasser un sentiment d’étrangeté. Qui est cette petite fille très blonde aux yeux bleus, si éloignée physiquement de ses parents ?

Autrice de mémoires devenus best-seller, elle raconte le destin de ses ancêtres, son couple, la mort brutale de son père dans un accident de voiture. Jusqu’au jour où, à 50 ans passés, elle se prête au jeu d’un test ADN en kit.

Les visiteurs du soir

Les visiteurs du soir – Renaud Revel

Plon – 352 pages – 20.00 €

Un essai qui a fait le buzz pendant des semaines, sur un sujet touchy et toujours d’actualité. Pour tous les amateurs de politique, côté envers du décor.

Le pitch : Conseillers de l’ombre et invités cachés, enquête sur ces  » visiteurs du soir  » qui ont l’oreille des présidents de la République.

Ils ont l’oreille du  » Président  » et pour certains un rond de serviette à sa table. Ils murmurent à son oreille et se gaussent dans les dîners en ville de nourrir son cerveau. Certains vont jusqu’à dire qu’ils ont influé sur le cours de l’histoire de ce pays. Et tous ont la même démarche à l’approche de l’Élysée : ils franchissent son seuil avec l’assurance et la décontraction de ceux qui en connaissent tous les recoins. Politiques, chefs d’entreprise, communicants, artistes et intellectuels… que serait ce Château sans ces  » visiteurs du soir  » qui le hantent à la nuit tombée ? Quand le locataire des lieux a tombé la veste et refermé ses dossiers pour recevoir cette armée de l’ombre venue lui baiser l’anneau et lui souffler des conseils, qui hante ces murs depuis l’aube de la Cinquième République.

Chroniques de jeunesse

Chroniques de jeunesse – Guy Delisle

Delcourt – 132 pages – 15.50 €

Un des piliers du roman graphique français sort un nouvel album, cinq ans après S’enfuir, le récit d’un otage. Je vais aller jeter un œil, car c’est toujours très réussi.

Le pitch : Vous ne le saviez peut-être pas mais avant d’être un célèbre auteur de bandes dessinées, le jeune étudiant Guy Delisle a travaillé trois étés dans une usine à papier.

À partir de cette expérience de jeunesse, il dresse un portrait drôle et tendre du monde du travail et questionne les relations qu’il entretient avec son père, lui-même salarié dans l’usine.

Unorthodox

Unorthodox – Deborah Feldman

Hachette – 256 pages – 16.00 €

Enfin traduit et publié en France, le récit dont a été tiré la remarquable mini-série Netflix.

Une histoire passionnante, fascinante, choquante, sur un sujet que bien peu connaisse (je ne connaissais pas les communautés hassidiques américaines).

Le pitch : Dès qu’elle a senti ce petit être au creux de ses bras, si fragile, Deborah Feldman a su ce qu’elle devait faire. A peine âgée de 19 ans, elle a toujours vécu au sein de la communauté hassidique Satmar. Elle a toujours suivi les principes implacables qui régissent les moindres détails de sa vie : ce qu’elle peut porter, à qui elle peut parler… Tous les principes sauf celui de ne pas lire de littérature. Les moments de lecture volés de son enfance, passés à découvrir les êtres de papier indépendants et fiers de Jane Austen et Louisa May Alcott, lui ont donné envie de découvrir une autre vie, au milieu des gratte-ciel de Manhattan.

Elle sait qu’il est temps d’échapper à son mariage dysfonctionnel avec un homme qu’elle connait à peine, d’abandonner ses responsabilités de bonne fille Satmar et de laisser cours à ses désirs. Indépendamment des obstacles, il est temps, pour elle et son fils, de trouver le chemin du bonheur et de la liberté.

Mademoiselle Coco et l'eau de l'amour

Mademoiselle Coco et l’eau de l’amour – Michelle Marly

Fleuve éditions – 400 pages – 20.90 €

Une exofiction sur un personnage controversé qui a toujours fasciné le plus grand nombre. La preuve ? Le livre s’est vendu à 300 000 exemplaires en Allemagne…

Le pitch : Hiver 1919-1920 : Après la perte brutale et tragique du grand amour de sa vie, Gabrielle Chanel, appelée Coco, traverse une terrible crise existentielle. Ni son entourage ni son travail ne réussissent à la sortir d’une tristesse profonde. Jusqu’au jour où elle se rappelle leur dernier projet commun : créer sa propre eau de toilette.

Bien que Coco ne connaisse rien au métier des grands parfumeurs, elle va se lancer corps et âme dans cette folle aventure afin de rendre un hommage éternel à l’homme perdu. Sa persévérance va lui permettre de repousser ses limites, et l’aider peu à peu à revenir parmi les vivants. Tout en donnant naissance à une des plus grandes et des plus belles créations de la parfumerie, le N°5…

Les 12 chaises

Les douze chaises – Ilya Ilf et Eugène Petrov

Gingko – 540 pages – 23.00 €

La réédition heureuse d’un grand roman de la littérature russe. Une œuvre inclassable, entre rires et larmes, qui a eu le bonheur d’être adapté au cinéma par… Mel Brooks !

Le pitch : Le cas d’espèce du roman humoristique : une satire de la Russie entre NEP et stalinisme que la bureaucratie n’a pas vu passer et qui échappa à la censure !!! Paru en 1928 – un monument de la littérature russe.

Sur son lit de mort, une riche dame dévoile à son gendre « Hippolyte Matvieïévitch Vorobianinov » qu’elle a caché ses diamants dans l’un des douze sièges de son ancienne maison, réquisitionnée depuis. Problème : celles-ci ont été vendues. L’information tombe dans l’oreille d’un personnage rusé et haut-en-couleurs, Ostap Bender, auto-proclamé « le grand combinateur », qui va proposer à l’aristocrate déchu de retrouver les chaises avec lui.

Les « héros » se lancent donc à la poursuite de douze chaises et traversent pour cela une bonne partie de l’Union soviétique.

Le petit garçon qui voulait être Mary Poppins

Le petit garçon qui voulait être Mary Poppins – Alejandro Palomas

Pocket – 224 pages – 6.90 €

Un roman espagnol au très joli titre, porté par des critiques vraiment positives.

Le pitch : C’est l’histoire de Guille, un petit garçon débordant d’imagination qui voue un amour sans bornes à Mary Poppins. L’histoire d’un père un peu bougon, qui vit seul avec ce fils sensible et rêveur dont il a du mal à accepter le caractère. D’une institutrice qui s’inquiète pour l’un de ses élèves qui vit un peu trop dans ses rêves. D’une psychologue scolaire à qui on envoie un petit garçon qui a l’air d’aller beaucoup trop bien.

Quel mystère se cache derrière cette apparence si tranquille, et pourtant si fragile ? Quel chagrin secret croit-il pouvoir régler par ces tours de magie ? Sous les apparences, la vie de Guille est-elle vraiment  » superfragilisticexpialidocious  » ?

Les 5 terres T05: " L'Objet de votre haine "

Les 5 terres T5 : L’Objet de votre haine – Lewelyn & Lereculey

Delcourt – 56 pages – 14.95 €

5ème tome (sur 6) d’une des séries les plus réussies de la BD de ces dernières années. Ma critique des premiers tomes est ici.

Le pitch : Tandis qu’Astrelia est ramenée contre son gré à Angleon, le roi Mederion a fait enfermer les étudiants qui étaient venus discuter avec lui librement. Non seulement cette décision révolte Terys et le Conseil, mais elle décide également les étudiants les plus révolutionnaires à passer à l’action.

Tandis que les uns pansent leurs blessures, les autres se déchirent dans une cité devenue le théâtre d’affrontements.

New York memories

New York memories – CharlElie Couture

Cherche Midi – 336 pages – 18.00 €

Le récit/souvenirs de l’artiste multicartes français à la célèbre babiche. 15 ans passés à New-York, ça marque un homme et ça laisse des souvenirs…

Le pitch : Jamais je n’ai jamais ressenti une émotion aussi forte ailleurs. Manhattan est une dope. Depuis la première minute, quand j’ai atterri à JFK en 1981. Coup de foudre sur la skyline. New York n’est pas une ville tendre, c’est une ville de béton et de brique, de glace et d’acier, une ville dure, une ville d’efficacité et d’utilité pour survivre, une ville qui ne tient pas compte des petites misères et qui reste inflexible. Et pourtant, New York trouve un équilibre grâce à sa beauté moderne.

Vivre à New York : un rêve devenu réalité pour CharlElie. Si loin de la France, Big Apple et ses habitants l’inspirent, le surprennent, et parfois lui jouent de mauvais tours… La ville s’amuse de lui tout autant qu’il s’amuse d’elle. CharlElie la peint et la dépeint, la met en musique, y prend ses marques. Jusqu’à ce que l’émerveillement et la frénésie des premières années s’estompent. Et s’il était temps de revenir ?

L'émouvante et singulière histoire du dernier des lecteurs

L’émouvante et singulière histoire du dernier des lecteurs 

Daniel Fohr – Slatkine et Cie – 160 pages – 12.00 €

Le pitch de ce court roman est trop drôle et intriguant pour qu’un grand lecteur ne soit pas irrésistiblement attiré…

Le pitch : Sans qu’on puisse l’expliquer, jour après jour, l’écart continue de se creuser et une projection raisonnable permet même d’affirmer que les lecteurs masculins auront totalement disparus en 2046. Peut-être avant.

Ce roman raconte l’histoire du dernier homme qui lisait. Comment a-t-il vécu cette situation inédite, seul au milieu des femmes qui le comprennent encore et partagent sa passion ? Son destin est-il une impasse et saura-t-il renverser la situation ? Qu’en dissent les autres hommes ?

Un roman-manifeste, aussi drôlequ’inquiétant, que les femmes devraient faire lire d’urgence aux hommes avant qu’il ne soit trop tard.

Casa Triton

Casa Triton – Kjell Westö

Editions Autrement – 480 pages – 22.90 €

Un roman au pitch profondément original et – il faut l’avouer – assez intriguant.

Le fait que le roman vienne du grand nord (l’auteur est finalndais) ajoute une petite touche d’originalité vraiment séduisante !

