[Idées lecture] Les grands romans français classiques

Posté le 11 octobre 2022, par letournepage, dans Le coin cadeau

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Pourquoi s’arrêter à 1968 pour définir la période « classique » de la littérature française ?

Sans doute un peu parce que l’année des barricades dans Paris et du retour à la terre marque un tournant dans l’histoire de la France, son entrée dans le monde moderne, mais aussi dans la manière dont les auteurs se sont mis à raconter des histoires.

Sans doute aussi – tout simplement – car j’ai commencé mon article (déjà publié sur ce site) sur Les grands romans français contemporains à la date de 1970 !

Le roman classique français, c’est celui qui a illuminé le monde au cours des révolutions, des progrès scientifiques et des grands voyages autour du monde.

Celui de ces géants de la littérature qui ont marqué tout le XIX° siècle. Hugo, Stendhal, Balzac, Dumas, Verne, Zola… n’en jetez plus !

Et enfin, les terribles soubresauts du pays et du monde, au cours des effroyables guerres de la première moitié du XX° siècle .

De Madame de la Fayette à Barjavel, plus de deux siècle de chefs-d’œuvre, la plupart ayant été maintes fois adapté au cinéma et à la télévision. Une soixantaine de livres, choisis avec une totale subjectivité (c’est mon choix !) classés par ordre chronologique décroissant.

NB : j’ai inclu dans cette sélection quelques romans francophones, mais non français… à vous de les repérer !

Romans français : le meilleur des classiques

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Les grands romans classiques


La nuit des temps

La nuit des temps – Barjavel (1968)

Pocket – 416 pages – 7.60 €

Le pitch : Dans l’Antarctique, les chercheurs d’une expédition polaire font un relevé du relief sous-glaciaire. Un signal d’émetteur se fait entendre, des kilomètres sous eux. Cela paraît impossible, car la couche du sol où il émet date de plus de 900 000 ans. Pourtant, cela est vrai. Il y a de la vie sous la glace.

Des savants et techniciens du monde entier accourent alors afin de découvrir quelle civilisation perdue est enfouie sous le continent gelé. C’est une véritable alliance qui se créée dans le monde, chaque pays aidant à cette expédition incroyable.

Sous un dôme d’or, le monde entier découvre alors avec stupéfaction deux êtres vivants, humains, d’une beauté inégalable. L’une d’entre eux est Éléa, la plus belle femme que la Terre ait jamais portée, et va leur conter son histoire, celle de son amour et de son peuple disparu.

Mon avis : Barjavel est un merveilleux conteur, un poète et, comme beaucoup d’hommes nés comme lui à l’aube du XX° siècle, un utopiste dont les idées sont entrées en résonance avec celles de 1968.

La nuit des temps est enseigné depuis des décennies au collège, c’est un roman qui a donné envie de lire à des générations d’adolescents. Rien que pour ça, merci, Barjavel !

C’est aussi déjà un classique qui le restera probablement, car les thèmes portés par le livre sont universels : le progrès, le rapport à la nature, la paix et la guerre ; mais surtout, c’est l’amour absolu, l’amour parfait qui est l’objet central de l’oeuvre.

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Belle du Seigneur

Belle du seigneur – Albert Cohen (1968)

Folio – 1 120 pages – 13.50 €

Le pitch : « Solennels parmi les couples sans amour, ils dansaient, d’eux seuls préoccupés, goûtaient l’un à l’autre, soigneux, profonds, perdus. Béate d’être tenue et guidée, elle ignorait le monde, écoutait le bonheur dans ses veines, parfois s’admirant dans les hautes glaces des murs, élégante, émouvante, exceptionnelle, femme aimée, parfois reculant la tête pour mieux le voir qui lui murmurait des merveilles point toujours comprises, car elle le regardait trop, mais toujours de toute son âme approuvées, qui lui murmurait qu’ils étaient amoureux, et elle avait alors un impalpable rire tremblé, voilà, oui, c’était cela, amoureux, et il lui murmurait qu’il se mourait de baiser et bénir les longs cils recourbés, mais non pas ici, plus tard, lorsqu’ils seraient seuls, et alors elle murmurait qu’ils avaient toute la vie, et soudain elle avait peur de lui avoir déplu, trop sûre d’elle, mais non, ô bonheur, il lui souriait et contre lui la gardait et murmurait que tous les soirs ils se verraient. »

Ariane devant son seigneur, son maître, son aimé Solal, tous deux entourés d’une foule de comparses : ce roman n’est rien de moins que le chef-d’œuvre de la littérature amoureuse de notre époque.

Mon avis : Le plus grand roman d’Albert Cohen, écrivain suisse, qui parvient – en un considérable récit qui dure… ce que devrait durer le temps d’un amour – à balayer d’un revers d’entomologiste tout le spectre d’un amour, de la séduction de la rencontre jusqu’à la fin, en passant par la passion.

Le livre – que j’ai toujours trouvé très déprimant – date de 1968, mais Cohen a commencé à l’écrire plus de trente ans plus tôt et il est profondément marqué historiquement par l’entre-deux guerres et son cortège de menaces montantes.

La prose de Cohen est somptueuse.


Les cavaliers

Les cavaliers – Joseph Kessel (1967)

Folio – 580 pages – 10.90 €

Le pitch : Kessel a situé en Afghanistan une des aventures les plus belles et les plus féroces qu’il nous ait contées. Les personnages atteignent une dimension épique : Ouroz et sa longue marche au bout de l’enfer… Le grand Toursène fidèle à sa légende de tchopendoz toujours victorieux… Mokkhi, le bon sais, au destin inversé par la haine et la découverte de la femme… Zéré qui dans l’humiliation efface les souillures d’une misère qui date de l’origine des temps… Et puis l’inoubliable Guardi Guedj, le conteur centenaire à qui son peuple a donné le plus beau des noms : « Aïeul de tout le monde »… Enfin, Jehol « le Cheval Fou », dont la présence tutélaire et « humaine » plane sur cette chanson de geste…

Ils sont de chair les héros des Cavaliers, avec leurs sentiments abrupts et du mythe les anime et nourrit le roman.

Mon avis : Un des deux classiques les plus populaires (avec Le lion) de la dernière partie de la vie de Joseph Kessel .

Dans ce très long roman à la prose superbe, on retrouve tout ce qui fait de Kessel un des plus grands écrivains, mais aussi un des plus grands journalistes français du XX° siècle, tant le travail documentaire qui sous-tend le récit est impressionnant.


Les choses

Les choses – Georges Perec (1965)

Pocket – 160 pages – 5.95 €

Le pitch : Dans ce récit si simple et si uni qu’il convient d’en souligner l’originalité profonde, Georges Perec tente, le premier avec cette rigueur, de mettre au service d’une entreprise romanesque les enseignements de l’analyse sociologique. Il nous décrit la vie quotidienne d’un jeune couple d’aujourd’hui issu des classes moyennes, l’idée que ces jeunes gens se font du bonheur, les raisons pour lesquelles ce bonheur leur reste inaccessible – car il est lié aux choses que l’on acquiert, il est asservissement aux choses. « 

C’est qu’il y a [dira Georges Perec] entre les choses du monde moderne et le bonheur, un rapport obligé… Ceux qui se sont imaginé que je condamnais la société de consommation n’ont vraiment rien compris à mon livre. Mais ce bonheur demeure possible ; car, dans notre société capitaliste, c’est : choses promises ne sont pas choses dues. « 

Mon avis : Si le roman de Georges Perec, Prix Renaudot 1965, a si fortement impressionné le public et la critique lors de sa sortie, c’est que l’oeuvre du tout jeune auteur (qui mourra d’ailleurs prématurément avant d’atteindre la cinquantaine) rompait profondément avec la littérature traditionnelle.

Si ce livre est aujourd’hui enseigné au lycée et à l’université, c’est parce qu’il était – et restera – tant un très bel exercice de style formel que, sur le fond,  le passionnant témoignage d’une époque.

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Jean de Florette

Jean de Florette/Manon des sources

Marcel Pagnol (1962)

Folio – 448 pages – 4.60 €

Le pitch : Récit simple et puissant d’une lutte pour la vie, histoire d’un crime et de son châtiment, drame d’une vengeance, tragédie familiale, conflit des coeurs purs et des âmes fortes, opposant un jeune citadin plein de fraîcheur et d’enthousiasme à deux paysans durs, âpres, sournois, fermés, implacables, peinture exacte et magnifique des hommes de la terre, chant du monde, poème de l’eau, du vent, des saisons, des collines, Jean de Florette et Manon des sources sont tout cela et ils sont beaucoup plus que cela, un des sommets de l’oeuvre de Pagnol : le livre de la faute, de l’innocence et du pardon.

Mon avis : Cela paraîtra peut-être évident à certains lecteurs avisés, mais je pense nécessaire de le réaffirmer : Marcel Pagnol est un génie sous estimé de la littérature française. Dire que certains ne le savent pas encore ! Le diptyque de L’eau des collines constitue le sommet de son œuvre romanesque, dont on parle peu, à côté de son oeuvre de dramaturge et autobiographique.

Comme dans une tragédie antique, les « premiers actes » servent à mettre en place les éléments qui généreront, plus tard, le drame.

Dans Jean de Florette, il y a, bien entendu, tout l’amour de Pagnol pour sa Provence, mais il y a surtout des personnages forts, inoubliables, de l’humour et de l’amour, de la haine et du drame.

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La promesse de l'aube

La promesse de l’aube – Romain Gary (1960)

Folio – 456 pages – 8.70 €

Le pitch : « – Tu seras un héros, tu seras général, Gabriele D’Annunzio, Ambassadeur de France – tous ces voyous ne savent pas qui tu es !Je crois que jamais un fils n’a haï sa mère autant que moi, à ce moment-là.

Mais, alors que j’essayais de lui expliquer dans un murmure rageur qu’elle me compromettait irrémédiablement aux yeux de l’Armée de l’Air, et que je faisais un nouvel effort pour la pousser derrière le taxi, son visage prit une expression désemparée, ses lèvres se mirent à trembler, et j’entendis une fois de plus la formule intolérable, devenue depuis longtemps classique dans nos rapports : – Alors, tu as honte de ta vieille mère ? »


Un singe en hiver

Un singe en hiver – Antoine Blondin (1959)

Folio – 224 pages – 6.90 €

Le pitch : Le jeune Fouquet, père d’une petite fille et divorcé, échoue à Tigreville en Normandie. Il loge au Stella, un hôtel tenu par M. et Mme Quentin. Une amitié, qui confine à celle qui unit un père et un fils, se noue entre les deux hommes. Tous deux font des rêves d’ailleurs (la Chine pour l’ancien combattant, l’Espagne pour le jeune homme) : mais si Fouquet aime la boisson, Quentin a juré de n’y plus toucher.

