Livres : les meilleures sorties 2019

Posté le 19 décembre 2018, par letournepage, dans L'actualité des sorties

Livres : le meilleur 2019

 

A intervalles réguliers, je vous présente une sélection tout à fait subjective d’ouvrages attendus, intrigants, étonnants, ou un peu décalés, choisis parmi la vague de titres qui, semaine après semaine, submerge les étagères, physiques ou virtuelles, des librairies.

Au début de chaque année, c’est un peu la déprime post coïtum pour l’édition française.

Normal, après le pic de vente géant du mois de décembre qui, chaque hiver,multiplie le chiffre d’affaires normal des éditeurs par quatre, il est dur de revenir sur Terre…

Mais, qu’à cela ne tienne ! Les maisons d’édition ne se laissent pas abattre et n’hésitent pas à noyer les présentoirs et les rayonnages des points de vente sous plusieurs centaines de nouveaux ouvrages.

Ce qui n’est pas forcement une bonne chose car – vous ne le savez peut-être pas – l’industrie française du livre s’est lancée depuis de nombreuses années dans une course en avant destructrice : toujours plus de nouveaux livres, pour des ventes qui, au mieux, stagnent.

Résultat : la trésorerie des librairies se noie sous le flot de nouveaux ouvrages, la durée d’exposition des livres sur les rayonnages est de plus en plus courte et le nombre moyens d’exemplaires vendu ne cesse de chuter.

Gagner sa vie avec le livre est, pour tous les acteurs de la filière – à commencer par les auteurs ! – devenu une gageure…

Mais trêve de confiserie… euh… de plaisanterie, revenons à nos moutons : les nouveautés 2019 !

Heureusement pour vous, cher lecteur, j’ai fait pour vous mon marché sagace dans le torrent de papiers et tiré dans mes filets quelques romans, essais, pièce de théâtre, BD qui, ma foi devraient vous repaître. Bon appétit !

2019 : une année littéraire qui débute bien !

    – Cliquez sur sur la couverture des titres pour accéder,

soit à la critique de l’ouvrage, soit à la page Amazon pour l’acquérir –

2 janvier


Sérotonine – Michel Houellebecq

Flammarion – 352 pages – 22 €

A tout seigneur, tout honneur… Le nouveau roman de Michel Houellebecq, annoncé pour ouvrir l’année littéraire 2019, en est aussi le principal événement.

Seulement, Flammarion la joue total mystère, avec un black out complet sur le septième roman du jeune marié… Rien, pas un homme, même pas une couv’ et pas de pitch : juste un titre, une pagination et un prix. On se la joue un peu trop star, non ?

Ah si, une indication : le tirage initial est fixé à 320 000 exemplaires ! Waouh…  On en reparle bientôt.

L’enfant perdue (L’amie prodigieuse IV) – Elena Ferrante

Folio – 640 pages – 8.90 €

Quatrième et dernier volume de la prodigieuse saga de l’amie du même qualificatif, L’enfant perdue sort enfin en format poche.

Pour ceux qui, comme moi, se sont laissé séduire par ce récit vraiment unique, pas question d’attendre plus de quelques semaines pour enfin connaître le fin mot de cette histoire d’amitié au travers le temps.

Pour découvrir mes critiques des trois premiers tomes, il faut commencer par là :

L'amie prodigieuse

Le pitch : «Comme toujours, Lila s’attribuait le devoir de me planter une aiguille dans le cœur, non pour qu’il s’arrête mais pour qu’il batte plus fort.» Elena, devenue auteure reconnue, vit au gré de ses escapades avec son amant entre Milan, Florence et Naples. Parce qu’elle s’est éloignée du quartier populaire où elle a grandi, Elena redoute les retrouvailles avec son amie d’enfance. Mais depuis quelque temps, Lila insiste pour la voir et lui parler…

La saga se conclut en apothéose après avoir embrassé soixante ans d’histoire des deux femmes et de l’Italie, des années 1950 à nos jours. L’enfant perdue est le dernier tome de la saga d’Elena Ferrante. Il succède à L’amie prodigieuse, Le nouveau nom et Celle qui fuit et celle qui reste.