Le pitch : C’est à l’écart des bruits du monde, sur une île de l’archipel d’Helsinki, que le célèbre chef d’orchestre Thomas Brander choisit de se faire construire une somptueuse résidence secondaire : la Casa Triton. Triton ou  » intervalle du diable « , une harmonie de notes si dissonante qu’elle fut autrefois interdite… Rompu à l’exercice des tournées internationales, Brander fait la connaissance de son voisin Reinar Lindell, guitariste sans talent hanté par la perte de sa femme adorée.

Mais tandis qu’ils s’apprivoisent, leurs différences et leur douleur se font aussi plus prégnantes. Et, derrière la façade distante du grand chef d’orchestre, derrière la chaleur et la sollicitude du guitariste, les hommes luttent en silence contre le passé. Par ce double portrait en miroir et sur fond musical, Kjell Westö raconte l’impossible vulnérabilité des hommes. Une course contre la solitude et une exploration mélancolique des pâles promesses de la vie qui est à venir – sans doute l’un de ses plus grands romans.

Braises de stars

Braises de stars – Jean Desportes

Editions du Rocher – 424 pages – 17.90 €

Le pitch de ce premier roman de Jean Desportes (par ailleurs directeur de création chez Canal+) laisse augurer d’une aimable et distrayante critique de notre télévision de tous les jours. Pour rire un bon coup de la téléréalité ?

Le pitch : Pour promouvoir sa grande opération « barbecue de l’été », Disli, chaîne de hard discount allemande, missionne Stephen Berger, créatif en chef de la célèbre plateforme vidéo française Mystreamy. Ce dernier conçoit une parodie d’émission de cuisine dédiée à l’art du barbecue. Ça s’appellera Braises de stars, et le casting sera « cross-media ». Des ex-stars de la télé dépressives en mal de cash, des youtubeurs immatures (dont le fils du président de la République), sans oublier un producteur psychotique totalement débordé et des clients allemands exigeants. Il y a un sacré pactole à la clé, et surtout beaucoup d’emmerdes…

Stephen survivra-t-il aux six jours de tournage à Marseille ? Se remettra-t-il de son histoire d’amour avec la belle Mélody ? Et surtout, sauvera-t-il le million, son job et sa carrière ?

La chronique des Bridgerton

La chronique des Bridgerton T1 et 2 – Julia Quinn

J’ai lu – 736 pages – 14.90 €

Les romans adaptés en série par les grands producteurs/diffuseurs ( ici, Netflix) rencontrent un succès parfois tardif, pour peu que l’adaptation rencontre un certain public. C’est le cas avec cette saga très, très anglaise, qui a su séduire les amateurs de Downtown Abbey et The crown ! 736 pages, et ce n’est qu’un début !

Le pitchTrès chers lecteurs, quelle saison ! Au rythme des bals et des réceptions, je vous ai narré le feuilleton haletant de la folle romance entre Mlle Daphné Bridgerton et Simon, le ténébreux duc de Hastings. Valses langoureuses, rebondissements cocasses et bagarres mémorables nous auront tenus en haleine jusqu’à l’épilogue d’un romantisme échevelé. Aurons-nous le temps de reprendre notre souffle ? Il est à craindre que non, car il se chuchote déjà dans Londres qu’Anthony, le frère de Daphné, serait décidé à convoler lui aussi. Hélas, l’élue a une soeur odieuse qui s’oppose catégoriquement à cette union en raison du passé libertin du vicomte. Cela nous promet bien des péripéties. Et comme il reste six Bridgerton à marier, votre dévouée chroniqueuse a de beaux jours devant elle. Ne perdez pas le fil, chers lecteurs, la saga ne fait que commencer !

Rubrique mondaine de lady Whistledown, Londres, 1814

Le Chant du Perroquet

Le Chant du Perroquet – Charline Malaval

Préludes – 320 pages – 18.90 €

Décidément, l’année littéraire 2021 commence sous le signe de l’exotisme, avec ce (premier) roman situé au Brésil, écrit par une française ayant vécu un peu partout autour du monde et demeurent actuellement en Lettonie…

Le pitch : São Paulo, 2016. Tiago, un jeune journaliste indépendant, fait la connaissance de son voisin, Fabiano, qui habite le quartier depuis plusieurs décennies, avec un perroquet pour seul compagnon. Au fil de leurs rencontres, le vieil homme raconte son passé à Tiago, l’épopée d’une existence soumise aux aléas de l’Histoire. Le départ de son Nordeste natal pour participer à la construction de Brasília avec ses parents, son travail d’ouvrier dans les usines Volkswagen de São Paulo… et, surtout, il lui parle de la femme de sa vie, qui a disparu à la fin des années 1960, sous la dictature.

Avec l’idée d’en faire le sujet de son premier roman, Tiago recueille, fasciné, ce palpitant récit et, son instinct de journaliste reprenant le dessus, il décide d’effectuer des recherches par lui-même. Mais bientôt les pistes se brouillent et le doute s’insinue dans son esprit.

Journal d'un jeune naturaliste

Journal d’un jeune naturaliste – Dara McAnulty

Gaïa Editions – 304 pages – 22.00 €

2020 restera comme l’année du covid, mais aussi l’année où les thèmes écologistes ont vraiment pris une autre dimension dans le monde.

Le récit de Dara McAnulty, adolescent autiste et victime du syndrôme d’Asperger, a été salué dans le monde anglo-saxon comme un ouvrage indispensable. A tester pour ne pas mourir idiot ?

Le pitch : Dara McAnulty est un naturaliste, un amoureux de la faune et de la flore, un être hypersensible. Cette chronique des quatre saisons, écrite entre 2018 et 2019, relate une année charnière dans la vie de ce collégien nord-irlandais devenu, à tout juste quinze ans, une figure du militantisme écologique et un auteur célébré par ses pairs. Il nous fait partager son émerveillement au contact de la nature et sa lassitude face à l’inconséquence humaine ; il nous dévoile le quotidien d’un adolescent tiraillé entre les préoccupations inhérentes à son âge et un combat pour la conservation de l’environnement.

Incantatoire et brutalement honnête, son Journal nous offre la perspective unique d’un jeune autiste sur le monde du vivant.

Le Bouquin de la bande dessinée

Le Bouquin de la bande dessinée – Thierry Groensteen

Bouquins – 928 pages – 30.00 €

La BD devient (enfin ?) un art reconnu, avec un dictionnaire de près de 1 000 pages dans la collection Bouquin. En peu de théorie sur la BD ? Franchement, il serait dommage de passer à côté !

Le pitch : La vitalité artistique de la bande dessinée est aujourd’hui largement reconnue, particulièrement en France. Ses créateurs sont considérés sur un pied d’égalité avec les artistes de toutes disciplines. Beaucoup d’entre eux élargissent d’ailleurs leur champ d’activité à d’autres formes, comme le roman, le cinéma, l’affiche ou la scénographie d’expositions.

Intronisée  » neuvième art  » à la fin des années 1960, la bande dessinée a aussi suscité, particulièrement depuis une vingtaine d’années, une littérature critique de plus en plus abondante. Il manquait cependant un ouvrage de grande synthèse pour faire le point sur toutes les notions relatives à ce mode d’expression qui, pour être populaire et enfin légitimé, reste quelquefois difficile à appréhender dans sa spécificité, à mi-chemin entre les arts du livre et les arts visuels. Le présent Bouquin de la bande dessinée. Dictionnaire esthétique et thématique vient combler cette lacune, abordant le genre sous tous ses aspects, à la fois comme art, comme langage, comme littérature et comme culture à part entière.

Avec près de cent cinquante entrées qui sont autant d’articles fouillés, ce dictionnaire satisfera la curiosité des amateurs, néophytes ou passionnés, et sera un outil irremplaçable pour les chercheurs et les enseignants.

Post-scriptum

Post-scriptum – Jane Birkin

Le livre de poche – 600 pages – 9.20 €

Sortie en poche du (très copieux) deuxième tome des mémoires de Jane Birkin. Comme le premier, Munkey diaries, ne manquait pas d’intérêt (voir ma critique sur ce site), pourquoi ne pas poursuivre ?

Le pitch :  Post-scriptum, c’est le démarrage d’une autre vie. C’est le début de ma vie avec Lou… de mon union avec Jacques Doillon… Kate est maintenant teenager, Charlotte a neuf ans…

C’est une autre ouverture, une autre balade, plus curieuse des autres, découvrant une trajectoire, des concerts, des tournées, des pièces de théâtre, voyageant, parfois m’attachant à des personnes… Il me semble que j’ai plutôt navigué dans un optimisme absolument infondé. J’ai cessé d’écrire ce journal à Besançon le 11/12/13… en apprenant la mort de Kate… »

Après les Munkey Diaries, qui retraçaient la vie de Jane Birkin de 1957 à 1982, ce second volume de son journal intime, débutant après sa séparation d’avec Serge Gainsbourg, traverse les années 1980 à 2000 avec une fantaisie et une grâce qui lui permettent de surmonter bien des épreuves. On retrouve avec bonheur une mère dévorée d’amour pour ses trois filles qui s’émancipent, une amoureuse tiraillée entre passion, jalousie et nostalgie, une artiste engagée qui s’épanouit et enchante le monde entier.

Le Spirou de Christian Durieux : Pacific Palace

Le Spirou de Christian Durieux : Pacific Palace

Dupuis – 80 pages – 16.50 €

Dans la collection (très réussie jusqu’alors) des Le Spirou de, voilà Cristian Durieux qui s’y colle.

La couverture est splendide et le graphisme des planches, très aéré, contraste énormément avec ses prédécesseurs.

Le pitch : Pacific Palace, un hôtel paisible au bord d’un lac qui l’est tout autant. Spirou regrette déjà d’y avoir fait engager à ses côtés Fantasio, viré comme un malpropre du Moustique. Car l’ex-journaliste reconverti en groom n’a vraiment pas la vocation et ne rate pas une occasion de fâcher M. Paul, leur supérieur hiérarchique. Mais trop tard pour faire machine arrière : un véritable huis clos est décrété et l’hôtel se retrouve sans clientèle et avec un personnel réduit pour accueillir discrètement Iliex Korda, dictateur déchu du Karajan, petit pays des Balkans.