Dans ce cadre spectral d’une station balnéaire normande, Un singe en hiver narre le rapprochement de ces deux êtres ; qui, à leur manière, éprouvent bien du mal à vivre dans ce monde, pétri de douleur et de solitude. Ils trouveront le réconfort, communieront, lors d’une soirée épique, où ayant abjuré, M. Quentin se saoule et entraîne Fouquet dans son délire.

Mon avis : Lorsqu’on relit Un singe en hiver, il est impossible de ne pas regretter qu’Antoine Blondin n’ait pas consacré un peu moins de temps au journalisme – par passion et par obligation économique – et un peu plus à la littérature, pour l’art.

Car, tout de même, quel sacré talent dans cette plume trempée dans l’encrier de la foi dans l’humanité !

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La gloire de mon père

La gloire de mon père & Le château de ma mère

Marcel Pagnol (1957)

De Fallois – 500 pages – 2*6.50 €

Le pitch : Un petit Marseillais d’il y a un siècle: l’école primaire ; le cocon familial ; les premières vacances dans les collines, à La Treille ; la première chasse avec son père…

Lorsqu’ il commence à rédiger ses Souvenirs d’enfance, au milieu des années cinquante, Marcel Pagnol est en train de s’éloigner du cinéma., et le théâtre ne lui sourit plus. La Gloire de mon père, dès sa parution, en 1957, est salué comme marquant l’avènement d’un grand prosateur. Joseph, le père instituteur., Augustine, la timide maman., l’oncle Jules, la tante Rosé, le petit frère Paul, deviennent immédiatement aussi populaires que Marius, César ou Panisse. Et la scène de la chasse à la bartavelle se transforme immédiatement en dictée d’école primaire…

Mon avis : Les deux premiers tomes de la quadrilogie autobiographique de Marcel Pagnol sont, probablement, les plus beaux textes jamais écrits sur la magie de l’enfance.

Et ne me dite pas que vous ne les avez pas lu lorsque vous étiez enfant, je ne vous croirais pas !


Les rois maudits - Edition intégrale

Les rois maudits – Maurice Druon (1955-1960)

Plon – 1 344 pages – 30.00 €

Le pitch : Au début du XIVe siècle s’ouvre, contre les Templiers, le plus vaste procès dont l’Histoire ait gardé le souvenir. Jacques de Molay, le grand-maître de l’Ordre, meurt sur le bûcher en lançant sa terrible malédiction contre le roi de France, le pape et les grands du royaume : Maudits, tous maudits jusqu’à la treizième génération de vos races !

Dès lors, le malheur s’abat sur la France. Les quatre derniers Capétiens directs meurent en moins de quinze années : adultères, meurtres, procès, trahisons ébranlent la dynastie, et mènent à la guerre de Cent Ans.

Cette extraordinaire saga a conquis des générations de lecteurs à travers le monde et a donné naissance à de formidables créations audiovisuelles.

Mon avis : Même si Maurice Druon – le neveu de Joseph Kessel – est l’auteur du Chant des partisans et d’une des plus célèbres séries de romans historiques de la littérature française, il n’a jamais atteint la célébrité de son oncle. Sans doute parce que le personnage, assez classique et unidimensionnel, ne présente qu’un intérêt limité.

Que cela ne vous empêche pas de vous plonger dans cette série (7 romans !) qui, mieux que jamais, reste la meilleur manière pour un jeune (ou moins jeune !) lecteur d’apprendre l’histoire de France en douceur. Le talent de conteur de Druon est indéniable, l’intrigue passionnante, et son style, classique ‘il en est, facile d’accès.


La mort est mon métier

La mort est mon métier – Robert Merle (1952)

Folio – 384 pages – 8.50 €

Le pitch : «Le Reichsführer Himmler bougea la tête, et le bas de son visage s’éclaira…

– Le Führer, dit-il d’une voix nette, a ordonné la solution définitive du problème juif en Europe. Il fit une pause et ajouta :

– Vous avez été choisi pour exécuter cette tâche.

Je le regardai. Il dit sèchement :

– Vous avez l’air effaré. Pourtant, l’idée d’en finir avec les Juifs n’est pas neuve.

Nein, Herr Reichsführer. Je suis seulement étonné que ce soit moi qu’on ait choisi…»

Mon avis : La mort est mon métier est le deuxième roman de Robert Merle consacré à la seconde guerre mondiale.

Trois ans après Week-end à Zuydcott, prix Goncourt 1949, qui racontait de manière très factuelle la vie au quotidien (si ce terme à un sens dans ce contexte) des combattants, ce nouveau roman est rédigé dans une intention totalement différente.

Les pseudo-mémoires d’un allemand, devenu SS, pour finir commandant du camp d’Auschwitz, forment un récit glaçant, sidérant le lecteur car l’auteur ne cherche pas à condamner, il cherche à comprendre. Comprendre comment un homme comme les autres, a pu devenir ce monstre absolu qui applique des instructions aberrantes et n’en conçoit pour autant aucun remord.

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Le pont de la rivière Kwaï

Le pont de la rivière Kwaï – Pierre Boulle (1952)

Pocket – 208 pages – 4.90 €

Le pitch : Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Japonais ont mis au travail des milliers de prisonniers anglais pour construire la voie ferrée de Bangkok-Rangoon. Vivant symbole de la tradition britannique, le colonel Nicholson oppose à ses geôliers une résistance stoïque, jusqu’au jour où ceux-ci consentent à respecter les conventions internationales sur les prisonniers de guerre.

Il se met alors à leur service pour édifier un pont d’une importance stratégique capitale. Mais les services spéciaux britanniques ont décidé de tout mettre en oeuvre pour faire obstacle à ce projet…

Qui sortira vainqueur de cette lutte où l’idéal humain du « travail bien fait » s’oppose au patriotisme ?

Mon avis : Quel est l’intérêt de lire Le pont de la rivière Kwaï, quand on a vu une, ou plusieurs fois, le célèbre film de David Lean, car bien sûr, tout le monde l’a vu… ?

Mais pour le plaisir de lire, tout simplement !

Dans un style classique d’une grande sobriété, Pierre Boulle déroule cette histoire incroyable où l’on voit un colonel britannique perdre peu à peu la tête en confondant les priorités : construire un pont à tout prix, y compris les intérêts de son propre pays, alors qu’il n’est qu’un prisonnier exécutant le travail de l’ennemi, pour le plaisir du travail bien fait et pour la démonstration de la supériorité de la race anglaise sur la Japonaise.

Un glissement progressif dans une sorte de folie, tout à fait glaçante par sa crédibilité.

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Le hussard sur le toit

Le hussard sur le toit – Jean Giono (1951)

Folio – 498 pages – 9.00 €

Le pitchLe hussard sur le toit : avec son allure de comptine, ce titre intrigue. Pourquoi sur le toit ? Qu’a-t-il fallu pour l’amener là ? Rien moins qu’une épidémie de choléra, qui ravage la Provence vers 1830, et les menées révolutionnaires des carbonari piémontais.

Le Hussard est d’abord un roman d’aventures : Angelo Pardi, jeune colonel de hussards exilé en France, est chargé d’une mission mystérieuse. Il veut retrouver Giuseppe, carbonaro comme lui, qui vit à Manosque. Mais le choléra sévit : les routes sont barrées, les villes barricadées, on met les voyageurs en quarantaine, on soupçonne Angelo d’avoir empoisonné les fontaines ! Seul refuge découvert par hasard, les toits de Manosque !

Entre ciel et terre, il observe les agitations funèbres des humains, contemple la splendeur des paysages et devient ami avec un chat. Une nuit, au cours d’une expédition, il rencontre une étonnante et merveilleuse jeune femme. Tous deux feront route ensemble, connaîtront l’amour et le renoncement.

Mon avis : Pour une fois, c’est par le cinéma que je suis arrivé à un livre (en général, je pratique plutôt le chemin inverse). C’est en visionnant il y a quelques années le beau film épique de Rappeneau que j’ai découvert tardivement Le hussard sur le toit, à côté duquel j’étais passé à côté jusqu’alors.

En suivant ce long roman du grand poète du sud, que je connaissais au travers de ses récits à la langue merveilleuse, si proche dans la narration poétique de Marcel Pagnol (même s’ils ne s’aimaient pas !), j’ai découvert un autre Giono. Un Giono du roman d’aventure, soucieux d’une reconstitution historique proche, sur le fond, d’un documentaire. Et j’avoue que j’ai été littéralement bluffé par cette plongée dans l’horreur totale d’une grande épidémie de choléra.

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Celle qui n'était plus

Celle qui n’était plus – Boileau-Narcejac (1951)

Folio -185 pages – 6.90 €

Le pitch : Fernand Ravinel, petit représentant de commerce, souhaite se débarrasser de sa femme afin de pouvoir vivre avec sa maîtresse.

Mais les choses ne se passent pas comme prévu. Après qu’il l’ait droguée, puis noyée dans la baignoire et déposée dans un lavoir pour accréditer la thèse de l’accident, son corps disparaît. Pris dans un tourbillon d’angoisse, hanté par la peur et la solitude, Fernand s’égare peu à peu.

Adapté au cinéma par Henri-Georges Clouzot, sous le nom des Diaboliques, avec Simone Signoret, Paul Meurisse, Véra Clouzot. Inoubliable.

Mon avis : Je n’irais pas par quatre chemin : il est temps de réhabiliter Boileau-Narcejac, cet auteur fictif formé de deux professionnels qui avaient découvert qu’ils écrivaient à quatre mains avec bonheur.

Stars absolus du roman policier jusque dans les années 80, en France mais aussi à l’étranger, plusieurs de leurs romans étant porté à l’écran par les plus réalisateurs, ils ont bizarrement en partie sombré dans un semi-oubli depuis leur mort. Alors, je dis : halte !

Ceux qui n’était plus est le titre original de ce roman au scénario véritablement « diabolique », devenu une référence grâce au film de Clouzot, réalisateur au cinéma d’adaptation parfaitement réussie.

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Mémoires d'Hadrien

Mémoires d’Hadrien – Marguerite Yourcenar (1951)

Folio – 364 pages – 8.70 €

Le pitch : « J’ai formé le projet de te raconter ma vie. » Sur son lit de mort, l’empereur romain Hadrien (117-138) adresse une lettre au jeune Marc Aurèle dans laquelle il commence par donner « audience à ses souvenirs ».