Clair obscur – Don Carpenter

Editions Cambourakis – 208 pages – 18 €

Don Carpenter conquiert peu à peu la France, plus de vingt ans après son suicide…

Ce n’est pas le moindre des paradoxes dans la vie de cet auteur américain qui a beaucoup travaillé pour le cinéma hollywoodien et dont chaque livre, publié sur le tard dans notre bonne vieille France, confirme le talent.

Pour les amateurs potentiels (allez-y, je vous en prie !), allez jeter un coup d’œil d’abord sur  cette critique :

Un dernier verre au bar sans nom

Le pitch : Lorsque Irwin Semple sort de l’asile psychiatrique de Cannon après dix-huit ans d’internement, il a trente-cinq ans, doit refaire – ou plutôt commencer – sa vie, la tête pleine de souvenirs adolescents encore à vif. À force de persévérance, il parvient vaille que vaille à se réinsérer, jusqu’au jour où il croise Harold Hunt, ancien leader d’un clan qu’il rêvait d’intégrer au lycée.

Irrémédiablement associée au tragique événement qui a conduit à son internement, la vision de Harold déclenche un nouveau choc chez Semple. Partagé entre son éternel besoin de reconnaissance et un certain désir de vengeance, va-t-il parvenir à passer outre et aller de l’avant ?

Edmond – Alexis Michalik

Le livre de poche – 296 pages – 6.20 €

Edmond, vous l’avez deviné, c’est Edmond Rostand, l’auteur – entre autres – de Cyrano de Bergerac, l’acmé du théâtre français du dernier siècle.

Tiens, au passage, allez-voir par ici mon avis  sur Cyrano :

*

Cyrano de Bergerac

*

Alexis Michalik s’est emparé de la vie de Rostand et en a fait, non pas un bio pic, mais une bio comédie, une pièce qui a remporté depuis plusieurs années maintenant un succès phénoménal, enchainant les centaines de représentations sans désemparer…

Une oeuvre que j’ai eu la chance de voir jouer sur scène l’année dernière, une pièce ma foi fort bien troussée, drôle, émouvante, une déclaration  d’amour au grand dramaturge.

En voici dans une nouvelle édition de poche (publiée à l’occasion de la sortie sur les écrans de son adaptation en film).

A lire, c’est facile et plein d’esprit !

Le pitch :

Edmond : Tragédie. (Regard noir de Coquelin). Comédie.
Coquelin : Mon rôle ?
Edmond : Un… poète. Fin bretteur. Avec… un grand… nez.
Coquelin : Un grand… nez ?
Edmond : Énorme. Une protubérance.

L’échec de La Princesse lointaine a laissé Edmond ruiné et endetté. Il tente alors de convaincre le grand acteur Coquelin de jouer dans sa prochaine pièce, une comédie héroïque, en vers, dont il n’a pour l’instant pas écrit une seule ligne. Mais il a le titre : Cyrano de Bergerac.

Après Le Porteur d’histoire et Le Cercle des illusionnistes, couronnés par deux Molières, Alexis Michalik s’attaque, avec un humour et une imagination jubilatoires, à un monument du théâtre français, et nous plonge au cœur de la création du chef-d’œuvre d’Edmond Rostand.

La bibliothèque enchantée – Mohammad Rabie

Actes sud – 240 pages – 19 €

Actes Sud a le chic pour dénicher les textes étrangers de qualité, toujours publié avec beaucoup d’élégance.

Avec un titre et un pitch pareils, le roman de Mohammad Rabie, un jeune auteur égyptien, très prometteur, ne peut qu’intriguer et séduire un grand lecteur…

Le pitch : Chaher, jeune fonctionnaire du ministère des « Biens de mainmorte », se voit confier une mission inhabituelle : rédiger pour la forme un rapport sur une bibliothèque oubliée du Caire que l’Etat veut raser pour faire passer une nouvelle ligne de métro. Il se décide pourtant à mener sérieusement son enquête et, peu à peu, tout un monde mystérieux et labyrinthique s’ouvre à lui dans cette bâtisse délabrée et poussiéreuse où les ouvrages sont entassés sans cotation ni indexation et où l’on trouve des traductions dans toutes les langues imaginables.