Dans ses bagages, d’imposants gardes du corps mais aussi Elena, fille du « Grand Guide » au regard envoûtant, dont Spirou tombe instantanément amoureux. Alors que Fantasio ne rate pas une occasion de provoquer l’entourage du tyran, Spirou essaie de comprendre l’étrange ballet politicien qui se joue presque sous ses yeux.


♠ Février 2021 ♠


Si ça saigne

Si ça saigne – Stephen King

Albin Michel – 464 pages – 22.90 €

Un recueil de 4 longues nouvelles de Stephen King : pas d’hésitation, c’est dans ce format que le roi donne le meilleur de lui-même ( souvent d’ailleurs sur un fonds qui n’a rien de fantastique) !

Le pitch : Les journalistes le savent : plus il y a de sang, plus ça vend. Et l’explosion d’une bombe au collège Albert Macready est du pain béni dans le monde de l’info en continu. Holly Gibney de l’agence de détectives Finders Keepers travaille sur sa dernière enquête – un chien perdu – lorsqu’elle allume la télévision et apprend l’effroyable nouvelle. Mais ce n’est pas tout : elle ne peut s’empêcher de penser que quelque chose cloche avec le journaliste qui couvre l’événement.

À travers cette suite inédite au thriller L’Outsider, paru en 2018, et trois autres nouvelles aussi captivantes que variées, Stephen King dévoile, une fois de plus, toute l’étendue de son talent.

2040 Tous dans l'espace ?

2040 Tous dans l’espace ? – Hugo & Maxime Lisoir

Editions Alisio – 192 pages – 18.00 €

Un essai prospectif sur un sujet passionnant. J’achète !

Le pitch : A l’heure où l’espace devient un enjeu géopolitique, économique et climatique majeur, Maxime et Hugo Lisoir nous présentent dans cet ouvrage une rétrospective et une prospective sur les grandes questions d’astrophysique et d’astronautique.

Vols habités jusqu’à Mars et au-delà, débris orbitaux, astéroïdes tueurs, énergie et matière noire, transneptuniens extrêmes, exoplanètes habitables… que recouvrent exactement ces mots et quelle est leur histoire ? Quels sont les développement scientifiques probables en astrophysique et astronautique d’ici 2040 ?

Dans ce livre, les auteurs nous invitent à vivre avec eux l’aventure spatiale des vingt prochaines années !

L'amour, la mort

L’amour, la mort – Dan Simmons

Pocket – 512 pages – 8.70 €

Un recueil de cinq très longues nouvelles par le grand Dan Simmons. Elles datent de la très grande période d’Hypérion (1995) et sont inédites en français. Youpee !

Le pitch : Entre vieilles légendes sioux, bas-fonds de Bangkok, futur dystopique et passé recomposé, Éros et Thanatos dansent ensemble pour mieux révéler les fêlures humaines. Quand l’horreur se pare de douceur, que le fantasme se fait fantastique et cruel, que la drogue du passé tue pour oublier le présent…

Cinq nouvelles qui montrent toute la palette d’écriture de l’auteur d’ Hyperion, de Terreur et de L’Échiquier du mal.

Ce qui nous tue

Ce qui nous tue – Tom McAllister

10/18 – 240 pages – 7.50 €

Un roman qui touche à tant de sujets de société actuels qu’il serait dommage de ne pas l’ouvrir, le feuilleter et – sans doute – l’acheter !

Le pitch : Professeur dans un lycée de Pennsylvanie, Anna voit sa basculer quand une tuerie de masse y prend place et qu’elle se trouve accusée… Anna Crawford, professeure d’anglais au lycée de Seldom Falls, Pennsylvanie, est renvoyée pour insubordination. Mauvais timing : dans la foulée, quelqu’un pénètre dans les locaux et se livre à une tuerie de masse : 19 morts, 45 blessés.

Un temps suspectée par le FBI, Anna est rapidement innocentée. Mais le mal est fait : elle a été montrée du doigt et sa vie, jetée en pâture aux foules, ne sera plus jamais la même dans cette petite ville américaine. Autour d’elle, elle voit un monde à la dérive, qui pour seules réponses à ce drame atroce propose davantage de médias et de caméras, toujours plus de hashtags, d’armes, de virilité triomphante et de lois absurdes.

Avec cet anti-thriller, où l’humour noir se mêle à la colère, Tom McAllister nous offre un plaidoyer au vitriol pour la raison.

Starling

Starling – Mélanie Taquet

Eyrolles – 240 pages – 16.00 €

Un roman feel good, publié il y a deux ans en autoédition et qui, grâce à son succès, est désormais proposé par les éditons Eyrolles.

J’aime bien ce genre de parcours, donc j’en parle !

Le pitch : Starling [?st??rl??] n (bird) étourneau (m) À trente et un ans, Emma vit comme un étourneau solitaire en quête d’une famille. Hypersensible et introspective, elle passe ses soirées à lire ou à se perdre sur Netflix, vagabonde dans Londres et écrit pour oublier les problèmes de sa vie. Quand la jeune femme accepte de suivre Chiara, sa meilleure amie et colocataire à une soirée au pub, elle est loin de se douter que Bilal, fantôme d’une relation interdite, va refaire une entrée fracassante dans sa vie et tout bouleverser sur son passage. Avec l’aide de Chiara et de son « carnet des petits bonheurs », Emma comprendra que la douleur s’apprivoise, et que grandir n’est pas une malédiction…

Un roman tendre et percutant, une quête de soi qui nous embarque avec humour et émotion entre Londres, Prague et Paris.

1984

1984 – George Orwell & Xavier Coste

Sarbacane – 240 pages – 28.00 €

La fameuse dystopie de George Orwell venant de tomber dans le domaine public, les adaptations en BD (ou roman graphique, choisissez le terme qui vous convient) déferlent dans les librairies : pas moins de 4 albums publiés en même temps !

Celui de Xavier Coste fait très bonne figure, tant par son parti pris graphique que par les premiers échos critiques, très favorables.

Le pitch : Dans une Angleterre uchronique issue de la Guerre Froide, Winston est un employé ordinaire. Surveillé à chaque instant par des caméras, des espions, des voisins, il travaille à la réécriture de l’Histoire. Il sent confusément que quelque chose ne va pas dans le monde tel qu’il le connaît. Qu’il doit bien exister du sens, quelque part. Un secret. C’est alors qu’il rencontre Julia…

Sous la plume de Xavier Coste, l’intemporelle dystopie Orwellienne, plus glaçante que jamais.

Huit crimes parfaits

Huit crimes parfaits – Peter Swanson

Gallmeister – 352 pages – 23.40 €

Impossible de résister à un pitch qui parle de librairie, de livres, et de copycat ! Et en plus, la couverture est magnifique…

Le pitch : Libraire spécialisé en roman policier, Malcolm Kershaw reçoit la visite surprise du FBI. L’agent Gwen Mulvey enquête sur deux affaires étranges : une série de meurtres qui rappelle un roman d’Agatha Christie, et un accident qui fait écho à un livre de James Cain. Elle espère donc que l’avis d’un expert du genre lui permettra d’interpréter correctement les (rares) indices à sa disposition.

Et ce n’est pas tout : Malcolm, quinze ans plus tôt, a publié sur son blog une liste intitulée ”Huit crimes parfaits”, où figuraient ces deux intrigues. Serait-il possible qu’un tueur s’en inspire aujourd’hui ? Très vite, l’angoissante certitude s’impose : le tueur rôde déjà à proximité. Malcolm commence à le voir partout, et sent un véritable noeud coulant se resserrer autour de son cou.

The White Darkness

The White Darkness – David Grann

Editions du sous-sol – 160 pages – 16.50 €

L’auteur du remarquable La note américaine, David Grann, publie un nouveau récit documentaire sur un sujet passionnant.

L’auteur s’impose peu à peu comme un des chefs de file du nouveau nouveau journalisme, sans le moindre doute.

Le pitch :  Comme souvent dans les récits de David Grann, un homme est dévoré par son idéal.

Ce personnage d’un autre temps sorti tout droit d’un film de Werner Herzog, se nomme Henry Worsley. The White Darkness raconte son extraordinaire histoire. Celle d’un militaire britannique fasciné par l’exemple d’Ernest Shackleton (1874-1922) et par ses expéditions polaires ; un homme excentrique, généreux, d’une volonté exceptionnelle, qui réussira ce que Shackleton avait raté un siècle plus tôt : relier à pied une extrémité du continent à l’autre. Une fois à la retraite, il tentera d’aller encore plus loin en traversant l’Antarctique seul, sans assistance.

Il abandonne tout près du but, dans un état de santé tel qu’il meurt quelques heures après son sauvetage. Édifiant destin d’un homme perdu par une quête d’impossible, qui n’est pas sans rappeler Percy Fawcett, autre explorateur guidé par une obsession, dont David Grann avait conté l’histoire dans La Cité perdue de Z.

Eve à Hollywood

Eve à Hollywood – Eve Babitz

Seuil – 336 pages – 22.50 €

Un livre célèbre aux Etats-Unis depuis un demi-siècle, pour le première fois accessible en français.

Le livre de (jeunes) souvenirs d’Eve Babitz mérite indubitablement quelques moments d’attention !

Le pitch : Chroniqueuse, égérie des nuits au champagne de Los Angeles, artiste, muse : avant d’avoir célébré ses 30 printemps, Eve Babitz avait déjà joué tous ces rôles. Immortalisée par la célébrissime photo de Julian Wasser dans laquelle elle dispute, en tenue d’Eve comme il se doit, une partie d’échecs avec Marcel Duchamp, Babitz fit une entrée fracassante en littérature avec ce livre paru en 1972 et traduit en français pour la première fois.