Très vite, le vagabondage d’esprit se structure, se met à suivre une chronologie, ainsi qu’une rigueur de pensée propre au grand personnage.

Derrière l’esthète cultivé et fin stratège qu’était Hadrien, Marguerite Yourcenar aborde les thèmes qui lui sont chers : la mort, la dualité déroutante du corps et de l’esprit, le sacré, l’amour, l’art et le temps.

Mon avis : Mémoires d’Hadrien, sans doute l’oeuvre la plus connue de Marguerite Yourcenar avec L’oeuvre au noir, est un petit miracle.

Rarement, dans l’histoire de la littérature française, un roman a présenté un tel équilibre entre le travail historique et le plaisir de la phrase, sans que le résultat pâtisse jamais, soit d’un excès d’érudition, soit d’une lourdeur de lecture.

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Week-end à Zuydcoote

Week-end à Zuydcoote – Robert Merle (1949)

Folio – 244 pages – 6.90 €

Le pitch :  » … Enfin, ce qu’on peut dire pour les Anglais, c’est qu’eux au moins, ils embarquent leurs hommes, tandis que du côté français !… En principe, ça se passe à Dunkerque et à Malo, mais jusqu’ici au compte-gouttes et seulement par unités constituées. Il a jouta au bout d’un moment : Ce qui nous exclut, bien entendu.

Il ne se passa rien de notable dans la minute qui suivit. Alexandre avait ses deux grosses mains croisées sur les genoux. Il était penché en avant et il attendait que Maillat eût fini de boire pour prendre son quart et se servir à son tour. Dhéry décroisa ses jambes et les recroisa et cela prit un certain temps, parce que ses cuisses étaient très grosses et qu’elles glissaient difficilement l’une sur l’autre. On ne voyait pas ses yeux derrière ses lunettes. Pierson avait posé son quart à côté de lui à terre. »

La vie d’un groupe de soldats français pris au piège dans la poche de Dunkerque, durant deux jours, après la défaite franco-britannique. *

Mon avis : Prix Goncourt 1949.

Premier roman écrit à la sortie de la guerre par Robert Merle, que je considère comme un des maîtres de la littérature française de la seconde partie du XX°.

Avec ce récit quasi documentaire (mais un vrai roman) sur la débâcle de la poche de Dunkerque, il est déjà en pleine possession de son talent, mais aussi de sa technique, avec cette capacité, assez unique, d’ancrer ces personnages dans la complexité de leur humanité en quelques pages.

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Uranus - Marcel Aymé

Uranus – Marcel Aymé (1948)

Folio – 288 pages – 8.70 €

Le pitch : Printemps 1945. Une petite ville de province est détruite par les bombardements. Tout le monde devrait se réjouir que la guerre soit enfin terminée mais entre les communistes et les « collabos » la paix a bien du mal à s’installer. La tension monte lorsque la communauté apprend que Maxime Loin, auteur d’articles pro-hitlériens pendant l’Occupation, est revenu et se cache quelque part dans la ville…

« Edmond ! Est-ce que tu es fou ? Voilà que tu encourages ta fille… Ah ! le jour où cette petite imbécile sera enceinte…

Évidemment, dit Archambaud en s’adressant à sa fille, c’est la chose à ne pas faire. Il faut absolument éviter d’avoir des enfants. Ça coûte cher, c’est un embarras, une cause de soucis, de tracas, et pour une jeune fille, un handicap très lourd. Ta mère s’inquiète à juste titre de ta promenade au bois des Larmes. Ce n’est pas un endroit pour céder à un jeune homme. Il ne faut le faire que dans une chambre. »

Mon avis : Cette chronique de la France profonde, la vraie, écrite par Marcel Aymé juste après la fin de la Seconde Guerre mondiale, est un des livres les plus cruels de l’auteur, mais aussi un de ses plus réussis.

On trouve bien encore dans ce roman, parfois très drôle, un peu de la tendresse qui caractérise si bien Marcel Aymé, mais la tonalité est quand même très amère.

Car tous ces personnages qui luttent avec les petits arrangements de la vie pour se « recréer » après cette période épouvantable où nombre d’entre eux n’ont pas eu le comportement que l’idéal de la libération a mis en exergue, que sont-ils médiocres !

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L'écume des jours

L’écume des jours – Boris Vian (1947)

Le livre de poche – 350 pages – 6.90 €

Le pitch : Un titre léger et lumineux qui annonce une histoire d’amour drôle ou grinçante, tendre ou grave, fascinante et inoubliable, composée par un écrivain de vingt-six ans. C’est un conte de l’époque du jazz et de la science-fiction, à la fois comique et poignant, heureux et tragique, féerique et déchirant.

Dans cette œuvre d’une modernité insolente, livre culte depuis plus de cinquante ans, Duke Ellington croise le dessin animé, Sartre devient une marionnette burlesque, la mort prend la forme d’un nénuphar, le cauchemar va jusqu’au bout du désespoir.
Mais seules deux choses demeurent éternelles et triomphantes : le bonheur ineffable de l’amour absolu et la musique des Noirs américains…

Mon avis : Le chef-d’œuvre de Boris Vian n’a pas vieilli d’un pouce depuis trois quart de siècle. Pourquoi ? Sans doute parce que la poésie et l’aspect surréalisme du texte sont intemporels.

Mais aussi, surtout, parce qu’il s’agit d’une des plus belles histoires d’amour de la littérature.


Ravage - Barjavel

Ravage – René Barjavel (1943)

Folio – 313 pages – 8.50 €

Le pitch : En 2052… Fils de paysans venus du Sud-Est, de cette unique région de France où l’on cultive encore « à l’air libre », François Deschamps est « monté à Paris » pour y terminer ses études. Il a vingt-deux ans, un solide bon sens et un amour profond de la nature.

Aussi se sent-il mal à l’aise dans cette capitale super-mécanisée qui compte vingt-cinq millions d’habitants, où des engins vous permettent de faire le tour de la terre en vingt minutes, où des machines ont remplacé les hommes et où les hommes ne savent plus voir, ni entendre, ni se servir de leurs mains.

Or voici qu’un jour de juin, se produit « la panne ». La panne stupide, incroyable : brusquement l’électricité disparaît, laissant cette super-mécanique qu’est devenue l’humanité aussi démunie qu’un bébé et en proie à la panique.

Mon avis : Ravage est devenu, et restera, un grand classique de la SF, au côté de 1984 ou Le meilleur des mondes.

Le roman de René Barjavel est, sans conteste, le premier grand livre de SF française, écrit pendant la Seconde Guerre mondiale (1943). Un livre porteur de tant d’idées nouvelles qui, aujourd’hui, restent parfaitement d’actualité (le rapport de l’homme au progrès et à la Terre…)…

Et de tant d’images évocatrices : avec une étonnante prescience, l’auteur imagine ce que sera le monde un siècle plus tard. Entre les transports ultrarapides, les cités et le rôle prépondérant des machines, il tombe souvent en plein dans le mille !

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L'armée des ombres

L’armée des ombres – Joseph Kessel (1943)

Pocket – 253 pages – 5.50 €

Le pitch : Londres, 1943, Joseph Kessel écrit L’Armée des ombres, le roman-symbole de la Résistance que l’auteur présente ainsi :

 » La France n’a plus de pain, de vin, de feu. Mais surtout elle n’a plus de lois. La désobéissance civique, la rébellion individuelle ou organisée sont devenues devoirs envers la patrie. (…)

Jamais la France n’a fait guerre plus haute et plus belle que celle des caves où s’impriment ses journaux libres, des terrains nocturnes et des criques secrètes où elle reçoit ses amis libres et d’où partent ses enfants libres, des cellules de torture où malgré les tenailles, les épingles rougies au feu et les os broyés, des Français meurent en hommes libres. Tout ce qu’on va lire ici a été vécu par des gens de France. « 

Mon avis : Joseph Kessel était un très grand écrivain. C’était aussi, avant tout peut-être, un immense journaliste. Ce fut aussi un » homme de terrain », n’hésitant jamais à se coltiner avec les dangers de la vie réelle, dans les contrées les plus lointaines et les plus dangereuses. Et un homme de conviction, qui en fit un grand résistant durant la seconde guerre mondial.

Voilà pourquoi L’armée des ombres (sous la couverture admirable de l’édition poche chez Pocket) est un chef-d’oeuvre qui restera dans l’histoire de la littérature.

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Le Petit Prince

Le petit prince – Antoine de Saint-Exupéry (1943)

Folio – 120 pages – 7.00 €

Le pitch : Le Petit Prince est un garçon aux cheveux d’or et au rire cristallin, qui ne répond pas aux questions qu’on lui pose, mais ne renonce jamais à une question une fois qu’il l’a posée.

Il habite sur une planète à peine plus grande que lui, l’astéroïde B 612, dont le sol est infesté de graines de baobab. Il possède une rose, née un matin en même temps que le soleil, orgueilleuse et capricieuse, qui l’accable de reproches.

Il profite alors d’une migration d’oiseaux sauvages pour s’enfuir et visiter les planètes voisines. De rencontre en rencontre, il arrive sur Terre et découvre l’amitié avec le renard. Il apprend avec lui que l’essentiel est invisible pour les yeux et réalise à quel point sa rose lui manque

Mon avis : Le Petit Prince est un livre universel. Parce que chacun le lira au moins une fois dans sa vie ? Parce que c’est le tirage le plus important d’un livre en langue française dans le monde ?

Non, tout simplement parce que ce texte très court est un livre monde : chaque lecteur y trouve ce qu’il y cherche. Parlez-en autour de vous : vous verrez que chacun a sa vision et sa compréhension personnelle de l’oeuvre, que l’interprétation qu’on en a diverge.

Est-ce un conte, une parabole, un livre de poésie en prose, une oeuvre philosophique ? Peu importe la réponse, vous la trouverez en vous après l’avoir lu.