Fasciné par l’étrange bibliothèque, il ne l’est pas moins par la poignée d’originaux qui la fréquentent, comme Mi, célèbre traducteur ayant perdu toute foi en son métier, ou « Jean le copiste », homme mutique ayant passé sa vie à photographier des livres page après page et, surtout, Sayyid, vieil intellectuel nihiliste, cynique et truculent, qui connaît la bibliothèque comme sa poche mais n’est pas prompt à divulguer ses secrets.

Dans ce roman surprenant, Mohammad Rabie tisse d’une main de maître une double trame narrative.

Peut-on réussir sans effort ni aucun talent ? – Gilles Versvish

Editions Le passeur – 300 pages – 19 € 

Avec un titre aussi décapant, l’œil est immédiatement attiré… surtout que l’iconographie wharholienne à la gloire de du non conformisme d’Einstein souligne à merveille l’accroche !

Un coup d’oeil sur le pitch devrait, comme cela a été le cas pour moi, finir de vous convaincre : cet essai mérite, au moins, un minimum d’attention. On jugera sur le fond.

Le pitch : Un ouvrage décapant qui démonte avec intelligence et humour les mirages du mérite, gage de la réussite.

Le geek suprême, Steve Jobs l’a écrit :  » Je suis convaincu que la moitié qui sépare les entrepreneurs qui réussissent de ceux qui échouent est purement la persévérance.  » Une manière de dire que la réussite serait une question de volonté : quand on veut, on peut ! Les gens qui réussissent le doivent à leur travail et à leurs efforts, et les gens qui échouent considérés comme des ratés, n’auraient tout simplement aucune volonté. Dans la vie, tout ne serait donc qu’une affaire de mérite personnel.

Dans ce texte vivifiant, Gilles Vervisch décortique la croyance dans le mérite omniprésente à notre époque. Certes, elle peut s’avérer être un moteur pour entreprendre. La  » méritocratie  » assurant une égalité des chances pour permettre aux plus méritants de s’en sortir semble tout à fait juste.

Mais cette croyance dans le mérite n’est-elle pas aussi illusoire que dangereuse ? Qu’est-ce que réussir sa vie ? Une vie réussie est-elle forcément celle d’un startuppeur ? Est-il bien vrai que la vie ne nous offre que ce que nous méritons ?

Champignac – Enigma – BeKa & Davis

Dupuis – 64 pages – 14.50 €

Chouette ! Dupuis poursuit son travail de revisite adulte de l’univers de Spirou !

Après la magnifique réussite d’Emile Bravo (deux tomes déjà parus de Journal d’un ingénu) consacrée aux jeunes Spirou et Fantasio durant la seconde guerre mondiale, voici le jeune Pacôme de Champignac impliqué dans le décryptage du mystère Enigma !

A ne rater sous aucun prétexte !

Le pitch : Berlin, 1938. Des ingénieurs allemands présentent à Hitler Enigma, une machine à crypter des messages au code inviolable. Ni plus ni moins qu’une invention qui devrait permettre aux nazis de gagner la guerre… Juin 1940. L’Allemagne a attaqué la France et la Belgique, qui ont capitulé.

Au château de Champignac, le comte, un jeune scientifique spécialiste des champignons, reçoit une étrange missive cryptée. Un défi excitant pour Pacôme (Hégésippe Adélard Ladislas), qui ne tarde pas à en découvrir la clé. Surprise : le message vient de son vieil ami Black qui lui demande de le rejoindre à Londres pour une mission de la plus haute importance. Alors que le château est réquisitionné par l’armée allemande, Champignac arrive à fuir et à traverser la Manche. À Londres, un nouveau message l’envoie dans le petit village de Bletchley où, aidé du professeur Black, d’Alan Turing et de Miss Mac Kenzie, il va s’attaquer au décryptage de la machine Enigma.

Une aventure passionnante qui mettra ses facultés intellectuelles à rude épreuve mais qui lui permettra également de croiser Churchill, de découvrir l’amour (non, pas avec Churchill) et de changer le cours de la guerre

Une histoire des loups

Une histoire des loups – Emily Fridlund

Editions Gallmeister – 304 pages – 9.40 €

La sortie en format poche d’un roman américain identifié par l’excelllllent éditeur Gallmeister, spécialiste des vraies découvertes d’outre-atlantique, de vraies découvertes non formatées.