Près d’un demi-siècle s’est écoulé, et pourtant la prose d’Eve Babitz, piquante, sensuelle et d’une folle liberté, n’a pas pris une ride. Dans cette autobiographie mosaïque, composée tel un album de choses vues et vécues par l’une des plus secrètes et flamboyantes figures de la Californie des années 70, le lecteur est transporté dans un univers peuplé de sublimes ingénues lycéennes, de chicanas outrageusement tatouées et de rock-stars menant la grande vie au mythique Chateau Marmont. Avec ces chroniques intimes, on redécouvre une Amérique perdue, devenue légendaire – celle où, comme l’écrivait Babitz dans son premier roman, Sex & Rage (Seuil, 2018), « la vie n’était qu’un long rock’n’roll ».

Récits de la soif

Récits de la soif – Leslie Jamison

Pauvert – 544 pages – 25.00 €

Un essai copieux sur un sujet rarement abordé (les leins complexes entre l’addiction alcoolique et la création artistique) et tout à fait passionnant.

Le pitch : Quel point commun entre Billie Holiday et Stephen King ? Entre Amy Winehouse, Marguerite Duras et l’auteure de ce livre ? L’art – l’art et l’addiction.

Après ses Examens d’empathie, Leslie Jamison se penche sur les liens entre écriture et toxicomanie, en commençant par sa propre expérience. De sa première gorgée de champagne au délitement de sa vie de jeune adulte, Leslie Jamison livre un témoignage sincère sur l’emprise de l’alcool et son chemin vers la sobriété. Elle met en regard sa propre trajectoire éthylique avec celles de femmes et d’hommes de lettres tels que Raymond Carver, William Burroughs, Jean Rhys et David Foster Wallace, déboulonnant page à page le mythe de l’ivresse inspirée. Ce chœur de voix dessine les contours d’un récit commun qui en dit autant sur les toxicomanes que sur la société qui, selon la couleur de leur peau, leur origine sociale ou leur genre, réécrit leurs histoires.

Le doorman

Le doorman – Madeleine Assas

Actes sud – 384 pages – 22.00 €

Certains trouveront le sujet rébarbatif ou le pitch un brin bullshit, mais je fais confiance à Actes Sud pour avoir déniché un roman vraiment original sur New-York.

Le pitch : Le Doorman est le roman d’un homme secret vêtu d’un costume noir à boutons dorés. Un étranger devenu le portier d’un immeuble de Park Avenue puis, avec avec le temps, le complice discret de plusieurs dizaines de résidents qui comme lui sont un jour venus d’ailleurs.

A New York depuis 1965, ce personnage poétique et solitaire est aussi un contemplatif qui arpente à travers ce livre et au fil de quatre décennies l’incomparable mégapole. Humble, la plus part du temps invisible, il est fidèle en amitié, prudent en amour et parfois mélancolique alors que la ville change autour de lui et que l’urbanisme érode les communautés de fraternité.

Toute une vie professionnelle, Le Doorman passe ainsi quarante années protégés par son uniforme, à ouvrir des portes monumentales sur le monde extérieur et à observer, à écouter, avec empathie et intégrité ceux qui les franchissent comme autant de visages inoubliables. Jusqu’au jour où il part pour une autre ville, matrice de son imaginaire.

Ce livre est le théâtre intemporel d’une cartographie intime confrontée à la mythologie d’un lieu. Il convoque l’imaginaire de tout voyageur, qu’il s’agisse du rêveur immobile ou des inconditionnels piétons de Manhattan, marcheurs d’hier et d’aujourd’hui aux accents d’ailleurs.

Il est interdit de nourrir les pélicans

Il est interdit de nourrir les pélicans – Andrei Astvatsatourov

Macha publishing – 300 pages – 21.50 €

Celui-là, j’avoue que je l’ai choisi avant tout pour son titre ! Mais aussi, juste après, pour son (très long et labyrinthique) pitch, complètement foutraque, et pour la réputation de son auteur, qui parvient à écrire des romans toute en étant enseignant tout à la fois en Russie et aux Etats-Unis. Une performance !

Le pitch : Andrei, professeur de littérature et véritable névrosé urbain, toujours aussi malchanceux en amour, débarque à Londres pour retrouver sa copine, une chanteuse bien en chair, mais aussi en silicone, et bascule sans le vouloir dans une intrigue policière tout aussi farfelue qu’improbable ! Evidemment, il n’est en aucun cas lié à cette affaire mais, de fil en aiguille, il se retrouve contraint de fuir, de se cacher, et même de devenir trafiquant de drogue !

Avec sa candeur habituelle, son air benêt et son éternel cortège de casseroles, Andrei invite le lecteur dans son univers d’éternel perdant, à la fois pathétique et sympathique. Une fois retourné à Saint-Pétersbourg, Andrei nous plonge dans son quotidien de professeur d’université, décrivant son entourage et son environnement à la manière d’un aventurier étudiant la faune et la flore sauvages. Ce patchwork de personnages donne au roman un caractère marquant et inoubliable : entre l’éminent professeur dont le cadavre est retrouvé dans un bordel, le recteur de l’université, dont la seule mission est de déboucher les toilettes de sa fac, la serveuse qui endort le personnel enseignant de son  » délicieux café  » alcoolisé, on ne s’ennuie jamais…

Le roman est construit de manière enchâssée, non linéaire, faisant se succéder des flash-backs, des souvenirs et des moments de réflexion intérieure, comme des monologues ou les notes éparses d’un philosophe un peu fou, entrecoupés d’épisodes érotiques vains, le tout constituant une pensée fluide et imagée. On se déplace dans les méandres de cette histoire en zigzaguant. C’est souvent drôle, la plupart du temps aux dépens du narrateur, mais c’est beau aussi, comme le vol d’un oiseau.

Le Temps du reportage

Le Temps du reportage – Robert S. Boynton

Editions du sous-sol – 688 pages – 29.00 €

Pour tous les lecteurs que le mouvement du nouveau journalisme initiés par Tom Wolfe fascine, voici un document – une somme ! – proprement fascinant, alors même que le genre ne s’est jamais mieux porté outre-Atlantique.

Le pitch : En 1973, Tom Wolfe inventait l’expression « Nouveau Journalisme’ pour désigner ce type de reportage à mi-chemin du récit et du roman. L’auteur de L’Étoffe des héros, lui-même coutumier de cet effacement des frontières entre fiction et non-fiction, théorisait dans l’anthologie réunissant quelques-uns de ces « nouveaux journalistes’ (Joan Didion, Norman Mailer, Hunter S. Thompson, Truman Capote, etc.) une écriture qui dans sa forme même se rapprocherait de la littérature mais dont le souci des faits et de leur véracité déterminerait son but : rendre compte du réel, raconter, enquêter, révéler. « Une investigation artistique’, écrivait-il, tordant davantage deux termes qui de prime abord semblaient incompatibles.

Près de cinquante ans après ce manifeste du Nouveau Journalisme, Robert S. Boynton reprend le flambeau et en actualise le propos en exposant l’importance et la variété du journalisme littéraire contemporain. À travers une série d’entretiens avec les grands noms du reportage, de William Finnegan à Gay Talese, de Michael Lewis à Jane Kramer, l’ouvrage dessine un art du reportage comme l’on écrirait un art du roman.

Trois Voeux

Trois Voeux – Liane Moriarty

Albin Michel – 400 pages – 22.90 €

La sortie en France du premier roman de Liane Moriarty, auteure australienne à succès de romans un peu atypiques (entre feel good et roman à suspens), dont Big little lies et Le secret du mari, qui m’avait plutôt séduit..

Le pitch plutôt sympa, léger, laisse entrevoir une lecture facile pour les vacances, par exemple…

Le pitch : Il y a Lyn, la soeur raisonnable, qui bataille pour trouver un équilibre entre sa vie de mère, de couple et sa vie professionnelle. Cat, dont tout le monde envie le prétendu mariage parfait. Et Gemma, qui change de job et de fiancé comme de chemise.

Elles sont soeurs, triplées, soudées. Ensemble, elles ont toujours réussi à surmonter les épreuves de la vie. Jusqu’à cette fête d’anniversaire qui lève le voile sur de dérangeantes vérités. Et menace de les plonger dans le chaos.

Spécialiste en arsenic acidulé, la romancière australienne Liane Moriarty excelle à nous dévoiler les insoupçonnables secrets qui se cachent derrière les apparences. Après le succès du Secret du mari, traduit dans 55 pays et de Petits et grands mensonges, adapté en série par HBO sous le titre Big little lies, ce roman, mené comme un thriller, est un soap doux amer dont personne ne ressort indemne.

De l'amour: Nouvelles et romans

De l’amour: Nouvelles et romans – H.G. Wells

Quarto Gallimard – 1 024 pages – 26.00 €

Le père du roman fantastique et de SF moderne passait aussi beaucoup de temps à écrire pour exposer ses théories (modernes) sur le coupl, l’amour, le sexe… qu’il mettait en pratique dans sa vie personnelle. L’occasion de découvrir cet aspect méconnu de son oeuvre.

Le pitch : Auteur de célèbres romans d’anticipation (La Machine à explorer le temps, La Guerre des mondes, L’Ile du docteur Moreau…), voix dominante de son temps, l’écrivain britannique H. G. Wells (1866-1946) a porté tout au long de sa carrière un regard acéré sur le monde d’alors. Au coeur d’une oeuvre foisonnante dominée par ses spectaculaires scientific romances, l’amour occupe une place insoupçonnée.

Biologiste de formation, Wells étonne en décryptant les emballements du coeur et du corps, contre une société qu’il juge corsetée, gouvernée par des conventions, contre le mariage. Pleines d’humour, ses fictions empreintes d’une virulente critique sociale, donnent à lire un auteur qui, inspiré de ses propres extravagances sentimentales et sexuelles, se rit des couples mal assortis, applaudit à l’aventure et s’intéresse à l’émancipation féminine. Pour lui, aimer n’est pas un engagement, c’est un acte de liberté.

Cette édition Quarto propose de découvrir ce continent inconnu de l’oeuvre de Wells, au travers d’un choix de nouvelles et de romans – comiques, politiques, fantastiques ou d’inspiration autobiographique.


♠ Mars 2021 ♠


Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon

Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon

 Jean-Paul Dubois

Points – 240 pages – 7.40 €

18 mois après sa publication initiale, voici (enfin) la sortie en poche Goncourt 2019.