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Suite française

Suite française – Irène Némirovsky (1942)

Folio – 576 pages – 10.50 €

Le pitch : Ecrit dans le feu de l’Histoire, Suite française dépeint presque en direct l’Exode de juin 1940, qui brassa dans un désordre tragique des familles françaises de toute sorte, des plus huppées aux plus modestes. Avec bonheur, Irène Némirovsky traque les innombrables petites lâchetés et les fragiles élans de solidarité d’une population en déroute. Cocottes larguées par leur amant, grands bourgeois dégoûtés par la populace, blessés abandonnés dans des fermes engorgent les routes de France bombardées au hasard…

Peu à peu l’ennemi prend possession d’un pays inerte et apeuré. Comme tant d’autres, le village de Bussy est alors contraint d’accueillir des troupes allemandes. Exacerbées par la présence de l’occupant, les tensions sociales et frustrations des habitants se réveillent…

Roman bouleversant, intimiste, implacable, dévoilant avec une extraordinaire lucidité l’âme de chaque Français pendant l’Occupation (enrichi de notes et de la correspondance d’Irène Némirovsky), Suite française ressuscite d’une plume brillante et intuitive un pan à vif de notre mémoire

Mon avis : L’histoire de Suite française est celle d’un miracle littéraire, et d’un miracle tout court.

Irène Némirovsky, immigrée russe parvenue sur le sol français avec sa famille à la fin de la première guerre mondiale, surdouée devenue une immense auteure de l’entre-deux guerres, admirée de tous, est déportée et tuée à Auschwitz en 1942. Le manuscrit inachevé de Suite française, sauvé par miracle de la destruction par ses deux filles, Denise et Élisabeth, dort, inconnu, pendant 70 ans…

Jusqu’à ce que, grâce au travail de décryptage de Denise et la volonté des Editions Denoël, il soit publié en 2004 et rencontre un phénoménal succès en France et à travers le monde, redonnant par la même toute la place que l’on doit à l’oeuvre d’Irène Némirowsky. Incroyable histoire…

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Premier de cordée

Premier de cordée – Roger Frison-Roche (1942)

Arthaud – 820 pages – 32.00 €

Le pitch : Pour ramener à bon port le corps de son père, foudroyé en pleine ascension, Pierre est prêt à braver tous les dangers. À Chamonix, les guides se mobilisent : Servettaz était le meilleur d’entre eux. La montagne est une redoutable tueuse, elle sélectionne impitoyablement ses victimes. Celles-ci le savent bien, elles qui la consomment comme une drogue et la portent dans leur sang.

Une histoire qui parle de passion, de courage et de la solidarité des hommes.

Mon avis : Premier de cordée est le premier volume d’une trilogie poursuivie par deux autres titres tout aussi célèbres (et remarquables !) : La grande crevasse et Retour à la montagne. (la belle édition que j’ai choisi de mettre en avant ici réunie l’intégrale de la saga).

Ecrit durant la seconde guerre mondiale alors que l’auteur se trouvait en Algérie (il écrira les deux autres tomes avec des intervalles considérables de dix ans), ce roman d’aventure a marqué la jeunesse de générations entières d’enfants et d’adolescents fascinés par la haute montagne.

Et c’est parfaitement mérité, car cette histoire véhicule tant de valeurs universelles qu’un lecteur peut parfaitement se sentir impliqué par ce drame de l’alpinisme, alors même qu’il n’a jamais quitté les bords de mer de sa Bretagne natale !

Premier de cordée est passionnant, car il est parfaitement documenté. Frison-Roche, figure étonnante du roman et du journalisme qui a tout fait, tout tenté durant sa longue vie, a été guide professionnel et, nom d’un chien, on grimpe et on lutte avec ces héros pour les aider à survivre !

Essayer, c’est l’adopter : plongez-vous dans cet univers unique, celui de la haute montagne et vous en sortirez changé comme je l’ai été. Toutes proportions gardées, le chef-d’œuvre de Frison-Roche est le pendant pour la montagne des grands romans d’aventure maritimes de Jack London.


L'espoir

L’espoir – André Malraux (1937)

Folio – 590 pages – 9.70 €

Le pitch : Le pilote continuait son cercle, reprenait l’Alcazar à la tangente ; la bombe était tombée au milieu de la cour. Les obus de l’Alcazar suivaient l’avion, qui repassa, lança la seconde grosse bombe, repartit, s’approcha de nouveau. La main de nouveau dressée de Marcelino ne s’abaissa pas : dans la cour, des draps blancs venaient d’être étendus en toute hâte : l’Alcazar se rendait. Jaime et Pol boxaient de jubilation. Tout l’équipage trépignait dans la carlingue. Au ras des nuages apparut la chasse ennemie.

La guerre d’Espagne vue par Malraux, qui a réalisé aussi, d’après L’Espoir, un des plus grands films de l’histoire du cinéma.


Mémoires d'un tricheur

Mémoires d’un tricheur – Sacha Guitry (1935)

Omnibus – 128 pages 7.20 €

Le pitch : Tout commence par un petit garçon puni pour vol : il est privé de champignons… et devient orphelin du même coup, les onze membres de sa famille succombant à une platée vénéneuse. C’est le point de départ d’une vie de tricheur professionnel, dont voici la confession.

Mon avis : Sacha Guitry était un homme de théâtre, avant tout. Plus de cent pièces à son palmarès, un palmarès inégalé pour celui qui restera sans le moindre doute comme le plus grand dramaturge populaire français du XX° siècle.

Mémoires d’un tricheur est le seul témoignage de ce qu’aurait pu donner le talent de Guitry s’y l’avait consacré, quelques semaines, quelques mois, au récit. Un tout petit témoignage, car le texte est court, très court, plutôt une longue nouvelle qu’un roman.

En fait, on y retrouve tout ce qui pétillait, en permanence, dans l’esprit perpétuellement en ébullition du grand homme de lettres.

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Le nœud de vipères – François Mauriac (1932)

Le livre de poche – 288 pages – 5.70 € 

Le pitch : Vieil avare qui veut se venger des siens en les déshéritant, Louis se justifie dans une sorte de confession qu’il destine à sa femme : elle le précède dans la mort. Dépossédé de sa haine et détaché de ses biens, cet anticlérical sera touché par la lumière in articulo mortis.

Chronique d’une famille bordelaise entre l’affaire Dreyfus et le krach de Wall Street, Le Nœud de vipères offre les coups de théâtre, les surprises d’un vrai roman. La satire et la poésie y coexistent miraculeusement. C’est le chef-d’œuvre de Mauriac, et l’un des grands romans du xxe siècle.

Mon avisLe noeud de vipères, roman sombre, terrible, au style remarquable, est un roman emblématique de l’univers de Mauriac : peinture de la province étriquée de la première moitié du XX° , figée dans le passé.

A offrir à un parent ou un ami grands lecteur.


Voyage au bout de la nuit

Voyage au bout de la nuit – Louis-Ferdinand Céline (1932)

Futuropolis – 384 pages – 37.00 €

Le pitch : À la suite d’un défilé militaire, Ferdinand Bardamu s’engage dans un régiment. Plongé dans la Grande Guerre, il fait l’expérience de l’horreur et rencontre Robinson, qu’il retrouvera tout au long de ses aventures.

Blessé, rapatrié, il vit le conflit depuis l’arrière, partagé entre les conquêtes féminines et les crises de folie. Réformé, il s’embarque pour l’Afrique, travaille dans une compagnie coloniale. Malade, il gagne les États-Unis, rencontre Molly, prostituée au grand coeur à Detroit tandis qu’il est ouvrier à la chaîne.

De retour en France, médecin, installé dans un dispensaire de banlieue, il est confronté au tout-venant sordide de la misère, en même temps qu’il rencontre ici et là des êtres sublimes de générosité, de délicatesse infinie, « une gaieté pour l’univers »…

En 1988, pour le lancement de la collection Futuropolis/Gallimard, Jacques Tardi illustre Voyage au bout de la nuit de Céline, et donne alors naissance à un livre exceptionnel.

Mon avis : De temps en temps, l’image rejoint l’écrit. Illustrer de grands textes classiques, c’est inutile s’il n’y a pas une intention, ou si le texte ne s’y prête pas. Si, par contre, le texte nourrit l’image, et l’image nourrit le texte, cela peut donner un résultat formidable. Je citerais par exemple La guerre des mondes de Wells, illustré par Edgar P. Jacobs, une réussite totale, le dessin accentuant l’aspect crépusculaire, angoissant du texte.

C’est un peu la même chose ici : le dessin de Tardi, ce noir et blanc qu’on dirait dessiné au charbon, convient parfaitement à l’atmosphère du Voyage, il la sublime, même.

Tardi, illustrateur passionné des romans de Céline (il a réalisé toutes les couvertures de ses œuvres en format poche pour la collection Folio), est ici à son sommet.

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A l'ouest rien de nouveau

A l’ouest rien de nouveau – Erich Maria Remarque (1929)

Le livre de poche – 224 pages – 6.10 €

Le pitch : « Quand nous partons, nous ne sommes que de vulgaires soldats, maussades ou de bonne humeur et, quand nous arrivons dans la zone où commence le front, nous sommes devenus des hommes-bêtes ? »

Témoignage d’un simple soldat allemand de la guerre de 1914-1918, À l’ouest rien de nouveau, roman pacifiste, réaliste et bouleversant, connut, dès sa parution en 1928, un succès mondial retentissant. Il reste l’un des ouvrages les plus forts dans la dénonciation de la monstruosité de la guerre

Mon avis : S’il n’y a qu’une oeuvre à lire sur l’horreur de la Première Guerre mondiale, c’est bien celui-là.

Immerger le lecteur dans les tranchées, le nez dans la boue et les oreilles saturées par la fureur des obus et de la mitraille, c’est la méthode que Erich Maria Remarque a choisi pour lui faire comprendre ce qu’est réellement la guerre (Pierre Lemaître, avec Au revoir là-haut, a tenté il y a peu de reproduire l’opération, avec beaucoup moins de spontanéité et de réussite).

En cela, ce roman est d’une modernité absolue, imité tant de fois par la suite dans son principe (le pendant de ce roman pour la Seconde Guerre mondiale est la série Band of brothers produite par Steven Spielberg).

L’écriture est sèche, factuelle, l’auteur ne porte aucun jugement direct : il constate. 250 pages, et on a tout compris.

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Le Diable au corps

Le diable au corps -Raymond Radiguet (1923)

Folio – 192 pages – 7.00 €

Le pitch : Alors que la Première Guerre mondiale bat son plein, un adolescent de quinze ans entame une idylle passionnée avec une femme de trois ans son aînée, fiancée à un soldat parti au front. Bien loin des tranchées, les amants goûtent un bonheur aussi intense qu’égoïste. Mais peuvent-ils braver la morale en toute impunité ? Leur romance peut-elle survivre à l’un des plus grands traumatismes du XXe siècle ?

Récit d’un amour interdit, portrait féroce d’une société conformiste et repliée sur elle-même, mais aussi atteinte portée à la stature héroïque du soldat, Le Diable au corps fit scandale lors de sa parution, en 1923. Aujourd’hui, l’œuvre et son auteur, écrivain précoce mort prématurément à l’âge de vingt ans, n’en finissent pas de nous fasciner.