Le pitch est appétissant (oui, je sais, un livre n’est pas un gâteau, mais bon…) et les échos plutôt favorables, alors pourquoi se priver…

Le pitch :  Madeline, adolescente un peu sauvage, observe à travers ses jumelles cette famille qui emménage sur la rive opposée du lac. Un couple et leur enfant dont la vie aisée semble si différente de la sienne.

Bientôt, alors que le père travaille au loin, la jeune mère propose à Madeline de s’occuper du garçon, de passer avec lui ses après-midi, puis de partager leurs repas. L’adolescente entre petit à petit dans ce foyer qui la fascine, ne saisissant qu’à moitié ce qui se cache derrière la fragile gaieté de cette mère et la sourde autorité du père. Jusqu’à ce qu’il soit trop tard.

9 janvier


kiosque_

Kiosque – Jean Rouaud

Grasset – 288 pages – 19 €

Jean Rouaud est sans doute le dernier grand prix Goncourt de notre époque (Les champs d’honneur, 1990).

*

*

Son dernier essai nous renvoi à ce succès,et à l’observation d’une époque que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaitre…

Le pitch : Sept années durant, de 1983 à 1990, jusqu’à l’avant-veille du prix Goncourt, un apprenti-écrivain du nom de Jean Rouaud, qui s’escrime à écrire son roman  Les Champs d’honneur, aide à tenir rue de Flandre un kiosque de presse.

A partir de ce «  balcon sur rue  », c’est tout une tranche d’histoire de France qui défile  : quand Paris accueillait les réfugiés pieds-noirs, vietnamiens, cambodgiens, libanais, yougoslaves, turcs, africains, argentins  ; quand vivait encore un Paris populaire et coloré (P., le gérant du dépôt, anarcho-syndicaliste dévasté par un drame personnel  ; Norbert et Chirac (non, pas le maire de Paris  !)  ; M. le peintre maudit  ; l’atrabilaire lecteur de l’Aurore  ; Mehmet l’oracle hippique autoproclamé  ; le rescapé de la Shoah, seul lecteur du bulletin d’information en yiddish…)

Superbe galerie d’éclopés, de vaincus, de ratés, de rêveurs, dont le destin inquiète l’  «écrivain  » engagé dans sa quête littéraire encore obscure à 36 ans, et qui se voit vieillir comme eux.

Trouble – Jeroen Olyslaegers

Stock – 448 pages – 22.50 €

La couverture est belle, l’auteur a un nom imprononçable, le pitch est intriguant…

Que demander de plus ? Mon flair de grand lecteur me dit qu’il faut aller mettre son nez entre les pages de ce roman…

Je sais, c’est peu pour prendre une décision, mais c’est bien cela l’enjeu et le plaisir du chasse à la bonne surprise littéraire, non ? S’il suffisait de choisir le dernier Houellebecq, mon intervention serait franchement superfétatoire…

Le pitch : Anvers, 1940. Wilfried Wils, 22 ans, a l’âme d’un poète et l’uniforme d’un policier. Tandis qu’Anvers résonne sous les bottes de l’occupant, il fréquente aussi bien Lode, farouche résistant et frère de la belle Yvette, que Barbiche Teigneuse, collaborateur de la première heure. Incapable de choisir un camp, il traverse la guerre mû par une seule ambition : survivre. Soixante ans plus tard, il devra en payer le prix.

Récompensé par le plus prestigieux prix littéraire belge, Trouble interroge la frontière entre le bien et le mal et fait surgir un temps passé qui nous renvoie étrangement à notre présent.

Le sport des rois

Le sport des rois – C.C. Morgan

Gallimard – 656 pages – 24 €

Un pavé américain chez Gallimard, par une jeune auteure inconnue, finaliste du prix Pulitzer, ce n’est pas tous les jours qu’on en voit passer…

Quant, en plus, le pitch vous fait de l’œil, il serait dommage de résister !

Le pitch : Riche propriétaire terrien du Kentucky, Henry Forge dédie sa vie à la recherche de la combinaison génétique idéale pour créer le cheval parfait, une machine de course imbattable et grandiose. Digne héritier d’une famille autoritaire habituée depuis des décennies à posséder, commander, dominer, il fait tout plier à sa volonté, la génétique comme sa fille unique, Henrietta, à qui il transmet son obsession.