Jean-Paul Dubois est un des meilleurs auteurs français contemporains (souvent inspiré par les Etats-Unis et le Canada) et il parait judicieux de faire confiance – pou rune fois ! – au choix des jurés.

Ma critique est déjà ici : lire la suite !

Le pitch : Paul Hansen purge sa peine dans un pénitencier canadien.

Dans la cellule qu’il partage avec Horton, un Hells Angel incarcéré pour meurtre, il se raconte sa vie. L’enfance, à Toulouse, entre un père pasteur et une mère gérante d’une salle de cinema. Son métier de superintendant à la résidence L’Excelsior, où il réparait les âmes et entretenait les bâtiments. Les moments de folle liberté dans l’aéroplane de Winona, sa compagne pilote. Et le crime qui l’a conduit en prison.

Le jeu de la dame

Le jeu de la dame – Walter Tevis

Gallmeister – 368 pages – 11.40 €

La publication du roman – enfin traduit – écrit par Walter Travis en 1983, roman qui a donné lieu à une adaptation en une mini-série qui a secoué Netflix et tous les médias à la toute fin 2020.

La série était absolument géniale et l’auteur a au moins deux autres grands livres à son actif, L’arnaqueur et L’oiseau d’Amérique (critiqué par ailleurs sur le site). Un must.

Ma critique est déjà ici : lire la suite !

Le pitch : Petite fille, Beth Harmon a appris les échecs à l’orphelinat. Prodigieusement douée, elle devient rapidement une joueuse exceptionnelle. Mais le milieu des échecs est féroce, les intrigues les plus sournoises sont permises, et les États vont jusqu’à s’affronter à travers leurs champions respectifs.

Sa rencontre avec le champion soviétique sera l’occasion d’une confrontation impitoyable.

Un grand suspense d’une lecture fascinante et le meilleur roman sur les échecs depuis La Défense Loujine de Nobokov.

Vies et Morts de Stanley Ketchel

Vies et Morts de Stanley Ketchel – James Carols Blake

Gallmeister – 384 pages – 23.00 €

Je n’en sais pas plus que ce que livre – peu – le pitch, mais c’est assez séduisant, chez un éditeur spécialiste de la bonne littérature américaine contemporaine.

Le pitch : D’origine polonaise, Stanley Ketchel est né en 1886 aux Etats-Unis. Il fuit rapidement la violence et l’alcoolisme de son père pour trouver un emploi de videur de saloon dans le Montana et entamer une carrière de boxeur, durant laquelle il affronte le champion des poids lourds Jack Johnson en 1909, un an avant son assassinat

Mémoires flous

Mémoires flous – Jim Carrey & Dana Vachon

Le seuil – 304 pages – 19.00 €

Un roman en autofiction, venant de Jim Carrey ? Pour les cinéphiles, le pari est tentant…

Le pitch : Jim Carrey est une star de cinéma adulée. Il a beaucoup de succès, on envie sa réussite et ses privilèges. Mais il est très seul. Il commence à vieillir, il prend du poids. Il passe des nuits à chercher de l’affection auprès de ses chiens de garde entraînés par le Mossad et à regarder des documentaires improbables sur Netflix. Il a tout tenté pour sortir de sa déprime : les régimes, les gourous, et même les bons conseils de son cher ami, acteur et collectionneur de crânes de dinosaures Nicolas Cage.

Rien ne va, jusqu’au moment où il croise la route de Georgie. C’est l’amour de sa vie, il le sait, il le sent. Charlie Kaufman, scénariste de Dans la peau de John Malkovich, lui propose alors un rôle dans un film d’un nouveau genre, un film qui repousse toutes les limites existantes et qui lui permettra sûrement de remporter un Oscar. On dirait que l’horizon s’éclaircit enfin… Mais l’univers a d’autres plans pour Jim Carrey..

Les Pionniers

Les Pionniers – Ernest Haycox

Actes sud – 544 pages – 24.00 €

Grâce à Bertrand Tavernier, voici le dernier roman (posthume) d’Ernest Haycox, un magnifique auteur de « westerns » de la première moitié du XX° siècle, quasi inconnu en France. La lecture de son roman Les fugitifs de l’Alder Gulch m’a littéralement bluffé, donc je recommande !

Le pitch : Ils viennent du Missouri et ont tout abandonné dans l’espoir de trouver une terre à des milliers de kilomètres de leurs foyers. Ils ont entassé leurs maigres possessions dans des chariots et traversent les Grandes Plaines, puis les montagnes Rocheuses où ils affrontent les rapides du fleuve Columbia. Leur trajet ouvre la célèbre piste de l’Oregon, qui sera plus tard empruntée par de nombreux migrants en route vers l’Ouest et la terre promise. C’est un voyage qui a tout d’une grandiose épopée, peuplé d’hommes et de femmes qui souffrent de la faim et du froid, qui connaissent la solidarité autant que les rivalités, qui cherchent l’amour aussi. Lorsqu’ils parviennent enfin à destination, ils construisent des cabanes, labourent un sol jusque-là inexploré, et installent peu à peu les bases de ce qui deviendra plus tard une société civilisée avec ses lois, ses règles et ses usages.

Dans ce grand roman de l’Ouest, chef-d’oeuvre de Haycox, qui marie le souffle de l’épopée à la chaleur de l’intime, on n’en finit pas de se passionner pour ces pionniers qui ont posé les fondements de l’Amérique telle que nous la connaissons aujourd’hui.

La sirène, le marchand et la courtisane

La sirène, le marchand et la courtisane – Imogen H. Gowar

Belfond – 528 pages – 22.00 €

Un pitch tout simplement excitant, dans la grande tradition des romans historiques et fantastiques anglo-saxons. Croisons les doigts pour les 500 pages soit à la hauteur !

Le pitch : Un soir de septembre 1785, on frappe à la porte du logis du marchand Hancock. Sur le seuil, le capitaine d’un de ses navires. L’homme dit avoir vendu son bateau pour un trésor : une créature fabuleuse, pêchée en mer de Chine. Une sirène.  Entre effroi et fascination, le Tout-Londres se presse pour voir la chimère. Et ce trésor va permettre à Mr Hancock d’entrer dans un monde de faste et de mondanités qui lui était jusqu’ici inaccessible.

Lors d’une de ces fêtes somptueuses, il fait la connaissance d’Angelica Neal, la femme la plus désirable qu’il ait jamais vue… et courtisane de grand talent. Entre le timide marchand et la belle scandaleuse se noue une relation complexe, qui va les précipiter l’un et l’autre dans une spirale dangereuse. Car les pouvoirs de la sirène ne sont pas que légende. Aveuglés par l’orgueil et la convoitise, tous ceux qui s’en approchent pourraient bien basculer dans la folie…

Le plus dangereux des jeux

Le plus dangereux des jeux – Richard Connell

Editions du sonneur – 6.00 €

L’œuvre qui a donné naissance aux Chasses du comte Zaroff est publiée pour la première fois en traduction intégrale en français. Indispensable.

Le pitch : Texte qualifié de  » nouvelle la plus populaire jamais écrite en langue anglaise « 

Au milieu de la mer des Caraïbes, Sanger Rainsford fait naufrage sur l’île de Ship Track. Il y est recueilli par un russe blanc, le général Zaroff, qui se révèle être un hôte des plus remarquables et attentionnés. Reconnaissant en son convive un célèbre chasseur de gros gibier dont le livre sur la chasse au léopard des neiges fait autorité, le maître des lieux invite Rainsford à un jeu particulier : une partie de chasse à l’homme. Acculé, celui-ci est forcé d’accepter ce  » jeu des plus dangereux « . Commence alors, au coeur de la jungle, une lutte sans merci entre les deux hommes. Le chasseur chassé, l’ombre et la proie : qui chassera qui ?

Ce récit, à la lisière du fantastique, est un monument de la littérature noire aux États-Unis. Il a été adapté de nombreuses fois à la radio et au cinéma.

100 grands films de réalisatrices

100 grands films de réalisatrices – Véronique Le Bris

Grund – 240 pages – 19.90 €

A l’heure de Metoo et en pleine vague féministe dans le milieu du cinéma, bonne idée de recenser – enfin, puisqu’il s’agit d’une entreprise inédite – les plus grandes réalisations féminines !

Le pitch : « C’est compliqué de programmer des réalisatrices… Des films de femmes, il y en a peu. Nous choisissons les œuvres de talent. » Halte à cette litanie que l’on entend encore beaucoup trop souvent de la part des programmateurs ! Des films de femmes il y en a, des très bons films aussi et bien plus que cent !

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, un tel guide qui recense les meilleurs films réalisés par des femmes depuis les débuts du cinéma n’existe pas encore. Arte éditions et Gründ ont la volonté de publier ce guide précieux pour rendre visibles toutes les femmes de cinéma à tous les cinéphiles.

L'entrepôt

L’entrepôt – Rob Hart

Pocket – 544 pages – 8.40 €

Une dystopie qui tourne autour d’un monde transformé par la puissance des GAFA.

Les droits du bouquin auraient été acquis par Hollywood (Ron Howard) pour une adaptation au cinéma.

Ma critique est déjà ici : lire la suite !

Le pitch : Bienvenue chez Cloud. L’alpha et l’oméga du commerce en ligne. Le mastodonte de l’économie mondiale. Pour ce Big Brother version Business, le monde est un algorithme à sa merci. Ses employés ? Des esclaves connectés, cadencés, standardisés.

Ex-petit patron au chômage, Paxton découvre avec effarement ses nouvelles conditions de travail, cet entrepôt aux allures de ville sous surveillance… Quant à Zinnia, autre nouvelle recrue, elle n’entre pas chez Cloud par hasard. Si cette amazone de la révolution compte infiltrer la compagnie, c’est pour mieux la détruire – de l’intérieur…

Confusion

Confusion – Elisabeth Jane Howard

La table ronde – 512 pages – 23.00 €

Le troisième (gros) volume de la tétralogie d’Elisabeth Jane Howard, une des sagas de la fin du XX° siècle les plus connues outre-manche et qui n’est traduite et publiée en France que maintenant.

Les deux premiers étaient vraiment très réussis, il serait dommage de ne pas poursuivre !