Mon avis :Raymond Radiguet est, dans une moindre mesure que ce modèle romantique, un fantasme à la Arthur Rimbaud. Prodige (génie ?!) littéraire stupéfiant de précocité, prématurément disparu à l’âge où un humain normal entre à peine dans l’âge adulte, il a formé avec Jean Cocteau un couple scandaleux, au même titre que le fut celui de Rimbaud avec Verlaine.

Tous les éléments constitutifs d’un mythe, comme il n’en existe que deux ou trois par siècle. Et quand on relit Le diable au corps, comme je viens de le faire, on doit bien admettre que le mythe était bien, avant tout, un homme au talent exceptionnel !

Le roman, écrit alors qu’il n’a que 17 ans, est confondant de maturité, tant sur le fond que sur la forme.

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Les croix de bois

Les croix de bois – Roland Dorgelès (1919)

Le livre de poche – 284 pages – 5.90 €

Le pitch : Dès 1914, Roland Dorgelès (1886-1973), alors jeune journaliste, s’engage dans l’infanterie. Cette expérience marque son entrée en littérature. Considéré comme son chef-d’oeuvre, Les croix de bois lui valent en 1919 le prix Femina.

Dans un style sans fioritures, le roman retrace le quotidien de Gilbert Demachy, un étudiant plein d’illusions qui a rejoint le 39e régiment d’infanterie. En restituant la réalité des tranchées – les attaques, les bombardements, les échanges entre camarades dont beaucoup finiront le long d’une route sous une simple croix de bois -, ce récit aux accents de farce macabre dépeint la « boucherie » dont naquit le XXe siècle.

Mon avis : Quant on évoque les grands romans de guerre, impossible de ne pas citer Les croix de bois, de Roland Dorgelès.

Publié juste après la fin de la première guerre mondiale, alors que l’auteur s’est inspiré de toutes les notes qu’il a prise durant le conflit, il s’agit, à mon avis, du roman le plus marquant consacré à « la grande guerre », au côté de A l’ouest, rien de nouveau, d’Erich Marcia Remarque.

Pourtant, aujourd’hui, on lit sans doute moins Les croix de bois qu’il y a un demi-siècle. Pour quelle raison ? Peut-être parce que, pour un lecteur du XXI°, l’œuvre de Dorgelès est un peu plus difficile à lire que pour les lecteurs nés deux générations plus tôt.

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La symphonie pastorale

La symphonie pastorale – André Gide (1919)

Folio – 148 pages – 7.20 €

Le pitch : Un pasteur recueille une jeune orpheline aveugle, farouche, et l’éduque en lui donnant une vision magnifiée du monde. Premier péché ? Puis il tombe amoureux d’elle, son fils aussi… Poussant la partition vers la tragédie ?

Mon avis : La symphonie pastorale est publié chez Gallimard en 1919. André Gide a alors 50 ans, puisqu’il est né en 1869. L’éducation et la culture de l’auteur, profondément ancré dans le XIX° siècle, explique en partie le ton et le fond de ce très, très  court roman.

Aucune trace de modernité dans ce récit d’une tentation.

Le mettre en parallèle du Diable au corps, de Raymond Radiguet, publié quatre ans plus tard (Radiguet a 17 ans !) est assez étonnant car les deux œuvres sont écrites dans un style d’un pureté classique irréprochable (et admirable), avec des chapitres très courts, et leur traitement du récit romantique est aussi « scandaleux » que divergent.

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Du côté de chez Swan (A la recherche du temps perdu)

Marcel Proust (1913-1927)

Le livre de poche – 478 pages – 5.60 €

Le pitch : Ce livre, les plus proches des amis de Marcel Proust en parlaient depuis quelque temps avec une discrétion passionnée et les lecteurs du « Figaro » eurent ici même plus d’une fois la fortune d’en connaître des extraits.

Il forme la première partie d’une trilogie, et son titre Du côté de chez Swann, orienté, libre et fécond comme un départ pour la promenade, est la si violente et lumineuse projection d’une intelligence et d’une sensibilité qu’en le lisant on entend une voix profonde et révélatrice, plus encore qu’on n’accomplit l’habituel travail visuel et spirituel de la lecture, et qu’après l’avoir refermé, et avant de le reprendre, l’écho de cette voix se prolonge, évoquant la présence de l’auteur pour ceux qui le connaissent, et, pour les autres, capables de la reconstituer.

Mon avis : Le premier tome de la célébrissime oeuvre de Marcel Proust.

Incontournable dans le paysage littéraire français et mondial, je le fais figurer dans cette liste, bien que le style du citoyen de Cabourg ne soit pas particulièrement ma tasse de thé…


Le bouchon de cristal

Le bouchon de cristal – Maurice Leblanc (1912)

Le livre de poche – 283 poches – 5.10 €

Le pitch : Au cours d’un cambriolage chez le député Daubrecq, un crime est commis et deux complices d’Arsène Lupin sont arrêtés par la police. L’un est coupable du crime, l’autre innocent mais les deux seront condamnés à mort. Lupin va s’employer à délivrer la victime de l’erreur judiciaire, mais il devra lutter contre le député Daubrecq, maître-chanteur sans scrupule, qui détient un document compromettant, dissimulé dans un bouchon en cristal.

Mon avis : Dans la carrière d’Arsène Lupin, le fameux gentleman cambrioleur du génial Maurice Leblanc, il y a des hauts et des bas; mais surtout des hauts !

Pour les vrais fans de la série (dont je fais partie depuis mon plus jeune âge), l’Everest de Lupin, c’est sans conteste L’aiguille creuse. Mais juste derrière, son K2, c’est probablement Le bouchon de cristal.

Ce roman est probablement ce que la littérature française du début du XX° siècle propose de plus réussi en matière de récit d’aventure « policière ». Dès la première page,  dès le premier paragraphe, Maurice Leblanc saisit le lecteur part le revers de la veste et il ne le lâche plus jusqu’à la fin, terriblement surprenante, trois cents pages plus loin.

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L'aiguille creuse

L’aiguille creuse – Maurice Leblanc (1909)

Folio – 320 pages – 8.90 €

Le pitch : Arsène Lupin serait-il mort ? C’est en tout cas ce que tout le monde s’accorde à dire. Sauf Isodore Beautrelet, lycéen surdoué et détective amateur, qui n’y croit pas une seconde.

Coïncidence étrange, le document de l’Aiguille creuse disparaît également. Quel mystère ces disparitions cachent-elles ? Arsène aurait-il enfin trouvé un adversaire à sa taille en la personne d’Isodore Beautrelet ?

Mon avis : On ne va pas y aller par quatre chemins : dans l’oeuvre de Maurice Leblanc consacré à Arsène Lupin, sommet du roman d’aventure doublé d’intrigues policières de la première partie du XX° siècle, L’aiguille creuse est tout simplement le sommet ultime, l’Everest de la chaîne magnifique !

Allons plus loin : cet extraordinaire roman d’une densité extrême dont le rythme effréné asphyxiera le plus entraîné des lecteurs compulsifs est probablement le meilleur livre de chasse au trésor et roman à énigmes de la littérature mondiale.

Sauf à me démontrer le contraire, j’attends d’ailleurs avec impatience des exemples de votre part visant à me faire reconsidérer ma position !

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Le mystère de la chambre jaune

Le mystère de la chambre jaune – Gaston Leroux (1907)

Le livre de poche – 282 pages – 5.00 €

Le pitch : Alors qu’elle s’était enfermée à double tour dans sa chambre, Mathilde, la fille du célèbre professeur Stangerson, est victime d’une terrible agression. Et pourtant, la pièce était barricadée comme un vrai coffre-fort ! Par où l’assassin a-t-il pu s’enfuir ?

Frédéric Larsan et le jeune Joseph Rouletabille, journaliste et détective en herbe, mènent l’enquête…

Mon avis : Le mystère de la chambre jaune… rien que le titre – fabuleux – vaut l’achat de ce grand classique, si vous ne l’avez pas encore lu !

En 1908, le journal L’illustration – un des plus gros tirages de la presse mondiale – publie le premier roman de Gaston Leroux, en épisodes, avec le reporter Rouletabille en héros. Le récit sort, juste quelques mois après que le journal ait accueilli les premières nouvelles de Maurice Leblanc, mettant en scène Arsène Lupin !

C’est dire à quel point les deux destins des gloires nationales du roman policier français sont liés. Deux gigantesque succès, deux héros intrépides, chacun d’un côté opposé de la force, comme dirait quelqu’un que je connais…

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Cyrano de Bergerac

Cyrano de BergeracEdmond Rostand (1897)

Librio – 250 pages – 8.20 €

Le pitch : Précédé en tout lieu par un nez imposant, que dis-je, péninsulaire, Cyrano de Bergerac est gascon, fine lame et poète.

Entre duels à l’épée et joutes verbales, Cyrano se retrouve bientôt placé devant un choix cornélien : aider Christian à séduire Roxanne, ou bien dévoiler son amour à la belle. Au risque d’être rejeté ?

Mon avis : Chef-d’œuvre instantané d’Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac est la plus grande pièce écrite depuis la fin du XIX° siècle (sa première représentation eu lieu en décembre 1897).

Si je m’avance ainsi (si vous n’êtes pas d’accord, n’hésitez pas à me le dire !), c’est que ce chef-d’oeuvre est porteur d’un mythe universel. Un mythe relayé dans le monde entier depuis cent vingt ans sous toutes ses formes.

Souvenez-vous : reprises sur les planches (j’ai eu la chance de la voir avec Jacques Weber, un souvenir inoubliable…), adaptations au cinéma, plus ou moins sérieuses (Roxane, avec Steve Martin, vaut bizarrement le coup d’œil), citations, chansons (Roxane de Police, évidemment). L’amour impossible, non partagé, quel merveilleux et déchirant sujet…

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Bel-ami

Bel-ami – Guy de Maupassant (1885)

Librio – 384 pages – 2.00 €

Le pitch : « Ses camarades disaient de lui : C’est un malin, c’est un roublard, c’est un débrouillard qui saura se tirer d’affaire. Et il s’était promis en effet d’être un malin, un roublard, un débrouillard. » Georges Duroy, surnommé Bel-Ami, rêve d’ascension sociale. Prêt à tout pour quitter sa mansarde et faire son entrée dans la bonne société parisienne, il use de son charme et multiplie les conquêtes pour se faire un nom. Mais où le mènera cette ambition sans scrupules ?