Dans une ville voisine, Allmon Shaughnessy, un jeune homme noir élevé dans les quartiers pauvres par une mère souffrante, grandit dans un monde de discriminations et d’injustices où les violences policières sont légion. Déterminé à changer le cours de son destin et à conquérir la fortune qu’il mérite, Allmon arrive chez les Forge : garçon d’écurie au talent rare et à l’ambition dévorante, il va mener à la victoire une pouliche de légende, Hellsmouth, bouleverser l’équilibre malsain de la famille et découvrir l’envers du rêve américain.

Ouvre monde, Le sport des rois nous emporte dans son impétueux courant, profond et violent comme le fleuve Ohio. C. E. Morgan nous offre une plongée vertigineuse dans les abysses de l’esclavage et de son héritage, entremêle avec brio les époques et les lieux et livre, par la force unique de son souffle, une exceptionnelle épopée américaine sur plus de trois générations.

Emmanuel le magnifique – Patrick Rambaud

Grasset – 216 pages – 18 €

Patrick Rambaud, depuis maintenant une décennie, chronique à l’ancienne les petits et les grands événements de notre destin national.

Allez jeter un œil ici :

*

Après avoir moqué, ridiculisé Nicolas Sarkozy, après avoir réduit le François Hollande à un petit tas de ridicules délavés, ne voit-il pas qu’il s’attaque au jeune flambard qui, depuis l’automne 2018 fait un peu moins le fier…

Rambaud, c’est ne l’oublions pas une superbe plume, une vaste culture historique et – essentiel – un sacré sens de l’humour !

Allez aussi voir par là :

*

Le pitch : Un soleil nouveau s’est levé sur la France. Est-ce Austerlitz  ? Ou bien le sacre  ? Au printemps de l’an de grâce 2017, Emmanuel le Magnifique est entré dans l’histoire, costume de banquier et sceptre à la main  : jeune prince à la voix grêle, aux régiments start-up, annonçant un monde rénové. Fini, les rois fainéants  ! Adieu, les rois chevelus  ! Aux oubliettes, François le Petit, gaffeur, trempé, roi de la parlotte à l’embonpoint d’employé modèle. Aux barbaresques, Nicolas le Flambard, et son cortège d’embrouilles à talonnettes  !

Après le dernier règne socialiste, voici la nouvelle saison du Royaume made in France  : inattendue, pleine d’espoirs, impérieuse. Make France great again  ! Dans le temps nouveau, Arcole est sur le câble, et les ennemis se nomment Plenel et Bourdin, non Mélenchon et Olivier Faure…

Entre House of cards et Game of thrones, voici la chronique facétieuse, attendue, hilarante, d’un règne si neuf qu’il ressemble au précédent. Petit guépard deviendra peluche  ?

Anatomie d'un scandale

Anatomie d’un scandale – Sarah Vaughn

Préludes – 448 pages – 16.90 €

Thriller psychologique à l’anglaise, par une auteure déjà renommée, Anatomie d’un scandale touche un sujet tout aussi douloureux que d’actualité (un homme politique séduisant et sûr de lui est accusé de viol par son ex maîtresse. Était-elle consentante ou pas ? Où s’arrête le consentement?).

Best seller de l’autre côté de la manche… et peut-être bientôt chez nous ! Mérite un détour curieux.

Le pitch : Kate vient de se voir confier l’affaire de sa vie, celle qui accuse l’un des hommes les plus proches du pouvoir d’un terrible crime. Kate doit faire condamner James Whitehouse. Sophie adore son mari, James. Elle est prête à tout pour l’aider et préserver sa famille. Sophie doit trouver la force de continuer comme avant.

Comme avant, vraiment ? Quels sombres secrets dissimule le scandale, et à quel jeu se livrent réellement ces deux femmes et cet homme ?

ELLE VEUT LE DÉTRUIRE. ELLE VEUT LE SAUVER. LA VÉRITÉ EST UNE CHOSE DANGEREUSE.

Best-seller international, Anatomie d’un scandale est un thriller psychologique et domestique sulfureux qui mêle radiographie d’un mariage et décryptage des arcanes du monde politique. Un roman ténébreux et puissant.