Le pitch : Mars 1942. Polly et Clary, les deux cousines encore enfants dans Etés anglais et qui, adolescentes, avaient la part belle dans A rude épreuve, ont aujourd’hui dix-sept ans et n’aspirent qu’à une chose : échapper à l’étau familial en quittant Home Place pour Londres. Polly est encore sous le choc du décès de sa mère, Sybil, qui a succombé au cancer qui la rongeait. Clary, dont le père Rupert n’a plus donné signe de vie depuis le mot apporté par un soldat français, est sur le point de perdre espoir.

Au chagrin des deux héroïnes s’ajoute la frustration face au silence borné du clan Cazalet : les adultes se refusent à parler des choses graves, et continuent de les considérer comme des enfants. A quel modèle les deux jeunes filles peuvent-elles bien s’identifier ? Leur cousine Louise abandonne sa carrière d’actrice pour devenir mère de famille. Leur tante Rachel est à ce point dévouée à ses parents qu’elle laisse s’éloigner sa précieuse amie Sid. Et pendant que Zoë, la belle-mère de Clary, s’éprend d’un Américain, les in délités d’Oncle Edward à l’égard de Tante Villy menacent de tout faire voler en éclats. Malgré les sirènes et les bombardements, Londres est toujours plus attirante que Home Place, où règnent un froid glacial et une atmosphère de plomb.

Churchill

Winston Churchill – François Kersaudy

Taillandier – 872 pages – 12.90 €

La sortie en format poche – enfin !!! – de la fabuleuse biographie de Winston Churchill par François Kersaudy.

Une vie incroyable, narrée avec un talent et une érudition rarement égalée : cette biographie est absolument indispensable à tout lecteur passionné par l’histoire du 20ème siècle.

=> Ma critique est déjà là.

Le pitch : « Nous sommes tous des vers », avait modestement confié le jeune Winston à une amie, « mais je crois que moi, je suis un ver luisant ! »

Le mot n’est pas trop fort : Alexandre Dumas aurait pu inventer un personnage de ce genre, mais dans le cas de Winston Spencer-Churchill, la stricte réalité dépasse de très loin la fiction.

Cette vie a été un roman , elle est racontée comme tel… sans un mot de fiction. Se fondant sur des recherches dans les archives de huit pays, la consultation de quelque quatre cents ouvrages et l’interview de nombreux acteurs et témoins, ce récit épique montre comment un homme solitaire, longuement façonné par d’exceptionnels talents et de singulières faiblesses, a pu infléchir le cours de notre siècle.

Radio Banane

Radio Banane – Clémentine Mélois & Rudy Spiessert

EDL – 76 pages – 13.50 €

Dans cette exploration des nouveautés littéraires, n’oublions surtout pas les livres destinés aux plus jeunes !

Pour avoir lu en avant première cet album ultra coloré et positif, je peux vous garantir qu’il s’agit d’une vraie réussite. Les niveaux de lecture sont multiples (pour les petits ET pour les grands !), la joie et le plaisir que dégage cette lecture (7 pages avec pas mal de texte) font du bien au moral !

Ma critique est déjà ici : lire la suite !

Le pitch : Voici, cher lecteur, l’incroyable histoire de Radio Banane.

Au cœur de la jungle, Aristote le petit singe va faire une surprenante découverte. Cette trouvaille va déclencher une série d’événements tout à fait étonnants, spectaculaires, joyeux et formidables. Bien des vies vont même s’en trouver bouleversées. Mais n’allons pas trop vite dans le récit et commençons par le commencement : un matin, Aristote partit en balade.

Une aventure en sept chapitres à lire chaque soir de la semaine.


♠ Avril 2021 ♠


Dévolution

Dévolution – Max Brooks

Calman Levy – 270 pages – 19.90

Max Brooks, c’est bien le fils du réalisateur Mel Brooks, mais aussi – surtout ! – l’auteur du terrifiant (et très réussi) – World War Z).

Voilà un nouveau récit post-apocalyptique qui nous cligne de l’œil. Oui… je vais céder à l’invitation !

Le pitch : Bienvenue à Greenloop, près de Seattle, petite communauté écolo privilégiée permettant à des ultra-riches de vivre au plus près de la nature, mais avec une technologie de pointe. Quand un proche volcan entre en éruption, Greenloop est soudain coupée du monde, et ses habitants jetés dans une épreuve de survie au jour le jour.

Kate Holland relate dans son journal intime comment son petit coin de paradis devient un enfer, surtout quand s’abat sur les survivants un prédateur inattendu : le Bigfoot. Pour survivre, la communauté doit désapprendre tout ce que le monde moderne lui a inculqué.

Entre le journal de Kate et les nombreux témoignages extérieurs, nous reconstituons une ahurissante histoire de survival horror. À la fois conte horrifique et voyage scientifique, Dévolution est une lecture intense, qui questionne le conflit entre nature et monde civilisé.

57, rue de Babylone Paris 7ᵉ

57, rue de Babylone Paris 7ᵉ – Alix de Saint André

Gallimard – 240 pages – 21.00 €

Une histoire qui semble résonner avec ma propre adolescence… peut-être est-ce le cas aussi pour vous ?

Le pitch : Au 57 rue de Babylone, dans le septième arrondissement de Paris, se trouvait naguère une singulière pension de famille, le « Home Pasteur ». Ce livre nous raconte l’histoire de cet établissement, de ses habitants, de la famille qui le gérait.

Tout commence dans les années soixante-dix, lorsque Alix de Saint-André débarque à Paris, venue de son Anjou natal, et fait la connaissance au lycée Victor Duruy d’une fille qui va devenir son amie. Pia est vêtue comme une impeccable bourgeoise catholique, mais en réalité sa famille, qui tient le « Home Pasteur », est tout sauf conventionnelle.

Un récit tendre et gouailleur, mené tambour battant par une Alix de Saint-André au meilleur de sa forme.

Dessiner encore

Dessiner encore – Coco

Les Arènes – 352 pages – 28.00 €

Un roman graphique, oui, mais pas n’importe lequel : celui créé par Corinne Rey, dite Coco, dessinatrice chez Charlie hebdo, et survivante du massacre de 2015 (c’est elle qui, menacée, dû aider les frères Kouachi à pénétrer dans l’immeuble).

A lire après Le Lambeau, de Philippe Lançon

Le pitch :  » L’attentat du 7 janvier 2015 tourne en boucle dans ma tête. Tout fout le camp en moi mais le dessin résiste. »

Repas de famille

Repas de famille – Ferran Adrià

Phaïdon – 384 pages – 39.95 €

La réédition – à l’occasion du 10ème anniversaire de sa sortie – du fameux livre de recettes de Ferran Adrà, probablement le cuisinier le plus célèbre du monde du début du XXI° siècle.

Ma critique du livre original est déjà ici.

Le pitch : Le premier livre de cuisine familiale de Ferran Adrià, le chef le plus influent au monde qui vient de fermer les portes d’el Bulli, emblématique table catalane de la cuisine d’avant-garde pendant plus de quinze ans.

Ce sont au total 31 menus et 93 recettes pour cuisiner des plats simples et savoureux qui étaient dégustés par l’équipe d’elBulli, tous les jours avant le service. Cet ouvrage a été réalisé comme un manuel du parfait cuisinier avec des conseils pour bien faire ses courses et organiser sa cuisine, des recettes de bases indispensables, un planning précis pour chacun des menus. C’est le seul livre de cuisine familiale qui propose des recettes avec des proportions pour 2 personnes, 6 personnes, 20 personnes et 75 personnes.

Wanted Lucky Luke

Wanted Lucky Luke – Matthieu Bonhomme

Lucky – 68 pages – 15.00 €

Matthieu Bonhomme relance sa franchise dérivée de Lucky Luke, juste cinq ans après son coup d’essai L’homme qui tua Lucky Luke, qui était une vraie réussite.

Rien que pour cela, je vais me jeter dessus. Et vous ?

Le pitch : Lucky Luke, qui vient d’être attaqué par un chasseur de primes, apprend que sa tête est mise à prix ! À peine a-t-il le temps de digérer la nouvelle qu’il vole au secours de trois soeurs aussi belles qu’intrigantes, en bien mauvaise posture avec leur convoi de bétail. Gentleman comme toujours, Lucky Luke propose de les escorter jusqu’à leur destination finale ; il ne se doute pas de ce qui l’attend… Cinq ans après L’Homme qui tua Lucky Luke, Matthieu Bonhomme renoue avec le cow-boy le plus célèbre de la bande dessinée franco-belge.

Boxcar Bertha : Soeur de la route

Boxcar Bertha : soeur de la route – Ben Reitman

Nada éditions – 300 pages – 18.00 €

Un grand classique de la littérature américaine réédité. Bonne idée car, comme moi, j’imagine que vous n’avez jamais eu l’occasion de le lire !

Le pitch : Années 1930. La Grande Dépression. Bertha Thompson, alias Boxcar Bertha, n’a pas un sou en poche, mais soif de liberté. Elle part brûler le dur.

À travers les aventures de cette vagabonde anarchiste, c’est une autre histoire des États-Unis que nous raconte Ben Reitman, celle des hobos et des syndicalistes révolutionnaires, des bohèmes et des rebelles, des victimes de l’exploitation capitaliste et des hors-la-loi. Publié pour la première fois en 1937 et porté à l’écran par Martin Scorsese en 1973, Boxcar Bertha est un classique du road novel et un témoignage vivant sur l’Amérique d’en bas.

Henri Cartier Bresson Le grand jeu

Henri Cartier-Bresson Le grand jeu  

BNF – 352 pages – 60.00 €

Pour qui aime la photo, Cartier-Bresson reste un des maîtres du XX° siècle. La Bibliothèque nationale publie un bel ouvrage définitif (?) sur le grand photographe français.

Espérons que le travail de la BNF rectifiera les erreurs commises par l’éditeur originel italien, dont le travail a été très sérieusement critiqué. A ce prix, cela me parait être la moindre des choses !