Œuvre incontournable de Guy de Maupassant, Bel-Ami dresse un portrait satirique de la bourgeoisie parisienne du XIXe siècle où seules comptent les apparences.

Mon avis : S’il était nécessaire de démontrer le génie romanesque de Maupassant, il faudrait sans doute mettre ce splendide texte en avant.

On ne pourra que s’amuser à rapprocher le thème du roman de celui d’ Illusions perdues, écrit par Honoré de Balzac juste un demi-siècle plus tôt…


Germinal

Germinal Emile Zola (1885)

10/18 – 336 pages – 7.80 €

Le pitch : Étienne Lantier, mécanicien au chômage, erre sur les routes du nord de la France. Au hasard d’une rencontre, frigorifié et mort de faim, il finit par trouver un emploi dans la mine du Voreux. Il découvre alors les conditions inhumaines du travail et la misère de la vie de mineur. Mais, les conditions économiques étant au plus bas, la Compagnie propriétaire du Voreux essaie de baisser encore leurs maigres salaires.

Désespérés par une existence déjà misérable, faite de privations (ils ne mangent pas tous les jours, meurent de silicose, vivent dans des logements exigus…), Étienne entraîne ses camarades dans la grève. S’engage alors un bras de fer entre la direction intraitable et inconsciente des conditions affreuses des mineurs et une foule famélique de plus en plus révoltée prête aux pires extrémités pour se faire entendre. Le face à face s’éternise : qui cédera le premier ?

Mon avis : Un des très grands épisodes des Rougon-Macquart.

Lorsque Zola plonge en entomologiste dans les strates de la société française, il parvient à un niveau de rélisme dramatique absolument unique. Indispensable.


Une vie - Guy de Maupassant

Une vie – Guy de Maupassant (1884)

Le livre de poche – 247 pages – 2.50 €

Le pitch : À dix-sept ans, radieuse, prête à toutes les joies, à tous les hasards, Jeanne quitte enfin le couvent. Dans le désœuvrement des jours et la solitude des espérances, de toutes ses rênes, le plus impatient est celui de l’amour. Oh ! Elle en sait des choses sur le frémissement des cœurs, l’élan des âmes. Elle les a si souvent pressentis, espérés, ces bonheurs-là.

Aussi, lorsqu’il paraît, le reconnaît-elle sans peine. L’être créé pour elle… Julien ! Le même écho s’éveille en leurs coeurs… Le mariage scellera leur amour. Mais que suit-elle, lorsque le voile se déchire, des grandes étreintes, des secrets d’alcôves, des désirs d’hommes ? Que sait-elle de l’amour sinon sa poésie ?

Alors ils se regardent… Les illusions, à peine écloses, déjà se fanent et bientôt ne sont plus. C’est une vie qui se déroule…

Mon avis :

Maupassant est grand, Maupassant est le plus grand, je ne le répéterai pas assez ! Que cela grâce à ses nouvelles, ou avec les six romans écrits dans sa courte vie, Maupassant dépeint avec une subtilité et une sensibilité indépassées la toile de fond de son époque et de ses compatriotes.

Une vie est son premier roman, écrit et publié en 1883, il n’a que trente-trois ans et c’est déjà une oeuvre formidable. Parce qu’on y retrouve le plaisir de sa prose, cette narration si simple, si directe, l’exact équilibre entre les phrases de développement et des dialogues, courts, nombreux.

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[Idées lecture] Les meilleurs romans d'aventure

Le tour du monde en 80 jours – Jules Verne (1882)

Le livre de poche – 256 pages – 5.50 €

Le pitch : Lorsque le très anglais Phileas Fogg parie avec ses amis du Reform-Club qu’il fera le tour du monde en quatre-vingts jours, ces derniers s’esclaffent. Comment pourra-t-il mener à bien une telle entreprise ? A-t-il perdu la tête ?

Bien décidé à relever le défi, Mr Fogg ne perd pas une minute. Le voilà qui, accompagné de Passepartout, son serviteur, saute dans le premier train pour la France.

Commence alors la folle aventure : se déplaçant tantôt en paquebot, tantôt en train, les deux compagnons vont parcourir le monde et tenter d’échapper à l’inspecteur Fix, qui croit reconnaître en Fogg le célèbre voleur de la Banque d’Angleterre…

Mon avis : Un des reproches que l’on peut adresser à Jules Verne, le maître absolu du roman français d’aventure, c’est qu’il est parfois un chouïa trop long. Non qu’il soit trop bavard, mais vous avez pu remarquer que, dès qu’il se lance sur un sujet scientifique qui le passionne, il a parfois tendance à s’oublier, à se laisser envahir…

Eh bien, un des grands romans de ce bon vieux Jules où l’on ne peut pas l’accuser de logorrhée littéraire, c’est bien Le tour du monde en 80 jours !

Au delà, de l’idée de départ, absolument merveilleuse (un des meilleurs pitchs de l’histoire de la littérature d’aventure, et je ne parle même pas du célébrissime switch final, un des premiers de l’histoire !), c’est bien là le grand charme de ce texte qui, en à peine plus de deux cents pages, va faire cavaler le lecteur comme un dératé en compagnie des héros.

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Pot-Bouille – Emile Zola (1882)

Le livre de poche – 510 pages – 6.50 €

Le pitch : Pot-Bouille appartient aux Rougon-Macquart, grande fresque romanesque et sociale d’Émile Zola. Octave Mouret, le jeune héros, arrive à Paris, où il compte faire fortune. Il emménage rue de Choiseul, dans un bel immeuble bourgeois. Il trouve du travail dans une boutique de mode.

Témoin des multiples intrigues que la maison cache, Octave entend bien, lui aussi, profiter de la beauté de ces parisiennes et réussir grâce à ses liaisons. Il essaie, successivement, avec plus ou moins de succès, de séduire différentes femmes de la maison, en même temps que la patronne de la boutique.

À travers ses yeux, se découvre l’hypocrisie de la bourgeoisie. L’immeuble est comme « la marmite où mijotent les pourritures de la famille et les relâchements de la morale ». Une dot promise et non payée, un détournement d’héritage, des adultères, rien n’est épargné au regard naïf puis désabusé d’Octave, qui y perdra ses illusions.

Mon avis : Pot-Bouille est un des chefs-d’oeuvre du cycle des Rougon-Macquart, mais c’est aussi sans doute le plus méconnu et peut-être le plus mésestimé. La faute à Voltaire ? Non, mais bien la faute à Zola ! Car il faut bien dire que le titre, un mot désuet à la consonance peu agréable, invite peu le lecteur candidat à tirer le volume d’une étagère de bibliothèque. Et pourtant !

Logé chronologiquement au cœur du cycle, Pot-Bouille forme un diptyque avec Au bonheur des dames, dont il partage le personnage central, l’entreprenant Octave Mouret. Entreprenant dans tous les sens du terme, car il bataille ferme, tant sur le front de la conquête féminine que sur celui de l’entreprise commerciale.

Pot-Bouille est « mon » Zola préféré, non parce qu’il est le plus accompli de par son contenu, mais parce qu’il est le plus amusant. Quel bonheur (des dames, Ha ! Ha !) que de voir le grand auteur naturaliste se prendre pour une fois un peu moins au sérieux et se laisser aller par moment au vaudeville !

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Contes et nouvelles de Maupassant

Contes et Nouvelles – Guy de Maupassant (1875-1991)

Gallimard – 1 824 pages – 32.00 €

Le pitch : En un peu plus de quinze ans, entre 1875 et 1891, Guy de Maupassant (1850-1893), publie dans la presse 300 nouvelles. Le débutant pénètre dans le cercle des écrivains naturalistes ou réalistes. Il se lie d’amitié avec Tourgueniev, devient proche de Zola – « Boule de Suif » paraît dans le recueil Les Soirées de Médan. « Je ne crois pas plus au naturalisme et au réalisme qu’au romantisme. Ces mots à mon sens ne signifient absolument rien et ne servent qu’à des querelles de tempéraments opposés. [.] Soyons des originaux [.], soyons l’Origine de quelque chose – Quoi ? Peu importe pourvu que ce soit beau et que cela ne se rattache pas à une tradition finie ».

Au cours de ces quinze ans, il publie aussi six romans. En dehors de la littérature, il se passionne pour le canotage. Viveur, grand amateur de bordels, bisexuel, fier de ses prouesses dont il fait grand cas, Maupassant est contaminé par la syphilis, sans doute dès l’âge de 23 ans. Il meurt, à 43 ans, de cette maladie que l’on ne sait pas soigner à l’époque, dans la clinique du Dr Blanche. Dans les Contes et Nouvelles, Maupassant a relevé son défi. Être original. L’auteur reste froid, cynique, devant le monde rural ou bourgeois qu’il décrit. Le désespoir est l’affaire des autres.

Mon avis : cet énorme recueil présenté par Gallimard dans sa belle collection Quarto est une merveille. Tout simplement l’intégralité de l’œuvre du Maupassant novelliste, le sommet insurpassé du genre dans la littérature française… et de loin !

Naturaliste parfois – souvent -, Guy de Maupassant met en scène les habitants de la France profonde – une large partie des textes se déroule dans sa Normandie chérie – tout autant que les acteurs de la vie parisienne.

Mais la description au microscope, quasi anthropologique, de ces tranches de vie, prend une dimension supérieure grâce aux sentiments que Maupassant porte à ses personnages : de la tendresse, de la compassion parfois, mais aussi de la colère, du mépris, lorsque leur comportement, tristement et bassement humain, prend le dessus.

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Nana

Nana –Emile Zola (1880)

Le livre de poche – 508 pages – 4.20 €

Le pitch : À six ans, Nana a vu sa mère Gervaise livrée à toutes les violences sexuelles et sait tout du désir et de la soumission. Sa vie ne sera que vengeance, défi et déchéance.

Fleuriste vagabonde, mauvaise chanteuse de variétés, putain et courtisane de luxe, amoureuse et tendre parfois, elle s’établit dans la prostitution. Elle court les bals de faubourgs, humilie et exploite des amants de plus en plus riches.

La fille des rues s’acharne à débaucher et ruiner une aristocratie hypocrite et jouisseuse. « Rentière de la bêtise et de l’ordure des mâles », elle règne bientôt en maîtresse toute-puissante sur le Tout-Paris du Second Empire…

Mon avis : Nana, écrit à mi-chemin de l’aventure des Rougon-Macquart, est une des oeuvres majeures de Zola.