16 janvier


Dans la maison du ver – George R.R. Martin

J’ai lu – 136 pages – 15 €

Si vous êtes un(e) fan de Game of throne – version papier, bien entendu ! – et de ce grand malade de George R.R.Martin, vous pouvez peut-être avoir un brin de curiosité pour la vie de l’auteur avant son grand oeuvre.

Ici, pas besoin de dizaines d’heures pour parcourir les milliers de pages d’un roman fleuve : la réédition de ce court roman datant de 1976 est l’occasion de découvrir la face vraiment fantastique/horrifique du romancier à l’allure de vieux loup de mer, avec une totalité plus proche de Lovecraft que de la fantasy traditionnelle.

Le pitch : Sous les ruines d’un monde ancien grouille la vie… Dans une ville croulante, sur une planète mourante et oubliée de tous, le jeune Annelyn profite de la fête organisée à l’occasion de la nouvelle Mascarade solaire. Superbe dans son costume de soie, son arrogance est à la hauteur de sa beauté.

Quand il est moqué devant ses nobles amis par le Viandard, chasseur de grouns, il échafaude un plan de revanche. Mais la terrible vérité qui se cache derrière l’histoire de son ennemi va transformer sa tentative en une inexorable descente aux enfers…

Orgueil et préjugés – Jane Austen

Le livre de poche – 288 pages – 6.60 €

Bien entendu, vous avez déjà lu Orgueil et préjugés, sans le moindre doute un des livres que j’emporterais dans une valise sur une île déserte si je devais choisir.

Non ? Oups ! Alors il n’est jamais trop tard pour bien faire, et la réédition dans la collection Le livre de poche avec sa superbe couverture est une occasion parfaite.

Si vous voulez mon avis sur ce chef-d’oeuvre de la littérature, c’est par là :

*

Orgueils et préjugés

Le pitch : « C’est une vérité universellement reconnue qu’un célibataire pourvu d’une belle fortune doit être en quête d’une épouse. »

Élisabeth Bennet a quatre sœurs et une mère qui ne songe qu’à les marier. Quand parvient la nouvelle de l’installation à Netherfield, le domaine voisin, de Mr Bingley, célibataire et beau parti, toutes les dames des alentours sont en émoi, d’autant plus qu’il est accompagné de son ami Mr Darcy, un jeune et riche aristocrate. Les préparatifs du prochain bal occupent tous les esprits…

Jane Austen peint avec ce qu’il faut d’ironie les turbulences du cœur des jeunes filles et, aujourd’hui comme hier, on s’indigne avec l’orgueilleuse Élisabeth, puis on ouvre les yeux sur les voies détournées qu’emprunte l’amour.

23 janvier


Astérix le gaulois – René Goscinny & Albert Uderzo

Editions Artbook – 208 pages – 200 €

Astérix a 60 berges. Je vous jure.

Même si, comme pour tous les héros de BD, le temps passe sans altérer sa jeunesse, il est temps de marquer le coup. Et, question merchandising, les ayants-droit des auteurs ne sont pas des manches…

Voilà l’édition ultime de la première aventure du petit gaulois, avec un contenu (voir ci-dessous) à faire pâlir ce bon vieux Jules (César).

Alors, bien sûr, cela coûte le prix d’une corne d’aurochs authentique mais, quand on aime…

Mon avis sur ce premier album :

*

Astérix le gaulois

 

Le pitch : Dans un somptueux coffret en Geltex avec marquage au fer à dorer sur le Plat I et le dos, retrouvez l’édition ultime de l’album culte Astérix le Gaulois, qui célèbre en 2019 son 60e anniversaire. Pour la première fois, vous pourrez découvrir l’intégralité du scénario de René Goscinny et des planches originales dessinées et encrées par Albert Uderzo de la première aventure de la série, dans un dispositif associant deux livres au format 290×370 mm, imprimés en quadri sur papier 150 g, avec :

  • L’intégralité du synopsis et le découpage complet tapé à la machine par René Goscinny
  • Les 44 planches originales dessinées et encrées par Albert Uderzo

Ainsi que, dans une chemise en papier de soie, 5 ex-libris :

  • Les premières notes manuscrites de René Goscinny signant l’acte de naissance d’Astérix (2 ex libris)
  • Les premières esquisses d’Astérix et Obélix par Albert Uderzo (2 ex libris)
  • La planche avec les couleurs seules de la première page d’Astérix le Gaulois, publiée dans Pilote le 29 octobre 1959 (1 ex libris)

Pour l’amour des livres – Michel Le Bris

Grasset – 272 pages – 19 €

Michel Le Bris est un excellent auteur. Et le titre et le thème de son dernier ouvrage me rend son achat obligatoire !