Le pitch : Cet ouvrage présente pour la première fois dans son intégralité l’ensemble exceptionnel de 385 images qu’Henri Cartier-Bresson considérait comme les plus significatives de son œuvre. Cinq personnalités ont été invitées à choisir une cinquantaine d’images parmi ce Grand Jeu offrant ainsi regard renouvelé sur un photographe majeur du XXe siècle.

Au début des années 1970, à la demande de ses amis et collectionneurs John et Dominique Menil, Henri Cartier-Bresson passe en revue les milliers de tirages de ses archives à la recherche des œuvres les plus importantes et les plus significatives de sa carrière. 385 photographies ainsi choisies sont imprimées dans son laboratoire de confiance, à Paris, entre 1972 et 1973.

Pour mettre en valeur ce  » Master Set « ,la photographe Annie Leibovitz, le réalisateur Wim Wenders, l’écrivain Javier Cercas, la directrice du Département des estampes et de la photographie de la Bibliothèque nationale de France, Sylvie Aubenas, et le collectionneur François Pinault ont choisi chacun une cinquantaine d’images issues de cet ensemble unique, qui jusqu’à présent n’avait jamais été publié dans son intégralité. À travers cette sélection, chacun partage sa vision personnelle de l’œuvre de l’un des plus grands photographes du XXe siècle.

Les Lions de Sicile

Les lions de Sicile – Stefania Auci

Albin Michel – 430 € – 21.90 €

Un roman historique dans la grande tradition de la littérature italienne qui a remporté un grand succès de l’autre côté des Alpes.

Le pitch : Les frères Florio, Paolo et Ignazio, montent une épicerie à Palerme en 1799. Ambitieux mais rivaux en amour, ils deviennent des hommes riches et puissants.

Vincenzo, le fils de Paolo, reprend l’affaire familiale à la mort de son père et construit l’empire Florio. Le succès de Vincenzo, considéré comme un parvenu par la bonne société palermitaine, en irrite plus d’un.

Liens de sang

Liens de sang – Octavia E. Butler

Diable vauvert – 480 pages – 22.00 €

Un intriguant roman SF des années 70 jouant sur le principe du voyage dans le temps, pour mieux réfléchir sur les problèmes des ségrégations.

L’auteure, noire américaine morte en 2006, a laissé une œuvre importante que l’on commence à découvrir en France.

Le pitch : Dana, jeune femme noire d’aujourd’hui, se retrouve propulsée au temps de l’esclavage dans une plantation du Sud et y rencontre ses ancêtres…

UN ROMAN D’AVENTURE QUI EXPLORE LES IMPACTS DU RACISME, DU SEXISME ET DE LA SUPRÉMATIE BLANCHE.

Le sourire contagieux des croissants au beurre

Le sourire contagieux des croissants au beurre – Camille Andréa

Plon – 384 pages – 18.00 €

Si je place ce livre dans ma sélection, rassurez-vous, ce n’est pas très sérieux.

Juste pour le plaisir de mettre sous vos yeux le titre et le pitch les plus ridicules de l’année : on dirait une vraie parodie de feel good book !

Le pitch : A quarante-quatre ans, le Chef français Pierre Boulanger a tout pour être heureux. Il possède le plus grand empire de pâtisseries surgelées des Etats-Unis, il est l’ami des stars, les plus belles femmes du monde croquent à pleines dents dans ses fameux croissants, et il a épousé une brillante avocate reconnue par le gratin new-yorkais qui lui a donné un adorable petit garçon.

Jusqu’au jour où un vendeur ambulant lui propose un gobelet de café à un million de dollars. Un million de dollars, pas pour un simple café, bien sûr. Un million de dollars pour le meilleur café du monde, le café qui va changer sa vie… Cette rencontre magique avec un vieux vendeur de hot-dogs ambulant ébranlera à jamais les certitudes de Pierre Boulanger quant au pouvoir, à l’amour, et à la vie.

Une intrigue pâtissière et spirituelle menée à tambour battant entre les Etats-Unis, le Groenland et le Pérou à la recherche d’un café miraculeux qui rend les gens heureux dans lequel l’auteur a mis toute sa belle expérience de vie.


♠ Mai 2021 ♠


Trio

Trio – William Boyd

Seuil – 432 pages – 22.00 €

Un nouveau roman de William Boyd est toujours un évènement, même si la qualité des dernières productions du meilleur auteur britannique de ces trente dernières années a parfois varié.

Le sujet – le cinéma – parait un cadre parfait pour son talent, car Boyd a également travaillé à plusieurs reprises comme scénariste.

Le pitch : Dans la station balnéaire de Brighton, indifférents au tumulte du monde en cet été 68, trois personnages sont réunis pour les besoins d’un film dans l’esprit des « Swingin’ Sixties ». Talbot Kydd, la soixantaine, producteur chevronné, navigue entre les complications (réécritures sans fin du scénario, erreurs de casting, manigances des associés, défection de l’actrice principale) et se demande comment sortir du placard. Anny Viklund, jeune beauté américaine à la vie amoureuse chaotique voit réapparaitre son ex-mari, terroriste en cavale, et suscite l’intérêt de la CIA. Quant à l’épouse délaissée du metteur en scène, Elfrida Wing, autrefois saluée comme la « nouvelle Virginia Woolf » avec son premier roman, elle combat sa panne d’écrivain à grand renfort de gin tonic.

L’épigraphe de Tchekhov – « La plupart des gens mènent leur vraie vie, leur vie la plus intéressante sous le couvert du secret » – annonce le thème principal du roman : la duplicité. La simulation, composante essentielle dans la réalisation d’un film, s’insinue partout, dans la sphère privée comme dans la sphère publique : tromperie, vol dissimulé, adultère furtif et fausse amitié.

Blackwood

Blackwood – Michael Farris Smith

Sonatine – 288 pages – 21.00 €

Le dernier roman (le quatrième, si je ne m’abuse) d’une des valeurs montantes de la littérature américaine, qui prend deux ans entre chaque livre. La critique des trois autres est sur le site.

Le pitch : Après y avoir vécu un drame quand il était enfant, Colburn est de retour à Red Bluff, Mississippi. Il y trouve une ville qui se meurt en silence. Lorsque deux enfants disparaissent, les tensions alors sous-jacentes éclatent au grand jour, et la vallée s’embrase.

La prose lyrique de Michael Farris Smith est à l’image du kudzu, cette plante invasive qui s’accroche à tout ce qui se trouve sur son chemin et étouffe lentement Red Bluff : plus le lecteur avance dans le livre, plus il se sent enlacé, retenu, pris au piège. Jusqu’à un final sidérant.

Frieda

Frieda – Annabel Abbs

Pocket – 512 pages – 8.40 €

Edition en format poche de la biographie romancée d’une aristocrate dont la vie a inspiré D.H. Lawrence pour la rédaction de son fameux roman.

Ma curiosité vient des nombreux échos très favorables des lecteurs depuis sa sortie en format broché il y a un an.

Le pitch : En 1912, une jeune baronne allemande vivant à Nottingham commet l’irréparable : elle quitte son mari et ses trois enfants pour vivre sa passion avec son amant. Mais qu’est-ce qui peut pousser une femme à abandonner ses enfants ?

La décision de Frieda von Richthofen va donner naissance à l’un des plus grands scandales de son temps. Sa relation avec D.H. Lawrence inspirera le très sulfureux roman L’Amant de Lady Chatterley.

Park Avenue summer

Park Avenue summer – Renée Rosen

Pocket – 448 pages – 7.95 €

La sortie en format poche d’un roman sorti en 2020 chez Belfond et qui a rencontré un vrai succès d’estime.

Il faut dire que le sujet inspiré de faits réels (l’explosion de la « cosmo girl » dans l’Amérique des 60’s) et le parallèle inévitable avec Le diable s’habille en Prada est plutôt séduisant

Le pitch : New York, 1965. En acceptant le poste de secrétaire de la nouvelle rédactrice en chef de Cosmopolitan, Alice n’imaginait pas qu’elle allait faire la rencontre de sa vie. Tout juste débarquée de son Ohio natal à 21 ans, elle se retrouve face à une figure incontournable : Helen Gurley Brown, auteure du sulfureux best-seller Sex and the Single Girl. Mais cette grande visionnaire n’a pas que des amis dans la presse et elle se trouve dans une posture délicate : parler à une nouvelle génération de femmes, débarrasser le milieu de ses vieilles figures patriarcales sont des défis.

Fascinée par Helen, Alice est prête à tout pour l’aider à inventer une Cosmo Girl fière, sûre d’elle, libérée de tout carcan puritain. Qu’importent les coups bas. Et les coups au cœur…

Anne d'Avonlea

Anne d’Avonlea – Lucy Maud Montgomery

Monsieur Toussaint Louverture – 352 pages – 16.50 €

Enfin la réédition – dans une nouvelle traduction – du deuxième tome de la saga d’Anne de Green Gables, monstrueux succès canadien du début du XX° siècle quasiment inconnu en France.

Le premier tome était un plaisir pur de lecture, dans une édition magnifique (comme toujours) chez Monsieur Toussaint Louverture.

Le pitch : Avec Anne d’Avonlea, Lucy Maud Montgomery continue de déployer sous nos yeux ébahis l’univers enchanteur qu’elle a créé autour d’Anne Shirley, l’orpheline aux cheveux de feu adoptée par erreur. Entre les amis de toujours et les nouveaux venus, les idées saugrenues et le bon sens qui pointe son nez, Anne nous entraîne dans les aléas de la vie douce et enchanteresse d’un village hors du temps.

Avec ses yeux gris qui brillent comme les étoiles du soir et ses cheveux roux toujours aussi mordants que son tempérament, Anne, désormais âgée de seize ans, a su gagner l’affection des habitants d’Avonlea. Alors qu’elle prend ses fonctions d’institutrice, son caractère se dévoile tout en nuances et envolées idéalistes.

La Lune du chasseur

La Lune du chasseur – Philip Gaputo

Cherche midi – 336 pages – 22.00 €

Un roman dans la plus pure veine du nature writing. Le pitch et la renommée de l’auteur (ancien prix Pulitzer) mérite que l’on se penche un instant sur ce récit du nord américain.