Sans jamais tomber dans l’excès de misérabilisme réaliste de l’Assommoir, dont Nana est issue (puisqu’elle est la fille de Gervaise), il brosse avec une plume particulièrement acérée le portrait d’un Second empire décadent, gangréné par les fortunes de la spéculation immobilière.

C’est aussi un tableau superbe du monde des « cocottes » (je vous conseille, si le sujet vous intéresse, en complément parfait de ce roman, de découvrir le merveilleux livre Les cocottes de Catherine Guigon, que je chronique ailleurs sur ce site).

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Sans famille

Sans famille – Hector Malot (1880)

Le livre de poche – 418 pages – 5.70 €

Le pitch :  » Né sous une bonne étoile » : à première vue, ce n’est pas le cas de Rémi, enfant trouvé, qui passe son âge tendre chez des parents nourriciers avant d’être vendu à une sorte de vagabond saltimbanque, musicien des rues et montreur de chiens savants.

Sous les ordres de ce patron, le jeune garçon « sans famille » va endurer les rigueurs de la vie itinérante et affronter toutes sortes d’épreuves. Pour autant, il ne se découragera pas : son arme est de posséder cette force de caractère qui, tôt ou tard, vous attire la bienveillance du sort.

Le lecteur, quant à lui, vibre et espère de toute son âme qu’au terme de ce parcours très noir, compliqué d’une intrigue policière, la chance finira par sourire à Rémi, qui le mérite amplement.

Mon avis : Je ne présenterai pas le roman d’Hector Malot, universellement connu, qui a bercé l’enfance de tant de générations depuis sa sortie, en 1880.

Rappelons juste qu’il s’agit d’un classique absolu, l’équivalent en France des Aventures de Tom Sawyer pour les US et d’Oliver Twist pour l’Angleterre.

Publié dans la Collection Hetzel, il fut réédité à de multiples reprises, compte tenu du succès formidable rencontré au tournant du siècle.

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L'île mystérieuse

L’île mystérieuse – Jules Verne (1875)

Le livre de poche – 288 pages – 5.90 €

Le pitch : Alors que la guerre de Sécession fait rage, cinq prisonniers des Sudistes parviennent à s’évader à l’aide d’un ballon. Par malheur, ils sont pris dans un ouragan et s’échouent sur une île déserte en plein océan Pacifique.

Grâce à leur ingéniosité et aux étonnantes ressources de l’île, les naufragés s’organisent pour survivre. Mais une série de phénomènes inexplicables les pousse à croire qu’ils ne sont pas seuls…

Mon avis : L’île mystérieuse est sans doute un des trois meilleur romans d’aventure de survie sur une île déserte de toute l’histoire de la littérature, au côté du célébrissime et fondateur Robinson Crusoé de Daniel Defoe, mais aussi du trop vite oublié Le Robinson suisse de Johann David Wyss.

Tous les ingrédients y sont réunis : sur un fond historique de départ passionnant (la guerre de sécession), il s’agit juste du récit du naufrage sur une île hostile d’un groupe restreint de survivants (cinq personnes, des hommes bien entendus !), puis de l’apprentissage progressif très réaliste de leur survie avec ses dangers et ses petites victoires…

Cependant, en vieux professionnel d’exception, Jules Verne a l’intelligence de rajouter à ce schéma priori un peu classique un ingrédient supplémentaire qui donne tout son sel au roman : l’intervention d’une force inconnue qui va aider les naufragés.

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20 000 lieues sous les mers

20 000 lieues sous les mers – Jules Verne (1869-1870)

Folio – 400 pages – 5.90 €

Le pitch : Un monstre marin, « une chose énorme », ayant été signalé par plusieurs navires à travers le monde, une expédition est organisée sur l’Abraham Lincoln, frégate américaine, pour purger les mers de ce monstre inquiétant.

À bord se trouvent le Français Pierre Aronnax, professeur au Muséum de Paris, et Conseil, son fidèle domestique. Une fois parvenus en vue du monstre, deux immenses trombes d’eau s’abattent sur le pont de la frégate, précipitant Aronnax, Conseil et le harponneur canadien Ned Land sur le dos du monstre qui se révèle être un fabuleux sous-marin, le Nautilus, conçu et commandé par un étrange personnage, le capitaine Nemo, qui paraît farouchement hostile à toute l’humanité !

Condamnés à ne plus jamais revoir leur patrie, leurs parents, leurs amis, la plus extraordinaire aventure commence pourtant pour les trois hommes…

Mon avis : J’ai pu expliquer par ailleurs, à propos de Jules Verne, comme un roman adoré alors qu’on était adolescent, peut parfois être décevant à la relecture, des années plus tard. Ce fut le cas pour Voyage au centre de la Terre. Heureusement, les relectures sont parfois beaucoup plus heureuses, et c’est le cas pour Vingt mille lieux sous les mers ! Ce très gros roman n’est pas parfait, loin de là.

On y retrouve en effet le principal défaut – et le péché mignon – de Jules (vous permettez que je l’appelle Jules ?) : la propension à dérouler un savoir scientifique autodidacte (celui de l’époque, parfois très daté) sans y mettre de limites, au risque de casser, parfois, le cours du récit, et en décourager certains (j’ai pu remarquer à quel point la lecture peut rebuter, aujourd’hui, certains adolescents). Mais à côté de ça, quelle aventure !

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L'Education sentimentale

L’éducation sentimentale – Gustave Flaubert (1865)

Le livre de poche – 668 pages – 4.90 €

Le pitch : Un jeune provincial de dix-huit ans séduisant et plein de rêves vient faire ses études à Paris. De 1840 à 1867, il découvre le monde qui hésite entre la monarchie, la république et l’empire à travers une société en pleine convulsion, Sur son chemin, il rencontre le grand amour, Marie Arnoux, épouse d’un riche marchand d’art, dont il est éperdument amoureux et les contingences du plaisir, la Révolution et ses faux apôtres, l’art, la puissance de l’argent et de la bêtise, la réversibilité des croyances, l’amitié fraternelle et la fatalité des trahisons.

C’est au contact de cette passion inactive et des contingences du monde qu’il fera son éducation sentimentale, qui se résumera pour l’essentiel à brûler, peu à peu, ses illusions.

Mon avis : Je reviens régulièrement sur les grands auteurs du XIX° : pour voir si mes goûts ont changé, si les œuvres ont changé (ok, je sais que ce n’est pas possible, mais je vérifie quand même), si les émotions que je ressens à relire les œuvres majeures sont toujours les mêmes.

Me revoilà donc récemment devant L’éducation sentimentale, le roman de Flaubert qui, durant mon adolescence, m’a sauvé de l’ennui profond provoqué par la lecture de Madame Bovary (je vous jure !), Salambô (si, si !) et Bouvard et Pécuchet (quelle purge !).

J’en gardais un souvenir diffus, d’où émergeaient un ressenti romantique puissant, et un témoignage historique passionnant (la révolution de 48 à Paris).

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De la Terre à la Lune

De la terre à la une/Autour de la lune – J. Verne (1865-1869)

Le livre de poche – 510 pages – 2*4.90 €

Le pitch : A la fin de la guerre fédérale des états-Unis, les fanatiques artilleurs du Gun-Club (Club-Canon) de Baltimore sont bien désœuvrés. Un beau jour, le président, Impey Barbicane, leur fait une proposition qui, le premier moment de stupeur passé, est accueillie avec un enthousiasme délirant. Il s’agit de se mettre en communication avec la Lune en lui envoyant un boulet, un énorme projectile qui serait lancé par un gigantesque canon !

Tandis que ce projet inouï est en voie d’exécution, un Parisien, Michel Ardan, un de ces originaux que le Créateur invente dans un moment de fantaisie, et dont il brise aussitôt le moule, télégraphie à Barbicane : « Remplacez obus sphérique par projectile cylindroconique. Partirai dedans »…

Mon avis : Jules Verne est, en quelque sorte, le créateur du mouvement Hard science, en SF, plus d’un siècle avant qu’on invente le mot et le mouvement ! Lorsqu’il écrit ce roman, il n’a pas encore quarante ans et il vient de terminer sa première oeuvre d’importance, Voyage au centre de la Terre.

Ce récit fait clairement partie des œuvres dans lesquelles le lecteur trouve le plus de développements scientifiques. Cela pourrait être rébarbatif, et c’est passionnant.

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Le bossu

Le bossu – Paul Féval (1858)

Le livre de poche – 698 pages – 6.60 €

Le pitch : Est-il besoin de présenter l’histoire du chevalier de Lagardère qui, pour venir en aide à la malheureuse Aurore de Nevers, privée de son père, de son nom et de sa fortune, affronte les ennemis les plus cyniques et les plus corrompus ? En faisant surgir, dans le Paris de la Régence (1715-1722), possédé par la fièvre financière du système de Law, l’inoffensif bossu qui prête son dos aux spéculateurs et aux agioteurs de tout poil, Paul Féval (1817-1887) a donné à la littérature française une de ses figures les plus populaires, avec Jean Valjean, d’Artagnan et Cyrano.

Intrigues, duels, guets-apens, coups de théâtre, sur la toile de fond d’un Paris aux ruelles sordides, menaçantes, et d’une Cour étincelante et dépravée : rien ne manque dans ce « roman de cape et d’épée », jusqu’au moment où la terrible « botte de Nevers » punira le crime et fera triompher la justice ?

Mon avis : Dire que ce roman historique de 700 pages, ce torrent, est un des sommets de la littérature d’aventure française, l’égal des grands classiques d’Alexandre Dumas, est-ce une exagération ou une évidence ?

Mais c’est une évidence, voyons, mon bon monsieur !!


Le Comte de Monte-Cristo

Le Comte de Monte-Cristo – Alexandre Dumas (1846)

Folio – 2 500 pages (2 tomes) – 16.80 €

Le pitch : «On fit encore quatre ou cinq pas en montant toujours, puis Dantès sentit qu’on le prenait par la tête et par les pieds et qu’on le balançait.«Une, dirent les fossoyeurs.- Deux.- Trois !»En même temps, Dantès se sentit lancé, en effet, dans un vide énorme, traversant les airs comme un oiseau blessé, tombant, tombant toujours avec une épouvante qui lui glaçait le cœur. Quoique tiré en bas par quelque chose de pesant qui précipitait son vol rapide, il lui sembla que cette chute durait un siècle.

Enfin, avec un bruit épouvantable, il entra comme une flèche dans une eau glacée qui lui fit pousser un cri, étouffé à l’instant même par l’immersion. Dantès avait été lancé dans la mer, au fond de laquelle l’entraînait un boulet de trente-six attaché à ses pieds.La mer est le cimetière du château d’If.»