Le pitch : « Mon enfance fut pauvre et solitaire entre deux hameaux du Finistère, même si ma mère sut faire de notre maison sans eau ni électricité un paradis, à force de tendresse et de travail. J’y ai découvert la puissance de libération des livres, par la grâce d’une  rencontre miraculeuse avec un instituteur, engagé, sensible, qui m’ouvrit sans retenue sa bibliothèque.

J’ai voulu ce livre comme un acte de remerciement. Pour dire simplement ce que je dois au livre. Ce que, tous, nous devons au livre. Plus nécessaire que jamais, face au brouhaha du monde, au temps chaque jour un peu plus refusé, à l’oubli de soi, et des autres. Pour le plus précieux des messages, dans le temps silencieux de la lecture  : qu’il est en chacun de nous un royaume, une dimension d’éternité, qui nous fait humains et libres. »

Traquemage T3 – Entre l’espoir et le fromage 

Lupano & Relom

Dargaud – 56 pages – 14.90 €

Comment, vous ne connaissez pas Traquemage ? Voyons ?!

Le héros et la série la plus fondamentalement débile de ces derniers temps méritent pourtant le détour, pour peu que vous soyez un fanatique de l’humour absurde , entre Mad, les Monthy Python et H2G2.

Mon avis sur le premier tome :

*

*

Le pitch : Bien que débarrassés de Merdin l’Enchianteur, la malchance n’en finit pas de poursuivre nos héros pour autant. Pistolin, Myrtille et Pompette sont capturés par des marchands d’esclaves et amenés à Grââvos, la capitale de la magie, pour y être vendus.

La ville se prépare justement pour sa Grande Foire de la Magie et c’est une tradition pour les Mages de s’y retrouver pour leur banquet annuel…

30 janvier


L'art de perdre

L’art de perdre – Alice Zaniter

J’ai lu – 600 pages – 8.50 €

Le prix Goncourt des lycéens 2017 sort enfin en format poche.

L’occasion de se rattraper avec ce très épais roman qui retrace l’histoire d’une famille de harkis, accueilli très favorablement par la critique et les lecteurs.

Le pitch : L’Algérie dont est originaire sa famille n’a longtemps été pour Naïma qu’une toile de fond sans grand intérêt. Pourtant, dans une société française traversée par les questions identitaires, tout semble vouloir la renvoyer à ses origines. Mais quel lien pourrait-elle avoir avec une histoire familiale qui jamais ne lui a été racontée ?

Son grand-père Ali, un montagnard kabyle, est mort avant qu’elle ait pu lui demander pourquoi l’Histoire avait fait de lui un « harki ». Yema, sa grand-mère, pourrait peut-être répondre mais pas dans une langue que Naïma comprenne. Quant à Hamid, son père, arrivé en France à l’été 1962 dans les camps de transit hâtivement mis en place, il ne parle plus de l’Algérie de son enfance.

Comment faire resurgir un pays du silence ? Dans une fresque romanesque puissante et audacieuse, Alice Zeniter raconte le destin, entre la France et l’Algérie, des générations successives d’une famille prisonnière d’un passé tenace. Mais ce livre est aussi un grand roman sur la liberté d’être soi, au-delà des héritages et des injonctions intimes ou sociales.

L’outsider – Stephen King

Albin Michel – 576 pages – 24.90 €

Encore un Stephen King. Oui, je sais, cela fait beaucoup.

Surtout si l’on considère – comme moi – que son immense talent s’est en grande partie évanoui il y a déjà bien longtemps, le jour où il a été victime de cet accident de voiture…

Alors pourquoi L’outsider ? Peut-être parce que, pour une fois, si l’on en croit le pitch, il s’agit plus d’un polar horrifique que d’un roman vraiment fantastique.