Le pitch : Couverte de forêts, peuplée d’ours, de cerfs, d’élans et d’innombrables espèces d’oiseaux, la péninsule supérieure du Michigan est une région splendide et sauvage. Will Treadwell, propriétaire d’un pub près du lac Supérieur, y joue à l’occasion les guides de chasse.

Pour lui et ses semblables, les temps sont durs. Les valeurs de ces hommes  » d’un autre temps  » sont mises à mal, leurs femmes et leurs enfants les comprennent de moins en moins. À la crise économique qui frappe la région, s’ajoute une crise existentielle : nos héros subissent aujourd’hui les affres d’une époque où ils ne trouvent plus leur place. La dépression guette, et une nature magnifique n’est pas toujours suffisante pour la tenir à distance.

Philip Caputo nous conte ici les histoires de Will et de ceux qui l’entourent. Autant de portraits sensibles de ces hommes qu’il connaît, qu’il côtoie, et qui ne s’y retrouvent plus. Des hommes aux prises avec leurs émotions, qui, longtemps, ont préféré affronter seuls leurs démons plutôt que d’avouer leur fragilité. Mais les temps changent…

Elon Musk, l'homme qui invente notre futur

Elon Musk, l’homme qui invente notre futur – Luc Mary

L’archipel – 260 pages – 18.00 €

L’homme peut tout autant fasciner que prodigieusement agacé mais il parait désormais indiscutable qu’il est un entreneur visionnaire comme on n’en crois eque trois ou quatre par siècle.

Cette biographie me donne envie d’en connaître un peu plus sur ce psychopathe génial !

Le pitch : Qui est véritablement Elon Musk ? Autodidacte fantasque, nouvelle étoile de la Silicon Valley, inventeur fou (voiture électrique, train en tube, etc.) Cette biographie décrypte le mythe Musk.

PayPal, Tesla, Starship, Model X, Neuralink, OpenAI, Hyperloop… Autant de marques à l’avant-garde de la technologie : une fusée réutilisable qui banalisera le voyage vers Mars, une voiture électrique de luxe et un train sous tube plus rapide que l’avion. Leur concepteur : un autodidacte surdoué, Sud-Africain naturalisé américain. Dès le milieu des années 1990, Elon Musk, né en 1971, pressent l’impact d’Internet sur notre quotidien. Son credo : transformer les découvertes scientifiques en projets réalisables et lucratifs.

Joe la pirate

Joe la pirate – Hubert & Virginie Augustin

Glénat BD – 224 pages – 23.00 €

Un roman graphique one shot de 224 planches (!), en noir et blanc, avec Hubert (l’auteur du splendide Peau d’homme, disparu prématurément l’année dernière) aux manettes du scénario, quel plaisir anticipé !

J’achète tout de suite !

Le pitch : C’est l’histoire vraie d’une petite fille née en 1900 à Londres, qui « se sentait déjà queer dans la matrice ». En grandissant, elle a fait le tour du monde, elle a lancé sa compagnie de taxis féminins, elle a fait la guerre, elle a battu des records de vitesse dans des courses de bateau, elle a régné en monarque éclairé sur une île des Bahamas, elle a eu pour meilleur ami et confident une poupée…

Vivant plusieurs vies, elle a porté plusieurs noms. À sa naissance, on l’appelait Marion. Puis à 5 ans, après une chute de chameau, elle a choisi le pseudonyme de Tuffy. Enfin, c’est très vite dans le prénom Joe qu’elle s’est vraiment reconnue. Et c’est en homme qu’elle a forgé sa réputation et créé sa légende…

Les larmes d'Icare

Les larmes d’Icare – Dan Simmons

Pocket – 400 pages – 7.95 €

Pocket poursuit la réédition en format poche des romans les moins connus de Dan Simmons. Les larmes d’Icare est un roman à part dans l’oeuvre du grand auteur, sans SF et fantastique .

Rien que pour cela, sa lecture me tente beaucoup…

Le pitch : Richard Baedecker fait partie des astronautes qui ont marché sur la Lune lors d’une des missions Apollo. Une épopée qui semble maintenant appartenir à l’histoire ancienne, alors que Baedecker continue d’être hanté par la formidable aventure qu’il a vécue. De la Lune, il garde de magnifiques visions, l’impression d’une harmonie parfaite avec l’univers et surtout le goût de la légèreté et de la liberté que donne l’apesanteur.

Sur la Terre, il est comme l’albatros du poète : solitaire et englué dans les diverses formes de l’attraction terrestre. Comment se réconcilier avec la vie ici-bas ? Commence pour l’ancien astronaute une longue quête qui, de l’Inde à quelques hauts lieux de l’Amérique, en passant par la petite ville de son enfance, lui fera peut-être retrouver ses ailes…

Une nouvelle facette du talent de Dan Simmons, qui nous entraîne ici dans l’intimité d’un homme en conflit avec lui-même et, à travers lui, dans le rêve déçu de toute une génération. Un voyage dans des régions encore plus secrètes et plus étranges que la surface de la Lune.

Gray

Gray – Leonie Swann

10/18 – 408 pages – 8.90 €

Alors là, j’avoue que l’idée de départ m’a fait hurler de rire : un polar où c’est le perroquet du détective qui mène l’enquête !

Rien que pour cette innovation dans le domaine battu et rebattu du roman policier, j’achète !

Le pitch : Augustus Huff, enseignant à la célèbre université de Cambridge, est bien ennuyé : un de ses étudiants a trouvé la mort après une chute de plusieurs mètres. Tragique accident ou meurtre de sang-froid ?

Augustus penche pour la seconde hypothèse, car le disparu était tout sauf un ange. Avec l’aide de Gray, le perroquet du défunt, il part à la recherche de l’assassin. Mais l’oiseau se révèle être fort en bec et l’enquêteur pas franchement doué. Rapidement, c’est Gray qui posera les bonnes questions et conduira Augustus sur les traces du coupable.

Leonie Swann nous entraîne dans une enquête palpitante menée par un universitaire farfelu et le plus charmant des enquêteurs à plumes !

 


♠ Juin 2021 ♠


Blacksad What s News

Blacksad What s News – J. Diaz Canales & J. Guarnido

Dargaud – 16 pages – 3.00 €

Bonne nouvelle : la série Blacksad va enfin reprendre la route, après plusieurs années de pause.

Avec ce « journal preview », voilà l’occasion (peu onéreuse) de découvrir le projet en avant-première.

Le pitch : Demandez l’édition spéciale de ‘What’s News’ ! Vous découvrirez en exclusivité les coulisses des deux prochains Blacksad avec des révélations livrées par les auteurs eux-mêmes, des photos et des dessins inédits, etc.

Ce numéro unique de’What’s News’, journal pour lequel collabore Weekly en tant que journaliste, sera une véritable avant-première de cette série culte la plus attendue de l’année 2021.

L'ange et le violoncelle

L’ange et le violoncelle – Claire Renaud

Pocket – 208 pages – 6.50 €

Envie d’un feel good book pour entamer les vacances d’été ? Voilà un petit roman français au pitch sympa !

Le pitch : Joseph travaille au service des objets trouvés de la gare de l’Est. Plutôt taiseux et renfermé, il occupe ses journées à rêver la vie des autres et à ne pas vivre la sienne. Un soir, tandis qu’il fait la tournée des trains arrêtés au garage, il est attiré par des bruits inhabituels… et découvre sous un siège un bébé abandonné dans un couffin. Touché plus qu’il ne voudrait l’être, il se résout à le ramener chez lui. Juste pour une nuit. Mais le lendemain, alors qu’il s’apprête à confier l’enfant aux services sociaux, l’émotion l’envahit. C’est une évidence : il ne peut pas le laisser ici.

Alors, pour la première fois, une histoire entre dans la vie de Joseph.

Le grand hôtel Babylon

Le grand hôtel Babylon – Arnold Bennett

10/18 – 312 pages – 7.80 €

Classique anglais du tout début du XX° siècle redécouvert par 10/18. De l’humour typiquement britannique, semble-t-il. A découvrir ?!

Le pitch : La fille du magnat américain Theodore Racksole veut un steak et une bière, mais un palace d’un si haut standing que le Grand Hôtel Babylon ne saurait s’abaisser à des mets aussi vulgaires. Qu’à cela ne tienne : Racksole rachète donc l’hôtel.

Mais le milliardaire ne s’attendait pas à ce que la gestion hôtelière soit semée de tant d’embûches : la réceptionniste disparaît, le maître d’hôtel démissionne, un jeune diplomate est trouvé mort et son corps est subtilisé. Et que devient donc le prince Eugène, qui devait descendre au Grand Hôtel Babylon et dont personne n’a de nouvelles ? Les énigmes s’accumulent et des machinations internationales semblent s’ourdir dans les corridors chics du palace.

L'Histoire de France vue par San Antonio

L’Histoire de France vue par San Antonio – Frédéric Dard

Pocket – 544 pages – 9.50 €

Enfin (!) la réédition d’un petit chef-d’œuvre d’humour, un classique (si ! si !), sans doute le meilleur des romans « spéciaux » (hors série) des aventures de San A.

Sa lecture m’avait, adolescent, fait mourir de rire. Une occasion de vérifier la qualité de ce souvenir !

Le pitch : Suite à une découverte archéologique et au peu d’activité de la police, San-Antonio entreprend de raconter l’Histoire de France à Bérurier, mais une Histoire revue et corrigée,  » un petit travail de réfection, quoi ! « .

Nous y apprendrons notamment le rôle fondamental joué par certains ancêtres de Béru, tel le mousquetaire Bérugnan, qui réussit à déconsidérer d’Artagnan aux yeux d’Anne d’Autriche, et n’est autre que le père biologique du futur Louis XIV. Le commissaire sait en effet que la vérité se trouve dans les détails, et la vie la plus privée de nos célébrités historiques n’y coupe pas.
Au terme de ce périple intellectuel rocambolesque, un constat s’impose :  » on nous avait doré l’Histoire avec cette même poudre aux yeux qui sert à nous dorer la pilule ! « .

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Votre commentaire

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  1. Dominique Cotto dit :

    Merci pour ces suggestions de lecture et vos commentaires

    1. letournepage dit :

      Merci pour vos encouragements !