Mon avis : Alors ce pitch ? Extraordinaire, non ? Juste quelques lignes d’un roman monstre de 2 500 pages (!) qui reste, sans le moindre doute, un des piliers de la littérature mondiale, toutes époques confondues.

Monte Cristo est un mythe, et sa construction, géniale, un modèle absolue pour tout constructeur d’histoire. Aventure, trahison, vengeance, rédemption : autant de mots magiques qui riment avec Cristo. Enfin… vous avez saisi l’idée !

Combien de livres, de films, de séries, se sont inspirés (ont copié ?) le mécanisme imparable du roman fleuve d’Alexandre Dumas ? Vous ne croyez, ami lecteur ? Eh bien éprouvez mon jugement : je suis prêt à parier dix livres contre un que vous n’oserez pas venir éprouver mon jugement !


Les Trois mousquetaires

Les trois mousquetaires – Alexandre Dumas (1844)

Le livre de poche – 888 pages – 5.90 €

Le pitch : L’action se situe en 1625, sous le règne de Louis XIII. D’Artagnan, jeune gascon courageux et rusé, est muni d’une lettre de recommandation de son père pour M. de Tréville, commandant des Mousquetaires. Très vite, il devient l’ami de trois gentilshommes, mousquetaires du roi, Athos, Porthos et Aramis.

Tous quatre vont sauver la reine Anne d’Autriche des perfides manœuvres de Richelieu. Des aventures semées d’embûches qui ne feront pas renoncer les quatre compères.

Mon avis : Peut-être un des vingt livres les plus connus de l’histoire de la littérature mondiale; et c’est mérité !

Roman d’aventures historique passionnant, drôle, prenant, épique, pavé bourré de rebondissements et de personnages inoubliables, il n’a pas pris une ride en près de deux siècles !

N’oublions pas, au passage, de rappeler qu’il fut suivi, succès oblige, de deux autres romans fleuve, 20 ans après (une autre réussite) et Le vicomte de Bragelonne (deux tons en dessous).

Paradoxe : ce génial Alexandre Dumas a également écrit un roman encore plus phénoménal (à mon goût), le célébrissime Comte de Monte-Cristo. Celui-là, il est dans le top ten !


Illusions perdues

Illusions perdue – Honoré de Balzac (1837)

Le pitch : A Angoulême, David Séchard, un jeune poète idéaliste, embauche dans son imprimerie un ami de collège, Lucien Chardon, qui prendra bientôt le nom de sa mère, Rubempré. Poète lui aussi, il bénéficie d’une sorte de gloire locale et fréquente le salon de Louise de Bargeton à qui le lie bientôt une intrigue sentimentale qui fait tant jaser que tous les deux partent pour Paris.

Voilà bientôt Lucien lancé dans le monde des lettres aussi bien que de la haute société, mais si Paris est la ville des  » gens supérieurs « , ce sera également pour lui celle des désillusions.

Mon avis : Parmi la somme impressionnante d’écrits produit par Balzac au cours de sa vie très (trop ?) studieuse, son roman Illusion perdues (quel titre magnifique) est sans doute celui que j’ai toujours préféré.

Plusieurs raisons à cela : la première tient sans doute au contexte dans lequel évoluent quasiment tous les personnages principaux : le livre, l’édition, la presse, tout ce que j’aime.

La seconde tient probablement au fait que ce très, très gros roman (près de neuf cents pages !) est un véritable feuilleton où les rebondissements ne manquent pas même si – on ne se refait pas – Balzac ne peut s’empêcher de tirer à la ligne dès qu’il rencontre un sujet qui réveille sa vocation de prof.

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 Lucien Leuwen

Lucien Leuwen – Stendhal (1834)

Le livre de poche – 960 pages – 11.20 €

Le pitch :  Lucien, c’est Stendhal tel qu’il aurait aimé être (pourvu d’un père riche et brillant, protecteur puissant, tendre, infatigable : polytechnicien, puis important fonctionnaire du ministère de l’Intérieur) et tel qu’il a été, républicain d’abord, puis rallié sans illusions à la monarchie de Juillet, amoureux d’une femme jolie, intelligente et qui l’aime aussi.

Lucien Leuwen, c’est un roman d’amour aux pages fines, charmantes, poétiques, parmi les plus belles de l’auteur. C’est aussi un roman politique et social, où bien des traits semblent, hélas !, actuels. L’ambition sans principes et sans talent, la corruption, la servilité du personnel politique et des fonctionnaires, la mort de l’idéal, tout cela que nos manuels d’histoire nous faisaient croire d’un autre âge, nous l’avons revécu sans comprendre. Grâce à Stendhal, le plus intelligent et le plus ironique de nos romanciers, nous comprenons.

Mon avis : Au delà des immensément célèbres Le rouge et le noir (mérité) et La chartreuse de Parme (qui ne me séduit pas autant, Lucien Leuwen est sans doute LE grand roman de Stendhal.

Jamais achevée, cette fresque de plus de 900 pages abordent tous les sujets déjà évoqués dans ses autres romans, et donne une place prépondérante aux évènements politiques de l’époque, avec une critique acerbe du système en place.

Un des grands coups de coeur littéraire de mon adolescence, et rien que pour ça, je me dois de vous le recommander !


Notre-Dame de Paris

Notre-Dame de Paris – Victor Hugo (1831)

Pocket – 704 pages – 4.50 €

Le pitch : En 1831, Victor Hugo réinvente le Moyen Âge et élève un monument littéraire aussi durable que l’oeuvre de pierre qui l’a inspiré. Sous la silhouette noire et colossale de la cathédrale fourmille le Paris en haillons des truands de la Cour des Miracles.

Image de grâce et de pureté surgie de ce cauchemar, la bohémienne Esméralda danse pour le capitaine Phoebus et ensorcelle le tendre et difforme Quasimodo, sonneur de cloches de son état. Pour elle, consumé d’amour, l’archidiacre magicien Claude Frollo court à la damnation.

Mon avis : Il faut lire Notre-Dame de Paris. Attention ! Je ne vous parle pas de la vague idée que vous pouvez avoir dans la tête, à partir du visionnage du Bossu de Notre-Dame ! Car si le dessin animé de Walt Disney ne manque pas de charme et s’il reprends très, très grossièrement l’intrigue du récit de Victor Hugo, le bouquin a tout de même une autre dimension…

C’est un livre qui se mérite, comme disait ma grand-tante par alliance. Mais dont la lecture vous marquera pour la vie.

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Le Rouge et le Noir

Le rouge et le noir (Stendhal (1830)

Le livre de poche

Le pitch : Fils de charpentier, Julien Sorel est trop sensible et trop ambitieux pour suivre la carrière familiale dans la scierie d’une petite ville de province. En secret, il nourrit une fascination pour Bonaparte et rêve d’une ascension similaire à celle de l’empereur.

Julien trouve une place de précepteur dans la maison du maire, Monsieur de Rénal, et noue une relation interdite avec son épouse. Chassé lorsque cette idylle est découverte, il rentre au séminaire de Besançon, puis il monte à Paris et devient le secrétaire du Marquis de la Mole, dont il séduira la fille Mathilde.

Jusqu’au bout, Julien Sorel verra son ambition contrecarrée par ses sentiments.

Mon avis : La enième lecture du « Rouge » m’a replongé dans les plaisirs de ma première lecture, alors que j’étais jeune adolescent. Alors, pourquoi le lire, absolument ?

Pour la langue, d’un classicisme classieux (comme aurait dit Gainsbourg) absolu. Pour la peinture des sentiments intérieurs. Pour le romantisme déconnecté de la réalité de Mme de Rénal.

Et pour le tableau superbe de la France provinciale (les chapitres dans les salons parisiens sont un peu plus convenus et ne valent pas ceux des Illusions perdues de Balzac).

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Les liaisons dangereuses

Les liaisons dangereuses – Choderlos de Laclos (1782)

Folio – 448 pages – 4.60 €

Le pitch : La marquise de Merteuil et le vicomte de Valmont, deux aristocrates libertins qui furent amants, s’adonnent au jeu dangereux de l’amour et de la séduction.

« De tous les romanciers qui ont fait agir des personnages lucides et prémédités, Laclos est celui qui place le plus haut l’idée qu’il se fait de l’intelligence. »

Mon avis : le plus imparable des romans épistolaires, le chef-d’œuvre absolu du genre. Deux siècles et demi d’existence et l’oeuvre n’a pas pris une ride. Une lecture foudroyante d’intelligence, de modernité, d’intemporalité.

Si je ne vais emmener qu’une valise de livres sur une île déserte, cette oeuvre immense en ferait partie. Fermez le ban !


Candide

Candide ou l’optimisme – Voltaire (1759)

J’ai lu – 160 pages – 2.00 €

Le pitch : Chassé du château de son enfance, son  » paradis terrestre « , Candide est entraîné bien malgré lui dans une succession d’aventures calamiteuses. Il s’étonne, s’offusque, se lamente… L’humanité serait-elle foncièrement mauvaise ? Le jeune garçon assiste, impuissant, à la mort de son rêve : celui d’un monde parfait. Perdant sa naïveté et son « optimisme », peu à peu il se résigne.

La verve et l’ironie mordante de Voltaire se conjuguent à merveille dans Candide pour évoquer, sous des airs de légèreté, des sujets essentiels.

Mon avis : Le conte philosophique de Voltaire, 260 ans après sa sortie, n’a pas pris une ride… ou presque.

Ouvrage plein d’esprit, d’aventures picaresques, de rebondissement, de morales et d’enseignements, il conviendra tout autant aux adolescents qu’aux personnages âgées et, quoiqu’en disait Voltaire, tout autant aux optimistes qu’aux pessimistes !


 


La Princesse de Clèves

La Princesse de Clèves – Madame de Lafayette (1678)

Folio – 288 pages – 3.50 €

Le pitch : La Princesse de Clèves montre l’effet ravageur de la passion dans une âme qui se veut maîtresse d’elle-même. De la première rencontre avec le duc de Nemours jusqu’à la fuite finale dans le « repos », en passant par un aveu qui cause la mort de son mari, Mme de Clèves assiste lucidement à une déroute contre laquelle ses raisonnements restent impuissants. Mme de Lafayette combat ainsi une grande partie de la littérature amoureuse avec cette arme qui s’appelle l' »analyse ».

Mme de Lafayette ne l’a pas inventée. Mais jusque-là, elle ne servait qu’à expliquer le comportement des personnages. Ici, pour la première fois, l’analyse devient un moyen de progression et la substance même du récit.

Mon avis :


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