A noter qu’HBO va adapter le roman en une série de dix épisodes.

Le pitch : Le corps martyrisé d’un garçon de onze ans est retrouvé dans le parc de Flint City. Témoins et empreintes digitales désignent aussitôt le coupable : Terry Maitland, l’un des habitants les plus respectés de la ville, entraîneur de l’équipe locale de baseball, professeur d’anglais, marié et père de deux fillettes. Et les résultats des analyses ADN ne laissent aucune place au doute.

Pourtant, malgré l’évidence, Terry Maitland affirme qu’il est innocent.

Et si c’était vrai ?

7 février


Le nouveau

Le nouveau – Tracy Chevalier

Editions Phébus – 224 pages – 19 €

Tracy Chevalier, vous connaissez. Forcement. La jeune fille à la perle. Mais pas que. Prodigieuses créatures. Le récital des anges. D’autres romans subtils, délicats.  Et d’autres, les derniers, moins convaincants.

Sur un sujet éminemment casse-gueule, elle compose un roman court, gonflé. Qui mérite, si ce n’est le respect, au moins l’attention.

Le pitch : Washington D.C., dans les années 1970. En six ans, c’est la quatrième fois qu’Osei, fils d’un diplomate ghanéen, découvre une nouvelle école. Tout heureux de rencontrer Dee, la fille la plus populaire de sa classe, il ne s’inquiète pas des manigances et de la jalousie de ceux qui voient d’un mauvais œil l’amitié entre un garçon noir et une jolie blonde.

Sémillante réécriture d’Othello dans une cour d’école de banlieue aux États-Unis, ce neuvième roman de l’auteure de La jeune fille à la perle dit à hauteur d’enfant la tragédie universelle du racisme et du harcèlement. Vertigineux et actuel.

Qui a tué l'homme-homard ?

Qui a tué l’homme-homard ? – J.M. Erre

Buchet-Chastel – 356 pages – 19 €

Des titres comme celui-là, on en redemande pour en mettre dans mes listes de recommandations !

Quant au pitch, c’est pile ou face : soit le fond est à la hauteur de l’idée, et c’est génial; soit c’est du pipeau intégral et le lecteur referme le roman au bout de cinquante pages. Alors : pile ou face ?

Le pitch : Margoujols, petit village reculé de Lozère, abrite depuis 70 ans les rescapés d’un cirque itinérant qui proposait un freak show : femme à barbe, soeurs siamoises, homme-éléphant, nain, colosse…   L’histoire s’ouvre sur la découverte du cadavre atrocement mutilé de Joseph Zimm, dit « l’homme-homard ». Qui a tué cet ancien membre du cirque des monstres, et pourquoi ? L’enquête menée par l’adjudant Pascalini et son stagiaire Babiloune va révéler des secrets enfouis depuis des lustres dans les hauteurs du Gévaudan.

Lucie, la fille du maire de Margoujols, une jeune femme paraplégique communiquant par l’intermédiaire d’un ordinateur, va épauler les gendarmes dans leur enquête. Elle est aussi la narratrice de cette histoire rocambolesque qu’elle raconte au jour le jour à la manière d’un polar pimenté d’une bonne dose d’humour noir, tout en livrant ses réflexions décalées sur des sujets aussi variés que la littérature policière, le handicap, les artichauts, les cimetières, les réseaux sociaux et, bien sûr, les monstres…

Le coin cadeau ** Les livres du jour**L’actualité des sorties

**Les meilleures ventes** La vie d’un lecteur


Rappel : Le modèle économique du Tourne Page repose sur le principe de l’affiliation. En cliquant sur le lien permettant d’accéder au partenaire du Tourne Page, Amazon, pour acquérir un livre conseillé, le visiteur permet au Tourne Page de percevoir une commission sur le chiffre d’affaires réalisé par son intermédiaire.

Le Tourne Page a été créé pour la promotion du livre et de la lecture. Pour que l’entreprise puisse vivre et prospérer (elle représente un investissement en temps quotidien considérable) mais aussi pour qu’elle garde son indépendance, il est essentiel que les visiteurs passent par ces liens pour acheter les livres qu’ils ont identifié sur le site.

 

Votre commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *